Le ou laL'emploi du genre féminin, pour désigner ce fief, a été très fréquent, jusqu'au ; voir la note de l'article « comté », sur le Wiktionnaire. comté de Bourgogne, appelé aussi Franche Comté de Bourgogne. ou Bourgogne palatine, est un important comté constitué à partir de 982 par le comte Otte-Guillaume de Bourgogne. Il fait partie du second royaume de Bourgogne, avant d'être un État du Saint-Empire romain germanique durant , de l'an 1032 à l'an 1679..

Ce comté est formé par la réunion des quatre circonscriptions administratives carolingiennes (pagi bourguignons) : l'Amous (région de la Saône, de l'Ognon et du Doubs), l'Escuens (région de Château-Chalon), le Portois (région de Port-sur-Saône) et le Varais (région enserrée dans le « M » que forme le tracé de la rivière Doubs).

À l'origine, son territoire correspond approximativement à l'actuelle région de Franche-Comté sans le Territoire de Belfort et le Pays de Montbéliard. Il a pour capitale Dole (château de Dole) où se trouve le parlement et les États de Franche-Comté. Il est gouverné du au par les comtes palatins de Bourgogne. Les gouverneurs de la province siègent à Gray (château de Gray) jusqu'en 1668 puis à Besançon.

Histoire Création du comté de Bourgogne Le comté de Bourgogne s'élabore lentement. Les terres comtoises font d'abord partie des différents royaumes de Bourgogne : royaume des Burgondes (443-534), Bourgogne mérovingienne (534-751), puis intégrées dans le royaume franc carolingien devenu empire. Elles sont ensuite intégrées au Royaume de Haute-Bourgogne, issu du démembrement de l'Empire carolingien causé par le traité de Verdun de 843. En 888, les circonstances ont permis au roi , fils du comte-abbé , de transformer le ducatus de son père en royaume. Il s'est fait élire roi par une assemblée de grands et de prélats réunis à l'abbaye territoriale de Saint-Maurice d'Agaune, et Rodolphe a réussi à étendre son pouvoir sur le diocèse de Besançon, ou tout au moins sur une partie de celui-ci. Après , le pouvoir passe successivement à ses descendants, les rois , Conrad le Pacifique, puis . En 933, Rodolphe II réunit les royaumes de Haute et Basse Bourgogne en un seul : le royaume d'Arles.

« Souverains débiles et sans puissance réelle » écrit Lucien Febvre, ils n'exercent qu'un pouvoir nominal. Leurs vassaux sont maîtres du royaume. Le comte de Mâcon est de ceux-là.gauche|vignette|Les pagi bourguignons au .|260x260pxAu milieu du , le comte parvient à réunir les pouvoirs dévolus aux comtes carolingiens dans chaque pagus bourguignon. Le moine écrivain Richer le Lorrain dit qu'il est « prince de Besançon » et un acte le nomme « comte de Bourgogne ». À sa mort, ses droits passent à son fils le comte . Lorsque ce dernier décède, c'est sa veuve Ermentrude de Roucy qui hérite de ses droits.

L'année de la création du comté de Bourgogne est incertaine, cependant Otte-Guillaume de Bourgogne est considéré comme le premier comte héréditaire de Bourgogne. Il semble avoir été investi de la province par en 993, mais il régnait bien avant cette année, car il s'était déjà approprié la fortune et les droits du comte , mort une vingtaine d'années auparavant. Il les aurait obtenu peu de temps après son mariage avec Ermentrude de Roucy, héritière du fils du comte susnommé. C'est donc autour de l'année 982 que le comté de Bourgogne semble avoir été fondé.

Bien que le comté de Bourgogne existe, son unité n'est pas automatique. Les "comtes inférieurs" qui ont autorité sur les pagi de Varais, Scoding, Port et Amaous relèvent (en principe) du roi de Haute-Bourgogne. Otte-Guillaume les supprima pour leur substituer des vicomtés. De ce fait, ces territoires devinrent ses fiefs et ces hommes, ses vassaux. Dès lors, la province adopte la base de sa forme politique pour les siècles à venir.

Rattachement à l'Empire vignette|Les territoires bourguignons aux . En 1016, lors d'une entrevue tenue à Strasbourg, l'empereur reçoit du roi , sans héritier légitime, une promesse d'être désigné comme son successeur en qualité de roi de Bourgogne. Cette promesse est renouvelée à Bâle en 1027, avec son successeur, l'empereur , neveu par alliance de Rodolphe, marié à sa nièce Gisèle. Le comte , le fils de sa sœur Berthe, son neveu, figure comme prétendant naturel à sa succession. À la mort de survenue le ou , le comte Eudes revendique la succession de Rodolphe. En 1033, une lutte armée l'oppose à , à laquelle Eudes met fin en s'engageant auprès de Conrad à renoncer à toutes ses prétentions. Reniant son serment, Eudes reprend la lutte en 1035. En 1037, il trouve finalement la mort dans une bataille que lui livre le duc , à proximité de Bar-le-Duc le . Le comté de Bourgogne est alors rattaché au Saint-Empire.

La même année, , fils de Otte-Guillaume, est nommé comte palatin de Bourgogne, titre donné dans l’administration impériale à ceux qui sont chargés d’administrer les États impériaux et de rendre la justice au nom de l’empereur. Le Saint-Empire est alors constitué d'États autonomes vassaux d'un empereur qu'ils élisent; le vaste et puissant comté de Bourgogne rejoint alors cet ensemble.

Le développement des routes commerciales à travers le massif du Jura et l'exploitation des salines (histoire du sel du Jura) assurent une grande prospérité à la région. Les villes préservent leur franchise en observant la neutralité dans les conflits féodaux.

En 1043, l'empereur donne le titre de noblesse de prince-évêque à l’archevêque et ses successeurs, détachant Besançon du comté de Bourgogne, ce qui fait de la ville un état ecclésiastique dépendant uniquement du pape et de l'empereur. La principauté épiscopale de Besançon forme alors une enclave au sein de la province.

Au début du , le pape , fils du comte et frère du comte , met un terme à l'importante querelle des Investitures en imposant à l'empereur le concordat de Worms, qui réconcilie les empereurs avec l'Église catholique romaine.

Affranchissement du comté de Bourgogne Au , le Saint-Empire est garant de la prospérité du comté de Bourgogne, mais en 1127, après l'assassinat du comte , son cousin le comte veut s'émanciper de la tutelle impériale de l'empereur . Il lui impose par la guerre le statut de « franc comte » (comte libre), origine possible du nom de Franche-Comté repris pour la région.

Rapprochement avec l'Empire Un conflit de succession éclate a la mort du comte Renaud III de Bourgogne en 1148. Son frère Guillaume IV de Bourgogne, comte de Mâcon, s'arroge le titre de comte de Bourgogne au nom de sa nièce Béatrice (1148-1155). L'empereur Frédéric Ier Barberousse, neveu de , intervient alors et reprend possession du comté de Bourgogne en deux temps. Il fait d'abord prisonnier le fils héritier du comte puis il épouse solennellement en 1156 la jeune comtesse , héritière du comté, et la fait couronner impératrice. En 1189, leur second fils, , hérite du comté en tant que comte palatin. La fille aînée d', , devient comtesse mais pour peu de temps (1200-1205), et c'est sa sœur cadette qui hérite du comté de Bourgogne.

épouse le duc qui devient, par son mariage, comte sous le nom d'. Leur fils le comte décédant sans héritier, sa sœur Alix de Bourgogne lui succède sous le nom de comtesse .

L'influence française alt=|gauche|vignette|132x132px|Blason du Comté de Bourgogne avant 1280. Cette dernière fait sortir le comté de Bourgogne de l'influence impériale en épousant en 1236 le comte Hugues de Chalon. Ce dernier est issu d'une lignée française qui compte des liens de mariage et amicaux avec les comtés français voisins du duché de Bourgogne (comtés de Chalon, de Macon et d'Auxonne). Leur fils, , dernier comte Ivrée de Bourgogne, épouse en secondes noces Mahaut d'Artois, comtesse d'Artois et paire de France, petite-nièce du roi Louis IX dit Saint Louis, rendue célèbre par la saga historique Les Rois maudits. Leur fille la comtesse (héritière des comtés d'Artois et de Bourgogne) devient reine de France par mariage avec le roi , et remet ainsi les comtés de Bourgogne et d'Artois sous influence royale. En 1280, le comte change d'alliance, délaissant le camp impérial (gibelin) pour rejoindre le camp guelfe. Pour marquer ce renversement d'alliance, il adopte de nouvelles armes avec un lion, animal porté par de nombreux partisans guelfes. Il utilise les couleurs azur et or qui renvoient au royaume de France, afin de mettre en avant la nouvelle alliance avec ce royaume. Malgré cela, le comté de Bourgogne reste une terre d'Empire.

En 1318, la future comtesse , fille aînée du roi et de , épouse le duc . Elle hérite du comté de Bourgogne à la mort de sa mère en 1330. A la suite des décès successifs d'Eudes IV et de son fils Philippe, leur petit-fils assume le double héritage du duché de Bourgogne de son grand-père (1349) et du comté de Bourgogne de sa grand-mère (1347): il réunit ainsi le comté et le duché de Bourgogne.

Les États Bourguignons vignette|L'État bourguignon à son apogée 1465–1477 À la mort sans héritier de de Bourgogne (Philippe de Rouvres) (1361), le duché de Bourgogne revient brièvement au domaine royal. Le roi de France Jean II le Bon l'accorde peu après en apanage à son fils cadet Philippe le Hardi (1363). Mais la loi salique ne s'applique pas au Comté, qui passe à Marguerite de France, grand-tante de Philippe de Rouvres, puis au fils de celle-ci, le comte de Flandre Louis de Mâle. Philippe le Hardi épouse sa fille et unique héritière Marguerite de Mâle, laissant présager une nouvelle réunion du Duché et du Comté. A la mort de son beau-père (1382) il devient en effet duc effectif et comte consort de Bourgogne, conjointement avec son épouse Marguerite II de Bourgogne. C'est la naissance du futur "Etat bourguignon" constitué et agrandi par les ducs Valois- Bourgogne jusqu'à la défaite et la mort d e Charles le Téméraire (1477). Sa fille Marie de Bourgogne va épouser l'archiduc d'Autriche et roi des Romains Maximilien de Habsbourg, lui apportant le Comté de Bourgogne qui retrouvera le cercle impérial. Quant au Duché de Bourgogne, il reviendra au royaume de France en tant qu'apanage suivant la coutume de la loi salique.

Les riches et puissants ducs et comtes de Bourgogne de la maison de Valois (Philippe le Hardi, Jean sans Peur, Philippe le Bon, Charles le Téméraire et Marie de Bourgogne) se considèrent alors chefs d'État souverain durant près d'un siècle, des riches et puissants États bourguignons. Ils deviennent de puissants rivaux des rois de France de par leur alliance avec les rois d'Angleterre motivée entre autres par le commerce du lin flamand et de la laine anglaise.

L'unité des États bourguignons est rompue à la mort de Charles le Téméraire. Le duc-comte de Bourgogne est d'abord vaincu par les Suisses à la bataille de Grandson le , puis à Morat le et finalement, par le duc à la bataille de Nancy le , où il trouve la mort. Marie de Bourgogne hérite alors des possessions de son père, qui sont au bord de la rébellion. Le roi en profite pour reprendre militairement les fiefs français des vastes États bourguignons, mais aussi la Comté qui était toujours terre d'empire.

La guerre de Succession de Bourgogne

Après la mort de Charles le Téméraire, les États bourguignons sont l'enjeu d'un conflit entre le roi de France, , et Marie de Bourgogne, mariée dès 1477 avec Maximilien d'Autriche, de la maison de Habsbourg, futur empereur. Le traité d'Arras conclu en 1482 est favorable à la France, qui occupe le comté de Bourgogne. Au début des années 1490, le conflit reprend, cette fois entre Maximilien et , autour de la question du mariage de la duchesse Anne de Bretagne. l'emporte en Bretagne, mais subit des revers en Bourgogne et est amené à signer le traité de Senlis (1493).

La campagne de 1477