Saint-Malo-de-Beignon est une commune française, située dans le département du Morbihan en région Bretagne.

Si cette commune est voisine de Beignon, son nom évoque aussi Saint-Malo parce que sous l'Ancien Régime l'évêque de Saint-Malo y avait sa résidence d'été.

Géographie Situation Saint-Malo-de-Beignon se trouve au sud-ouest de la forêt de Paimpont et dans le nord-est du département du Morbihan ; la commune est limitrophe de l'Ille-et-Vilaine et le camp de Coëtquidan est en partie sur son territoire.

Relief et hydrographie Relief Commune de petite superficie ( contre, par exemple pour Beignon et pour Guer, deux de ses communes voisines), Saint-Malo-de-Beignon a des altitudes comprises entre 153 mètres pour son point le plus haut, situé dans l'angle sud-ouest de son territoire, au niveau de la chapelle de Coëtquidan, et 50 mètres, à l'extrémité orientale de son finage au niveau de la confluence entre l'Aff et le Ruisseau de Saint-Malo, son affluent de rive droite, lequel traverse d'ouest en est la partie centrale de la commune, alimentant l'étang de Saint-Malo, avant de servir de limite communale entre Saint-Malo-de-Beignon et Guer dans sa partie aval.

L'aspect général du relief forme une gouttière dans les deux bords sud et nord sont relevés de manière inégale, le bord nord s'élevant seulement à 106 mètres d'altitude. Le bourg est implanté sur le bord sud de cette gouttière, échelonné entre 120 mètres pour son extension récente (lieu-dit Bel-Air) et le bourg ancien, plus proche de la vallée du Ruisseau de Saint-Malo, situé vers 70 mètres d'altitude.

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par l'Aff, le Saint-Malo et divers autres petits cours d'eau..

L'Aff, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Paimpont et se jette dans l'Oust à Saint-Vincent-sur-Oust, après avoir traversé ..

Le Saint-Malo, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Campénéac et se jette dans le Blavet sur la commune, après avoir traversé .

vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Saint-Malo-de-BeignonLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.. Un plan d'eau complète le réseau hydrographique : l'étang de Saint-Malo ()..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Csb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais et sec.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Ploërmel à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Transports Beignon est desservi principalement par la D 773, axe routier nord-sud qui est l'ancienne Route nationale 773 déclassée en route départementale ; cette route vient côte nord de Paimpont et se dirige côté sud vers Guer ; un embranchement, la D 773b, part de Saint-Malo-de-Beignon pour se diriger vers Beignon.

Paysages et habitat thumb|Saint-Malo-de-Beignon ː plan cadastral datant de 1848. Faiblement peuplée au début du (155 habitants en 1800), seul le bourg de Saint-Malo-de-Beignon était alors habité, les seuls écarts notables étant ceux de la Brousse et de la Fosse Noire. Mais la commune a connu une brusque croissance démographique liée à la présence du camp de Coëtquidan juste après la Seconde Guerre mondiale, ce qui a entraîné une périurbanisation et une rurbanisation sensible de la partie de la commune située au sud du bourg, en direction du lieu-dit Bel-Air et la naissance d'un véritable quartier urbain à l'extrême sud de la commune, qui fait partie de l'agglomération de Bellevue, située principalement dans la commune de Guer, et qui est le lieu habité principal du camp de Coëtquidan ; mais la diminution du nombre des militaires fréquentant le camp a entraîné un déclin démographique après 1962.

La commune a conservé de nombreux espaces boisés, disséminés un peu partout sur son territoire.

Urbanisme Typologie Au , Saint-Malo-de-Beignon est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Guer, dont elle est une commune du pôle principalLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (52 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (53,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (49,1 %), forêts (25,3 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (11,5 %), zones urbanisées (11,2 %), prairies (2,9 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie Le nom de la localité est mentionné sous les formes Sanctus Masloo de Bidainono en 1062Dans le cartulaire de Redon.Ernest Nègre - 1998 - Toponymie générale de la France: Tome 3, Page 1558., Saint Mallou en 1467..

Saint-Malo-de-Beignon fait référence aux évêques de Saint-Malo qui possèdent une résidence d'été sur ce territoire dès 1062.. Beignon reste de sens obscur ; ce toponyme pourrait dériver de Bennius, anthroponyme celte.

Le nom en gallo de la commune est Saent-Malo-de-Benyon et Sant-Maloù-Benion en breton..

La forme bretonne normalisée donnée par l'Office public de la langue bretonne est Sant-Maloù-BenionOffice public de la langue bretonne.

Dans une étude publiée en 1990, Jean-Yves Le Moing indique que 28,5 % des toponymes de la commune sont bretonsJean-Yves Le Moing, Les noms de lieux bretons de Haute-Bretagne, Coop Breizh, 1990, p. 397.

Histoire Antiquité Un trésor monétaire d'époque celtique (120 à 56 avant J.-C.) de 150 à 200 monnaies riedones, a été découvert à Saint-Malo-de-Beignon en 1851.. Moyen-Âge

« On a dit que Saint-Malo-de-Baignon [Beignon], très ancienne résidence des évêques d'Aleth, a été pendant soixante ans le siège d'un évêché. Lors d'un schisme provoqué dans ce siège par la lutte des barons bretons contre Eudon, qu'ils accusaient de vouloir usurper le trône ducal, au détriment de son neveu Alain III, Eudon et le pape auraient nommé simultanément des évêques d'Aleth, dont les uns auraient résidé à Saint-Malo et les autres à Saint-Malo-de-Baignon »., mais cela est très contesté et réfuté de nos jours par les historiens.. En réalité les évêques de Saint-Malo construisirent dès le un manoir épiscopal dans un lieu situé à environ 2 km au sud-est de l'actuel bourg de Beignon, qu'ils nommèrent "Saint-Malo-de-Beignon".. Cette résidence d'été des évêques de Saint-Malo devint le siège d'officialité pour la moitié sud du diocèse de Saint-Malo..

C'est à Saint-Malo -de-Beignon que l'historien Bertrand d'Argentré situe le refuge du prince Arthur. Le jour de l'Assomption de l'an 1196, c'est à Saint-Malo-de-Beignon qu'Arthur Ier de Bretagne reçut le serment de fidélité de ses grands vassaux..

Temps modernes

Un aveu de 1564 fait état d'un accord entre l'évêque, propriétaire d'un fief vaste de journaux et ses vassaux, ceux-ci obtenant des droits d'usage contre le paiement d'une redevance ; mais entre le et le de nombreux conflits d'usage et procès opposent les habitants de Beignon et Saint-Malo-de-Beignon aux évêques de Saint-Malo, barons de Beignon, à propos des bois et landes de Feil et Tenedo ; vers 1770 l'afféagement du quart des communs de Beignon (aux alentours du moulin de Lanviel et de la chapelle Sainte-Reine) par l'évêque Mgr des Laurents au profit de notables entraîna un procès gagné par les habitants de Beignon..

En raison de la présence du "château de Beignon", résidence épiscopale et siège de l'officialité des barons-évêques de Saint-Malo, de nombreuses maisons étaient alors occupées par les délégués de la juridiction seigneuriale des Évêques et par les écoliers venant étudier dans le collège, aussi séminaire jusqu'à la Révolution française qui expropria les Évêques.. thumb|Carte de Cassini de Beignon, Saint-Malo-de-Beignon et des landes de Coëtquidan (1778). Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Saint-Malo-de-Beignon en 1778 :

Révolution française Le , le cahier de doléances de Saint-Malo-de-Beignon est rédigé dans la sacristie de l'église paroissiale sous la présidence et par le procureur fiscal de l'évêque de Saint-Malo, François Boisgontier ; le texte est signé par ceux des paroissiens présents qui savent signer, une quinzaine ; le texte intégral de ce cahier de doléances est consultable sur Internet..

La partie sud de l'évêché de Saint-Malo est particulièrement touchée par des révoltes agraires au début de 1790, ce qui s'explique par les abus importants des seigneurs et de leurs procureurs fiscaux.

Entre le 25 et le les vassaux des seigneurs de Plélan, Saint-Malo-de-Beignon et Paimpont attaquent les châteaux de leurs seigneurs et demandent la suppression des droits féodaux. Le manoir des évêques à Saint-Malo-de-Beignon est attaqué le (les révoltés saccagèrent le manoir et firent un feu de joie avec les parchemins de l'évêque-baron, Mgr de Pressigny) et l’abbaye de Paimpont le lendemain..

« Le une bande de jeunes gens de Paimpont, de Saint-Malo [Saint-Malo-de-Beignon], de Plélan (..) forçait l'entrée de Comper, alors au marquis de Sérent, malgré pont-levis, porte, herse, et mettait le feu au château, en ayant bien soin de faire flamber en un tas les titres des droits haïs et des privilèges abhorrés »..

Maguet, recteur, et Grandhomme, curé de Saint-Malo-de-Beignon, font partie des signataires d'un texte publié le par le journal L'Ami du roi annonçant l'opposition des signataires à la Constitution civile du clergé..

Le