Un mâcon est un vin français d'appellation d'origine contrôlée, produit dans la partie sud de la Saône-et-Loire, sur tout le vignoble du Mâconnais (une subdivision du vignoble de Bourgogne).
Cette appellation, qui peut être produite dans les trois couleurs (essentiellement en blanc, mais il y a encore des rouges et quelques rosés) peut être complétée avec la mention « villages » (c'est le mâcon villages), et/ou « primeur » (ou « nouveau »), ou par (exemples : mâcon-lugny, mâcon-chardonnay, mâcon-loché, mâcon-péronne). Sa superficie en production était en 2023 de avec trois cépages plantés, qui sont surtout le chardonnay pour le vin blanc et le gamay pour les rouge et rosé (et, accessoirement, le pinot noir).
Histoire
Origines anciennes La culture de la vigne dans le Mâconnais est habituellement présentée comme remontant au de notre ère, avec un développement à la fin du Haut Moyen Âge sous l'influence des bénédictins de l'abbaye Saint-Philibert de Tournus et de celle Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Cluny (le vin est nécessaire pour le culte et les reliques attirent les pèlerins).
Classements du En 1816, André Jullien explique que , .. côté hiérarchie des rouges, il met en tête des crus du Beaujolais (en première classe deux hameaux de Romanèche-Thorins que sont Moulin-à-Vent et Torins, ainsi que Chenas ; en deuxième classe Romanèche et Fleury ; en troisième classe Odenas et Saint-Lager c'est-à-dire brouilly, la Chapelle-Quinchey, Jullienas, Cheroubles, Morgon) ; la commune mâconnaise de Davayé n'arrive qu'à la fin de la troisième classe : . Parmi la quatrième classe, . . Pour les vins blancs, Jullien met en premier ceux de Pouilly sur la commune de Solutrée et de Fuissey (l'actuelle appellation pouilly-fuissé) ; en deuxième classe ceux de Solutrée, Cheintré, Davayé, Vergisson ; en troisième ceux de .
vignette|redresse=2|Carte du vignoble de la Saône-et-Loire en 1901 : le vignoble du Mâconnais est ici au centre, encadré par le vignoble du Beaujolais à gauche (plus au sud) et celui de la côte chalonnaise à droite (plus au nord). Le tableau en dessous propose un classement des communes.
Difficultés Dans les décennies 1830 et 1840, la pyrale se multiplie et ses chenilles dévorent les feuilles de la vigne. Elle est suivie à partir de 1850 d'une maladie cryptogamique, l'oïdium., un champignon qui se développe sur les feuilles : les viticulteurs luttent contre lui depuis 1854 en aspergeant les vignes de soufre utilisé contre fongicide (soufrage). Le millésime 1865 donne des vins aux teneurs naturelles en sucres très élevées et des vendanges assez précoces..
vignette|redresse=0.7|Le phylloxéra, minuscule insecte qui a ravagé le vignoble à la fin du . Puis arrive le phylloxéra, un puceron venu d'Amérique du Nord, qui toucha la Saône-et-Loire dès 1875 (premier cas documenté à Mancey), se répandant ensuite, entraînant à terme la mort de la totalité des vignes. La seule parade trouvée fut de replanter avec greffage sur des pieds américains, autorisé en Bourgogne à partir de 1887.. En 1878, une nouvelle maladie cryptogamique, le mildiou, est identifiée dans le Bordelais, venant elle-aussi d'Amérique du Nord et contaminant rapidement tous les vignobles européens ; le traitement avec du sulfate de cuivre (la bouillie bordelaise) est proposé en 1885. Enfin, en 1886, c'est au tour du black rot (la pourriture noire) d'arriver ( de la Société française de phytopathologie, « Les Vendanges du Savoir » le 20 mai 2025 à Talence)., traité au fongicide. La crise phylloxérique transforme le vignoble : le provignage est abandonné, les plantations sont faites en rangs avec désormais un palissage sur fils de fer, et non plus en foule sur piquets., d'où une densité plus faible, et la possibilité d'y faire passer un cheval (pour traiter et labourer). Mais les vins de consommation courante produits dans le Mâconnais subissent la concurrence des vins du Midi (du Languedoc, d'Algérie, etc.).
En 1926, dans un contexte de mévente des vins, est fondée la coopérative vinicole de Saint-Gengoux-de-Scissé, à l'initiative d'Henri Boulay (viticulteur du village, maire en 1924 puis député SFIO à partir de 1931). L'idée est vite imitée, avec la fondation dès 1927 des caves coopératives de Lugny (), d'Azé (), de Clessé () et d'Igé ()Annie Bleton-Ruget et Frédéric Lafarge, « 1925-2025 : un siècle de coopération viticole en Saône-et-Loire », revue Images de Saône-et-Loire, n° 220 (novembre 2025), pp. 28-36.. En 1928 seront créées les coopératives de Chardonnay, Viré, Prissé, Varennes-lès-Mâcon Chaintré et Verzé. Suivront Charnay-lès-Mâcon, Mancey, Préty, Saint-Gengoux-le-National, Sennecé-lès-Mâcon et Vinzelles-Loché en 1929, Mâcon en 1930 et Sologny en 1951..
Création des appellations Le , deux décrets reconnaissent officiellement deux appellations d'origine contrôlée (AOC) que sont d'une part le « mâcon », réservé à des vins rouges ou rosés, d'autre part le « mâcon » ou « pinot-chardonnay-mâcon » (le pinot-chardonnay est l'ancien nom du chardonnay dans le Mâconnais) pour des vins blancs, les deux produits sur l'arrondissement de Mâcon, publié au JORF du .. En 1939, l'aire de production des mâcons rouges est agrandie avec les communes de Boyer, Bresse-sur-Grosne, Champagny-sous-Uxelles, Champlieu, Étrigny, Jugy, Laives, Mancey, Montceaux-Ragny, Nanton, Sennecey-le-Grand et Vers, publié au JORF du ..
En 1940, se rajoutent, enclavées dans le sud de l'aire d'appellation, les AOC pouilly-vinzelles et pouilly-loché autour de Vinzelles et de Loché, voisinant le pouilly-fuissé reconnue dès 1936. Le , un décret créé l'appellation « mâcon supérieur », avec la même aire que le mâcon, pour des vins respectant les mêmes exigences que le mâcon+commune (un plus de sucre dans le moût et de degré d'alcool dans le vin).
En 1957, à l’image de la Maison du Beaujolais, est fondée à l'entrée nord de Mâcon la « Maison mâconnaise des vins » (que dirigera longtemps Alphonse Grosbon, maire de Saint-Gengoux-de-Scissé), qui propose à la vente les différents vins du MâconnaisAlphonse Grosbon, Mon Saint-Gengoux, avec mes souvenirs et ceux qui m'ont été contés (textes transcrits par Noëlle Proutry), Société des amis des arts et des sciences de Tournus, Tournus, 2006.. La même année, l'appellation « mâcon » ou « pinot chardonnay mâcon » (celle concernant les vins blancs) peut être complétée par l'« appellation mâcon-villages » (avec tiret) ou le rajout du nom (placé avant le nom de l'AOC) d'une des de production listées, publié au JORF du .. En 1964, l'emploi du gamay noir à jus coloré est interdit à partir de l'année 1970 pour produire du mâcon rouge, le limitant aux gamay noir à jus blanc, pinot noir et pinot gris, publié au JORF du ..
En 1971, l'appellation saint-véran est créée autour de Saint-Vérand. En 1972, est fondé l'Union des Producteurs de Vins Mâcon, l'ODG de l'appellation. En 1999, l'appellation viré-clessé est créée autour de Viré et Clessé, enclavée dans l'aire du mâcon.
Le cahier des charges de chacune des deux appellations (mâcon et mâcon villages) a été modifié en (plus de mention du pinot gris ; disparition des appellations « mâcon supérieur » et « pinot-chardonnay mâcon »), publié au JORF du ., publié au JORF du ., en , publié au JORF du . (fusion des deux cahiers des charges à l'occasion du passage en AOP), en , publié au JORF du ., en , homologué par l'arrêté du publié au JORF du . et en août 2026 (autorisation de nouveaux cépages et réduction de la densité minimum), homologué par l'arrêté du publié au JORF du ..
Vignoble Aire d'appellation
Le mâcon est produit en Saône-et-Loire, dans le vignoble du Mâconnais, entre le Tournugeois au nord et la lisière du Beaujolais au sud, en passant par le Haut-Mâconnais qui groupe les communes les plus densément plantées en vigne. L'AOC mâcon est souvent présentée comme une appellation régionale bourguignonne, bien qu'elle ne concerne qu'une petite partie du vignoble de Bourgogne.
L'aire d'appellation couvre : Ameugny, Azé, Berzé-la-Ville, Berzé-le-Châtel, Bissy-la-Mâconnaise, Bissy-sous-Uxelles, Blanot, Bonnay, Boyer, Bray, Bresse-sur-Grosne, Burgy, Burnand, Bussières, Chaintré, Champagny-sous-Uxelles, Chânes, Chapaize, La Chapelle-sous-Brancion, Charbonnières, Chardonnay, Charnay-lès-Mâcon, Chasselas, Château, Chevagny-les-Chevrières, Chissey-lès-Mâcon, Clessé, Cortambert, Cortevaix, Crêches-sur-Saône, Cruzille, Curtil-sous-Burnand, Davayé, Étrigny, Farges-lès-Mâcon, Fleurville, Fuissé, Grevilly, Hurigny, Igé, Jalogny, Jugy, Lacrost, Laives, Laizé, Leynes, Lournand, Lugny, Mâcon, Malay, Mancey, Martailly-lès-Brancion, Milly-Lamartine, Montbellet, Montceaux-Ragny, Nanton, Ozenay, Péronne, Pierreclos, Plottes, Préty, Prissé, La Roche-Vineuse, Royer, Saint-Albain, Saint-Gengoux-de-Scissé, Saint-Gengoux-le-National, Saint-Martin-Belle-Roche, Saint-Maurice-de-Satonnay, Saint-Vérand, Saint-Ythaire, La Salle, Salornay-sur-Guye, Savigny-sur-Grosne, Sennecey-le-Grand, Senozan, Serrières, Sigy-le-Châtel, Sologny, Solutré-Pouilly, Tournus, Uchizy, Vergisson, Vers, Verzé, Le Villars, La Vineuse sur Fregande (uniquement pour la partie correspondante aux territoires des anciennes communes de Donzy-le-National, Massy et La Vineuse), Vinzelles et Viré.
Selon le service des Douanes, la superficie revendiquée en 2023 sous l'appellation est de , dont pour du mâcon villages blanc – y compris les appellations géographiques complémentaires – (soit 89 % du total), (7 %) pour du mâcon rouge, pour du mâcon blanc (3,5 %) et pour du mâcon rosé..
Dénominations géographiques Au nom de l'appellation « mâcon » peut être rajouté une des 27 dénominations géographiques complémentaires prévues au cahier des charges. Si les dénominations « Fuissé », « Loché », « Montbellet , « Solutré-Pouilly », « Uchizy », « Vergisson » et « Vinzelles » sont uniquement pour des vins blancs, celle « Serrières » est limitée à des vins rouges et rosés, tandis que les (« Azé », « Bray », « Burgy », « Bussières », « Chaintré », « Chardonnay », « Charnay-lès-Mâcon », « Cruzille », « Davayé », « Igé », « Lugny », « Mancey », « Milly-Lamartine », « Péronne », « Pierreclos », « Prissé », « La Roche-Vineuse », « Saint-Gengoux-le-National » et « Verzé ») sont autorisés dans les trois couleurs.
Depuis le décret de 2005, ces 27 dénominations géographiques complémentaires regroupent dans l'espoir de simplifier un peu et de regrouper les volumes pour le négoce : « Azé » : commune d'Azé ; « Bray » : Blanot, Bray, Chissey-lès-Mâcon et Cortambert ; « Burgy » : Burgy ; « Bussières » : Bussières ; « Chaintré » : Chaintré, Chânes et Crêches-sur-Saône ; « Chardonnay » : Chardonnay, Ozenay, Plottes et Tournus pour partie ; « Charnay-lès-Mâcon » : Charnay-lès-Mâcon ; « Cruzille » : Grevilly, Martailly-lès-Brancion et Cruzille pour partie ; « Davayé » : Davayé ; « Fuissé » : Fuissé ; « Igé » : Igé ; « Lugny » : Bissy-la-Mâconnaise, Lugny, Saint-Gengoux-de-Scissé, et Cruzille pour partie ; « Loché » : Mâcon ; « Mancey » : Boyer, La Chapelle-sous-Brancion, Étrigny, Jugy, Laives, Mancey, Montceaux-Ragny, Nanton, Royer, Sennecey-le-Grand, Vers et Tournus pour partie ; « Milly-Lamartine » : Berzé-la-Ville, Berzé-le-Châtel, Milly-Lamartine et Sologny ; « Montbellet » : Montbellet ; « Péronne » : Péronne, Saint-Maurice-de-Satonnay et Clessé pour partie ; « Pierreclos » : Pierreclos ; « Prissé » : Prissé ; « La Roche-Vineuse » : Chevagny-les-Chevrières, Hurigny et La Roche-Vineuse ; « Serrières » : Serrières ; « Solutré-Pouilly » : Solutré-Pouilly ; « Saint-Gengoux-le-National » : Ameugny, Bissy-sous-Uxelles, Bonnay, Bresse-sur-Grosne, Burnand, Champagny-sous-Uxelles, Chapaize, Cortevaix, Curtil-sous-Burnand, Lournand, Malay, Saint-Gengoux-le-National, Saint-Ythaire, Salornay-sur-Guye, Savigny-sur-Grosne, Sigy-le-Châtel, La Vineuse sur Fregande (uniquement pour la partie correspondante aux territoires des anciennes communes de Massy et La Vineuse) ; « Uchizy » : Uchizy ; « Vergisson » : Vergisson ;