Après une période de confusion consécutive au démembrement de l'Union soviétique, l'action de la diplomatie russe, pendant le second mandat de Boris Eltsine (de 1996 à 1999) et surtout pendant celui de son successeur Vladimir Poutine, est surtout caractérisée par la volonté des dirigeants russes de recouvrer l'ancien prestige de leur pays en tant que superpuissance. Après la chute de l'URSS, la Russie s'est engagée dans plusieurs conflits : guerre civile du Tadjikistan (1992-1997), conflit en Ossétie du Nord de 1992, guerre du Dniestr (1992), première guerre de Tchétchénie (1994-1996), invasion du Daghestan (1999), seconde guerre de Tchétchénie (1999-2009), guerre russo-géorgienne (2008).

L'Union soviétique avant sa dislocation

vignette|droite|400px|Carte montrant les dernières divisions administratives des républiques de l'URSS (1989) avant son effondrement (1991).

Durant la guerre froide (1945-1991), l'Union soviétique fut une superpuissance. La Russie, la Biélorussie, l'Ukraine, la Moldavie, la Géorgie, l'Arménie, l'Azerbaïdjan, le Kazakhstan, le Turkménistan, l'Ouzbékistan, le Tadjikistan, le Kirghizistan, la Lituanie, la Lettonie et l'Estonie étaient alors les 15 républiques socialistes soviétiques fédérées au sein de l'URSS. Il en sera ainsi jusqu'en 1991, lors de la dissolution de l'Union soviétique.

Conséquences de l'échec des réformes en Union soviétique entre 1989 et 1991

Sur le plan intérieur, depuis 1986, avec la perestroïka (« restructuration ») et la glasnost (« transparence »), Mikhaïl Gorbatchev avait tenté de réformer le régime et l'état en passant à une nouvelle forme de « socialisme à visage humain », mais, plus de vingt ans après l'étouffement du printemps de Prague et des espoirs qu'il avait suscité y compris en URSS, l'impatience des nouvelles générations d'un côté et l'opposition de la hiérarchie militaro-politique de l'autre n'offraient plus les conditions de réussite d'une voie moyenne, comme l'avait d'ailleurs déjà analysé par avance, dès 1970, le dissident Andreï Amalrik dans son ouvrage L'Union soviétique survivra-t-elle en 1984 ?Publié à Paris, Fayard, 1970 .

Sur le plan international, en 1989, l'URSS commençait à perdre la guerre froide avec le retrait des troupes soviétiques de l'Afghanistan (), l'ouverture du rideau de fer et la chute du mur de Berlin () qui rendent possibles la réunification allemande ().

En , Boris Eltsine, président du Soviet suprême de la RSFS de Russie déclara la souveraineté de la Russie. En , le Putsch de Moscou, mené par des membres conservateurs du gouvernement communiste, opposés aux réformes démocratiques de Mikhaïl Gorbatchev, montra à quel point le pouvoir central soviétique s'était fragilisé. Le complot échoua en grande partie grâce à l'intervention de Eltsine et des réformistes qui ont ainsi renforcé leur poids dans la lutte d'influence au sein du Soviet suprême.

Au cours de l'été et de l'automne 1991 les républiques constituantes de l'URSS proclamaient, l'une après l'autre, leur indépendance sans que le président soviétique Gorbatchev n'envisage de s'y opposer par la force. En , Eltsine publia un décret qui interdisait les activités du Parti communiste de l'Union soviétique sur le territoire de la RSFS de Russie. Seul survécut à l'échelle fédérale le KGB qui, même fragmenté entre les nouvelles républiques indépendantes (mais il était déjà organisé par républiques auparavant) et même en changeant de dénominations, sauvegarda sa cohérence et son influence ; ., sauf dans les trois pays baltes dont l'annexion par l'URSS en 1940 n'avait jamais été reconnue par l'Organisation des Nations unies et par les États-UnisFrançois Garelli, La Baltique d'hier et d'aujourd'hui, Rive droite, 1997.

La dislocation de l'Union soviétique En 1991 vignette|250px|Communauté des États indépendants :

Lors de la fragmentation de l’Union soviétique, la situation économique, politique et militaire réelle, aussi bien en Russie que dans les autres anciennes républiques soviétiques, apparaît au grand jour, en grande partie en raison de la glasnostArchie Brown, The Rise and Fall of communism, Vintage Books, 2009, page 105 et Jean-François Soulet, Histoire comparée des États communistes de 1945 à nos jours, Armand Colin, coll. « U », 1996, pages 11-42, et Alexandre Zinoviev, Le Communisme comme réalité, Julliard, 1981, pages 58 et suivantes.: la position constitutionnelle de jure du Parti communiste de l'Union soviétique comme « parti unique et organe dirigeant de l’état », interdisant de facto la constitution d’associations, syndicats ou autres structures sociales indépendantes du pouvoir, et imposant un courant de l’autorité et de légitimité » (souveraineté), allant du sommet (le Soviet suprême) vers la base (les autres structures du Parti, les soviets locaux, les institutions, les entreprises, les citoyens)… ; une logistique policière massive de surveillance et répression de la société civile, articulée autour du KGB, actif par la censure, l’écoute aléatoire et sans aucun contrôle juridique des conversations téléphoniques, l’ouverture du courrier, le quadrillage territorial, institutionnel et professionnel systématique du pays, la pratique courante d’arrestations arbitraires, de tortures en cours d’interrogatoire et d’internement psychiatrique et de déportation des citoyens arrêtés, avec ou sans « jugement », vers les camps de travail forcé du Goulag… ; une stricte planification d’état sur le plan économique, ne touchant pas seulement les orientations macro-économiques et le commerce international, mais aussi tous les aspects de la production, de la distribution et de la consommation, au mépris des ressources disponibles, des possibilités techniques, de l’environnement et des besoins de la population, interdisant toute forme d’autogestion et induisant des inégalités entre la haute bureaucratie du parti, de l'État, de l'armée et de la police politique qui disposait d’un niveau de vie satisfaisant, et le reste de la population confronté à une pénurie permanente d’énergie, de denrées, de produits finis et de services (ce qui encourageait le développement d’une économie informelle, mais spéculative)Décrite sur un mode humoristique par le film Twist again à Moscou.… ; un strict contrôle des activités culturelles, des médias et des droits des citoyens à l’opinion, à l’expression et au déplacement (nécessitant des autorisations et divers visas préalables pour changer d’emploi, de domicile, de résidence à l’intérieur du pays, et encore plus pour voyager hors du pays, et surtout dans les pays non-communistes).

Dans ce contexte, le pouvoir russe, ayant perdu toute légitimité communiste, ne pouvait plus guère compter que sur la crainte de menaces extérieures communes : menaces économiques (crises financières du capitalisme) et menaces politiques (impérialisme de l’OTAN, intégrisme religieux en Asie centrale ex-soviétique) pour maintenir ce qui pouvait l’être, de l’ancienne cohésion russe impériale et soviétique communiste« Les liens économiques et culturels qui remontaient non seulement à l’époque soviétique, mais aussi impériale, ne pouvaient pourtant pas être supprimés si vite : pour une nouvelle intégration, il fallait retravailler une question importante susceptible de servir de base à l’unité : la menace commune », écrit Garik Galstyan, sur Les intérêts géopolitiques russes dans la région caspienne (page 206).. C’est pour remplir ce rôle que fut créée la Communauté des États indépendants (CEI) qui accompagnera leur métamorphose en « dictatures de marché ».

Le 8 décembre 1991 La CEI est une collectivité intergouvernementale de coopération dont l'identité politique et juridique reste incertaine. Elle a été créée par le Traité de Minsk conclu entre le démocrate Boris Eltsine (président de RSFS de Russie), le communiste Kravtchouk (président de l'Ukraine) et le social-démocrate Stanislaw Chouchkievitch (président du Parlement de la Biélorussie)Colisée, La Communauté des États Indépendants, 23 juin 2003. lors de leur réunion à la résidence de Viskouly où ils publièrent aussi au même moment une déclaration selon laquelle l'Union soviétique était dissoute. L'accord constitutif de la CEI était supposé faciliter l'accès à l'indépendance des républiques soviétiques et développer la coopération multilatérale.

Le 21 décembre 1991

Lors du sommet d'Alma-Ata, la CEI est élargie à l'Arménie, à l'Azerbaïdjan, au Kazakhstan, au Kirghizistan, à la Moldavie, au Turkménistan, au Tadjikistan et à l'Ouzbékistan alors que l'Ukraine, la Russie et la Biélorussie, elles, reçoivent le statut de membres fondateurs de la Communauté. De plus, le traité d'Alma-Ata, conclu lors de ce sommet et confirmant le traité de Minsk, stipule la création de deux organes exécutifs de la CEI (le Conseil des chefs d'État et des chefs de gouvernement). Lors du sommet d'Alma-Ata, un accord fut également conclu entre les quatre puissances nucléaires de la CEI (la Russie, l'Ukraine, la Biélorussie et le Kazakhstan) sur l'instauration d'un commandement unique des forces nucléaires stratégiques. À cette occasion, les anciennes troupes soviétiques furent placées sous un commandement militaire unifié de la CEI.

Fin 1991, lors de l'auto-dissolution de l'URSS, l'armée soviétique fut répartie entre les différents nouveaux États selon l'origine ethnique des contingents, mais un commandement militaire commun à tous les membres de la CEI fut instauré au sommet d'Alma-Ata. Ce commandement unifié avait sous ses ordres l'ensemble des anciennes troupes soviétiques. Cependant, seule la Russie garde le contrôle des armements nucléaires et stratégiques, ainsi que de 90 % des flottes et des escadres aériennes soviétiques ; elle conserve ses bases militaires dans de nombreuses villes de l'ex-URSS, comme Sébastopol, Batoumi (ports et arsenaux), Tiraspol (arsenal, usine d'armements) ou Baïkonour (cosmodrome)Liste des principales bases russes dans les républiques ex-soviétiques :

: la Russie y entretient et gardes-frontières russes début 2010 et dispose d'au moins : Les militaires russes s'enracinent, Courrier international, , dont la (aérienne) militaire (à Goudaouta) et la petite base navale d'Otchamchira où stationnera en permanence un groupe de combat, selon RIA-Novosti du 23 août 2008 ; : la Russie y possède la (à Gyumri) et d'une base aérienne (à Erevan) ; la base abrite en garnison russes ; : la Russie y possède la station radar de Darial (à Qabala ( : « L'Armée russe, une difficile modernisation. » et quelques autres bases militaires ; la Russie y entretient russes ; : la Russie y dispose de la station-radar Volga (près de Hantsavichy), d'une station-radar (à Baranovitchi), et du de transmission de la Marine russe (à Vileyka) ; la Russie y entretient en garnison russes. : la Russie y dispose du cosmodrome de Baïkonour, d'un régiment d'aviation (à Kostanaï), d'une station-radar (près du lac Balkach), et d'un nœud radiotechnique des Forces spatiales (situé au polygone de Sarishagan, à Prioziorsk) ; : la Russie y dispose de la base aérienne de Kant, du centre d'essai d'armement anti-sous-marins (basé à Karakol, aux bords du lac Issyk Kul) et a réactivé une station-radar (dans la Province de Tchouï) ; la Russie y entretient en garnison russes ; : la Russie y entretient et gardes-frontières russes, dispose de la militaire (à Tshinkvali) et négocie des accords concernant les soldats russes y stationnant ; : la Russie y dispose de la base aérienne de Karshi-Hanabad ; : la Russie y dispose d'un centre de contrôle de l'espace cosmique à Nourek, d'une base aérienne à Ayni et de diverses installations militaires ( base à Douchanbé, Qurghonteppa et Koulab) ; la Russie y entretient en garnison russes ; : la Russie y entretient en garnison de la : ..

Les autorités fédéralistes ne peuvent pas étudier les droits de l'homme

Le 24 décembre 1991