L'église Notre-Dame de Lamourguier ou église Notre-Dame de la Mourguier est un ancien prieuré du bourg de Narbonne, dont seule subsiste l'église, désaffectée au culte et transformée en dépôt lapidaire de 1868 à 2018, et vacante depuis lorsÉglise Notre-Dame de Lamourguier.
Histoire L'église de Sainte-Marie est citée dès 782Ecclesia S. Mariae ... infra muros civitatis Narbona : abbé Sabarthès, Dictionnaire topographique ... de l'Aude..., p. 195 ; Preuve 6 (Jugement des commissaires du roi Charlemagne en faveur de Daniel, archevêque de Narbonne), , c.49.Élie Griffe, Histoire religieuse des anciens pays de l'Aude des origines chrétiennes à la fin de l'époque carolingienne, . quand des témoins jurent dans cette église dans un jugement entre Milon, comte de NarbonneMilon est le premier comte de Narbonne dont le nom soit connu. Il est cité en 781. Il est encore cité en 794 comme ayant été un des fondateurs de l'abbaye de Caunes (Claude Devic, Joseph Vaissète, Histoire générale de Languedoc, tome 2, )., et Daniel, archevêque de Narbonne et Daniel, archevêque de NarbonneClaude Devic, Joseph Vaissète, Histoire générale de Languedoc, tome 2, Preuves, (lire en ligne) ; on sait qu'elle était au entre les mains des Nicolaïtes, clercs hérétiquesYves Solier, Narbonne, monuments et musées..., p. 113.Jacques Thirion, « L'ancienne église de Lamourguier à Narbonne », .. En 1078Abbé Sabarthès, Dictionnaire topographique ... de l'Aude..., p. 195. ou 1086, elle fut affiliée comme prieuré régulier de l'ordre de Saint-Benoît à l'abbaye Saint-Victor de Marseille, prenant alors le nom de Beata Maria de la Morguia, Nostra Dona la Morguia ou Beata Maria de MonachiaAbbé Sabarthès, Dictionnaire topographique ... de l'Aude..., p. 195 ; Yves Solier, Narbonne, monuments et musées..., p. 113 ; Jean-Marie Pérouse de Montclos, Languedoc-Roussillon..., p. 366..
Au , le prieuré est en pleine déshérence : en 1572, la messe n'y est plus célébrée ; en 1602, il n'y a plus que trois religieux, un prieur, un sacristainNotice du musée lapidaire de Narbonne, Service Culture, Mairie de Narbonne, sans date..
En 1662 l'archevêque de Narbonne François Fouquet, alors en exil à Alençon, poussa le prieuré à adhérer à la congrégation de Saint-Maur qui le restauraJean-Marie Pérouse de Montclos, Languedoc-Roussillon..., p. 366 ; , p. 166, et , p. 212..
Après la Révolution les bâtiments du couvent sont sous administration militaire. De 1824 à 1889, ils servent de caserne, puis furent finalement détruits en 1902. Sur cette période, l'église abrite les magasins de l'armée, qui cohabiteront avec la collection lapidaire à partir de 1869. Elle est classée le ..
Le siège du Club de la Révolution center|thumb|Plaque commémorative de la Commune de Narbonne, mur extérieur Sud L'église est le siège du Club de la Révolution, entre le 24 et le , lors de la Commune centrale de l’arrondissement de Narbonne dirigée par Émile Digeon et Baptiste Limouzyvoir La Commune de Narbonne sur wiki-narbonne.fr.
La collection et le musée lapidaire (1868-2018) Le bâtiment ne dut sa sauvegarde après 1868 (un bail est alors signé entre la ville et l'armée) qu'à son utilisation comme dépôt archéologique municipal pour conserver les divers blocs inscrits ou sculptés, stèles, colonnes et sarcophages extraits des remparts narbonnais lors de leur démolitionCaroline Papin 2015, p. 90. ou mis au jour dans l'arrondissement.
Il sert depuis, par intermittence dans les premières décennies, de musée lapidaire et contient plus de artéfacts archéologiques. Entre 2017 et 2018, les collections sont transférées au sein du futur musée régional de la Narbonne antique (Narbo Via)Cf. Ambroise Lassalle et Caroline Papin, 2015. Le bâtiment du nouveau musée sera aux environs des coordonnées .Encore un an avant l'ouverture de Narbo Via, où elles seront réunies avec les autres fonds archéologiques de la ville.
Architecture L'église, reconstruite au , est de style gothique méridional, plus précisément languedocien et catalan, caractérisé par une large nef unique, couverte d'une simple charpente soutenue par six arcs diaphragmes maçonnés, dont le premier comporte une rupture de courbe rare dans ce genre d'édifice, prenant appui sur des contreforts très saillants, entre lesquels s'ouvrent des chapelles latérales rectangulaires. Au-dessus circule une galerie, aménagée au , qui traverse les doubleaux et communique avec un triforium surmontant les chapelles du chœur. L'abside du chœur à sept pans est voûtée d'ogives qui retombent sur des consoles abondamment sculptées.
Une baie en plein cintre, sur le mur occidental, et le portail méridional semblent constituer les vestiges les plus anciens (fin ?). À l'extérieur, le flanc sud porte une tour pourvue d'une tourelle pentagonale. Le chevet, accolé aux remparts, était crénelé et pouvait participer à la défense du bourgYves Solier, Narbonne, monuments et musées..., pp. 113-114 ; Jean-Marie Pérouse de Montclos, Languedoc-Roussillon..., p. 368..
Références
Voir aussi Bibliographie
Histoire du bâtiment . . Jacques Thirion, « L'ancienne église de Lamourguier à Narbonne », dans Congrès archéologique de France. . Le Roussillon. 1954, Société française d'archéologie, Paris, 1955, Élie Griffe, Histoire religieuse des anciens pays de l'Aude, Éditions Auguste Picard, Paris, 1933, tome 1, Des origines chrétiennes à la fin de l'époque carolingienne, (lire en ligne) . Louis Serbat, « L'église de Lamourguier », dans Congrès archéologique de France. . À Carcassonne et Perpignan. 1906, Société française d'archéologie, Paris, 1907, (lire en ligne)
Commune de Narbonne 1871, la Commune à Paris et à Narbonne : exposition présentée aux Archives départementales de l'Aude du 22 novembre 2011 au 24 février 2012, sous la dir. de Sylvie Caucanas, Joëlle Laval et Claude-Marie Robion, Carcassonne, 2011 (en ligne). Marc César, Mars 1871 : La Commune révolutionnaire de Narbonne, Sète, 2008 (auteur de l'introduction au Colloque International : Regards sur la Commune de 1871 en France. Nouvelles approches et perspectives. Narbonne , Hôtel de Ville, 24-26 mars 2011).
Collection lapidaire Caroline Papin, « La collection lapidaire antique de Narbonne », dans Patrimoines du sud [revue numérique], Conseil régional de Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, 2015 (en ligne). Ambroise Lassalle et Caroline Papin, « Le Musée Régional de la Narbonne Antique (MuRéNA) : un nouveau lieu de valorisation du patrimoine », dans Patrimoines du sud [revue numérique], Conseil régional de Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, 2015 (en ligne). Léonce Berthomieu, « Notice sur le musée lapidaire de Lamourguié [sic] et son développement en 1875 », dans Bulletin de la Commission archéologique de Narbonne, 1876, p. 577-584 (en ligne).
Articles connexes
Épigraphie Archéologie Narbo Martius (ville romaine)
Liens externes
Fiche de visite du musée lapidaire, Ville de Narbonne (2015)
Narbonne Catégorie:Ordre de Saint-Benoît Lamourguier Catégorie:Musée archéologique en France Catégorie:Gothique méridional Catégorie:Monument historique à Narbonne Narbonne Lamourguier Narbonne Lamourguier Narbonne Lamourguier Catégorie:Monument historique classé en 1900 Catégorie:Musée lapidaire