Le est un barrage hydroélectrique, de type poids curviligne, construit sur la Creuse, dans le département de l'Indre en France.

Il est exploité par Électricité de France et placé sous le contrôle de la DREAL Centre-Val de Loire. De plus, il fait partie du groupement d'usines d'Éguzon.

Géographie Le barrage est le plus important de la région Centre-Val de Loire. Il est situé sur la rivière Creuse. La retenue d'eau forme un lac appelé lac de Chambon. Il se trouve sur les communes d'Éguzon-Chantôme pour la rive gauche et de Cuzion pour la rive droite.

Les communes voisines sont : Saint-Plantaire () et Orsennes (), à l'est ; Lourdoueix-Saint-Michel () et Fresselines (), au sud-est ; Crozant (), au sud ; Saint-Sébastien (), au sud-ouest ; Baraize (), au nord-ouest et Ceaulmont () et Gargilesse-Dampierre (), au nord.

La nature du terrain de fondation est constitué de gneiss amphibolite. de couleur gris très sombre à bleu noir généralement assez riche en amphiboles pour mériter le nom d'amphibolite. Cette amphibolite est compacte, massive, très dure et abrasive. Elle renferme des intercalations lenticulaires de micaschistes friables et tendres, se présentant sous forme de lits minces et discontinus plus sensibles à l'altération météorique (décomposition en minéraux argileux). Le barrage est implanté en oblique sur les amphibolites.

Le descriptif des singularités des lits micacés ou micaschisteux sont parallèles à la schistosité de la roche qu'ils soulignent. Cette schistosité par contre est assez peu nette dans les faciès amphiboliques. Pendage dirigé vers l'amont s'atténuant d'amont vers l'aval (au pied rive droite du barrage il est pratiquement horizontal).

Histoire Projet initial Projet ancien, le barrage, par sa réussite, a alimenté l'intense spéculation boursière des années 1920 sur l'hydroélectricité. Dès les années 1908 et 1911, l'entrepreneur Léon Chagnaud présente plusieurs projets de barrages de plus en plus importants. Il est en effet nécessaire d'augmenter la production d'électricité pour alimenter les industries de la région.

Première Guerre mondiale En 1914, il devient nécessaire d'assurer l'alimentation électrique de l'usine d'armement de Bourges.

Après l'abandon du projet initial de barrage de Bonnu (à environ en amont du barrage actuel), on décide de construire un barrage à du pont des Piles. L'ouvrage projeté a de hauteur. L'usine a de longueur. Le projet initial est conservé pour permettre l'alimentation électrique du chantier.

En 1917, les premiers coups de pioche sont donnés pour la réalisation des fondations. La guerre ayant pris la plupart des ouvriers français, ce sont des prisonniers de guerre allemands, russes et turcs qui sont amenés au camp d'Ajain dans le département de la Creuse pour réaliser les travaux du barrage. Un accord est signé avec le gouvernement espagnol pour permettre l'arrivée de d'Espagne. Parmi eux, il y a aussi des syndicalistes qui empêchent les autres de travailler. Ils sont expulsés.

Un nouveau projet est étudié. Il a de hauteur et le lac de retenue doit submerger le pont du Chambon à à l'amont. Le service des Ponts et Chaussées s'inquiète du projet et demande une étude complète avant de l'approuver. Mais les travaux continuent au ralenti bien qu'ils soient faits pour le ministère de l'Armée.

Union Hydro-Électrique En , Léon Chagnaud crée pour relancer la construction du barrage d'Éguzon qui à l'époque ne mesurait qu', l'« Union Hydro-Électrique.. », avec des actionnaires très influents comme la Compagnie du Chemin de fer de Paris à Orléans. Celle-ci a l'intention de poursuivre l'électrification de son réseau de Vierzon à Toulouse. Elle est intéressée au premier chef par une usine hydroélectrique dans la région qui lui permettrait de relayer efficacement l'usine thermique de Gennevilliers qui alimente aussi Paris en électricité.

Septième projet En , Léon Chagnaud dépose un septième et dernier projet. Le barrage fait maintenant de hauteur à partir de la fondation. Le volume de la retenue est multiplié par . Charles Bernier. est chargé de la mise en œuvre des travaux. En 1922, les travaux de l'usine et du barrage commencent. De plus le . est signé le décret de concession et la déclaration d'utilité publique.

Le une crue très importante comparable à celle de 1845 arrête les travaux et ce n'est qu'en que les travaux reprennent. En , pour accélérer les travaux, on introduit le travail de nuit et le système des trois fois huit heures. Plus de mille ouvriers s'activent sur le chantier. En , le barrage arrive à de hauteur et en à . Au mois de , la salle des machines est prête et le barrage atteint son niveau maximum de (NGF). Lors de la première mise en eau, des fuites très importantes ont été constatées ; elles ont nécessité une vidange et une campagne d'injections en 1926, avant la mise en eau totale. Puis le rétablissement du drainage de la fondation entre les galeries T.D et T.G.

Inauguration Le a eu lieu l'inauguration du barrage.

Le , le barrage d'Éguzon est le plus puissant barrage d'Europe à l'époque et il fournit de l'électricité à la ville de Paris.

La date de l'arrêté de mise en eau est le et la date d'autorisation d'exploitation est le approuvant la convention et le cahier des charges de concession par l'Etat à Electricité de France SA de l'exploitation des chutes d'Eguzon et de la Roche-au-Moine sur le territoire des départements de l'Indre et de la Creuse..

Le , l'électricité produite par le barrage sert à l'alimentation des caténaires de la ligne de chemin de fer Paris - Toulouse entre Châteauroux et Limoges.

Seconde Guerre mondiale Pendant la Seconde Guerre mondiale, le barrage a été occupé par l'armée allemande. La Résistance a effectué de nombreux sabotages, jusqu'à la libération du barrage le .

Concession La concession à laquelle s'applique le cahier des charges, a pour objet l'exploitation de l'ouvrage hydraulique et de la centrale génératrice destinés à l'utilisation de la chute brute d'environ en eaux moyennes entre la cote amont sur le cours d'eau (la Creuse ne faisant pas partie du domaine public fluvial) et la cote de restitution sur le même cours d'eau. Le débit maximum turbiné est de /s.

La puissance maximale brute de la chute concédée est évaluée à , ce qui correspond, compte tenu du rendement normal des appareils d'utilisation, du débit moyen turbinable et des pertes de charge, à une puissance normale disponible de .

L'exécution des ouvrages existants à la date de demande de la présente concession a été approuvée pour l'aménagement d'Éguzon par décret en date du , modifié par avenant du approuvé par décret du .

Visite du public Depuis 2012, le barrage et l’usine sont accessibles au public, pour une visite d’une heure, le mercredi et le jeudi. Pour les accueillir, Électricité de France a décidé de construire en 2015 un « point d'information ». situé devant l'entrée du barrage. En plus d’expliquer le fonctionnement du barrage et de l'usine, le nouvel espace présente les différents attraits de la vallée de la Creuse et son histoire.

Examen technique 2017 (décennal) En 2017, le barrage a subi un examen technique décennal.. complet (Électricité de France a investi environ .). L'examen visait à vérifier le bon état de l’ouvrage et de ses organes de sûreté.

Une première série d’examens réalisée entre janvier et a permis d'inspecter visuellement l'ensemble du parement aval du barrage. D’autre part, les parties immergées du parement amont du barrage ont été examinées à l’aide d’un robot submersible télécommandé à distance et doté de matériels effectuant des prises vidéo classiques, des mesures acoustiques ainsi que des images en trois dimensions.

En , un abaissement d’environ du niveau du lac (cote de ) a permis de compléter l’inspection des parties habituellement immergées, sans procéder à la vidange totale du lac. Au cours de cet abaissement, Électricité de France a procédé à l’inspection visuelle directe de la partie du parement amont du barrage en examinant cette fois les parties les plus exposées aux variations du niveau d’eau. Un examen minutieux des principaux organes de sûreté du barrage a été réalisé en vérifiant le système d’évacuation des crues (les cinq vannes et le clapet) et les deux vannes de fond. Leur inspection a consisté à vérifier le bon état de chacune des différentes parties mécaniques des vannes et de leur dispositif de manœuvre. Le niveau bas du lac a également permis de réaliser d’autres travaux d’entretien sur des pièces mécaniques et les réparations des surfaces en béton rendues accessibles à cette occasion.

Nouvelle turbine En 2019, une nouvelle turbine a été mise en service, elle sert au maintien du débitUne partie du débit de l'eau qui passait par la vanne du barrage servait uniquement à préserver l'écosystème de la rivière. C'est une obligation imposée à EDF depuis la construction du barrage. minimum de la rivière Creuse. Avant 2019, c'était une vanne qui jouait le rôle..

Ouvrage Caractéristiques du barrage Plusieurs entreprisesLe maître d'ouvrage et le maître d’œuvre est la société anonyme « Union Hydroélectrique » (UHE). Le bureau d'étude est Charles Rabut & Cie. Les entreprises et constructeurs sont : Ets Léon Chargnaud pour le génie civil ; CEM pour l'alternateur et Escher Wyss - Neyret-Belier pour le groupe-vannes-conduite forcée. ont pris part à la construction du barrage.

Le barrage est de type poids curviligne.

Il constitué de dix plots dont huit centraux de de largeur. Il est prolongé en rive gauche par un mur poids venant se refermer contre la pile rive droite du déversoir.

Les matériaux utilisés pour la construction sont du béton cyclopéen composé de blocs de pierre et de moellons noyés dans un béton de laitier au dosage de puis une couche d'adhérence au sol de d'épaisseur au minimum exécutée en maçonnerie ordinaire au mortier de ciment dosé à de sable. Les parements amont et aval sont en maçonnerie de moellons ordinaires réalisés lors de l'avancement.

Le traitement de la fondation a été fait avec des voiles d'injection au droit du parement amont de 1922 à 1925. Le réseau de drainage débouchant dans la galerie de drainage amont. Ce réseau commencé à la construction a été amélioré peu à peu en 1933, 1954, 1964, 1987 et 1988, par reforage et exécution de nouveaux drains.

Sa hauteur par rapport au terrain naturel est de et sa hauteur par rapport aux fondations est de . La longueur du couronnement est de .

L'altitude de la crête . L'épaisseur en crête est de et l'épaisseur en pied est de . Le rayon de courbure en crête est de .

Le fruit du parement amont est de et le fruit du parement aval est de .

Le volume du corps du barrage est de .

Le drainage du corps du barrage utilise soixante treize drains d'élévation de diamètre espacés de (diamètre pour quatorze d'entre eux reforés en 1987) débouchant, à la fois sur le couronnement et dans la galerie de drainage, leur longueur varie de à . De plus quatre-vingt-dix-huit drains de fondation de diamètre et de diamètre régulièrement espacés de au-dessous de la cote 180 NGF ont été ajoutés.

L'ouvrage comporte une galerie longitudinale de visite et de drainage de de largeur sur de hauteur à du parement amont entre les cotes 148 et 198 NGF ainsi que trois galeries transversales permettent l'accès depuis l'aval et l'évacuation des fuites.

Caractéristiques de la retenue d'eau La retenue d'eau forme le lac de Chambon, appelée aussi lac d'Éguzon.

La cote des plus hautes eaux (PHE) est de ., la surface à la PHE est de , le volume à la PHE est de , la cote de la réserve naturel (RN) est de , la surface à la RN est de , le volume à la RN est de , la cote du minimum d'exploitation est de , la surface au minimum d'exploitation est de , le volume au minimum d'exploitation est de et la longueur de la retenue à la RN est de .

Usine de production