La Bavière , officiellement l'État libre de Bavière ()Le terme est historiquement synonyme de , mais la traduction officielle française, maladroitement littérale, notamment dans les traités internationaux, est État libre. Voir l’article Freistaat., est située dans le Sud-Est de l'Allemagne et est un des seize Länder allemands. Sa capitale est Munich. Elle est nommée , ou simplement en latin, en allemand. Ces noms viennent du peuple des Bavarii ou Baiuvarii (nom transcrit aussi en « Bajuvares » ou « Bayouvares ») qui l’ont occupée. Plus grand Land du pays en superficie, sa population se compose de plus de d’habitants, soit 16 % de la population fédérale allemande ( Land sur 16), dont d’étrangers, soit 10 % de la population du Land..

Géographie

Situation

La Bavière est limitrophe de l'Autriche et de la Suisse au sud, de la Tchéquie à l'est, de l'État libre de Saxe, au nord-est, de l'État libre de Thuringe, au nord, du Land de Hesse, au nord-ouest et du Land de Bade-Wurtemberg, à l'ouest.

C'est le plus grand Land d'Allemagne pour ce qui est de la superficie et le deuxième au regard de la population (après la Rhénanie-du-Nord-Westphalie).

Ses principales villes sont Munich (München), Nuremberg (Nürnberg), Augsbourg (Augsburg), Ratisbonne (Regensburg), Wurtzbourg (Würzburg), Ingolstadt, Fürth, Erlangen, Bamberg, Bayreuth et Landshut.

Climat

Écologie

Le bassin du Danube est le plus vaste d'Europe et s'ouvre sur son côté oriental. Il a probablement constitué un important refuge pour la diversité génétique et de nombreuses espèces de la flore, la faune et la fongeLa fonge est l’ensemble des champignons d’un pays, d’une région, etc. préhistorique lors des dernières glaciations.

Il a conservé une petite population de castors qui, à la suite de diverses réintroductions, est en train de recoloniser le milieu après avoir failli disparaître au G. Schwab, G. Lutschinger, « The return of the beaver (Castor fiber) to the Danube watershed », The European Beaver in a new millennium, Proceedings of European Beaver Symposium, 27-30 septembre 2000. eds A. Czech, G. Schwab, 2001, . Carpathian Heritage Society, Kraków, Bialowieza, Poland..

Un objectif de bon état écologique doit y être recherché par chaque pays européen dans le cadre de la directive cadre sur l'eau (DCE) pour 2015.

Les massifs bavarois vignette|center|400px|Vue de Bavière (district de Basse-Franconie) à partir de la colline de Heidelstein. Au Nord-Est du Danube, entre Passau et Ratisbonne, se trouve le massif forestier bavarois (en allemand Bayerischer Wald) au paysage de moyenne montagne (entre d'altitude), avec des éperons rocheux sauvages, où les gorges profondément échancrées alternent avec de doux vallons et couvert par le plus grand massif forestier d'Europe centrale. Il s'agit de l'une des montagnes les plus anciennes du monde.

Au Sud, les Préalpes bavaroises (en allemand Bayerische Voralpen), entre la Loisach à l'ouest et l'Inn à l'est, offrent une succession de parois rocheuses calcaires marquées, très différentes des Alpes à proprement parler, caractérisées par des cirques formés au Pléistocène supérieur,

Entre les deux, les dépôts de l'époque glaciaire ont donné naissance à des paysages vallonnés avec des lacs et des marais. On y trouve le plus grand lac bavarois, le Chiemsee, le Pays des Cinq Lacs (en allemand Fünfseenland) au Sud de Munich et la région de l'Allgäu au dessus du Lac de Constance.

Route allemande des Alpes Du lac de Constance (en allemand Bodensee) aux abords de Bregenz suivant la limite sud du pays, cette route touristique parcourt des paysages toujours changeants, découvrant ici un lac de montagne, là des sommets escarpés. Elle traverse les contreforts des Alpes d'Allgäu et des Alpes bavaroises couverts de pâturages, mais garde en vue les massifs élevés comme la Zugspitze et le Watzmann. Son parcours est ponctué de petits villages, de stations de sports d'hiver et de célèbres monuments, au premier rang desquels les châteaux de Louis II de Bavière et l'église de Wies.

Effets du réchauffement climatique Les effets du réchauffement climatique sont également évidents en Bavière. Les étés sont de plus en plus chauds et de plus en plus précoces, les hivers sont de plus en plus ponctués de précipitations sous forme de pluie et non plus de neige et les phénomènes météorologiques extrêmes, tels que les tempêtes et les inondations sont en augmentation sans compter la fonte des glaciers.: sur les cinq glaciers bavarois, un seul existera à moyen terme, le Höllentalferner. En revanche, le Schneeferner a déjà presque complètement disparu depuis les années 1980.

Histoire

Frise chronologique

Antiquité Au temps de l'Empire romain, cette contrée mi-celtique, mi-germanique fait partie, au sud du Danube, des provinces de Rhétie (à l'ouest) et de Norique (à l'est) ; sous Auguste, la Vindélicie remplace la Rhétie. Au nord du Danube, elle touchait par la vallée du Main (Haute-Franconie) au limes de Germanie ( le camp romain d'Obernburg).

Moyen Âge vignette|La Bavière à la chute du duc Tassilon (788). Lors des grandes migrations du , les Boïens étendent leurs possessions dans la Norique occidentale en profitant du départ, vers le Sud de l'Europe, de tribus germaniques telles que les Marcomans, les Thuringes, les Gépides et les Ruges ; des clans de ceux-ci restent cependant sur place et fusionnent avec les Boïens pour former le peuple des Bavarii, qui seront par la suite soumis par roi des Francs austrasiens (630-660). À cette époque, le duché de Bavière est aux mains de la dynastie des agilofides, dont le fondateur Agilulf régna vers 530. Les ducs agilofides continuent à régir la Bavière au nom des rois francs jusqu'à Odilon de Bavière qui en 743 prend le titre de roi.

Dès 739, Boniface fixe les diocèses de Ratisbonne, Freising, Passau et Salzbourg. Odilon essaye mais en vain de se soustraire à la suzeraineté de Charles Martel. Après la mort d'Odilon, en 748, Hiltrude, sœur de Pépin le Bref, exerce la régence pour son fils Tassilon.

En 757, Tassilon prête serment de fidélité à Pépin le Bref, au plaid de Compiègne. Mais il mène ensuite une politique d'autonomie risquée vis-à-vis du roi des Francs, violant son serment de fidélité à Pépin. Il se ligue d'abord avec Didier de Lombardie, roi des Lombards, et avec le duc d'Aquitaine. Il conclut notamment une alliance matrimoniale avec la lombarde Liutberge, fille de Didier. Il réunit des conciles et le pape Hadrien baptise son fils en 772. C'est pourquoi Charlemagne exige un renouvellement de son serment en 787 : Tassilon s'y prête et reçoit en échange l'investiture solennelle de son duché de Bavière. Toutefois, à la suite de son rapprochement avec ses voisins orientaux, les Avars, Tassilon est enfermé par le Carolingien dans un monastère en 788.

Charlemagne confie le gouvernement du duché à son beau-frère Gérold, comte de Souabe. En 794, la Bavière entre dans le patrimoine direct des Carolingiens. En 798, Arn de Salzbourg devient le premier archevêque de Bavière. Louis le Débonnaire l'érige en royaume franc (814), et le donne à son fils aîné, Lothaire, qui en 817 le cède à Louis le Germanique. En 912, la lignée des Carolingiens s'étant éteinte en la personne de Louis l'Enfant, les Bavarois choisissent pour chef le margrave , fils de Luitpold de Bavière, qui prend le titre de duc. Après sa mort le , le duché de Bavière passera successivement aux mains de diverses dynasties : il est possédé par des ducs de la maison de Saxe (947-1004), de la maison de Franconie (1004-1070), par les Welfs de la maison d'Este (1070-1139), puis, par des ducs autrichiens.

À sa plus grande extension, le royaume médiéval de Bavière comprend, outre la Bavière propre, la Carinthie, la Carniole, l'Istrie, le Frioul, l'ancienne Pannonie et le Sud de la Moravie et de la Bohême. Mais les Magyars, cavaliers finno-ougriens installés depuis 895 à la place des Avars dans le bassin du moyen-Danube, envahissent et dévastent le pays, annexant les territoires à l'est de la Wachau et au sud de la Drave. Les armées germaniques commandées par le futur empereur Otton le Grand affrontent et battent les Magyars à la bataille du Lechfeld qui eut lieu le en Souabe : cela met fin aux pillages et fixe, pour plus de mille ans, la frontière entre l'Empire germanique et la Hongrie.

En 1180, l'empereur donne la Bavière à Othon de Wittelsbach, comte palatin de Bavière , faisant partie de la famille de Wittelsbach, maison qui régnera jusqu'au . Sous les successeurs de ce prince, le duché de Bavière, qui avait été considérablement réduit, accroît à nouveau sa superficie. Après la mort d' (1253), ses deux fils et se partagent ses États : Louis règne sur la Haute-Bavière, Henri sur la Basse-Bavière. , dit le Bavarois, fils de , réunit en 1312 la Haute et la Basse-Bavière et est couronné empereur en 1314. agrandit considérablement ses domaines ; lorsqu'il meurt (1347) il possède, outre la Bavière, le Brandebourg, la Hollande, la Zélande, le Tyrol

Temps modernes Les fils de Louis se partagent ces diverses provinces, et forment un grand nombre de branches qui s'éteignent rapidement, de sorte qu'en 1504, lors de la guerre de Succession de Landshut, de la branche de Munich, réunit de nouveau toute la Bavière.

Les successeurs d'Albert s'opposent de toutes leurs forces à la Réforme et prennent parti pour l'Empereur dans la guerre de Trente Ans. En récompense, l'empereur Ferdinand confère au duc Maximilien la dignité d'électeur (1623) qu'il avait confisquée au comte Frédéric V du Palatinat, également membre de la maison de Wittelsbach, converti au protestantisme et qui avait été élu roi de Bohême par les Tchèques révoltés. L'empereur rend cette dignité héréditaire dans la branche catholique de la maison de Bavière. Cette dignité lui est confirmée en 1648 par le traité de Westphalie tandis qu'une dignité électorale supplémentaire est créée pour le comte palatin à qui sont rendues ses terres. Cependant, celui-ci passe du premier au dernier rang. Le premier rang revient à l'électeur de Bavière.

Au cours du siècle, les électeurs de Bavière sont alliés de la France contre l'Autriche et, en 1681, la duchesse Marie-Anne de Bavière (1660-1690) épouse le dauphin, fils aîné de Louis XIV de France. Cependant, elle ne sera jamais reine de France : elle meurt prématurément à l'âge de 29 ans après avoir donné trois fils à la couronne de France, dont le futur Philippe V d'Espagne.

L'électeur Maximilien II Emmanuel (1679-1726), petit-fils de l'électeur Maximilien et frère de la dauphine Marie-Anne-Victoire, s'étant déclaré pour la France dans la guerre de Succession d'Espagne, est mis au ban de l'Empire après la bataille d'Höchstädt (1704) et il ne rentre dans ses droits qu'après la paix de Bade (1714).

Charles-Albert, qui lui succède, prétend à la succession de l'Empereur Charles , conquiert la Bohême et l'Autriche, et se fait même couronner à Francfort en 1742 sous le nom de Charles , mais, vaincu par François de Lorraine, gendre du défunt Charles VI (époux de sa fille aînée Marie-Thérèse d'Autriche) à la tête des troupes autrichiennes, il se voit forcé non seulement de renoncer à l'Empire, mais d'abandonner la Bavière elle-même à François de Lorraine ; il meurt avant la fin de la guerre. François de Lorraine est élu empereur.

Maximilien III Joseph, son fils, fait la paix avec François et recouvre ses États par la paix de Füssen (1745). La Bavière jouit d'un peu de repos lorsque la mort de Maximilien Joseph, dernier rejeton des Wittelsbach de Bavière, soulève de nouvelles discordes (guerre de Succession de Bavière 1778-1779).