George Fernandes « L'accusé George Mathew Fernandes (ci-après dénommé George Fernandes Al) est l'ancien président du Parti socialiste de l'Inde et aussi le président de la Fédération nationale des hommes de chemins de fer de l'Inde. » (né le à Mangalore et mort le à New DelhiGeorge Fernandes Death: George Fernandes, Former Defence Minister, Dies At 88 After Long Illness) est un dirigeant, syndicaliste, homme politiqueSurender Sharma, (01/07/2010), extrait de Pour George, c'est dans la rue !, "Comme s'il n'y avait pas déjà une assez mauvaise réputation et publicité pour l'un des politiciens les plus chevronnés, le syndicaliste George Fernandes, les demandeurs à son héritage se sont tapés dessus dans les rues ce mercredi." socialiste de l'Inde, journaliste et agriculteur. Il a été membre de la Rajya Sabha (la chambre haute), élu dans le Bihar, et a fait partie du Janata Dal, parti de centre-gauche. Il a fondé le Samta Party. Il a occupé plusieurs postes ministériels, dont les communications, l'industrie, les chemins de fer et la défense. Il a été le seul ministre chrétien dans le cabinet du Premier Ministre Atal Bihari Vajpayee.
Originaire de Mangalore, Fernandes est envoyé à Bangalore en 1946 pour être formé en tant que prêtre. Il déménage à Bombay en 1949, et rejoint le mouvement syndical socialiste. En tant que dirigeant syndical, Fernandes organise de nombreuses grèves à Bombay dans les années 1950 et 1960. La plus notable est la grève des chemins de fer de 1974, quand il était président de la Fédération nationale des cheminots de l'Inde. Fernandes entre dans la clandestinité pendant la période d'urgence de 1975, imposée par la Première Ministre Indira Gandhi, mais est arrêté en 1976, et jugé dans la célèbre affaire de Baroda.
Après que l'urgence a été levée, il remporte le siège de la circonscription Muzaffarpur dans l'Etat du Bihar en 1977, et est nommé Ministre des industries. Durant son mandat comme Ministre de l'Union, il ordonne aux multinationales américaines IBM et Coca-Cola de quitter le pays. Pendant son mandat de Ministre des chemins de fer de 1989 à 1990, il s'engage dans le projet de chemin de fer de Konkan. Il est enfin Ministre de la Défense dans le Gouvernement d'Alliance Démocratique Nationale (ADN) entre 1998 et 2004, lorsque la guerre du Kargil éclate entre l'Inde et le Pakistan et que l'Inde effectue ses essais nucléaires à Pokharan. Malgré son statut de vétéran socialiste, Fernandes a été poursuivi par diverses controverses comme le scandale des missiles Barak, et le scandale Tehelka.
Jeunesse George Fernandes est né le à Mangalore dans une famille catholique. Il est le fils de John Joseph Fernandes et d'Alice Martha Fernandes (née Pinto). Il est l'aîné d'une famille de six enfants : ses frères sont Lawrence, Michael, Paul, Aloysius et Richard. Sa mère était une grande admiratrice du Roi George V (qui est aussi né un ), ce qui explique qu'elle ait appelé son premier fils George. Son père était employé par le groupe financier Peerless en tant que directeur du service des assurances, et il dirigea leur bureau en Inde du Sud durant plusieurs années. George était surnommé affectueusement "Gerry" dans le cercle de famille proche. Il obtient son certificat de fin d'études secondaires au collège Saint-Aloysius, à Mangalore.
Selon la tradition orthodoxe de la famille, George étant le plus âgé des enfants, il est envoyé à 16 ans au séminaire de Saint-Pierre pour y suivre un enseignement religieux et pour être formé en tant que prêtre catholique entre 1946 et 1948. À l'âge de 19 ans, il quitte le séminaire, frustré de voir que les recteurs mangent une meilleure nourriture, assis à des tables plus élevées que les séminaristes. Il confessera plus tard qu'il « avait été déçu parce qu'il y avait beaucoup de différences entre le précepte et la pratique de l'Église ». Il commence alors à travailler, fédérant les travailleurs exploités dans l'industrie du transport routier et dans les hôtels et restaurants de Mangalore.
Vie à Bombay Après avoir quitté le séminaire, Fernandes déménage à Bombay en 1949 et recherche un emploi. Sa vie y est difficile et il doit dormir dans les rues avant de trouver un travail en tant que relecteur dans un journal. Il raconte le début de sa carrière en disant : « Quand je suis venu à Bombay, j'avais l'habitude de dormir sur les bancs de Chowpatty Sands. Au milieu de la nuit, des policiers venaient et me réveillaient en me demandant de m'en aller ». Il entre alors en contact avec le vétéran dirigeant syndical Placid D'Mello, et le socialiste Rammanohar Lohia, qui auront les influences les plus fortes sur sa vie. Par la suite, il rejoint le mouvement syndical socialiste. Il accède à la notoriété en tant que syndicaliste et lutte pour les droits des travailleurs dans les petites industries de services, comme les hôtels ou les restaurants. Apparaissant comme une figure clé du mouvement des travailleurs de Bombay au début des années 1950, Fernandes est une figure centrale de la syndicalisation des sections de travail de Bombay dans les années 1950. En tant que syndicaliste, il purge des peines de prison lorsque ses manifestants s'engagent dans des combats contre les hommes de main des entreprises. Entre 1961 et 1968, il sert dans l'armée en tant que membre de la municipalité de Bombay. Il gagne l'élection civile de 1961, et, jusqu'en 1968, il continue à faire entendre dans le corps hiérarchique de la métropole les problèmes des travailleurs exploités.
Le moment décisif qui pousse Fernandes sous le feu des projecteurs est sa décision de contester les élections générales de 1967. Il gagne alors la circonscription du Sud de Bombay pour le Parti Socialiste Samyukta (Parti Socialiste Unifié), contre Sadashiv Kanoji Patil, plus connu que lui, du Congrès national indien de Bombay. Sadashiv Kanoji Patil, ou S.K. Patil, est alors un politique chevronné, avec deux décennies d'expérience derrière lui. Néanmoins, Fernandes gagne contre lui en obtenant 48,5 % des suffrages, ce qui lui vaut son surnom de « George le Tueur de Géant ». Cette défaite choquante met d'ailleurs fin à la carrière politique de Patil.
Fernandes émerge en tant que chef de file des mouvements de grève de Bombay durant la seconde moitié des années 1960 mais, au début des années 1970, son impulsion disparaît largement. En 1969, il est choisi comme Secrétaire Général du Parti Socialiste Samyukta, et en 1973, il devient Président du Parti. Cependant, les années 1970 ne permettent pas à Fernandes de réaliser une percée décisive dans la part grandissante du secteur privé.
Grève des chemins de fer de 1974 La plus notable grève organisée par Fernandes, alors qu'il est président de la Fédération nationale des cheminots de l'Inde, est la grève générale de 1974, lors de laquelle la nation entière est stoppée.. La grève est le résultat des revendications des cheminots depuis plus de deux décennies En effet, malgré la mise en place de trois Commissions sur la question des rémunérations, entre 1947 et 1974, le salaire minimum n'a pas augmenté. En , le Comité national de coordination pour la lutte des cheminots est créé pour rassembler les syndicats de cheminots, les centrales syndicales et les partis politiques de l'opposition ainsi que pour préparer la grève qui commence le . À Bombay, les travailleurs des secteurs de l'électricité et des transports, ainsi que les chauffeurs de taxi, se joignent aux manifestations. À Gaya, dans l'Etat du Bihar, les grévistes et leurs familles s'accroupissent sur les voies. Plus de travailleurs de l'usine Coach, à Chennai, défilent au siège de la Southern Railway pour exprimer leur solidarité avec les grévistes. Des manifestations similaires émergent dans tout le pays.
Le mouvement de grève, qui a débuté le , au moment de la crise économique, fait face à des réactions gouvernementales brutales et des arrestations massives. Selon Amnesty International, syndicalistes sont arrêtés, la plupart en vertu des lois de détention préventive. Parmi les personnes arrêtées figurent non seulement les membres du comité de grève et les syndicalistes, mais aussi des cheminots qui ont participé à la grève. Le Comité d'action met fin à la grève de façon unilatérale le . Comme expliqué plus tard par Fernandes, « la grève s'est terminée parce que ceux qui la menaient avaient commencé à parler de différentes manières ». De nombreux prisonniers sont libérés, dont Fernandes, mais des milliers d'autres restent en détention, accusés d'infractions spécifiques.
La grève a apporté un sentiment d'insécurité et de menace qui pousse Indira Gandhi à mettre en place l'état d'urgence en 1975. En effet, alors que les grèves précédentes visaient les entreprises ou les industries, celle-ci visait le gouvernement et ses ramifications. Elle s'est avérée être la plus réussie des grèves industrielles catastrophiques de l'Histoire indienne.
Période d'urgence La Première Ministre de l'Inde, Indira Gandhi, déclare l'état d'urgence le en raison de troubles politiques internes. En conséquence, tous les droits fondamentaux accordés par la Constitution indienne sont suspendus. Des dissidents politiques, des journalistes et des leaders d'opposition qui s'opposent à l'état d'urgence sont emprisonnés. George Fernandes, ainsi que d'autres personnes ayant les mêmes objectifs, s'oppose à ce qu'il considère comme un abus de pouvoir flagrant. Un mandat d'arrêt étant émis à son nom, il entre dans la clandestinité pour échapper à l'arrestation et aux poursuites. Lorsque la police échoue à le capturer, elle se tourne vers ses proches. Son frère Lawrence est arrêté et torturé pour l'obliger à révéler où se trouve George. Snehalata Reddy, une asthmatique chronique, est elle aussi arrêtée à cause de ses relations avec George Fernandes et, n'ayant pas reçu de soins adéquats dans la prison, elle meurt peu après sa libération.
En , Fernandes arrive à Baroda. Il y rencontre Kirit Bhatt, président de l'Union des journalistes de Baroda, et Vikram Rao, un membre du journal The Times of India en correspondance à Baroda, qui s'opposent tous les deux à l'état d'urgence. Ils prennent l'habitude de se rencontrer et de discuter de ce qui pourrait être fait pour renverser le gouvernement autocratique d'Indira Gandhi. Un ami industriel, Viren J. Shah, Directeur Général de Mukand Ltd, les aide à trouver des contacts pour se procurer de la dynamite, largement utilisée dans les carrières autour de Halol (près de Baroda). Ils souhaitent faire exploser les toilettes des bureaux gouvernementaux et provoquer des explosions près des salles de réunions publiques. L'idée n'est pas de blesser qui que ce soit, mais seulement de créer une petite frayeur. Les explosions doivent être effectués soit tard dans la nuit soit quelques heures avant la réunion, de manière à éviter les blessures. Un plan est exécuté pour faire sauter une estrade quatre heures avant qu'Indira Gandhi ne donne une réunion à Varanasi. La conspiration a été connue plus tard comme le fameux cas de la dynamite de Baroda.
Selon Bhatt, deux autres plans étaient prévus, mais n'ont jamais été mis au point. Fernandes a également voulu voler un train qui servait à transporter des armes de Pimpri (près de Pune) à Bombay. Les armes devaient être utilisées pour faire sauter les bureaux du gouvernement. Un autre plan était de demander l'aide d'autres pays avec l'appui de radioamateurs.