La Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (, IPBES) est un groupe international d'experts sur la biodiversité. Il est présidé depuis par Ana María Hernández Salgar.

Pluridisciplinaire, l'IPBES a pour premières missions d'assister les gouvernements, de renforcer les moyens des pays émergents sur les questions de biodiversité, sous l'égide de l'Organisation des Nations unies (ONU).

Ce mécanisme d'interface et de coordination sur la biodiversité résulte d'une initiative lancée en 2005 par l'ONU. Annoncé en 2010, ce Journal de l'environnement, « Le « Giec » de la biodiversité pourrait voir le jour en 2010 », 2009. a officiellement été créé le par 94 gouvernements. Il a tenu sa première réunion début 2013.

Chaque État membre des Nations unies peut y participer et les délégués souhaitent aussi une au processus. En , l'IPBES compte 150 États membres.

Missions L'IPBES, sous l'égide du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), du Programme des Nations unies pour le Développement (PNUD), de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) et de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) joue un rôle d'interface et de vulgarisation scientifique entre l'expertise scientifique et les gouvernements sur les questions traitant de la biodiversité et des services écosystémiques. Cette interface science-politique a pour objectifs la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité, sous-tendant le bien-être humain sur le long terme et le développement durable.

Elle cherche aussi à renforcer les capacités des pays, notamment dans les pays émergents et ceux en voie de développement. La Plateforme vient appuyer les activités se déroulant dans le cadre des accords multilatéraux concernant la biodiversité comme la Convention sur la Diversité Biologique (CDB) ou encore la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES).

Au-delà de l’interface science-politique, le travail scientifique de l’IPBES concerne également la société au sens large, telles les ONG et le secteur privé. La Plateforme a ainsi développé plusieurs façons d’engager ces acteurs  impliqués sur les questions de biodiversité.

La Plateforme vise également à catalyser les fonds d'aides aux évaluations de la connaissance sur la biodiversité, et à identifier les lacunes principales des connaissances existantes. Ces travaux peuvent servir à orienter la recherche scientifique vers les besoins de connaissances identifiés par les décideurs politiques.

C'est en quelque sorte le pendant du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) pour la biodiversité ; Ces deux structures seront d'ailleurs amenées à travailler conjointement, car il existe des liens structurels et fonctionnels entre biodiversité et climat, et changement climatique et puits de carbone.

Gouvernance La structure et les procédures de l'IPBES sont largement inspirées de celles du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC).

Plénière La Plénière est l'organe décisionnel de l'IPBES. Elle est composée de l'ensemble des États membres des Nations unies qui ont rejoint la Plateforme, et d'observateurs. Les observateurs peuvent être des représentants d'accords multilatéraux pour l'environnement (par exemple, la Convention sur la diversité biologique ou la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification), des organisations scientifiques, des ONG, des représentants du secteur privé ou encore des représentants des communautés autochtones et locales, qui traitent des sujets abordés par la Plateforme.

La Plénière se réunit une fois par an.

Bureau Le Bureau est composé de (2 représentants pour chaque région des Nations-Unies), soit 1 président, 4 vice-présidents et 5 autres membres. Le Bureau supervise les tâches administratives et financières de la Plateforme.

La présidente actuelle de l'IPBES est Ana María Hernández Salgar. Elle a succédé en à Robert Watson, élu lors de la quatrième plénière de l'IPBES et ancien Président du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC). Il succédait à Zakri Abdoul Hamid, premier président de l'IPBES entre 2013 et 2016.

Groupe d'experts multidisciplinaire Le Groupe d’experts multidisciplinaire (GEM) est composé de 25 membres (5 par région des Nations unies), scientifiques issus d’une large diversité de disciplines, des sciences biologiques aux sciences économiques et sociales. Les membres ont un mandat de . Le GEM supervise les questions scientifiques et techniques et procède également à la sélection des experts qui composent les différents groupes de travail de l'IPBESBrochure IPBES réalisée par la Fondation sur la Recherche pour la Biodiversité. Il joue donc un rôle central dans la mise en œuvre du programme de travail de l'IPBES.

Du au , une consultation menée sous l'égide des Nations unies, de l'IHDP, du gouvernement japonais et de Diversitas avait été menée afin de définir les critères de choix des scientifiques pour le GEM (découpage régional, équilibre entre disciplines scientifiques, évitement des conflits d'intérêts, etc.). avaient répondu à cette consultationJaya Sinnathamby, Findings of the Global IPBES Assessment Survey (Synthèse des réponses à la consultation pour l'IPBES) PDF, 12 pages.

Selon la FRB, « la question régionale s’est invitée fermement dans les négociations : la plupart des pays s’accorde sur le fait que l’équilibre régional au sein des organes de gouvernance devrait se baser sur un découpage prenant en compte la biogéographie. Toutefois, cette approche nécessitant une réflexion plus approfondie prenant en compte plusieurs facteurs (nombre de pays par région, population, richesse en biodiversité), les pays se dirigeraient vers une solution provisoire basée sur le découpage des Nations-Unies pour commencer le travail plus rapidement »Communiqué FRB, L’IPBES est créée !, Panama city, 2012-04-21.

Dans un premier temps, en raison du manque de dispositif mondial existant basé sur les échelles biogéographiques et écopaysagères, il avait été décidé en 2012 par les délégués réunis à Panama City de commencer avec un Groupe d'experts multidisciplinaire intérimaire, dont les membres avaient été nommés pour la première plénière de l’IPBES (début 2013).

Début 2016, les membres du GEM sont : Pour la région Afrique : Moustafa Mokhtar Ali Fouda (biologiste, Égypte), Sebsebe Demissew (botaniste, Éthiopie), Jean Bruno Mikissa (biologiste, Gabon), Voahangy Raharimalala (biologiste, Madagascar) et Charlotte Karibuhoye (biologie, Sénégal). Pour la région Asie-Pacifique : Yi Huang (écologue, Chine), Vinod Mathur (écologue, Inde), Rosichon Ubaidillah (biologiste, Indonésie), Yoshihisa Shirayama (biologiste, Japon) et Leng Guan Saw (biologiste, Malaisie). Pour la région Europe de l'Est : Ruslan Novitsky (écologue, Biélorussie), Maja Vasilijević (géographe, Croatie), Tamar Pataridze (politologue, Géorgie), György Pataki (économiste, Hongrie) et Günay Erpul (agronome, Turquie). Pour la région Amérique latine et Caraïbes : Sandra Myrna Diaz (écologue, Argentine), Carlos Alfredo Joly (botaniste, Brésil), Brigitte Baptiste (écologue, Colombie), Rodrigo Medellín (écologue, Mexique) et Floyd M. Homer (écologue, Trinité-et-Tobago). Pour la région Europe occidentale et autres États : Mark Lonsdale (écologue, Australie), Paul Leadley (écologue, France), Marie Roué (anthropologue, France), Unai Pascual (économiste, Espagne) et Marie Stenseke (géographe, Suède).

Secrétariat Le Secrétariat de l'IPBES est localisé à Bonn, en Allemagne, à la Cité des Nations unies. Il assure le fonctionnement général de l'IPBES au quotidien et apporte un soutien technique aux groupes d'experts et équipes spéciales qui travaillent à la mise en œuvre du programme de travail. La Secrétaire exécutive actuelle est la française Anne Larigauderie.

Histoire

Prémices Dans les années 1970-1980, avec les travaux du Club de Rome notamment, il est apparu de plus en plus évident que la biodiversité était un bien commun et un bien public vital pour l'humanité, mais qu'elle était gravement menacée et qu'elle pouvait n'être correctement restaurée, protégée et gérée qu'à des échelles qui soient à la fois mondiales, nationales, régionales et locales.

Au Sommet de la Terre de Rio (), sous l'égide de l'ONU, tous les pays ont décidé au travers d'une convention sur la diversité biologique de faire une priorité de la protection et de la restauration de la diversité du vivant, considérée comme une des ressources vitales du développement durable.

En 2005, l'évaluation des écosystèmes pour le millénaire (MEA) a confirmé que 60 % environ des écosystèmes étaient de dégradés à très dégradés et souvent surexploités. Elle a encouragé la mise en place d'une gouvernance mondiale de la biodiversité.

Vers un mécanisme international d'expertise scientifique sur la biodiversité Dans son discours lors de la conférence internationale "Biodiversité : science et gouvernance" à l'UNESCO en 2005, le président français Jacques Chirac a appelé à la création de ce qui allait devenir l'IPBES : "Les travaux du Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat [GIEC] depuis 1988 ont permis de parvenir à un consensus scientifique sur la réalité et la portée du réchauffement climatique, que beaucoup, au départ, se refusaient à admettre. Pour la biodiversité, nous avons besoin d’un dispositif similaire. Et je souhaite que cette conférence marque une étape décisive dans cette direction. J’appelle en effet tous les scientifiques à se rassembler pour constituer un réseau mondial d’expertise. Et la France proposera à ses partenaires au sein de la Convention sur la diversité biologique de créer un groupe intergouvernemental sur l’évolution de la biodiversité".

Ceci s'est d'abord traduit par une consultation internationale (IMoSEB), qui visait à créer une structure équivalente au GIEC mais pour la biodiversité. Le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), sous l'égide de l'Organisation des Nations unies (ONU), était chargé de cette consultation. Deux ans plus tard et après la mise en place d'une stratégie de poursuite de l'évaluation des écosystèmes pour le millénaire (MEA), le PNUE a officiellement annoncé le à Kuala Lumpur), une consultation vers la création d'un groupe intergouvernemental d'experts sur la biodiversité, nommé (IPBES), sur le modèle du GIEC, le Brésil et la Chine ayant toutefois montré quelques réticences.

Le , après 5 jours de négociations à Busan, en Corée du Sud, les délégués ont conclu (« Résultat Busan ») au besoin de créer un ipBes intergouvernemental, géré par une ou plusieurs organisations des Nations-Unies. Les États et l'ONU ont officiellement montré leur volonté de créer l'IPBES lors de la Conférence mondiale sur la biodiversité de Nagoya, en . Le Résultat de Busan y est présenté, les missions et principes de fonctionnement de l'IPBES y sont approuvés par l'ensemble des participants.

Création de la plateforme Le , la de l'Assemblée générale de l'Organisation des Nations unies a approuvé, et ainsi officialisé la création de l'IPBES. Du 3 au , une réunion préparatoire se tient à l'ONU à Nairobi (Kenya)First Session of IPBES, 3-7 October 2011, UNEP headquarters, Nairobi, Kenya (Résumé) Le , l'IPBES a été officiellement créé (sur le modèle du GIEC) à Panama city ; 5 paysCandidats à l'accueil du secrétariat de l'IPBES : Allemagne (Bonn, voir Candidature de la ville de Bonn), Corée du Sud (Séoul), France (Paris, voir candidature officielle, Inde (lieu non précisé), Kenya (Nairobi). avaient proposé d'accueillir le secrétariat ; c'est Bonn (Allemagne) qui a été retenu.