Viroinval (en wallon : Virwinvå) est une commune francophone de Belgique située en Région wallonne dans la province de Namur. Elle se situe dans le parc national de l'Entre-Sambre-et-Meuse créé en 2022. L'Écosite de la vallée du Viroin est une des six entrées principales/points d'information du parc. Le centre administratif de la commune est situé dans le village de Nismes.
Toponymie Le terme « Viroinval » est une variante de « vallée du Viroin », la rivière la plus importante de la commune. Il ne désigne donc pas une localité particulière.
Géographie
Sections # Nom Superficie.(km) Habitants(2025) Habitantspar km Code INS 1 Olloy-sur-Viroin 17,41 884 51 93090A 2 Vierves-sur-Viroin 11,13 503 45 93090B 3 Treignes 17,56 543 31 93090C 4 Mazée 6,59 573 87 93090D 5 Le Mesnil 7,93 125 16 93090E 6 Oignies-en-Thiérache 26,18 802 31 93090F 7 Nismes 24,74 75 93090G 8 Dourbes 9,67 339 35 93090H
Communes limitrophes Viroinval est limitrophe des communes suivantes :
Démographie
Démographie : Commune fusionnée
En tenant compte des anciennes communes entraînées dans la fusion de communes de 1977, on peut dresser l'évolution suivante :
Les chiffres des années 1831 à 1970 tiennent compte des chiffres des anciennes communes fusionnées. Source: DGS , de 1831 à 1981=recensements population; à partir de 1990 = nombre d'habitants chaque 1 janvier>https://view.officeapps.live.com/op/view.aspx?src=https%3A%2F%2Fstatbel.fgov.be%2Fsites%2Fdefault%2Ffiles%2Ffiles%2Fdocuments%2Fbevolking%2F5.1%2520Structuur%2520van%2520de%2520bevolking%2FPopulation_par_commune.xlsx&wdOrigin=BROWSELINK
+ Évolution démographiqueAnnéePopulationÉvolution 1992=index 1001992100,01993100,91994101,11995102,21996102,31997101,71998101,61999100,82000101,12001101,52002101,62003101,92004101,42005101,52006102,22007103,42008103,22009103,12010103,62011103,82012104,52013103,72014104,22015104,52016104,42017103,52018103,12019101,82020101,52021102,12022102,62023101,42024101,62025101,02026100,3
Histoire
Préhistoire vignette|Parmi la faune présente sur le territoire de Viroinval, seuls le cerf élaphe et le sanglier sont encore les grands mammifères présents.
Ère Paléolithique L’occupation humaine la plus ancienne du sud de l’Entre-Sambre-et-Meuse remonte au Paléolithique moyen (100 000–35 000 av. n. è.), période durant laquelle la région est fréquentée par les Néandertaliens, chasseurs-cueilleurs nomades. Les vestiges sont rares et se limitent à quelques outils en silex issus de prospections de surface. Le seul site d’habitat identifié est le Trou de l’Abîme à Couvin, daté d’environ 45 000 ans.
Le Paléolithique supérieur (35 000–8 500 av. n. è.), marqué par l’arrivée de l’Homme moderne, est attesté dans la région du Viroin par des silex isolés et par les fouilles de la grotte Saint-Joseph à Nismes qui s'ouvre dans le flanc ouest de la Roche Trouée. Celle-ci a surtout servi de repaire à des carnivores (loup, renard polaire, ours des cavernes, hyène des cavernes) dont les restes témoignent d’une faune glaciaire comprenant notamment cheval, rhinocéros laineux, bison des steppes, renne, cerf géant (mégacéros), cerf élaphe et même un jeune mammouth.
Age Néolithique Vers 8 500 av. n. è., la fin de la dernière glaciation entraîne un réchauffement et la transition vers une forêt mixte. La faune froide disparaît au profit d’espèces tempérées comme des cerfs, des sangliers et des chevreuils, et les ressources forestières modifient les pratiques humaines. Le Mésolithique (8 500–4 500 av. n. è.) se caractérise par l’usage de l’arc, la miniaturisation de l’outillage lithique et une occupation diffuse, représentée par de nombreux sites de surface, surtout sur la Calestienne.
La transition climatique qui marque la fin de la dernière glaciation favorise, au Proche-Orient, l’émergence de nouvelles pratiques économiques fondées sur l’agriculture et l’élevage, innovations qui définissent le Néolithique. Dans la région du Viroin et ses abords, la période la mieux représentée est le Néolithique final (env. 3000–2000 av. J.-C.). Les prospections de surface y révèlent un matériel abondant, notamment des pointes de flèches et de nombreux fragments de haches polies, témoignant d’une occupation structurée et durable. vignette|La Roche à l'Homme. Les fouilles ont également mis au jour plusieurs sépultures en grotte, individuelles ou collectives. Parmi les sites les plus significatifs figurent:
la grotte de la Roche Percée, au sud du massif de la Roche Trouée ; le Trou des Blaireaux à Dourbes, sur le flanc oriental du Tienne aux Tassons, près du château de Haute-Roche.
Au cours de la période comprise entre 3000 et 1700 avant notre ère, la région de la Meuse se caractérise par une présence néolithique abondamment attestée, notamment par la découverte, dans de nombreux champs et zones cultivées, de silex taillés provenant du centre minier de Spiennes, retrouvés sur des sites tels que Mousty, la Roche Trouée, les Abanets, le Tienne aux Pauquis, la Roche à Lomme ou encore la Roche aux Faucons, témoignant d’un réseau d’échanges étendu et d’une circulation régulière de matériaux lithiques de haute qualité. vignette|La Montagne aux Buis à Nismes. Les collections du musée de Nismes (aujourd'hui disparut) conservaient plusieurs fragments de céramique rubanée, illustrant l’implantation de traditions techniques propres aux premières communautés agricoles. À ces éléments s’ajoute la mise au jour, dès 1885, d’une sépulture installée dans la caverne sud‑ouest au pied de la Roche Trouée, où furent exhumées une hache en chloromélanite, des dents humaines ainsi que divers ossements, confirmant l’usage funéraire de certaines cavités naturelles.
La région conserve également plusieurs marchets tumulus de pierres caractéristiques du Franc Bois ainsi que des indices d’occupation dans les secteurs des Roches, de Petigny, de l’Adugeoir ou encore de Dourbes, qui témoignent d’une fréquentation diffuse mais continue des reliefs calcaires. Les fouilles de la caverne du Chaffour Saint‑Joseph ont livré, en 1955, des fragments de poterie, une dent de cerf et des restes de céréales, révélant un environnement où pratiques agricoles, chasse et collecte coexistaient au sein d’un même système économique.
Occupation protohistorique du Viroin (1800–1000 av. J.-C.) La région du Viroin présente une quasi‑absence de vestiges pour le Bronze ancien et moyen. Le Bronze récent n’est attesté que par quelques découvertes isolées:
inhumation sous marchet à la Terre de David (Olloy‑sur‑Viroin), pointes de flèche en silex et hache armoricaine trouvées à Nismes, sépulture du Trou du Frère Jacques (Dourbes), pointe de flèche en bronze issue du rempart d’Olloy (1979).
Le marchet de la Terre de David, haut d’environ , recouvrait la tombe d’une jeune femme accompagnée d’un vase, de deux pointes de flèche et d’une pierre à aiguiser.
Fortification protohistorique d’Olloy‑sur‑Viroin La fortification occupe l’éperon calcaire du Plateau des Cinques (), défendu par deux remparts et des fossés. Le matériel retrouvé couvre le Néolithique, le Bronze ancien et surtout l’Âge du Fer. Une première occupation pourrait relever du Premier Âge du Fer, suivie d’une seconde phase entre 210 av. J.-C. et le début de notre ère. Avec Lompret, Presgaux et Couvin, le site formait probablement la ligne défensive méridionale du territoire des Aduatuques.
Antiquité
Époque gallo‑romaine La romanisation ne devient effective qu’au IIe siècle, mais les vestiges sont nombreux:
villae de Nismes et Treignes, cimetières à Nismes, Olloy et Treignes, fortifications de Nismes (Roche Sainte‑Anne), Dourbes (Roche à Lomme) et Treignes (Matignolle).
vignette|Site de la villa des Bruyères à Treignes. Cette densité reflète une prospérité régionale liée aux ressources de la bande calcaire (sols limoneux, calcaire, limonite, galène) et à la proximité de la Meuse, axe majeur de transport.
La villa des Bruyères (Treignes) Exploitée du , elle couvrait plus de . Les fouilles (1980–1999) ont révélé une demeure dotée d’un complexe thermal (caldarium, tepidarium, frigidarium), d’une cave en calcaire et travertin, et d’un système d’égouttage complet. Le site, restauré dès 1994, est aujourd’hui accessible librement.
Moyen Âge
Crises du et transition vers le Haut Moyen Âge vignette|Le château de Hauteroche à Dourbes. L’abandon progressif des villae, la construction de refuges et la multiplication des trésors monétaires reflètent l’instabilité militaire et les invasions germaniques. Aux , la société gallo‑romaine se germanise, notamment via l’installation de colons chargés de défendre les frontières. La transition vers le Haut Moyen Âge s’effectue dans une relative continuité, perceptible au Mont Vireux et dans les nécropoles associées, ainsi qu’au cimetière mérovingien de Dourbes.
Le château de Haute Roche (Dourbes) Construit probablement au , le château occupe un pic rocheux dominant la vallée du Viroin. Il comprend un donjon carré, des structures d’habitat (cave voûtée, citerne, pièce avec âtre) et un système défensif adapté aux premières armes à feu (tourelles pleines, portail à pont‑levis). Possession des Princes de Ligne, il est détruit en 1555 lors du siège de Mariembourg.
Temps modernes
Époque contemporaine
En 1977, Dourbes, Nismes, Treignes, Olloy-sur-Viroin, Le Mesnil, Mazée et Oignies ont fusionné pour former la nouvelle entité appelée Viroinval.
Héraldique
Politique et administration
Conseil et collège communal 2024-2030 Collège communal Bourgmestre Jean-Marc Delizée PS - Pour l'Avenir 1er Échevin Jacques Monty PS - Pour l'Avenir 2e Échevine Emilie Malosto PS - Pour l'Avenir 3e Échevine Morgane Lange PS - Pour l'Avenir 4e Échevin Karim Fattah PS - Pour l'Avenir Président du CPAS Alain Bouko PS - Pour l'Avenir
Liste des bourgmestres de 1977 à aujourd'hui
Albert Gregoire, de 1977 à 1978 (PSB). Fernande Perlaux, de 1978 à 1982. Roger Delizée, de 1983 à 1986, (PS). Michel Jamme, de 1986 à 1994. Michel Lebrun, de 1995 à 2000 (PSC). Jean-Pol Colin, en fonction de 1995 à 1999. Jean-Marc Delizée, de 2001 à 2004 (PS). Freddy Cabaraux de 2004 à 2006. Bruno Buchet, de 2006 à 2014. Jean-Marc Delizée, faisant fonction, de 2014 à 2018 (PS). Baudouin Schellen, de 2019 à 2024 (Les Engagés). Jean-Marc Delizée, de 2024 à aujourd'hui (PS).
Patrimoine et culture
Lieux et monuments Églises vignette|L'Eau Noire et l'église Saint-Lambert de Nismes.L'église Saint-Servais de Dourbes, construite essentiellement aux . L'église Saint-Rémy d'Oignies-en-Thiérache. Reconstruit en 1842 et 1843 par l’architecte Blampain de Namur, cet édifice est de style néoclassique. L’église Saint-Martin du Mesnil, un édifice de style néo-roman, a été construite en 1868 par l’architecte Glibert. L’église Saint-Lambert de Nismes, édifice construit en 1829 par l’architecte Jean Kuypers et partiellement reconstruite en 1845. L’église, réemploie le mobilier de l’ancien édifice et se distingue par son volume ample et lumineux, adapté à la croissance du village alors porté par l’essor de l’industrie du fer. Les travaux furent confiés à l’entrepreneur Henri Boine (Charleroi), assisté des maçons Lambert Legrand et Pierre Bouko (Nismes). Une partie des murs en briques s’effondra en 1829, entraînant une reconstruction en pierre locale provenant des carrières du Fourneau et de Jean Danis, sur le versant des Abannets. L’église fut consacrée le par Nicolas‑Joseph Dehesselle, évêque de Namur.