Eugène Raspail (1812-1888), fils de Joseph-Honoré Raspail, indique qu'il avait été restaurateur à Perpignan avant de venir s'installer à Gigondas où il acheta en 1815 et 1818 des vignobles. et neveu de François-Vincent Raspail, nait à Gigondas le . Il poursuit des études de droit, devient avocat tout en se passionnant pour les sciences naturelles et la géologie. Il est député à l'Assemblée Constituante, puis exilé et à son retour il est nommé directeur de l'éclairage au gaz de la ville d'AvignonEugène Raspail. Dictionnaire des députés (1789-1889), .
Biographie
Républicain et député Très actif durant la révolution de 1830, il dirige la « Société des Amis du Peuple » de Paris. Il se retrouve même coude à coude avec son compatriote Agricol Perdiguier, pour faire le coup de feu au cours de l'insurrection provoquée par les incidents du , lors des funérailles du général républicain LamarqueMarc Maynègre, Agricol Perdiguier, La Fontaine de Pétrarque, journal de la Société Littéraire. Délégation de Vaucluse, , novembre 2006.
Fervent républicain, il se fait élire député de Vaucluse, le et siège avec la Montagne à l'Assemblée Constituante. Il fait alors partie du Comité de l'Intérieur. Il vote pour l'amendement Grévy, le droit au travail, l'amnistie, la loi sur le chemin de fer de Marseille à Avignon. Il s'oppose au rétablissement des cautionnements, aux poursuites contre Louis Blanc et Marc Caussidière, au rétablissement de la contrainte par corps, au vote sur l'ensemble de la Constitution, à l'ordre du jour en l'honneur de Cavaignac, à la proposition Rateau, à l'interdiction des clubs.
Non réélu en 1849, ses opinions opposées au nouveau régime lui valent la prison, puis un exil de plusieurs années en ItalieEugène Raspail à Gigondas.
Savant et vigneron
De retour sur ses terres, il découvre dans le massif des Dentelles de Montmirail, un saurien fossile qu'il baptise Neustosaurus gigondarum. C'est alors qu'il édite un ouvrage sur ce reptile de plus de trois mètres de long, avec quelques notes géologiques sur le massif des DentellesEugène Raspail, archéologue, géologue et paléontologue.
De son père, il a hérité le « domaine Le Colombier ». Décidé à relancer la viticulture, au cours de l'année 1861, il fait l'acquisition du « domaine des Bosquets », revalorise les 37 hectares déjà existant, en fait planter 9 autres l'année suivante, puis 26 les années qui suivent.
Dès 1864, la production de ses domaines est telle qu'il peut l'expédier, par le port de Roquemaure sur le Rhône, à des négociants de Valence, Lyon, Saint-Étienne et Paris, qui la lui avaient achetée sur la base de 16, 50 l'hectolitre. Des résultats assez probants pour qu'il reçoit, en dépit de ses idées républicaines, et avec l'aval de Napoléon III, une prime d'honneur pour son exploitation. Fier de ses résultats, le savant vigneron peut noter :
Il peut alors se consacrer à ses passions que sont l'archéologie, la géologie et la paléontologie. Les vins de ses vignobles se vendant de mieux en mieux, il constate :
L'émulation qu'il parvint à susciter déboucha même sur les premières mises en bouteille.
Lors de travaux agricoles, il met au jour, en 1866 une tête de Bacchus. Peu après, ayant acheté une réplique du Diadumène de Polyclète, trouvée à Vaison, il la revend au British Museum de Londres. Grâce à cette vente, il peut transformer le patrimoine paternel en « Château Raspail », dont l'architecture s'inspire du style italien découvert lors de son exil. Mais l'arrivée du phylloxéra et l'anéantissement du vignoble, au début des années 1870, réduisent à rien ces efforts.
Un de ses biographes, Robert Bailly, a noté :
Retour manqué en politique Converti à une politique plus opportuniste, il se présente à nouveau comme candidat à la Chambre des députés dans l'arrondissement d'Orange. Le , il obtient et est battu par Alphonse Gent qui en a obtenu . Ce dernier ayant démissionné, il se représente à la députation. Il a en face de lui, le radical M. Gaillard. S'il obtient , son rival le bat avec . Il se retire alors définitivement à Gigondas où il s'éteint le .
Œuvres Eugène Raspail neveu, Observations sur un nouveau genre de saurien fossile, le « Neustosaurus gigondarum N. », avec quelques notes géologiques sur la commune de Gigondas, 1842. Eugène Raspail, André-Étienne-Just-Pascal-Joseph-François d'Audebard Férussac, Gabriel Delafosse, Eugène Desmarest, et Jean-B.-Antoine Guillemin, Bulletin des sciences naturelles et de géologie : Deuxième section du Bulletin universel des sciences et de l'industrie 1842. Eugène Raspail, Jonathan Valabrègue, H. Loubet, marquis de Lespine, Département de Vaucluse. Station agronomique de Vaucluse. Règlement, 1877. Eugène Raspail, Département de Vaucluse. Instructions pratiques pour le bouturage des cépages américains, 1879.
Notes et références
Bibliographie
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Voir aussi Article connexe Gigondas (AOC)
Liens externes
Dons d'Eugène Raspail fils à la Fondation Calvet Château Raspail
Eugene Catégorie:Personnalité provençale du XIXe siècle Catégorie:Membre de l'Assemblée constituante de 1848 Catégorie:Géologue français du XIXe siècle Catégorie:Archéologue français du XIXe siècle Catégorie:Naissance en septembre 1812 Catégorie:Naissance à Gigondas (Vaucluse) Catégorie:Décès en septembre 1888 Catégorie:Décès à Gigondas (Vaucluse) Catégorie:Décès à 76 ans