Johann Nepomuk Hummel (en français : Jean-Népomucène Hummel) est un compositeur et pianiste autrichien né le à Presbourg et mort le à Weimar. Élève de Mozart, de Haydn et de Salieri, il est considéré comme l'un des meilleurs pianistes de concert d'Europe de son temps. Principalement reconnu pour son concerto pour trompette écrit en 1803 et ses huit concertos pour piano qui connurent en leur temps un succès considérable, il a consacré l'essentiel de son activité à des pièces pour le piano. En parallèle de Beethoven, dont il est le contemporain, sa musique se classe à la jonction entre le classicisme et le romantisme, dont il inspira nombre de compositeurs, comme Chopin.

Biographie

Enfance et études

vignette|alt=maison de naissance|redresse=0.8|gauche|Maison de naissance de Hummel, rue Klobučnícka à Bratislava. Johann Nepomuk Hummel est né le à Presbourg, alors en Hongrie royale (aujourd'hui Bratislava en Slovaquie). Fils unique, ses parents le nomment en l'honneur du saint patron tchèque Jean Népomucène. Enfant prodige, il reçoit l'enseignement musical de son père, Johannes Hummel, musicien à l'école impériale de musique militaire de Vienne et chef d'orchestre du théâtre ainsi que du virtuose claveciniste Franz Paul Rigler.

vignette|alt=|redresse|gauche|Hummel jeune par Katharina Escherich.

Ensuite lorsque la famille déménage à Vienne en 1786, Hummel est présenté au célèbre compositeur Wolfgang Amadeus Mozart qui l'accepte immédiatement dans son propre domicile en tant qu'étudiant pendant deux années (1786-1788). Son enseignement lui permet de donner son premier concert en public à Dresde à l'âge de seulement neuf ans. Suivant les conseils de Mozart, le père entreprend avec son fils une tournée de concerts à travers les principaux centres musicaux européens pendant quatre ans (1788-1792), ce qui fait de lui un interprète célèbre. Hummel commence à composer pendant ses voyages notamment à Londres où sa première composition connue date de 1791Opus 1 : Trois variations pour piano (Londres, 1791).

Pendant cette série de concerts, il rencontre de prestigieux compositeurs, tels que Joseph Haydn (1791), qui, à l’issue d’un concert du jeune musicien, lui donne en remerciement une guinée. De retour à Vienne, il suit l'enseignement auprès plusieurs maîtres comme le compositeur autrichien Johann Georg Albrechtsberger, le virtuose italien Muzio Clementi et également auprès d’Antonio Salieri, qui lui apprend la composition pour le chant ainsi que l'esthétique musicale.

Premiers succès

En 1792, le jeune Ludwig van Beethoven arrive à Vienne. On dit souvent qu’entre les deux compositeurs, il y avait une rivalité très marquée. En fait, ils sont amis, même si leurs relations connurent des hauts et des bas et que leurs partisans forment deux camps rivaux.

En 1804, à l'âge de , Hummel devient Konzertmeister (premier violon) auprès du prince Nicolas II Esterházy. Il est responsable de toutes les fonctions du poste d'Haydn, puisque celui-ci n'occupe le poste de Kapellmeister (maître de chapelle) que nominalement jusqu'à sa mort. Étant déjà l'auteur de nombreuses œuvres (plusieurs concertos, six opéras ainsi que de multiples pièces pour piano seul), il consacre cette période de sa vie à l'écriture de pièces religieuses (cinq messes). En 1811, il quitte la cour du prince.

En , il épouse la célèbre chanteuse viennoise Elisabeth Röckel (1793–1883), qui lui donne deux fils : Eduard (1814–1893), également musicien et Carl (1821–1907), peintre et aquafortiste. Elle l'encourage notamment à démarrer une grande tournée en Allemagne qui participe à la reconnaissance du public.

La famille déménage brièvement à Stuttgart, où il occupe le poste de Kapellmeister pendant deux ans (1816-1818).

Weimar

vignette|alt=Hummel en 1820.|Portrait d'Hummel par Joseph Karl Stieler en 1820. En 1819, à la demande de Marie Pavlovna, mécène musicale de la ville de Weimar, Hummel est nommé Kapellmeister au théâtre de la Cour grand-ducale où il restera jusqu'à la fin de sa vie.. Il est notamment préféré au musicien Carl Maria von Weber.

Hummel atteint alors la plus grande renommée européenne. Il joue dans toute l'Europe lors de grandes tournées en Russie, en Pologne et en France. Ses compositions sont très populaires et elles sont jouées par de nombreux interprètes. Parallèlement à ses activités, il enseigne à de nombreux élèves comme Ferdinand Hiller.

Durant cette période, il s'intéresse à la littérature et s'en inspire pour ses dernières œuvres : il fonde une forte amitié avec Johann Wolfgang von Goethe et admire le poète Friedrich von Schiller. vignette|gauche|Johann Nepomuk Hummel vers 1831. Illustration tirée de The musical gem : a souvenir for MDCCCXXXI (1831).|268x268px

Dernières années

En 1825, Hummel entame un voyage vers Paris. Il devient membre honoraire de la Société académique des Enfants d'Apollon, un groupe organisant des concerts réguliers. L'éditeur parisien Aristide Farrenc acquiert, à ce moment-là, ses droits de publications pour l'entièreté de ses œuvres futuresBea Friedland, Louise Farrenc, 1804–1875: Composer, Performer, Scholar, 1980, Ann Arbor, UMI Press, , ISN=0-8357-1111-0. En 1827, il publie une méthode pour le jeu au piano .

Il donne aussi des cours de pianoforte à Louise Farrenc, pianiste et compositrice, femme d'Aristide Farrenc, et fille du sculpteur Edme Dumont.

vignette|alt=Buste d'Hummel.|redresse=0.6|Buste représentant Hummel proche du théâtre national de Weimar. À partir de 1835, son état de santé se détériore. Ses derniers concerts sont moins suivis et son jeu de pianiste est considéré comme dépassé, en comparaison avec les grands concerts de l'école virtuose, menée par Franz Liszt.

Les cures répétées dans la ville thermale de Bad Kissingen n'ont pas l'effet escompté et Hummel décède prématurément le . vignette|alt=Tombe d'Hummel.|droite|Tombe d'Hummel au cimetière historique de Weimar.

Œuvres (sélection) vignette|Le piano-forte de la maison natale du compositeur. Hummel laisse environ musicales.

Opéras Parmi ses 22 opéras commencés, on peut compter 10 opéras complets. Les autres sont demeurés incomplets ou ont été perdus. Opéras complets Dankgefühl einer Geretteten (Sentiment de gratitude d'une personne sauvée), S.29 (1799) Don Anchise Campione, S.42 (vers 1800) Dies Haus ist zu verkaufen (Cette maison est à vendre), WoO.28 / S.90 (vers 1800) Le Vicende d'Amore (Les Vicissitudes de l'Amour), WoO.26 / S.56 (1804) Die Messenier (Les Messéniens), WoO.29 / S.61, grand opéra (vers 1805-1810) Die vereitelten Ränke (Les Intrigues déjouées), WoO.27 / S.71 (1806) Mathilde von Guise, op. 100 (1810, révisé en 1827) Fünf sind Zwey, S.95 (1813) Der Junker in der Mühle (L'Aristocrate au moulin), S.97 (1813) Die Eselshaut oder Die blaue Insel (La Peau de l'âne ou L'Île bleue), S.101 (1814) Œuvres perdues ou incomplètes (liste non exhaustive) Il Viaggiatore ridicolo (Le Voyageur ridicule), WoO.30 / S.61 (1797, incomplet) Demogorgon, S.41 (vers 1800, incomplet) Die beyden Genies (Les Deux Génies), S.65, opéra comique (1805, perdu) Stadt und Land, S.85 (1810, incomplet) Die Rückfahrt des Kaisers (Le Retour de l'Empereur), op. 69, singspiel (vers 1814, perdu) Attila, S.163 (entre 1825 et 1827, incomplet et perdu)

Musique religieuse et profane Hummel a composé des airs de concert, cantates (dont une cantate pour le mariage de l'empereur Napoléon avec Marie-Louise d'Autriche en 1810), lieds et offertoires. On compte aussi un oratorio, un Salve Regina, un Te Deum et plusieurs messes (composées pendant la période d'activité à Esterhaza) : Au moins 4 grandes messes : Messe en si bémol majeur, Op.77 (vers 1804-1810) Messe en mi bémol majeur, Op.80 (1804) Messe en ré majeur, Op.111 (1805 ?) Messe en ré mineur, WoO.13 / S.67 (1805) Messe solennelle en ut majeur, WoO.12 / S.74 (1806) D'autres œuvres religieuses dont : Salve Regina, S.54 (1800-1810) Te Deum en ré majeur, WoO.16 / S.70 (1806) Oratorio « Der Durchzug durschs rote Meer », WoO.11 / S.33 (vers 1800-1810) Et des œuvres profanes dont : Air de concert « Peuplu Nacqucres », S.15 (~1790) Air de concert « Beneath the Laurel's Friendly Shade », S.17 (1791-1793) Air « Amis Connaissez-Vous », S.57 (1804)

Orchestre Si Hummel n'a pas composé de symphonie, il s'est illustré dans la musique de ballet, de nombreuses ouvertures ainsi que des variations pour piano et orchestre notamment : Rondo brillant en la majeur, pour piano et orchestre Op.56 (1812) Introduction et rondo brillant en si bémol majeur, pour piano et orchestre Op.98 (1824) Ouverture pour orchestre en si bémol majeur, Op.101 (1824) Introduction, thème et variations pour hautbois et orchestre en fa majeur, Op.102 (1824) Rondo brillant en si mineur, Op.109 (1826)

Concertos pour piano Parmi les œuvres les plus intéressantes et les plus appréciées de Hummel figurent les cinq concertos pour piano, écrits pendant la période de maturité du compositeur. Ces concertos ont eu une influence certaine sur le genre puisque de nombreux compositeurs de l'ère romantique s'en inspirèrent comme Chopin. En leurs temps, ces concertos furent très populaires et concurrençaient, aux yeux du public, ceux de Beethoven. Avec numéro d'opus : Concerto pour piano en do majeur, Op.34a/36 (Vienne, 1816) Concertino pour piano en sol majeur, Op.73 (Vienne, 1799-1816) Concerto pour piano en la mineur, Op.85 (Vienne, 1816) Concerto pour piano en si mineur, Op.89 (Leipzig, 1819) Concerto pour piano en mi majeur, Op.110 (Leipzig, ) Concerto pour piano en la bémol majeur, Op.113 (Vienne, 1827) Sans numéro d'opus : Concerto pour piano en fa majeur, Op.Posth.1 (1830-1833) Concerto pour piano en la majeur, S4, WoO 24 (1790) Concerto pour piano en la majeur, S5, WoO 24a (1791) Autres œuvres pour piano et orchestre : Variations pour piano et orchestre en si bémol majeur, sur un thème de Das Fest der Handwerker, Op.115 (1830) Rondo brillant « Le Retour à Londres » pour piano et orchestre en fa majeur, Op.127 (1831)

Autres concertos Concerto pour violon (vers 1795-1799, incomplet) Concerto pour mandoline, S.28 (1799) Concerto pour trompette, WoO.1 / S.49 (1803) Concerto pour violon et piano, op. 17 (vers 1805) Grand concerto pour basson, WoO.23 / S.63 (1805)

Musique de chambre 8 trios pour piano, violon et violoncelle : Sonate en trio en si bémol majeur, Op.2a (1792) Trio en mi bémol majeur, Op.12 (1805) Trio en fa majeur, Op.22 (1799) Trio en sol majeur, Op.35 (1811) Trio en sol majeur, Op.65 (1814-1815) Trio en mi majeur, Op.83 (1819) Trio en mi bémol majeur, Op.93 Trio en mi bémol majeur, Op.96 (1819) 3 sonates pour flûte et piano : Sonate pour flûte et piano en sol majeur, Op.2a (1792) Sonate pour flûte et piano en ré majeur, Op.50 (1810) Sonate pour flûte et piano en la majeur, Op.64 (1810) 2 septuors : Septuor pour piano, flûte, hautbois, cor, alto, violoncelle et contrebasse en ré mineur, Op.74 (1816) Septuor pour piano, flûte, clarinette, violon, trompette, violoncelle et contrebasse en do majeur, Op.114 (1829) Quintette pour piano, violon, alto, violoncelle et contrebasse en mi bémol mineur, Op.87 () Quatuor pour piano en sol majeur, WoO 6 Quatuor avec clarinette S.78 (1808)

Piano seul Hummel s'est particulièrement illustré dans la composition pour piano seul dont il laisse un imposant corpus. On peut notamment citer 9 sonates, des fantaisies, des études, des variations et des préludes. 9 sonates pour piano seul Sonate pour piano en do majeur, Op.2a (1792) Sonate pour piano en mi bémol majeur, Op.13 (1803-1805) Sonate pour piano en fa mineur, Op.20 (1807) Sonate pour piano en do majeur, Op.38 (1808) Sonate pour piano en fa dièse mineur, Op.81 (1819) Sonate pour piano en ré majeur, Op.106 () Sonate pour piano en sol majeur (1795) Sonate pour piano en la bémol majeur (1795) Sonate pour piano en do majeur (1795) Fantaisies pour piano : Fantaisie « rondo » pour piano en mi majeur, Op.19 (1804)