Rohan est une commune française située dans le département du Morbihan, en région Bretagne.
Géographie
Localisation
La commune de Rohan est située dans le nord du Morbihan à la limite avec le département des Côtes-d'Armor. Le bourg de Rohan se trouve à vol d'oiseau à au sud de Loudéac, à à l'est de Pontivy et à au nord-ouest de Josselin. Le bourg est situé sur la rive droite de l'Oust. La commune s'étend de part et d'autre de ce cours d'eau. Elle a absorbé en 1974 les communes voisines de Saint-Gouvry et Saint-Samson, dont les territoires étaient situés pour l'une sur la rive droite et pour l'autre sur la rive gauche de l'OustRohan sur le site France, le trésor des régions, Roger Brunet. vignette|left|Carte de la commune de Rohan et des communes avoisinantes.
Description Avant l'absorption en 1974 de Saint-Gouvry et Saint-Samson, la commune de Rohan était de toute petite superficie. L'abbé Pierre-Henry Martin la décrit en ces termes en 1926 :
Cadre géologique
vignette|gauche|Carte géologique de la région de Rohan. La région de Rohan est située dans le domaine centre armoricain, unité géologique du Massif armoricain qui est le résultat de trois chaînes de montagnes successives. Le site géologique de Rohan se situe plus précisément à l'ouest du massif granitique de Plémet-Ménéac, et à l'est du Pluton de Pontivy qui est un témoin de la tectonique tangentielle hercynienne, avec le cisaillement sud-armoricain (grand décrochement dont le rejet horizontal atteindrait .).
Rohan est située dans un vaste bassin sédimentaire au relief peu marqué et aux sols riches. Dans ce bassin briovérien, les sédiments issus de l'érosion du segment occidental la chaîne cadomienne se sont accumulés sur plus de d'épaisseur.. Les roches rencontrées dans cette cuvette sont des schistes, des siltites et des grès recoupées par des roches intrusives sous forme de filons de quartz qui empruntent deux grandes directions (population où les épontes sont parallèles à la schistosité du Briovérien, généralement de N80 à N120 et population sécante sur la schistosité, semblant liée à un grand accident orienté N50 à N80).. Le territoire rohannais correspond à l'un des plus vastes affleurements de schiste briovérien (anciennes carrièresCarrière de Brocheboeuf à Trévé, carrières de la Haute Ville de Rohan., bords de route, rivières escarpées) qui, comparés à ceux du bassin de Rennes, se caractérisent par une roche plus dure et moins décomposée, laquelle assure depuis longtemps un habitat rural traditionnel où prédomine les maisons de pierre sur celles de terre. Relief et hydrographie
La ville est située sur les bords de l'Oust et du canal de Nantes à Brest (qui se confondent sur une partie de leur parcours), en amont de Josselin, au cœur du plateau de Rohan (c'est une appellation discutable car la topographie est marquée par des collines désordonnées où ne se discerne aucune direction nette, et non par une surface plane), topographie en pente vers le sud.. Ce plateau de Rohan, selon Charles Barrois, qui s'étend de la baie de Douarnenez à la Sarthe est .
Réseau hydrographique
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le canal de Nantes à Brest, l'Oust, le Lahron, le Larhon, l'Estuer et divers autres petits cours d'eau.. vignette|Canal de Nantes à Brest : l'écluse de Rohan (photographie de 1883). Le canal de Nantes à Brest est un canal, chenal et un estuaire et un cours d'eau naturel navigable sur une grande partie de son cours, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Nort-sur-Erdre et se jette dans la Loire à Nantes.
L'Oust, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de La Harmoye et se jette dans la Vilaine à Rieux, après avoir traversé ..
Le Larhon, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de La Motte et se jette dans le canal de Nantes à Brest sur la commune, après avoir traversé ..
vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de RohanLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.. Un plan d'eau complète le réseau hydrographique : l'étang du Quengo, d'une superficie totale de ( sur la commune)..
Paysage et habitat
La commune appartient à une unité paysagère appelée plateau de Pontivy-Loudéac qui montre des étendues cultivées (cultures céréalières et fourragères) associées à peu de bocage, à l'état résiduel, avec une végétation s'exprimant le plus souvent sous forme de forêts, boisements ou bosquets.. La « plaine » de Pontivy est en effet constituée de paysages monotones qui portent, selon le géographe Pierre-Yves Le RhunPierre-Yves Le Rhun, Géographie économique de la Bretagne, Ed. Breiz, 1973, la marque d'une spéculation prédominante qui a éliminé la polyculture vivrière et l'élevage au profit d'une .
Transports vignette|left|Le canal de Nantes à Brest en 1865 à Rohan (Morbihan) ; dessin de Félix Benoist. vignette|Rohan : le quai Notre-Dame (Canal de Nantes à Brest). Par voie routière, Rohan est desservi par la D 2 (qui vient côté ouest de Pontivy et se poursuit vers l'est jusqu'à Bréhan et la limite départementale avec les Côtes-d'Armor), par la D 11 (qui vient côté sud de Saint-Jean-Brévelay via Réguiny et Crédin et dessert côté nord Saint-Samsdon et au-delà, dans les Côtes-d'Armor, sous le nom de D 41, Saint-Maudan et Loudéac), par la D 17 (qui côté sud vient de Locminé via Évellys et côté nord jusqu'à la limite départementale des Côtes-d'Armor et, au-delà, La Chèze).
Rohan est traversé par l'Oust canalisé (Canal de Nantes à Brest).
Rohan n'a jamais bénéficié d'une desserte ferroviaire.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Csb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais et sec.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Bignan à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .
Urbanisme Typologie Au , Rohan est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Loudéac, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
Occupation des sols vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Le tableau ci-dessous présente l' occupation des sols de la commune en 2018, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC).
+Occupation des sols en 2018 Type d'occupation Pourcentage Superficie (en hectares)Tissu urbain discontinu4,8 %112Zones industrielles ou commerciales et installations publiques1,9 %45Terres arables hors périmètres d'irrigation65,6 %1538Prairies et autres surfaces toujours en herbe15,2 %356Systèmes culturaux et parcellaires complexes10,4 %244Surfaces essentiellement agricoles interrompues par des espaces naturels importants2,0 %48Source : Corine Land Cover.
Toponymie Rohan
Le nom de la localité est attesté sous les formes Rohan au XIe siècle et en 1127, Castrum Rohan en 1128, Castrum de Rohan en 1128, Rocan en 1264, Rochan en 1265 et 1266, Roan en 1298, Rochan en 1322 et en 1327, Rohan en 1330, Rochan en 1333, Rohen en 1340, Roham en 1377, Rohen en 1384, Rohan en 1387, Rochan en 1408, Rohan en 1453, Rochan en 1505, Rohan en 1505, Rohan en 1516, Rohan ou Rochan en 1636.
Le nom Rohan dérive du breton (« petit rocher »), forme diminutive dérivée de , « rocher », terme désignant aussi une hauteur rocheuse, voire un château ou une forteresse.. Cet oronyme a donné son nom à plus de de toute la Bretagne, avec une densité assez faible près de la côte sud, contrairement à la côte nord, ce qui traduit la géologie du Massif armoricain.. Ce toponyme en Bretagne centrale fait référence à un nom de lieu sur le site de Castel-Noec (aujourd'hui CastennecLe site porte le nom de Castellum Noïec ou Castrum Noici, Châteaunoix, Château-Nu, Castel-Noez ou Castel-Noec, devenu plus tard Castennec. Cf .) en Bieuzy, où le méandre du Blavet isole un promontoire réduit à un éperon escarpé de de longLa vallée sur ce site est marquée par une asymétrie de son profil latéral : reliefs granitiques escarpés sur la rive droite avec une auréole de métamorphisme de contact (micaschistes à biotites) au sein du massif granitique (ce qui donne des altitudes supérieures à 150 m NGF), relative uniformité des terrains schisteux du briovérien sur la rive gauche. Les cycles d'érosion successifs dans les micaschistes tendres ont isolé le méandre en un éperon dont la partie médiane, très étroite (dénivelé de , largeur inférieure à ), sépare l'entrée de l'éperon (Castennec), au nord, de la boucle du Blavet, au sud (la Couarde). À l'est, sur la rive gauche (Saint-Nicolas-des-Eaux, commune de Pluméliau), le relief moins encaissé a contribué à pérenniser un site de gué qui est resté, jusqu'au haut Moyen Âge, le principal point de franchissement du fleuve, avant l'essor de Pontivy, une dizaine de km au nord. Cf .. Le gué de Castennec était contrôlé par un important éperon fluvial, occupé dès la Préhistoire. Situé à mi-chemin entre deux capitales de cité, Darioritum (Vannes) et Vorgium (Carhaix), il est alors le principal point de passage. Bénéficiant de cette situation privilégiée, il a alors connu une permanence de l'habitat depuis le second âge du Fer jusqu'à la période médiévale.. Alain, vicomte de CastelNoec profite de cette position de défense naturelle pour édifier entre 1120 et 1128 un château (forteresse attestée sous le nom de Castrum Rohan en 1128)Dans les archives du prieuré de Saint Martin en Josselin qui évoque le château de Rohan.. Alain prend dès lors le nom de Rohan et devient Alain de Rohan, mais son installation est provisoire et le centre de son pouvoir seigneurial est vite déplacé à Rohan où il édifie un second château en 1127 et donne son nom au bourg..