de Habsbourg ou du Saint-Empire, né à Vienne le et mort à Ratisbonne le , est le fils aîné de et d'Anne de Bohême. Il est élu roi des Romains le . À la mort de son père le , il lui succède comme roi de Bohême, roi de Hongrie (Hongrie royale) et empereur des Romains.

Ses prédécesseurs sont son père et son oncle l’empereur Charles Quint. , fils de Charles Quint, était normalement mieux placé que lui dans l’ordre de succession, mais, aux termes d’un accord de 1553, Maximilien supplante son cousin comme héritier au trône impérial.

Règne Contrairement à son père, il n'est pas partisan d'un catholicisme de combat et fait certaines concessions à ses sujets luthériens dont le culte peut être pratiqué publiquement à Vienne. En Bohême, il étend son contrôle sur l'Église utraquiste et pratique le respect d'un pluralisme confessionnel (Confessio Bohemica) dans le respect de la paix d'AugsbourgJean Bérenger, Histoire de l'empire des Habsbourg Fayard 1990, rééd. Tallandier, 2012, , ..

Il mène une ultime guerre contre l'Empire ottoman de Soliman le Magnifique. Ce dernier meurt au siège de Szigetvár en 1566 et Maximilien signe avec son successeur la paix d'Andrinople en 1568. En 1575, il est candidat au royaume électif de la Pologne contre Étienne Báthory, mais il ne peut réunir sous son nom une majorité de nobles polonais et lituaniens. Il meurt l'année suivante.

Fêtes et tournois

Tournoi de Vienne de 1560 Futur empereur, il organisa une fête en l'honneur de son père à Vienne du au . Le thème général de ce tournoi festif est relié aux conceptions de la mythologie de la maison de Habsbourg. Il tourne autour du pouvoir de l'amour et de Vénus, et la place de cette dernière dans le monde du dieu de la guerre. Énée, le héros de Troie, fils de Vénus, est un ancêtre de la famille de Habsbourg. Symbole du guerrier idéal, il est l'ancêtre de l'empereur romain, et par là même des Habsbourg. Ceux-ci construisirent une parenté par l'intermédiaire de Jules César qui le nommait parmi ses aïeux, et la famille Colonna. Ce tournoi est une fête de cour où prédomine encore le plaisir du sport et celui du déguisement sur une mise en scène rigoureuse au contenu politique. Celui-ci met en valeur l'importance de la dynastie des Habsbourg et le rôle de l'empereur dans la riposte contre les Turcs.

Couronnements de Le couronnement de comme roi de Bohême donne lieu à des tournois en Bohême pendant trois jours en . Des fêtes sont organisées à Francfort-sur-le-Main en après son couronnement comme roi des Romains lors desquelles la noblesse prend notamment part à une « course de bague ». Les tournois à programme qui fêtent son accession au trône de Hongrie ont un contenu politique et illustrent le rôle des Habsbourg dans le combat contre les Turcs.

Fiançailles d'Anne avec Les fiançailles de sa fille aînée Anne avec le roi d'Espagne donnent lieu à des tournois en 1570 auxquels participent des invités prestigieux dont le duc et son fils Guillaume, le prince électeur Auguste de Saxe, le prince électeur et marquis de Brandebourg, et Don Juan d'Autriche. Ce spectacle nécessite un régisseur de talent, car il faut diriger dans des scènes mythologiques compliquées des acteurs d'occasion de haut rang sans pour autant leur faire perdre leur excitation pour le tournoi.

Mariage de l'archiduc d'Autriche L'archiduc se marie à Vienne en 1571 avec la princesse Marie, fille du duc . Ce mariage est d'une grande importance pour l'empereur, car il scelle une alliance implicite entre les puissances catholiques du sud de l'Allemagne contre les princes électeurs protestants. Giuseppe Arcimboldo, artiste favori de la cour de Vienne, est chargé d'organiser la fête digne de cet évènement, où les princes électeurs incarnent leurs exigences dynastiques et politiques dans des héros, des dieux ou des allégories. Pour l'occasion, un surcot d'armure dit « garniture en feuille de roses » est confectionné pour par Franz Grossschedel. L'archiduc reçoit l'armure de mariage, chef-d'œuvre du maître d'Augsbourg, Anton Pfeffenhausen. Les archiducs Rodolphe et Ernest reçoivent une coûteuse « garniture des bandes enlacées ». Ces surcots sont aujourd'hui visibles au musée d'Histoire de l'art de Vienne.

Les mariés arrivèrent à Vienne le . La délégation bavaroise compte . Le mariage est célébré le . Les jeux guerriers débutent le 28 avec une course de bague originaire d'Italie faite pour tester l'habileté des cavaliers. Cette course est le prétexte d'un spectacle imaginé par Arcimboldo sur le thème de la dispute entre Junon et Europe. Ce spectacle décrit une Europe dominée par les Habsbourg et la course est une déclaration politique : l'union des pays européens contre l'Asie et l'Afrique figure la Sainte-Ligue constituée contre les Turcs et qui fait ses preuves lors de la bataille de Lépante la même année. L'empereur y domine les éléments et les saisons. Le soir, le festin du mariage se termina par un bal masqué qui figure la calotte céleste et où les couples se mouvaient tels des planètes et des étoiles, en cercles harmonieux. Le « piquer de cible » a lieu le et est suivi le par un tournoi à pied dans une décor antique qui a lieu dans la cour du château de Vienne. L'enfer y est figuré par une montagne représentant l'Etna qui en forme l'entrée.

Un tournoi se déroule ensuite à Graz le . Le cadre de l'action est le roman de chevalerie. Un dernier tournoi très orienté politiquement marque la fin des festivités. Lors d'une escarmouche en forme de bataille, des soldats déguisés en Turcs attaquent un groupe de compatriotes puis un « bateau à musiciens ». Sous les feux d'artifice et les tirs à blanc de canons, les soldats chrétiens remportent une victoire complète en faisant prisonnier le colonel turc. Une nouvelle fois, il est fait référence au rôle des Habsbourg dans la lutte contre les Turcs.

Couronnement de Lorsque reçoit la couronne de Hongrie le à Bratislava, les festivités comportent trois jours de tournois. Dans la course à la bague au programme mythologique, la sagesse et la force victorieuse des jeunes gens de la dynastie des Habsbourg est mise en avant. En guise de tournoi libre, on organise une bataille de soldats d'Allemagne et de Bohême contre les Hongrois alors que la Hongrie est en partie occupée par les Turcs. Cette forme de tournoi, qui s'apparente à des manœuvres plus qu'à un divertissement de cour, permet le développement de l'esprit de corps des ressortissants de nationalités très hétérogènes qui y participent.

Mariage et descendance En 1548, il épouse sa cousine Marie d'Autriche (1528-1603), fille de Charles Quint. Ils ont seize enfants : Anne (1549-1580), fiancée à l'infant d'Espagne Charles d'Autriche (1545-1568) épouse en 1570 , roi d’Espagne et du Portugal (1527-1598) ; Ferdinand (1551-1552) ; 15px Rodolphe (né à Vienne le – mort le ), futur empereur du Saint-Empire ; Ernest (né à Vienne le – mort à Bruxelles le ), futur gouverneur des Pays-Bas espagnols ; Élisabeth (1554-1592), épouse en 1570 , roi de France (1550-1574) ; Marie (1555-1556) ; 15px Matthias (1557-1619), empereur du Saint-Empire ; un fils mort-né () ; 15px Maximilien (1558-1618), grand maître de l'ordre Teutonique. Albert (1559-1621). En 1599, il épouse Isabelle-Claire-Eugénie d'Autriche (1566-1633) fille de ; Wenceslas d'Autriche (1561-1578) ; Frédéric (1562-1563). Marie (1564-1564). Charles (1565-1566). Marguerite d'Autriche (1567-1633), fiancée au roi , devient religieuse ; Éléonore (1568-1580).

Ascendance

Notes et références

Liens externes

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