thumb|Le continent hyperboréen sur une carte de Gérard Mercator datant de 1595.

Les Hyperboréens (en grec ancien ) sont un peuple mythique de l'Antiquité. Au sens étymologique, ce sont ceux qui vivent (le vent du nord).

Les premières mentions des Hyperboréens se trouvent au dans Les Épigones et chez Hésiode (150.21 [édition ?])W. Burkert, Lore and Science in Ancient Pythagoreanism, Harvard University Press, 1972, .. AlcéeFragment 307 ; fragment 2 Bergk. mentionne les cygnes sacrés qui transportèrent Apollon, après sa naissance, de Délos jusqu’au pays des Hyperboréens, et qui, au bout d’un an, le ramenèrent à Delphes. Les Grecs ont associé Hyperboréens et Borée, IV, 36 ; , II, 47, 7.. Mais il serait vain de vouloir localiser le pays des Hyperboréens, qui représentait pour les Grecs une sorte de paradis lointain et mal défini, le séjour des Bienheureux. Certains auteurs, comme Pausanias le Périégète, expliquent qu'ils sont en contact avec les Arimaspes, autre peuple légendaire. Vers 470 av. J.-C. un culte nouveau fut dédié au dieu Apollon Hyperborée, à Métaponte en Italie, comme le montrent une monnaie S. P. Noe, The Coinage of Metapontum, t. II, New York, 1931, ss. et le témoignage d'HérodoteHérodote, IV, 15..

Le premier à étudier les Hyperboréens est Johann Matthias Gesner, en 1759Johann Matthias Gesner, Prolegomena Orphica (1759), .. En 1822, l'ouvrage majeur d'Antoine Fabre d'Olivet, Histoire philosophique du genre humain, est publié. Il comprend un chapitre où est étudiée la localisation de ce mystérieux continent. Vers 1890, le célèbre historien des religions Erwin Rohde remarque le lien entre les personnages d'Abaris et d'Aristée de Proconnèse d'un côté, les Hyperboréens de l'autreErwin Rohde, Psyché. Le culte de l'âme chez les Grecs et leur croyance en l'immortalité. Psyche. Seelencult und Unsterblichkeitsglaube der Grieschen ( éd. 1897), trad., Payot, 1953.. Puis Karl Meuli, partant des relations entre Grecs et Scythes, et du personnage d'Abaris le Scythe, interprète comme du chamanisme le courant représenté par ces personnages assez magiquesK. Meuli, « Scythica », Hermès, 70, 1935, sq..

Helena Blavatsky les décrit, ainsi que le continent d'Hyperborée, dans La Doctrine SecrèteHelena Blavatsky, La Doctrine Secrète, 1888, Tome 3, Anthropogénèse version pdf.

Les Hyperboréens dans la mythologie Les Hyperboréens sont présentés, depuis Aristée de Proconnèse, vers , comme un peuple qui habite aux confins septentrionaux du monde habité. Leur terre, appelée Hyperborée, est comme parfaite, avec le soleil qui y brille constamment.

Hérodote De grandes quantités d'or se trouvent en Hyperborée, gardées par les griffons, selon le témoignage d’Hérodote, dans Enquête (vers les années 440 ) : Puis :Pierre-Henri Larcher, dans les notes de sa traduction, fait remarquer que le poème les Épigones est très ancien, bien que, d'après toutes les apparences, Homère n'en soit pas l'auteur. Et, si les Hyperboréens désignent étymologiquement ce qui suit au delà de Borée, les Hypernotiens concernent ceux qui sont au delà du sud.

Pindare Pindare () fait une belle évocation des Hyperboréens et de leur pays dans plusieurs de ses odes. Dans ses Pythiques : Dans ses Olympiques :Jean Aloys Perrault-Maynand, dans une note de sa traduction de ce texte, souligne que les Grecs nommaient "Hyperboréens" tous les peuples septentrionaux par rapport à eux, tant de l'Europe que de l'Asie. Cela comprend la Scythie, la Tartarie européenne et asiatique, les monts Riphées, le pays des Abiens qu'Homère qualifie des plus justes des hommes, pays alors couverts de forêts. Il souligne aussi que Gérard Vossius établit savamment que la région qu'ils habitent doit être située dans l'occident méridional, par exemple en Portugal, où la douceur du climat favorise la culture de l'olivier. Cela n'a pas empêché Christian Gottlob Heyne d'accuser Pindare d'une grossière ignorance.

Callimaque de Cyrène Callimaque de Cyrène a écrit plusieurs hymnes dans lesquels il mentionne les Hyperboréens :Puis :

Diodore de Sicile Selon Diodore de Sicile, dans sa Bibliothèque historique (), Apollon passe son hiver aux côtés des Hyperboréens, sa mère, Léto, est d'ailleurs née en Hyperborée. Thésée et Persée sont censés avoir visité les Hyperboréens.

Hécatée d'Abdère, historien et philosophe sceptique, établit un lien entre les Hyperboréens et la Lune, II, 47, 5..

Pline l'Ancien Pline l'Ancien évoque ce peuple au livre IV de son Histoire naturelle :

.

Pseudo-Apollodore Pseudo-Apollodore, dans sa Bibliothèque (), évoque brièvement Opis, une :

Pausanias le Périégète Pausanias le Périégète, dans le premier livre de sa Description de la Grèce (), évoque les Hyperboréens :

Les Hyperboréens dans la philosophie, religion ou magie

Pour Apollonios Dyscole (vers 130), « À Épiménide, Aristée, Hermotime, Abaris et Phérécyde a succédé Pythagore (…) qui ne voulut jamais renoncer à l'art de faiseur de miracles »Apollonios Dyscole, Histoires merveilleuses, 6.. Nicomaque de Gérase (vers 180) a sa liste : « Marchant sur les traces de Pythagore, Empédocle d'Agrigente, Épiménide le Crétois et Abaris l'Hyperboréen accomplirent souvent des miracles semblables. » Clément d'Alexandrie met ensemble Pythagore, Abaris, Aristée, Épiménide, Zoroastre, Empédocle et Phormio, I, 133.. Pline l'Ancien groupe Hermotime, Aristée, Épiménide, Empédocle, VII, 174.. Walter Burkert énumère comme « faiseurs de miracles » : Aristée, Abaris, Épiménide, Hermotime, Phormio, Léonymos, Stésichore, Empédocle, Zalmoxis Walter Burkert, Lore and Science in Ancient Pythagoreanism, Harvard University Press, 1972, 147-158..

Ces personnages sont à la fois des chamans et des penseurs ou même des philosophes. Le premier à noter l'aspect chamanique fut Karl MeuliK. Meuli, « Scythica », dans Hermès 70, 1935, 137 et suiv. = Gesammelte Schriften, Bâle, Schwabe, 1975, II, 163 et suiv., suivi par Alföldi et E. R. DoddsE. R. Dodds, Les Grecs et l'irrationnel, 1951 (trad. 1965), Flammarion, coll. « Champs ».. Avec Abaris et Aristée, voici, dit Giorgio Colli, Giorgio Colli, La sagesse grecque (1977-1978), trad., Éditions de l'Éclat, t. I : Dionysos. Apollon. Éleusis. Musée. Hyperboréens. Énigme, 1990, , 427 ; t. II : Épiménide. Phérécyde. Thalès. Anaximandre. Anaximène. Onomacrite, 1991, , 264, 19. Aristote classe Phérécyde de Syros et quelques autres comme proches des MagesAristote, Métaphysique, 1091 b 10.. Phormio, blessé dans une bataille, fut guéri en allant - sans doute par un voyage chamanique, une transe - à Sparte, chez les Dioscures Castor et Pollux, souvent liés à Apollon et immortels.

Selon Élien, vers 530 av. J.-C., « Et voici un des enseignements oraux : “Qui es-tu, Pythagore ?” Ils [les Pythagoriciens] disent, en effet, qu'il était Apollon Hyperboréen. Ils en donnent la preuve suivante : Pythagore, en se relevant au cours des jeux, laissa voir sa cuisse d'or ; et aussi qu'il régalait Abaris l'Hyperboréen, et qu'il lui ravit la flèche, par laquelle il était guidéJamblique, Vie de Pythagore, § 141. ». La cuisse d'or serait peut-être, selon Jean-François Mattéi, une allusion au disque ailé d'Atoum-Râ, en feuilles d'or, appliqué sur sa cuisse par les prêtres égyptiens de Thèbes d'Égypte.

Empédocle (vers 460 av. J.-C.) pouvait, dit-on, « retenir le vent », détourner la peste, délivrer les terres de la stérilité, guérir par la musique ; il était végétarien comme Pythagore. Ce sont autant de pouvoirs magiques de type hyperboréen.

Dans L'Antéchrist, Nietzsche mentionne les Hyperboréens, symboles de la richesse et du bonheur, dépassant les contradictions de l'humanité, ses pseudo-valeurs et sa décadence : « Regardons-nous en face. Nous sommes des hyperboréens, — nous savons assez combien nous vivons à l’écart. “Ni par terre, ni par mer, tu ne trouveras le chemin qui mène chez les Hyperboréens” : Pindare l’a déjà dit de nous. Par delà le Nord, les glaces et la mort — notre vie, notre bonheur… Nous avons découvert le bonheur, nous en savons le chemin, nous avons trouvé l’issue à travers des milliers d’années de labyrinthe. Qui donc d’autre l’aurait trouvé ? — L’homme moderne peut-être ? — « Je ne sais ni entrer ni sortir ; je suis tout ce qui ne sait ni entrer ni sortir » — soupire l’homme moderne… Nous sommes malades de cette modernité. »

Les Hyperboréens dans la Doctrine secrète Helena Blavatsky, fondatrice de la Société théosophique en 1875, a tracé en 1888 une histoire occulte de l'Humanité, qui n'a rien à voir avec l'évolution tracée par l'archéologie. Elle décrit dans la Doctrine secrète l'évolution de sept races-racines sur différentes parties du globe. La deuxième serait les Hyperboréens :

Annie Besant, qui succéda à Helena Blavatsky, développe, en refusant de donner des dates :

Hyperborée dans les œuvres de fiction Le cycle de Conan le barbare (1932), de Robert E. Howard présente l'Hyperborée comme une terre lointaine nordique, habitée par des barbares aux cheveux blonds, au nord et à l'est de la Cimmérie natale de Conan.

Inspiré par Howard, Lovecraft a utilisé ce nom dans sa mythologie pour sa version de l'Atlantide.

Le est le nom d'un recueil de nouvelles de l'écrivain Clark Ashton Smith, publiées entre 1931 et 1958Lire en ligne.

L'écrivain serbe Miloš Crnjanski publie en 1966 le roman Chez les Hyperboréens.

« Hyperborée » est le titre du troisième chapitre du roman de Michel Tournier Le Roi des Aulnes (1970).

Dans le film Sinbad et l'Œil du tigre (1977), le héros et ses compagnons se rendent en Hyperborée, pour aider le jeune prince héritier de Bagdad qui a été transformé en singe par une malédiction.

Dans Némédia, le jeu de rôle chimérique celtique, l'Hyperborée est le royaume lointain des démons Formoirés, à mi-chemin entre la terre des humains et le sidhe où résident les dieux Tuatha Dé Danann.

Dans le jeu vidéo d'aventure Indiana Jones and the Fate of Atlantis, de LucasArts, l'archéologue . Bjorn Heimdall dit au joueur qu'il croit que l'Hyperborée était l'Islande.

Dans le jeu vidéo Rome Total War, Hyperborea est une communauté rebelle, habitée par des guerrières amazones, près des actuels pays baltes.

Il est également question des Hyperboréens dans la bande dessinée de la série Bob Morane : Opération Chevalier noir, de Henri Vernes et William Vance. Dans cet épisode, les deux héros tentent de venir en aide à une civilisation en voie de disparition et très évoluée technologiquement : les Hyperboréens. Pareillement, la bande dessinée Hellboy et son spin-off B.P.R.D font souvent allusion à l'Hyperborée dans sa genèse et son déroulement, comme la base de notre monde et l'origine de nombre des protagonistes fantastiques.

Dans la bande dessinée Donjon Parade, les guerriers invincibles au centre de l'histoire du tome 5 portent le nom d'Hyperboréens.

Dans le roman Percy Jackson et le Dernier Olympien, de Rick Riordan, les Hyperboréens combattent les Sangs-Mêlés dans l'armée du Titan Cronos lors de la bataille de Manhattan.

La bande dessinée Hyperborea, l'ire des dieux., d'Abdelkader Lhakkouri et Carlos Valdeira, met également en scène les habitants de l'Hyperborée, des êtres semi-divins, partagés quant à leur place sur Terre.

La bande dessinée Adrastée de Mathieu Bablet raconte l'histoire d'un ancien roi hyperboréen, qui après avoir passé 1000 années sur son trône à méditer sur sa condition d'immortel, part en quête de réponses vers le mont Olympe.

Bibliographie Sources sur les Hyperboréens en mythologie (I, 4, 4 ; II, 5). (XLVII). (IV, 13 et 32–36). (I, 4, 4 ; I, 31 ; V, 7 ; X, 5). Antoine Diogène, Les merveilles d'au-delà de Thulé . Jamblique, Vie de Pythagore, § 138. , 605 c.

Fragments grecs G. Colli, La sagesse grecque (1977-1978), t. 1, 1990 : Dionysos, Apollon, Éleusis, Orphée, Musée, Hyperboréens, Énigme, L'Éclat, (Aristée) et t. 2, 1991, : Épiménide, Phérécyde, Thalès, Anaximandre, Onomacrite, .