Saint-Jean-Brévelay est une commune française, située dans le département du Morbihan en région Bretagne.
Géographie
Localisation En centre Morbihan, Saint-Jean-Brévelay est située à vol d'oiseau à au nord de Vannes, à au sud-est de Pontivy et à au sud-ouest de Rennes. Administrativement, la commune de Saint-Jean-Brévelay est rattachée à la sous-préfecture de Pontivy. Par ses traditions, la commune appartient à la Basse Bretagne, autrefois bretonnante avant le basculement linguistique du siècle dernier.
Géographie physique
La moitié sud de la commune appartient à la région naturelle des Landes de Lanvaux, un plateau boisé dont le cours de la Claie marque la limite nord. La plupart des hameaux de la commune portent des noms à consonnance bretonne.
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par la Claie, le bras de la Claie, le Lay, le ruisseau de Rodulé, le Sclunj et divers autres petits cours d'eau..
La Claie, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Saint-Allouestre et se jette dans le canal de Nantes à Brest à Saint-Congard, après avoir traversé . Les caractéristiques hydrologiques de la Claie sont données par la station hydrologique située sur la commune. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 29/07/2024 à 02:06 TU à partir des 676 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/02/1968 au 01/06/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le même jour..
vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Saint-Jean-BrévelayLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Csb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais et sec.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Bignan à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Saint-Jean-Brévelay est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Vannes, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). Le tableau ci-dessous présente l'occupation des sols de la commune en 2018, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC).
+Occupation des sols en 2018 Type d’occupation Pourcentage Superficie (en hectares)Tissu urbain discontinu3,4 %142Zones industrielles ou commerciales et installations publiques0,7 %28Terres arables hors périmètres d'irrigation43,3 %1807Prairies et autres surfaces toujours en herbe11,4 %475Systèmes culturaux et parcellaires complexes19,1 %796Surfaces essentiellement agricoles interrompues par des espaces naturels importants4,7 %197Forêts de feuillus3,2 %134Forêts de conifères5,7 %236Forêts mélangées8,4 %362Forêt et végétation arbustive en mutation0,1 %4Source : Corine Land Cover.
Toponymie vignette|170px|Carte de la limite linguistique entre les langues bretonne et gallèse en 1886 (par Paul Sébillot). Le nom de la localité est mentionné sous les formes Sainct Jehan en 1427, en 1426, en 1477, en 1481 et en 1514 ; Sainct Jan en 1536..
Au , fuyant les pillards vikings, quelques Bretons se réfugient temporairement en Angleterre. À leur retour en Bretagne, ils rapportent des reliques d'un évêque d'Exham et d'York, mort en 721 à Beverley où il avait fondé un monastère. Ils nomment leur paroisse du nom du Saint, « Jean de Beverley, John of Beverley » connu aussi sous le nom de « John d'York ».
Brévelay ne serait donc pas un mot breton mais un mot saxon romanisé. En effet, Beverley (Angleterre) est attesté sous les formes Beferlicc en 1025 et Bevreli en 1086 (Domesday Book)A. D. Mills, A Dictionary of British Place Names, Oxford University PressPrint 2011, ISBN-13:9780199609086, p. 83. Il est issu du vieil anglais Beoforliċ « rivière des castors » ou éventuellement « hutte des castors ». Cela semble être un calque du celtique *Bebro-lic : bebros étant le nom celtique d'origine du castor, lui-même adopté par le latin sous la forme beber (accusatif bebrum) qui a remplacé le mot latin vernaculaire fiberXavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, Paris, Errance, 2003, p. 69 et lic / lig un hydronyme européen adapté en celtique que l'on rencontre dans le nom ancien de la Loire, Liger, et les toponymes gaulois du type *Licontio > Lyons (Leons 1015-1025) ; Lihons (Leontium 1100) ; (Leontio 1166)..
En breton, le nom de la commune est dans sa forme longue donnée par l'Office public de la langue bretonne. Localement, le nom était réduit à Sant-Iehann, ici retranscrit dans sa graphie vannetaise.
Histoire
Moyen-Âge
Selon un aveu de 1471, Saint-Jean-Brévelay était, au sein de la vicomté de Rohan, une des 46 paroisses ou trèves de la seigneurie proprement dite de Rohan..
Temps modernes
Révolution française
La première action d'éclat de Pierre Guillemot, chef chouan surnommé « le roi de Bignan », date du : un détachement de 80 soldats républicains escortait l'abbé Leclerc, vicaire à Saint-Jean-Brévelay, prêtre réfractaire, qu'ils conduisaient devant le tribunal. À la hauteur du Bois de Collédo (en Guéhenno) 30 hommes que Pierre Guillemot commandait, tendirent une embuscade et délivrèrent le prêtre.
Le 12 brumaire an III () l'agent national de Josselin écrit au Comité de salut public que « les municipalités de Cruguel, Plumelec, Saint-Jean, Bignan, Buléon, Radenac, Pleugriffet, Réguiny et Credin ne peuvent plus faire exécuter les lois, ni ordonner les réquisitions des grains, fourrage et charrons. Les brigands |chouans] rôdent dans ces communes et les en empêchent. Ils menacent tous les individus qui désireraient y obtempérer de les assassiner eux et leurs familles et d'incendie leur domicile »..
Le
Bonaparte, alors Premier Consul, demande le 15 prairial an XI ( à son ministre de la justice Régnier de demander des renseignements sur les maires et curés de Saint-Jean-Brévelay et des communes voisines, « ainsi que sur la situation de l'esprit public de ces communes et ceux des habitants qui pourraient être soupçonnés » de correspondre avec Georges Cadoudal..
Selon Jules Simon, qui vécut une partie de sa jeunesse dans la commune vers 1818, « Saint-Jean [Brevelay] et ses environs étaient le centre de la Chouannerie. Je ne voyais que des chouans autour de moi ». Il décrit Saint-Jean-Brévelay à cette époque : « Nous étions à Saint-Jean dans un isolement complet. D'abord aucune grande route ne traverse la commune et, ensuite, aucun bourgeois n'y résidait (...). Le maire était un paysan fort intelligent, qui savait le français, mais n'aimait pas le parler (...). En dehors de [quelques] notables, personne sans le village ne parlait le français »Jules Simon, " Les derniers mémoires des autres", 1897, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9681998m/f128.image.r=Plumelec?rk=1266100;4. Dans son livre Premières années, publié en 1901, Jules Simon raconte la venue de sa tante Vincente qui créa la première école de filles à Saint-Jean-Brévelay :
Le un déserteur, Jean Buléon, un des agents du « brigand » MandardMathurin Mandard, né le 17 thermidor an XII () à Bignan, condamné aux travaux forcés à perpétuité en 1834 par la Cour d'Assises de Rennes. (Guerre de Vendée et Chouannerie de 1832), fut pris par des gendarmes dans un champ, près du village de Kerminguy en Saint-Jean-Brévelay. « Les habitants de Saint-Jean-Brévelay ont cherché à se réunir pour délivrer Buléon. De tous côtés on voyait accourir les paysans ; les femmes les appelaient dans les champs, et sur différents points la cornemuse se faidsait entendre. Mais, en suivant autant que possible les hauteurs et par des chemins détournés, la gendarmerie est parvenue à gagner avec son prisonnier le bourg de Saint-Jean-Brévelay »..
En 1849, à l'occasion de la Saint-HenriLe comte de Chambord, prétendant légitimiste au trône de France, se prénommait Henri., des habitants de Saint-Jean-Brévelay brandirent le drapeau blanc (drapeau du royaume de France). Lors des Élections législatives françaises de 1849 le canton de Saint-Jean-Brévelay est celui qui est le plus favorable lors des élections législatives au colonel Joseph de Cadoudal, candidat légitimiste..
En 1874 « 479 habitants des communes de Saint-Jean-Brévelay, de Lanouée et de Guillac demandent le rétablissement de la monarchie et la proclamation du roi légitime Henri V »..
De nombreux habitants de Plumelec, Plaudren, Saint-Jean-Brévelay, etc.. participèrent à la manifestation légitimiste du à Sainte-Anne-d'AurayLe 29 septembre 1889 à Sainte-Anne-d'Auray, "Le Drapeau blanc : journal légitimiste hebdomadaire", n° du 30 mars 1913, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k938536m/f3.image.r=Plumelec?rk=1051507;2.
Le
La Première Guerre mondiale
Le monument aux morts de Saint-Jean-Brévelay porte les noms de 112 soldats morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale ; parmi eux 3 sont morts en Belgique (Alexandre Bertin, Joachim Jouannic et Auguste Le Gal) ; 4 (Joachim Laurent, Joachim Le Gaillard, Joseph Le Nivet et Joachim Morio, ce dernier la veille de l'armistice) sont morts alors qu'ils étaient prisonniers en Allemagne et un (Joseph Moysan) en Pologne occupée le , donc un mois après l'armistice ; la plupart des autres sont décédés sur le sol français, dont 2 (François Jahier et Joachim Jounot) décorés de la Médaille militaire et de la Croix de guerre. https://www.memorialgenweb.org/memorial3/html/fr/resultcommune.php?idsource=2734&dpt=56.
L'Entre-deux-guerres