Philippeville (en wallon Flipveye) est une ville francophone de Belgique située en Wallonie, dans la province de Namur.
Toponymie
La ville de Philippeville, qui n'était au départ qu'une forteresse militaire, a été ainsi baptisée en l'honneur du fils de l'Empereur Charles-Quint, le roi Philippe II d'Espagne.
Peu après la Révolution française de 1789, la ville prit pour un court moment, le nom de Vedette Républicaine.
Géographie
Sections # Nom Superficie.(km²) Habitants(2025) Habitantspar km² Code INS 1 Philippeville 11,20 2.813 251 93056A 2 Vodecée 6,72 193 29 93056B 3 Villers-le-Gambon 11,99 645 54 93056C 4 Franchimont 7,57 385 51 93056D 5 Surice 12,71 549 43 93056E 6 Omezée 4,00 69 17 93056F 7 Romedenne 14,19 582 41 93056G 8 Merlemont 8,69 341 39 93056H 9 Sart-en-Fagne 3,73 246 66 93056J 10 Villers-en-Fagne 6,58 202 31 93056K 11 Fagnolle 12,48 185 15 93056L 12 Roly 18,04 800 44 93056M 13 Sautour 8,19 529 65 93056N 14 Samart 4,96 135 27 93056P 15 Neuville 14,07 1.393 99 93056R 16 Jamiolle 4,56 194 43 93056S 17 Jamagne 7,68 327 43 93056T
Communes limitrophes
Démographie
Démographie: Avant la fusion des communes
Source: DGS recensements population
Démographie : Commune fusionnée
En tenant compte des anciennes communes entraînées dans la fusion de communes de 1977, on peut dresser l'évolution suivante :
Les chiffres des années 1831 à 1970 tiennent compte des chiffres des anciennes communes fusionnées. Source: DGS , de 1831 à 1981=recensements population; à partir de 1990 = nombre d'habitants chaque 1 janvierhttps://view.officeapps.live.com/op/view.aspx?src=https%3A%2F%2Fstatbel.fgov.be%2Fsites%2Fdefault%2Ffiles%2Ffiles%2Fdocuments%2Fbevolking%2F5.1%2520Structuur%2520van%2520de%2520bevolking%2FPopulation_par_commune.xlsx&wdOrigin=BROWSELINK
+ Évolution démographiqueAnnéePopulationÉvolution 1992=index 1001992100,01993100,91994102,31995104,21996104,51997105,41998105,41999107,82000108,52001109,92002109,92003110,02004111,82005112,92006113,72007115,92008117,92009118,62010121,02011122,52012123,02013124,02014124,82015126,02016125,72017126,32018126,12019127,02020126,72021126,32022126,32023128,22024130,12025131,12026131,2
Histoire
Une ville nouvelle créée à des fins défensives
Contexte politique
La création de la ville fortifiée s'inscrit au cours des dans une période d'affrontement entre le royaume de France et les ducs de Bourgogne qui se prolonge lorsque les territoires bourguignons passent à la maison de Habsbourg à la fin du à la suite du mariage de Marie de Bourgogne, fille de Charles le Téméraire, duc de Bourgogne avec Maximilien Ier de la maison de Habsbourg. La ville fut baptisée du nom de Philippe, fils de Charles Quint et futur roi Philippe II. À cette même époque, la guerre de Succession de Bourgogne à la fin du a entrainé la perte de la Picardie pour les Pays-Bas bourguignons avec un déplacement de la frontière vers le nord à la frontière avec l'Artois resté bourguignon.
Mais c'est surtout l'invention puis la démocratisation de l'artillerie au ayant rendu caduques les fortifications médiévales qui va pousser ces deux puissances au cours du à réaliser de nombreuses fortifications le long de leur frontière commune.
La perte de Mariembourg Philippeville, située au centre géographique de l’Entre-Sambre-et-Meuse, est une ville créée de toutes pièces en 1555 par décision de Charles-Quint, inquiet de voir la nouvelle ville fortifiée de Mariembourg aux mains des Français depuis un an. L'empereur laisse carte blanche au prince d'Orange à la seule condition qu'il fallait "que ce fort ne fût moindre que Mariebourg, puisqu'il se foisoit pour tenir à l'encontre."
Quelques années auparavant, afin de surveiller les routes d’invasion et notamment la trouée de l’Oise, cette même Marie de Hongrie avait fait bâtir une place forte — qui portera son nom : Mariembourg — à au sud. Le , huit ans à peine après son érection, la ville est prise par les troupes d’Henri II, roi de France, et sitôt rebaptisée Henribourg. Ayant les mains libres, le roi de France organise une campagne de dévastations dans la région et au-delà.
Il s’agit dès lors, pour les Habsbourg, de contrer les incursions françaises par la construction de deux nouvelles forteresses : le fort de Charlemont, près de Givet, sur la Meuse, et Philippeville qui porte le nom du fils aîné de l’Empereur. Guillaume de Nassau — le futur Guillaume le Taciturne, père de la nation des Pays-Bas indépendants —, alors jeune général de 22 ans, en choisit l’emplacement, tandis que l’ingénieur Sébastien van Noyen en trace la forme en pentagone. Une inscription sur un pilier de l’église rappelle que c’est le que furent « jetés » ou terminés les plans de la ville… Quatre mois plus tard, le colonel Lazare de Schwendi, de la ville, en prend possession avec ses troupes allemandes.
Lors de la révolte des États-Généraux contre le pouvoir espagnol, Philippeville prend le parti des insurgés ; aussi, don Juan d’Autriche, gouverneur des Pays-Bas, fait le siège de la ville qui se rend le . Un an plus tard, ce sont des régiments wallons qui remplacent les troupes espagnoles de la garnison.
Sous le règne des archiducs (Albert d'Autriche et Isabelle, son épouse), les fortifications s’achèvent, l’église est élevée au rang de paroisse (1616) et des coutumes sont homologuées (1620).
Période française (1660-1815) En 1659, à la suite du traité des Pyrénées entre la France et l’Espagne, la ville passe sous domination française. Philippeville, comme Mariembourg, sont des enclaves françaises en territoire des Pays-Bas espagnolsp.141 Carte Frontières septentrionale de la France en 1659, après le traité des Pyrénées in Histoire de la France vol. II Dynasties et révolutions, de 1348 à 1852 sous la direction de Georges Duby, Ed. Larousse, 1971 .
C’est Jean Talon, futur intendant du Canada français, qui en reçoit les clés le . Dès 1668, Vauban est chargé par Louis XIV de faire de la ville « une ville de guerre respectable et capable d’empêcher l’ennemi de pénétrer dans cette partie de la France ».
Le , accompagné de la reine, du dauphin et de la dauphine, Louis XIV fait son entrée dans la ville où il passe un jour et une nuit.
En 1790, la ville est versée dans le département des Ardennes, elle porte quelques mois à partir de pluviôse an II () le nom révolutionnaire de Vedette républicaineSite persee.fr, Texte "Renvoi aux comités des finances et des domaines nationaux de l'adresse de la commune de Vedette-Républicaine (Belgique) qui fait passer le bordereau de ses dons, lors de la séance du 5 floréal an II (24 avril 1794)", « Archives Parlementaires de la Révolution Française Année 1971 89 p. 237 ». et ses rues sont renommées : Surveillance, La Montagne, Sans Culottes, Réunion, Marat…
Au lendemain de Waterloo, Napoléon fait une halte de quelques heures dans la ville.
Le , la prussienne assiège la ville qui ne se rend que le ; deux jours plus tard, la garnison défile par la porte de France et dépose les armes sur le glacis tandis que 150 hommes peuvent se retirer, en emportant deux canons.
Du royaume uni des Pays-Bas au royaume de Belgique Intégrée au royaume uni des Pays-Bas conformément au traité de Paris du , la ville est occupée dès le par une garnison hollandaise ; la place est restaurée dans un premier temps avant la destruction en 1820 de quelques ouvrages de défense.
Le , dans le cadre de la révolution belge, la population désarme la garnison hollandaise.
Le chemin de fer fait son apparition à Philippeville en 1854. Une courte ligne en impasse reliant Florennes à Philippeville est inaugurée le par la Société du chemin de fer de l'Entre-Sambre-et-Meuse. La première gare de Philippeville est réalisée extra-muros à bonne distance de la ville, dans une plaine qui est encore aujourd'hui constituée de terrains agricoles.
De 1853 à 1856 est menée à bonne fin la démolition des ouvrages de fortification. Il n'en subsiste que les souterrains et un magasin à poudre devenu chapelle Notre-Dame-des Remparts. .
thumb|Statue de la reine Louise-Marie vers 1900.
Les Chemins de fer de l'État belge, qui ont succédé en 1897 aux compagnies privées exploitant la ligne, acceptèrent de construire une seconde gare plus proche de Philippeville en construisant un tunnel et une tranchée à travers la colline. La nouvelle gare est inaugurée le en même temps que le reste de la ligne, qui continuait ensuite vers Senzeilles et se connectait à la ligne principale de Charleroi à Vireux. Il est désormais possible d'atteindre Walcourt et Charleroi sans passer par Florennes. Autour de la nouvelle gare, qui reste relativement excentrée, un quartier commence à se développer. Le bâtiment de la gare de 1854 existe toujours, reconverti en habitation.
Première Guerre mondiale
Dès le , l’ambulance du Corps d’Armée français s’installe au pensionnat des Sœurs de Notre-Dame. Le 24, elle reçoit l’ordre de se replier en laissant sur place les grands blessés sous la garde d’un médecin et de deux infirmiers. Le jour suivant, les Allemands pénètrent en ville et font prisonniers soignants et blessés français ; le dernier blessé quittera les lieux en .
On ne compte aucune victime en ville mais uniquement un pillage de fond en comble.
En 1917, deux enfants du bourgmestre, Anne et Paul Gérard, sont envoyés en Allemagne, avec plusieurs moines de Maredsous, après un court procès à Namur pour avoir ravitaillé au début de l’invasion des soldats alliés cachés dans les bois.
Seconde Guerre mondiale Dès la déclaration de guerre, des bombardements sérieux dévastent des dizaines de maisons au centre de la ville. Comme en 1914, le pensionnat des sœurs de Notre-Dame sert de refuge pour des centaines de réfugiés et plusieurs dizaines de blessés, dont un certain nombre décédera. En outre jusqu’en , plus de soldats, sous-officiers et officiers allemands ont logé dans leurs bâtiments.
Période récente vignette|La gare de Philippeville. À cause de la concurrence de la route, les trains de voyageurs entre Florennes, Philippeville et Senzeilles sont supprimés le ; un trafic occasionnel de marchandises persiste depuis Senzeilles tandis que la ligne vers Florennes ne voit plus passer le moindre trafic. De nombreuses lignes de la région connurent le même sort entre les années 1950 et 1970.
Le chemin de fer à Philippeville doit son salut à la construction du barrage de l'Eau d'Heure, dont le lac inondera la vallée par laquelle passe la ligne principale de Charleroi à Mariembourg. Après avoir songé à fermer tout simplement la ligne au-delà de Walcourt, la SNCB fit le choix créer une ligne nouvelle s'appuyant sur les lignes secondaires partant de Walcourt et la ligne passant par Philippeville. Au terme d'importants travaux, le nouvel itinéraire est mis en service le . La gare de Philippeville est non seulement rouverte mais elle se trouve désormais sur l'itinéraire principal, à trois quarts d'heure de Charleroi.
Le réseau routier doit être également amélioré :
la route nationale 5 est massivement transformée pour être proche des normes des autoroutes, la portion passant par Philippeville fait partie de la route européenne 420 (travaux terminés en 2018) la route nationale 40 bénéficie d'un contournement immédiat de l’agglomération, équipé des mêmes infrastructures sur quelques kilomètres. un échangeur entre la N 5 et la N 40 est également réalisé .
Principaux jalons de l'histoire de Philippeville Principaux jalons de l'histoire de PhilippevilleAndré Lépine, Musée Cerfontaine : 1546 : Fondation de Mariembourg par les Espagnols. 1554 : Prise de cette ville par les Français. Henri II, roi de France, ravage l’Entre-Sambre-et-Meuse. Il est urgent d’ériger une nouvelle place forte pour contrer l’ennemi français, ce sera Philippeville. 1555 : Écherennes, village où sera édifiée la nouvelle place forte, est incendié par les Français. : fondation de la ville, rattachée de fait au comté de Namur. 1556 : Le colonel, Lazare de Schwendi, , établit une garnison de hommes ().