Le Comité de coordination des organisations juives de Belgique (connu également sous l'acronyme CCOJB) se présente comme l’instance faîtière du judaïsme belge sur le plan politique. Il fédère, au sein d'une seule organisation représentative, différentes tendances politiques, sociales ou religieuses présentes dans la communauté juive de Belgique. Il est présidé depuis par Yves Oschinsky.
Le CCOJB est membre du Congrès juif européen et du Congrès juif mondial.
Fondation
Le CCOJB voit le jour à Bruxelles le sous l'appellation Section belge du Congrès juif mondial. L'association a pour objet « la défense, l'étude et le développement des valeurs juives en Belgique et dans le monde. » En 1984, l'institution abandonne sa dénomination initiale pour s'appeler désormais Comité de coordination des organisations juives de Belgique.
Événements
Assassinat du président du CCOJB
En , Joseph Wybran accède à la présidence du CCOJB. Alors âgé de 47 ans, il se partage entre sa fonction de chef du service Immunologie de l'hôpital universitaire Érasme et son engagement dans la vie communautaire juive belge. Il s'investit notamment dans le dossier du carmel d'AuschwitzLire la fiche d'Akadem, cette affaire qui marquera la plus grave crise des relations entre juifs et chrétiens depuis la Shoah.
Le , Joseph Wybran est abattu sur le parking de l'établissement hospitalierLire l'article de La Libre Belgique du 22 février 2008. Touché à la tête, il décédera des suites de ses blessures dans la nuit du 3 au . Rapidement, la thèse de l'attentat politique et antisémite fut privilégiée. Les pistes d'Abou Nidal ou d'intégristes catholiques polonais furent évoquées.
Ce n'est que le , à la faveur d'un coup de filet opéré au Maroc contre un réseau criminel et terroriste dirigé par le Belgo-Marocain Abdelkader Belliraj, que le dossier de l'assassinat de Joseph Wybran remontera à la surface. Depuis, Belliraj est en aveux au Maroc pour avoir personnellement exécuté Joseph WybranLire l'article de La Dernière Heure du 15 octobre 2008. Après plusieurs ajournements, son procès ainsi que celui de 34 autres islamistes devrait débuter à Rabat le Lire l'article du Soir du 14 novembre 2008.
Le Rapport 2008 de la Sûreté de l'État belge, publié en ligne début 2010, consacre une section très critique sur l'« affaire Belliraj », soulignant que « Sept seulement des quatorze mandats d’arrêt internationaux émis par les autorités marocaines ont pu être examinés, les autres personnes possédant la nationalité belge au moment des faits, ce qui interdisait leur extradition. Parmi les détenus, aucun ne sera finalement extradé, les éléments communiqués par les autorités marocaines n’ayant pas été jugés pertinents. » et concluant « Les éléments avancés par le Maroc n’ont donc pas permis de démontrer de manière indiscutable l’existence d’un réseau et l’implication de celui-ci dans six meurtres en Belgique. »Sûreté de l'État, Rapport annuel 2008, SPF Justice.
Manifestations anti-israéliennes La manifestation de protestation contre l'intervention militaire israélienne de la bande de Gaza en 2009, qui s'est déroulée à Bruxelles est perçue par le CCOJB comme une cassure et un tournant. Pour le président du CCOJB, Maurice Sosnowski « Alors que certains appelaient aux meurtres des juifs, à minimiser la Shoah et à présenter les juifs comme les véritables maîtres du monde, ce qui nous a choqué n’a pas été la présence d’une partie des représentants démocratiques belges dans ce cortège mais l’absence de la moindre réaction politique à ces manifestations antisémites d’un autre âge. L’antisionisme radical tient bien de l’antisémitisme de par ces appels à la haine du juif ». Affirmant qu’une majorité des juifs Belges soutiennent l’idée d’une « Palestine libre, indépendante et souveraine », Maurice Sosnowski estime que « le vote [pour la reconnaissance d'un État palestinien membre à part entière l'ONU] qui va avoir lieu à l’ONU ne doit pas faire oublier que le dogme du Hamas est inspiré du protocole des Sages de Sion »..
À la suite de la manifestation du devant l'ambassade d'Israël, le CCOJB « exhorte les manifestants d’aujourd’hui à orienter leur énergie vers ceux qui désirent voir les enfants palestiniens et israéliens grandir dans le respect mutuel et l’acceptation de l’autre dans sa différence »..
Affaire du « Psychodrame Nakba » thumb|200px|Psychodrame Nakba à Nivelles Le , des militants pro-palestiniens organisent une représentation de théâtre de rue appelée « Psychodrame Nakba ». Ce jeu de rôles avait pour but de célébrer les 60 ans de l'exode palestinien de 1948, au cours duquel Arabes palestiniens fuirent ou furent chassés par les soldats israéliens des territoires qui allaient devenir IsraëlSite web des organisateurs (à vérifier) Action citoyenne des groupes Paix Juste au Proche-Orient de Nivelles et Ittre.
Durant la manifestation, la députée Écolo Thérèse Snoy a dénoncé dans son discours le sort des Palestiniens, l'inaction de l'Europe et les « pressions de la part de certains groupes juifs » qui opéreraient « à tous les niveaux »Dossier du CCOJB discours de Thérèse Snoy tandis que le député socialiste et ancien ministre de la défense André Flahaut aurait déclaré : « Je suis déterminé à lutter contre tous les extrémismes, tous les nazismes, tous les fascismes, où qu'ils se trouvent et au moment où ils se présentent. Voilà, c'est pour ça que je suis ici »Même Dossier CCOJB discours d'André Flahaut. thumb|left|185px|Psychodrame Nakba à Nivelles Le CCOJB a filmé la manifestation a diffusé la vidéo.. De nombreuses associations juives ont condamné la manifestation, ainsi que l'ambassade d'IsraëlL'Union des déportés juifs « a demandé à l’ancien ministre de la Défense de retirer publiquement ses propos diffamatoires », le Centre communautaire laïc juif a accusé la députée Écolo Thérèse Snoy de raviver les fantasmes de « l'odieux lobby des Sages de Sion », le Cercle Ben Gourion s'est indigné du « parallèle entre le sort des réfugiés palestiniens lors de la création de l’État d’Israël et les rafles et déportations des juifs sous l’occupation nazie », le Centre Simon-Wiesenthal a appelé le Premier ministre belge à « dénoncer publiquement cette mascarade, à en prohiber la répétition et à condamner le comportement des députés André Flahaut et Thérèse Snoy » et l'ambassade d'Israël de Belgique a déploré des « amalgames aussi honteux qu’intolérables » auprès du ministère des Affaires étrangères..
Se sentant injustement taxé de propos anti-sémites, le député socialiste André Flahaut a poursuivi le CCOJB et son président en justice. Il a obtenu un euro symbolique de dommage et intérêts. Le CCOJB et son président ait interjeté appel de la décisionNon, André Flahaut n’est pas antisémite : le tribunal condamne les accusateurs Le tribunal de première instance de Bruxelles a condamné le CCOJB et son président pour avoir accusé avec des vidéos et des communiqués de presses André Flahaut d'anti-sémitisme et par ce moyen avoir tenté de porter atteinte à son honneur.. La députée écolo Thérèse Snoy a déclaré n'avoir « absolument pas tenu de propos antisémites » et « refuse donc catégoriquement cette grave accusation »..
La justice tranche en définitive contre André Flahaut dans l'affaire l'opposant au CCOJB et à Joël Rubinfeld.. « La cour reconnaît que les propos tenus par André Flahaut dressent un parallèle entre la politique israélienne et le nazisme. En revanche, ni le CCOJB ni son ex-président n'ont accusé l'homme politique d'antisémitisme. À l'estime de la cour, ils n'ont pas abusé de leur liberté d'expression. L'ex-ministre de la Défense n'a donc pas été atteint dans son honneur et doit s'acquitter des frais de procédure. ».
En 2011, des scènes similaires sont reproduites, s'achèvent par le simulacre du meurtre d'enfants palestiniens, tués par des acteurs jouant aux soldats israéliens à l'aéroport de Zaventem. et dans le centre-ville de Bruxelles. Ce qui vaut la critique des autorités bruxelloises, qui avaient autorisées ces mises en scène, tout en interdisant les manifestations de la communauté juive « par crainte de ne pouvoir lui assurer sa sécurité ».
Apologie du nazisme Affaire du « Canvas et Hitler » Le , la chaîne publique flamande Canvas projette de diffuser, dans le cadre de son programme culinaire Plat préféré, une émission consacrée au plat préféré d'Adolf Hitler. De nombreuses personnes, associations et médias s'émeuvent de cette banalisation du dictateur nazi qui, de la sorte, se retrouverait à l'affiche aux côtés de Jacques Brel, Salvador Dalí, Maria Callas ou Freddie Mercury.
Le , le CCOJB dénonce dans un communiquéLire le communiqué de presse du CCOJB du 27 octobre 2008 le « mélange indigeste et irresponsable de genres qui contribue gravement à banaliser le personnage symbole du Mal absolu » et « s'inquiète du manque choquant de sensibilité de ceux qui ont conçu une telle émission et en appelle à la direction de Canvas pour qu'elle la déprogramme ». Quelques heures avant la diffusion du programme controversé, la direction de la VRT, maison-mère de Canvas, annonce l'annulation de l'émission Plat préféré consacrée à Adolf Hitler. Le , la VRT reviendra cependant sur l'affaire dans son émission satirique Man bijt hondRegarder la vidéo de l'émission de la VRT Man bijt hond du décembre 2008, expliquant l’annulation de l'émission à la suite d'une « grosse pression sémite » et moquant l’émoi de la communauté juive pour « une innocente cuisine au gaz ».
Canvas défraiera à nouveau la chronique quelques semaines plus tard. En cause cette fois, l'émission Weg met De Soete du consacrée à la visite guidée de Berlin. Pour en assurer la promotion, Canvas publie dans cinq hebdomadaires flamands grand public une annonce illustrant le présentateur de l'émission, Tomas De Soete, en « chippendale nazi » avec moustache et mèche hitlériennes et faisant le salut naziLire l'article de la RTBF du 26 novembre 2008.
Réagissant à cette nouvelle provocation, le CCOJB décide de transmettre ce dossier pour examen au Centre pour l’égalité des chances et condamne, dans un communiquéLire le communiqué de presse du CCOJB du 25 novembre 2008 en date du , « la banalisation indécente de l'iconographie nazie pour illustrer la visite de la capitale allemande », soulignant au passage que « l'exploitation satirique des symboles du nazisme et leur détournement irresponsable témoignent du degré affligeant de sensibilité et de culture civique du service public récidiviste ».
Interpellée par les médias, la VRT s'explique en déclarant qu'il s'agissait d'une « annonce au second degré » et précise qu'elle n'utilisera plus l'illustration qui se trouve au centre la polémique. L'ambassade d'Allemagne en Belgique déplore quant à elle « ce type d'utilisation inflationniste de symboles nazis »Regarder le reportage de la RTBF du 27 novembre 2008. Cette nouvelle affaire Canvas/Hitler provoque également l'émoi dans les milieux politiques belges et, le , cinq sénateurs du cdH déposent une proposition de loiLire la proposition de loi du cdH du 27 novembre 2008 visant à « interdire toute utilisation d’insignes nazis » à des fins « de propagande ou de publicité ».
de la nuit de Cristal Le , le CCOJB et le Congrès juif européen organisent le dîner qui clôture les commémorations du de la nuit de Cristal qui se sont déroulées à Bruxelles les 9 et . Plusieurs chefs d'État ou anciens chefs d'État sont présents à l'événement ainsi que le président de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe Lluis Maria de Puig et les vice-présidents de la Commission européenne Günter Verheugen et Jacques Barrot.