, né le et mort le est un homme politique japonais, membre du Parti libéral démocrate (PLD). Il est élu à la Chambre des représentants du Japon pour l'ancien d'Hokkaidō de 1983 à 1996 puis pour le nouveau de l'île de 1996 à 2009. Il est ministre des Finances dans le du Japon dirigé par Tarō Asō du à sa démission, le .

Origines, formation et carrière professionnelle Bien que né à Tōkyō, où son père travaille, Shōichi Nakagawa est enregistré dans le koseki (registre familial japonais) du bourg de Hirō, dans le district du même nom de la sous préfecture de Tokachi sur la côte est de l'île d'Hokkaidō, d'où sa famille est originaire.

Il est, comme beaucoup de membres du gouvernement japonais, issu d'une dynastie politique. Il est le fils aîné d'Ichirō Nakagawa, figure majeure de la vie politique japonaise et du PLD durant les années 1970 et au début des années 1980, qui est député à la Chambre des représentants pour l'ancien électoral d'Hokkaidō de 1963 à 1983, chef de sa propre faction au sein du PLD et ministre de l'Agriculture, des Forêts et de la Pêche du Cabinet du Japon dirigé par Takeo Fukuda du au et enfin directeur de l'Agence des Sciences et des Technologies dans le Cabinet présidé par Zenkō Suzuki du au . Le , Ichirō Nakagawa est retrouvé mort dans la salle de bain d'un hôtel de Sapporo, et la police conclut rapidement à un suicide AP, « AROUND THE WORLD; Tokyo Politician's Death Is Now Called a Suicide », The New York Times, 13/01/1983. La raison exacte de cet acte n'a jamais été découverte. L'oncle de Shōichi Nakagawa, Yoshio Nakagawa, est également un homme politique : ancien membre de l'Assemblée préfectorale d'Hokkaidō de 1979 à 1998 (il finit par présider cette assemblée locale de 1995 à 1998), il est élu à la Chambre des conseillers, pour la circonscription d'Hokkaidō, depuis 1998.

Shōichi Nakagawa passe la majeure partie de son enfance, de sa scolarité ainsi que de sa carrière professionnelle à Tōkyō. Il est scolarisé au sein du prestigieux collège puis lycée privé Azabu dans l'arrondissement tokyoïte de Minato, de 1966 à 1972. En 1978, il sort diplômé en sciences politiques de droit de l'université de Tokyo et entre à la Industrial Bank of Japan (IBJ).

Carrière politique

Le suicide de son père en le propulse prématurément sur la scène politique. Il quitte alors la IBJ et se présente aux élections législatives de dans la circonscription paternelle de l'ancien d'Hokkaidō. Bien qu'il n'y ait jamais vécu, il arrive en première position avec plus de 25 % des voix et est donc l'un des 5 députés élus dans cette circonscription comprenant les quatre sous-préfectures rurales formant le tiers est d'Hokkaidō (à savoir les sous-préfectures d'Abashiri, Nemuro, Kushiro et Tokachi) ainsi que, techniquement, le sud des îles Kouriles revendiqué par le Japon sous le nom de « Territoires du Nord ». Il est réélu dans cette circonscription, à chaque fois en arrivant en tête du scrutin, en 1986, 1990 puis 1993. Depuis la réforme du système électoral de 1994, appliqué pour la première fois aux élections législatives de 1996, qui voit le remplacement de l'ancien système du vote unique non transférable par le scrutin uninominal majoritaire à un tour, Shōichi Nakagawa est désormais élu pour le nouveau électoral d'Hokkaidō, ce qui correspond uniquement à la sous-préfecture de Tokachi.

La faction au sein du PLD

Au sein du PLD, il adhère dans un premier temps à la faction fondée en 1979 par son père et plusieurs autres faucons nationalistes, l', dirigée à cette époque, depuis la mort en d'Ichirō Nakagawa, par l'écrivain Shintarō Ishihara. Mais cette faction ne survit que peu de temps à son fondateur, se divisant petit à petit. Finalement, en , ses derniers membres, dont Nakagawa, rejoignent le , ou « faction Fukuda » (de Takeo Fukuda, ancien Premier ministre). Finalement, en 1998, il suit Shizuka Kamei qui fonde, avec des dissidents du Seiwakai et d'autres issus de l'importante faction très conservatrice de l', le . Celle-ci est aujourd'hui présidée, depuis le départ du PLD de Shizuka Kamei en 2005, par l'ancien ministre Bunmei Ibuki, le Shisuikai est donc plus généralement connu sous le nom de .

Celle-ci défend majoritairement des positions conservatrices voire traditionalistes. Elle a toujours été très proche politiquement de Tarō Asō et s'est opposée globalement aux réformes libérales des gouvernements de Jun'ichirō Koizumi puis de Shinzō Abe, et tout particulièrement au projet de privatisation de la poste japonaise en 2005. Celui-ci pousse même une partie du groupe, emmenée par Shizuka Kamei, à quitter le PLD pour fonder un parti dissident, le Nouveau parti du peuple. Toutefois, elle comportait également une frange plus proche d'un certain libéralisme économique, se retrouvant dans cette faction par nationalisme, la rendant proche du néo-conservatisme de l'administration Bush. La tendance la plus libérale a adopté une position plus modérée vis-à-vis des réformes de Koizumi : Shōichi Nakagawa fut ainsi ministre de 2003 à 2006 (ministre de l'Économie, du Commerce et de l'Industrie puis ministre de l'Agriculture) et est l'un des rares membres de sa faction à soutenir la privatisation de la poste.

Nakagawa est également affilié au très influent lobby ouvertement révisionniste Nippon Kaigi.

Les premières responsabilités

Shōichi Nakagawa n'hérite pas uniquement de la circonscription de son père, il hérite également de son intérêt pour l'agriculture. Il obtient ainsi son premier poste gouvernemental, sans être encore membre du Cabinet toutefois, en étant secrétaire parlementaire aux côtés du ministre de l'Agriculture, des Forêts et de la Pêche Hisao Horinouchi dans le Cabinet du Japon dirigé par Sōsuke Uno du au .

Il est ensuite directeur de la Commission de l'Agriculture, des Forêts et de la Pêche de la Chambre des représentants de 1990 à 1993, puis son directeur en chef ainsi que directeur de la Division de l'Agriculture et des Forêts du Conseil de la Recherche politique du PLD de 1993 à 1995.

Mais il connaît aussi une ascension rapide au sein du parti au cours des années 1990 : il est ainsi vice-président du Conseil de la Recherche politique du PLD de 1995 à 1996, puis secrétaire général adjoint de 1996 à 1997 et président par intérim de son conseil exécutif en 1997. Il est président de la fédération du PLD à Hokkaidō à partir de 1997.

Il obtient bientôt son premier poste au sein du Cabinet, en tant que ministre de l'Agriculture, des Forêts et de la Pêche dans le Cabinet du Japon présidé par Keizō Obuchi du au . Considéré comme un ardent défenseur du modèle japonais en matière de commerce agricole, il s'est alors opposé à la proposition américaine de baisser les prix de la pêche et des produits forestiers dans le cadre de l'APEC « Gov't divided over forestry, fisheries tariff cuts », Kyodo News International, 09/11/1998. Il affronte également les États-Unis lors des négociations de l'OMC sur les produits agricoles, le Japon rejoignant l'Union européenne (et surtout la France) en défendant la particularité et la « multifonctionnalité » de l'Agriculture et de ses produits, en essayant de maintenir les règles de contrôle sanitaire des marchandises importées et en refusant de se remettre uniquement à un grand marché mondial des denrées agricolesS. George, « Le choix de la sécurité alimentaire », ministère français des Affaires étrangèresK. Iida, Legalization and Japan : The politics of WTO dispute settlement, publié par Cameron May, 2006, p. 327-328.

Après son retrait du gouvernement, il reste toutefois un des principaux spécialistes des dossiers agricoles au sein de la majorité, en devenant successivement président de la Commission spéciale du PLD sur la politique commerciale pour l'Agriculture, les Forêts et la Pêche de 1999 à 2000, puis de la Commission spéciale du parti sur les problèmes de pêche internationale de 2000 à 2001 et de la Commission de Recherche sur le Commerce des produits agricoles, forestiers et de la pêche de 2001 à 2003.

Ministre de Koizumi Bien que sa faction soit globalement opposée aux réformes libérales de Jun'ichirō Koizumi, Shōichi Nakagawa se rapproche de ce dernier dont il partage la vision d'un commerce fondé sur des accords de Libre-échange directement négociés entre les États, et le moins possible établi par les organisations internationales comme l'OMC. Il défend également la diplomatie de confrontation avec la république populaire de Chine et la Corée du Nord menée par le Premier ministre.

Il est alors nommé ministre de l'Économie, du Commerce et de l'Industrie (METI), poste de première importance dans le gouvernement japonais, à la fin du premier, durant la totalité du second et au début du troisième cabinet de Koizumi, du au . Il acquiert à ce poste une réputation de négociateur efficace, renforçant le réseau de partenaires commerciaux liés au Japon par un accord de libre-échange. L'une de ses principales réussites fut la signature, en , d'un accord avec le Mexique concernant une augmentation des importations de produits agricoles (surtout de porc et d'oranges) mexicains en échange de quoi ce pays achèterait plus de produits manufacturés (essentiellement de l'acier et des automobiles) japonais « Japan: Free trade with Mexico », Asahi Shimbun, 12/03/2004. Il a également lancé des négociations pour renforcer les liens commerciaux avec l'Inde AFP, « Japan, India take first step toward free trade pact », bilaterals.org, 14/04/2005, les pays d'Asie du Sud-est Reuters, « Progress Is Made Toward Free Trade Pacts Linking Asian Regions », The New York Times, 05/09/2004. Il s'est aussi opposé à l'administration américaine concernant la hausse des prix de l'acier et les pressions sur le yen pour le faire flotter à la hausse S. Schifferes, « Apec summit heads for trade clash », BBC News, 17/10/2003.

À la suite du remaniement ministériel du troisième gouvernement de Jun'ichirō Koizumi, le , il retrouve le ministère de l'Agriculture, des Forêts et de la Pêche et reprend son attitude de défenseur ardent des produits agricoles japonais et de la sécurité alimentaire. Il s'oppose donc une nouvelle fois aux États-Unis au sujet de l'importation de viande bovine provenant des États-Unis, stoppée en 2003 par le Japon à la suite de l'apparition de cas d'encéphalopathie spongiforme bovine en Amérique du Nord : Shōichi Nakagawa refuse ainsi de céder aux pressions américaines visant à atténuer les contrôles sanitaires japonais des produits importés, et refuse d'autoriser l'entrée de viande bovine provenant des États-Unis sans avoir écarté auparavant tous les doutes concernant l'encéphalopathie « Japanese panel rules U.S. beef safe enough », International Herald Tribune, 31/10/2005. Si le Japon lève un temps son embargo en , à la condition que la viande provienne d'animaux de moins de 20 mois et que les parties « à risques » (cerveau et moelle épinière) soient retirées, la découverte d'un chargement de bœuf américain comportant de la moelle épinière pousse le Japon à cesser à nouveau les importations à partir du . Finalement, après avoir envoyé des vétérinaires dans les 35 abattoirs souhaitant exporter de la viande vers l'archipel, le gouvernement accepte de lever définitivement l'interdiction le , avec les mêmes restrictions qu'en , réglant par la même occasion partiellement le principal contentieux existant entre Tōkyō et Washington« Le Japon reprend les importations de bœuf américain », Agrisalon.com, 27/07/2006.

Ministre des Finances d'Asō