(en anglais : ), né Albert Edward le à Londres au palais de Buckingham où il est mort le , est roi du Royaume-Uni et des dominions (Canada, Australie, Nouvelle-Zélande, Terre-Neuve) ainsi qu'empereur des Indes du jusqu'à sa mort.
Fils de la reine Victoria, Albert-Édouard resta l'héritier de la Couronne britannique et porta le titre de prince de Galles pendant près de . Durant le long règne de sa mère, il fut largement mis à l'écart des questions politiques et personnifia la riche élite aristocratique britannique.
L'époque édouardienne coïncida avec le début du et connut d'importants changements technologiques et sociaux. joua un rôle important dans la modernisation de la Home Fleet, la réforme des services médicaux militaires et la réorganisation de l'Armée de terre britannique après la seconde guerre des Boers. Il développa de bonnes relations entre le Royaume-Uni et les autres pays européens, en particulier la France, et reçut pour cela le surnom populaire de (« Pacificateur »).
Jeunesse et formation Naissance et éducation redresse|alt=Garçon en costume blanc de matelot sur une plage avec la mer à l'arrière-plan.|gauche|vignette|Le prince Albert de Galles et son frère le prince Alfred, par Franz Xaver Winterhalter, 1849. Albert-Édouard de Galles est né à le matin du au palais de Buckingham.. Il était le deuxième enfant et le premier fils de la reine Victoria et du prince Albert de Saxe-Cobourg-Gotha. Il fut baptisé Albert Edward en hommage à son père (dont sa mère était follement éprise) et à son grand-père maternel Édouard-Auguste de Kent dans la chapelle Saint-Georges du château de Windsor le . Il fut surnommé « Bertie » par sa famille tout au long de sa vie..
En tant que fils aîné du souverain britannique, il devint automatiquement duc de Rothesay et de Cornouailles à sa naissance. Il reçut des titres de prince de Saxe-Cobourg et Gotha et de duc de Saxe provenant de son père. La reine Victoria le fit prince de Galles et comte de Chester dès le . Il fut également fait comte de Dublin le , chevalier de la Jarretière pour son le et chevalier du Chardon le .. Son oncle n'ayant pas d'enfant, il renonça en 1863 à ses droits au trône de Saxe-Cobourg et Gotha en faveur de son frère cadet, le prince Alfred.. La reine Victoria et le prince Albert souhaitaient que leur fils aîné reçoive une éducation devant lui permettre de devenir un monarque constitutionnel exemplaire. À l'âge de sept ans, « Bertie » entama un programme d'éducation rigoureux conçu par le prince Albert avec plusieurs tuteurs. À la différence de sa sœur aînée, Victoria, Édouard n'excellait pas particulièrement dans ses études. Il essaya sans résultat de satisfaire les attentes de ses parents. Édouard n'était pas un étudiant très assidu mais il se rattrapait par son charme, sa sociabilité et son tact ; le Premier ministre britannique Benjamin Disraeli le décrivit comme averti, intelligent et bien élevé..
Après un voyage pédagogique à Rome dans les premiers mois de l', il passa l'été à étudier à l'université d'Édimbourg sous le tutorat, entre autres, de Lyon Playfair. En octobre, il s'inscrivit au collège de Christ Church de l'université d'Oxford.. Libéré du carcan éducatif de ses parents, il commença à apprécier les études pour la première fois et obtint son diplôme de manière satisfaisante..
Premiers voyages et études vignette|gauche|redresse|"Bertie", en 1862. vignette|gauche|redresse|Édouard portant l'uniforme du de hussards vers 1860.
En 1860, Édouard, âgé de , entreprit le premier voyage d'un héritier de la Couronne britannique en Amérique du Nord. Sa bonne humeur et sa bonhomie firent de cette visite un grand succès.. Il inaugura le pont Victoria de Montréal et posa la première pierre du Parlement canadien. Il assista à la traversée des chutes du Niagara par le funambule Charles Blondin et resta pendant trois jours à la Maison-Blanche avec le président James Buchanan ; ce dernier l'accompagna à Mount Vernon sur la tombe de George Washington. Édouard fut accueilli par de larges foules à chacun de ses déplacements. Il rencontra également les écrivains Henry Longfellow, Ralph Waldo Emerson et Oliver Wendell Holmes. Des prières pour la famille royale britannique furent lues dans la Trinity Church de New York pour la première fois depuis 1776. Le voyage de quatre mois au Canada et aux États-Unis renforça considérablement l'assurance d'Édouard et il apporta de nombreux gains diplomatiques au Royaume-Uni..
À son retour, Édouard espérait poursuivre une carrière dans l'Armée de terre britannique, mais cela fut refusé car il était l'héritier au trône. Ses grades militaires furent donc purement honorifiques. En 1861, Édouard entra au Trinity College de l'université de Cambridge. où il apprit l'histoire avec Charles Kingsley.. Édouard était passionné par ses cours et il obtint ses meilleurs résultats académiques avec lui.. En septembre de la même année, "Bertie" fut envoyé en Allemagne, prétendument pour assister à des manœuvres militaires, mais en réalité pour rencontrer la princesse Alexandra de Danemark, la fille aînée du prince Christian de Danemark et de la reine née Louise de Hesse-Cassel. La reine Victoria et le prince Albert avaient déjà décidé qu'Édouard et Alexandra devaient se marier. Ils se rencontrèrent à Spire le à l'instigation de sa sœur aînée, la princesse Victoria.. Cette dernière, suivant les instructions de sa mère, avait rencontré la princesse Alexandra à Neustrelitz en juin ; la jeune princesse danoise lui avait fait une très bonne impression. Édouard et Alexandra s'apprécièrent dès le premier rendez-vous, et les préparatifs du mariage commencèrent..
Le prince de Galles gagna à cette époque une réputation de séducteur qui ne le quitta plus. Déterminé à obtenir une expérience militaire, Édouard assista à des manœuvres militaires en Irlande et pour le déniaiser, ses collègues officiers dissimulèrent l'actrice irlandaise Nellie Clifden dans sa tente. Choqué par la nouvelle et malgré sa maladie, le prince Albert rendit visite à Édouard à Cambridge pour le réprimander. Albert succomba de la fièvre typhoïde en , deux semaines après la rencontre. La reine Victoria, inconsolable, porta des vêtements de deuil jusqu'à sa mort et blâma Édouard pour la mort de son père. Elle considérait avec appréhension son successeur qu'elle qualifiait de frivole, indiscret et irresponsable et écrivit à sa fille aînée, la Kronprinzessin Victoria : .
Mariage vignette|gauche|redresse|Édouard et Alexandra en 1862.
Une fois veuve, la reine Victoria se retira de la vie publique. Peu après la mort du prince Albert, elle organisa un coûteux voyage au Moyen-Orient pour Édouard qui visita l'Égypte, Jérusalem, Damas, Beyrouth et Constantinople.. À son retour, il se fiança le avec la princesse Alexandra au palais de Laeken en Belgique en présence de son grand-oncle. le roi des Belges . "Bertie" et Alexandra se marièrent dans la chapelle Saint-Georges le ; ils avaient respectivement 21 et . La reine Victoria était partagée sur l'opportunité de ce mariage étant donné le climat politique..
Le mariage de l'héritier du trône britannique fut critiqué dans certains cercles car la plupart des relations de la reine Victoria étaient allemandes, et le Danemark était à couteaux tirés avec la Confédération germanique au sujet des duchés de Schleswig et de Holstein. Lorsque le père d'Alexandra hérita du trône danois en , il voulut annexer les deux duchés dont une grande partie de la population était de langue allemande. La Prusse réagit immédiatement. Alliée à l'Autriche, elle déclara la guerre au Danemark qui succomba rapidement face à d'aussi puissants adversaires. La Prusse et l'Autriche se partagèrent les deux duchés.
La princesse de Galles et sa sœur Dagmar qui, entretemps, avait épousé le futur tsar , n'oublièrent pas l'humiliation que la Prusse avait imposée à leur petite patrie et transmirent leur germanophobie à leur entourage, notamment à leurs fils. Édouard et son épouse choisirent Marlborough House comme résidence londonienne et Sandringham House dans le comté de Norfolk comme maison de campagne. Après le mariage des jeunes gens, la reine s'inquiéta du mode de vie « extravagant » de son fils et de sa belle-fille et tenta de les influencer sur de nombreux sujets, jusqu'aux noms de leurs enfants.
Édouard eut des maîtresses tout au long de sa vie. Il fréquenta l'actrice Lillie Langtry, Lady Randolph Churchill (la mère de Winston ChurchillLes lettres rédigées par Édouard à Lady Randolph ne mais étaient (.), la mondaine Daisy Greville, Alice Keppel. À Paris, le prince de Galles fréquentait régulièrement la maison close de luxe Le Chabanais, l'actrice Sarah Bernhardt, Lady Susan Vane-Tempest, la chanteuse Hortense Schneider, la riche humanitaire . Les historiens présument que le futur eut au moins . mais son niveau d'implication dans ces relations est inconnu. Édouard faisait tout son possible pour être discret mais cela n'empêcha pas les ragots dans la haute société et les rumeurs médiatiques.. Il ne reconnut aucun enfant illégitime.. Il semble qu'Alexandra ait été au courant de la plupart de ses aventures et qu'elle ait fait le choix de les accepter..
En 1869, Charles Mordaunt, un député, menaça d'accuser Édouard d'adultère dans le cadre de son divorce d'avec son épouse Harriet. Il ne mit pas sa menace à exécution mais Édouard fut appelé en tant que témoin au début de l'. Il fut démontré qu'Édouard s'était rendu à la résidence de Charles pendant que ce dernier était à la chasse ou à la Chambre des communes. Même si aucune relation ne fut établie et qu'Édouard nia les accusations d'adultère, celles-ci se révélèrent dommageables..
En 1910, un aventurier installé à Brooklyn, John De Guelph, affirmait être le fils aîné d’Édouard, né en 1861 d'un prétendu mariage secret du prince avec une IrlandaiseExcelsior, , ..
Voyages et vie publique
Engagements officiels publics Durant le veuvage de la reine Victoria, Édouard développa le concept d'apparitions publiques royales comme elles existent aujourd'hui en inaugurant par exemple les digues de la Tamise en 1871, le tunnel de Mersey en 1886 et Tower Bridge en 1894.. De même, il emprunte le chemin de fer du Mont-Cenis en , alors la plus haute ligne ferroviaire jamais construite et dont la prouesse d'ingénierie lui fera dire : ... Sa mère ne lui permit cependant pas d'avoir un rôle actif dans la gestion du pays avant 1898... Il recevait des résumés des documents gouvernementaux importants mais elle refusait de lui donner accès aux originaux. Il embarrassa sa mère en prenant le parti du Danemark en 1864 dans la question du Schleswig-Holstein alors qu'elle était pro-allemande, et en rencontrant Giuseppe Garibaldi la même année.. Le Premier ministre libéral William Ewart Gladstone lui transmit néanmoins certains de ses documents.
Pendant les années 1870 vignette|redresse|alt=Édouard portant un haut-de-forme et fumant un cigare dans une pose presque arrogante|Édouard de Galles dans les . En 1870, le républicanisme britannique fut renforcé par la défaite de l'empereur lors de la guerre franco-allemande et l'instauration de la Troisième République en France.. La popularité d'Édouard et sa relation avec sa mère s'améliorèrent pendant l' lorsqu'il faillit mourir. Alors qu'il résidait à Londesborough Lodge près de Scarborough, Édouard contracta la fièvre typhoïde, la maladie qui aurait tué son père. Tout le pays s'inquiéta d'autant plus que l'un de ses invités, George Stanhope, en était mort. La convalescence d'Édouard fut accueillie par un soulagement presque universel et Arthur Sullivan composa le . Édouard cultivait son amitié avec des hommes politiques de tous les partis dont des républicains, et cela dissipa en grande partie tous les sentiments résiduels contre lui ; .. En 1886, le secrétaire d'État des Affaires étrangères, Archibald Primrose, lui transmit des dépêches du ministère et à partir de 1892, il reçut l'accès à certains documents du Cabinet.