Les élections européennes de 1979 en Italie () se tiennent le , afin d'élire les européens italiens de la du Parlement européen.

Organisé une semaine après les élections générales anticipées, le scrutin confirme la domination de la Démocratie chrétienne (DC) sur la scène politique italienne puisqu'elle capte plus d'un tiers des voix. Le Parti communiste italien (PCI) est ainsi devancé de sept points. Tous pays confondus, la DC remporte le plus grand nombre de voix. Du fait du vote obligatoire, le taux de participation dépasse les 85 %, soit de plus que la moyenne européenne.

Trois Italiens postulent sans succès au poste de président du Parlement européen, dont Giorgio Amendola qui devient président du groupe communiste et apparentés.

Contexte L'Italie est membre fondateur de la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA) en , de la Communauté économique européenne (CEE) et de la Communauté européenne de l'énergie atomique (Euratom) en . Le démocrate-chrétien Alcide De Gasperi et le communiste Altiero Spinelli sont considérés comme faisant partie des .

Au sein de la Commission Jenkins, formée en , le démocrate-chrétien Lorenzo Natali est vice-président, commissaire à l'Environnement et à l'Élargissement, tandis que le socialiste Antonio Giolitti est commissaire à la Politique régionale.

Lors des élections générales anticipées des et , la Démocratie chrétienne (DC) se maintient comme la première force politique italienne avec de 38 % des voix dans chaque chambre du Parlement. Principal parti d'opposition, le Parti communiste italien (PCI) subit pour sa part un échec : il recule de quatre points à la Chambre des députés et deux points au Sénat de la République.

La troisième place du jeu politique revient une nouvelle fois au Parti socialiste italien (PSI), qui échoue à franchir le seuil des 10 % à la Chambre mais gagne un total de huit parlementaires, lui permettant de compter à nouveau plus de sur les 945 du Parlement. Il devance ainsi nettement le Mouvement social italien – Droite nationale (MSI-DN), qui obtient plus de 5 % des suffrages exprimés.

Avec 3,8 % à la chambre basse et 4,2 % à la chambre haute, le Parti social-démocrate italien (PSDI) est accroché par le Parti radical (PR). Le mouvement anticlérical et libertaire de Marco Pannella réunit 3,5 % à la Chambre des députés et 1,3 % au Sénat de la République, où il fait son entrée. Il devance ainsi le Parti républicain italien (PRI), qui totalise 3 % des voix à la Chambre et 3,4 % au Sénat.

Mode de scrutin Les députés européens sont élus au scrutin proportionnel plurinominal pour un mandat de cinq ans.

Le territoire italien est divisé en , correspondant aux groupes de régions de l'ISTAT. Il n'y a pas de seuil électoral.

Le jour du vote, chaque électeur choisit dans sa circonscription une liste de candidats, et peut émettre jusqu'à trois votes de préférence. À l'issue du scrutin, les sièges sont répartis au niveau national à la proportionnelle de Hare. Les sièges attribués à chaque parti sont ensuite distribués dans les circonscriptions et accordés en priorité aux candidats ayant reçu le plus grand nombre de voix préférentielles.

Les candidatures représentant des minorités linguistiques (présentes en Val d'Aoste, Trentin-Haut-Adige et Frioul-Vénétie Julienne) ont la possibilité de se rattacher à une liste nationale. Dans ce cas, les votes obtenus par les minorités s'ajoutent à ceux de la liste de rattachement, et un siège est attribué à tout candidat linguistique dont la candidature rassemble au moins .

N° Nom Régions Électeurs Sièges Carte 1 Italie nord-occidentale Vallée d'Aoste, Piémont, Lombardie, Ligurie 25 250px|alt=Circonscriptions en Italie pour les élections européennes 2 Italie nord-orientale Frioul-Vénétie Julienne, Vénétie, Trentin-Haut-Adige, Émilie-Romagne 17 3 Italie centrale Toscane, Marches, Latium, Ombrie 17 4 Italie méridionale Abruzzes, Molise, Campanie, Basilicate, Pouilles, Calabre 15 5 Italie insulaire Sicile, Sardaigne 7

Campagne Principales forces politiques Parti Groupe Idéologie Secrétaire Démocratie chrétienne PPE CentreDémocratie chrétienne, antifascisme, anticommunisme Benigno Zaccagnini Parti communiste italien COM GaucheCommunisme, eurocommunisme, marxisme-léninisme Enrico Berlinguer Parti socialiste italien SOC Centre gaucheSocialisme, social-démocratie, social-libéralisme Bettino Craxi Mouvement social italien – Droite nationale NI Extrême droiteNéofascisme, nationalisme, anticommunisme Giorgio Almirante Parti social-démocrate italien SOC Centre gaucheSocial-démocratie, socialisme Pietro Longo Parti radical CDI Centre gaucheRadicalisme, libertarisme, anticléricalisme Giuseppe Rippa Parti républicain italien LD CentreRépublicanisme, mazzinisme Oddo Biasini

Résultats Voix et sièges

Parti Suffrages Sièges Voix % Démocratie chrétienne (DC) 36,45 29 Parti communiste italien (PCI) 29,57 24 Parti socialiste italien (PSI) 11,03 9 Mouvement social italien – Droite nationale (MSI-DN) 5,45 4 Parti social-démocrate italien (PSDI) 4,32 4 Parti radical (PR) 3,67 3 Parti libéral italien (PLI) 3,63 3 Parti républicain italien (PRI) 2,56 2 Parti d'unité prolétarienne pour le communisme (PdUP) 1,16 1 Démocratie prolétarienne (DP) 0,72 1 Parti populaire sud-tyrolien (SVP) 0,56 1 Autres 0,88 0 Votes valides 96,94 Votes blancs et nuls 3,06 Total 100,00 81 Abstention 14,35 Inscrits / participation 85,65

Analyse Avec le plus faible taux de participation de l'histoire républicaine, mais qui dépasse de plus de la moyenne européenne, ce scrutin confirme la composition de la scène politique italienne. Avec de voix, la DC reste la première force politique italienne, totalisant même le plus grand nombre de suffrages pour un parti dans les neuf États de la Communauté économique européenne. Elle domine quatre des cinq circonscriptions électorales. Seule lui échappe l'Italie centrale, où s'impose le PCI grâce à ses bastions d'Ombrie et Toscane. L'écart qui sépare les deux principaux partis du pays s'élève à , soit de plus qu'une semaine auparavant.

Avec plus de 11 % des voix, le PSI repasse pour la première fois depuis au-dessus des 10 % dans une élection concernant l'ensemble des électeurs italiens. Il fait ainsi plus que doubler le résultat remporté par le MSI-DN, qui se révèle très fort dans le Mezzogiorno où il dépasse parfois les 10 %.

Quatre formations se tiennent ensuite dans un écart inférieur à un million de voix. Avec 4,3 %, le PSDI conserve son rang de cinquième parti d'Italie et accroît de 50 % son avance sur le PR, qui confirme sa performance des élections générales en restant nettement au-dessus des 3 %. Le PLI réalise pour sa part une poussée sensible en totalisant nouvelles en à peine une semaine. En conséquence, il surpasse le PRI, qui échoue de son côté à convaincre plus d'un million d'électeurs. Une contreperformance semblable à celle du PdUP, qui perd 20 % de son électorat des élections générales.

Conséquences Lors de la séance inaugurale de la du Parlement européen le , Giorgio Amendola (PCI-COM), Mario Zagari (PSI-SOC) et Emma Bonino (PR-CDI) se présentent à la présidence. Zagari remporte , Amendola 44 et Bonino 9, contre 183 à Simone Veil (UDF-LD). Les deux premiers confirment leur candidature pour le second tour, obtenant respectivement 138 et tandis que la victoire revient à Veil avec . Zargari et Guido Gonella sont ensuite élus vice-présidents du Parlement européen tandis qu'Amendola est désigné président du groupe communiste et apparentés.

Voir aussi Articles connexes Liste des députés européens d'Italie de la

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