Le château de Briançon est un ancien château fort, du , centre de la seigneurie de Briançon, élevée au rang de vicomté au , puis de marquisat en 1680, dont les vestiges se dressent, à Notre-Dame-de-Briançon, sur la commune de La Léchère, dans le département de la Savoie en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Situation vignette|gauche|Vestige du mur surplombant le Pas de Briançon. Les vestiges du château de Briançon sont situés dans le département français de la Savoie sur la commune de La Léchère, sur une table rocheuse taillée en falaise, dominant un défilé de l'Isère. Sa position en faisait un édifice , puisqu'il est installé sur .

L'architecte diocésain de Tarentaise et archéologue Étienne-Louis Borrel (1822-1906) en donne cette description . Plus loin dans sa description de la forteresse, il précise .

Son rôle était stratégique puisqu'il verrouillait l'étroit, appelé « Pas de Briançon ».. Au même titre que les places fortes de Montmélian, Charbonnières ou encore Conflans, elle est l'une des , ici la Moyenne et la Haute-Tarentaise.. Il commandait ainsi la route reliant Tarentaise à la combe de Savoie, l'accès aux cols du Petit et Grand Saint-Bernard. Il défendait un péage établi sur le pont enjambant l'Isère. L'accès se faisait, du côté de l'Isère, par un escalier de ., établi sur une rampe artificielle ou par un sentier situé sur l'autre face du rocher, dont il ne reste aucune trace.

Histoire Origines L'origine du château semble ancienne, de même que la famille de Briançon. Il y aurait eu un oppidum élevé par les Romains, puis remplacé par une forteresse.

Le château aurait été édifié au ., par la famille de Briançon, qui possède la dignité vicomtale en Tarentaise. Toutefois, cette datation n'est pas confirmée par les historiens de la vallée qui donnent plutôt le . (lire en ligne).. Vers 900, un document mentionne que l'archevêque Anizo aurait donné son accord pour la fondation du prieuré Saint-Martin de Moûtiers, par Richard Cur(t) de Briançon (lire en ligne). (lire en ligne)... Ce document est en réalité un faux, probablement du , qui a servi aux archevêques dans leur lutte de pouvoir contre les Briançon, vicomtes de Tarentaise. Cette dignité n'apparait dans les documents que vers 1100, sans qu'il soit possible d'infirmer une existence antérieure. Deux hypothèses coexistent pour expliquer l'obtention de cette dignité vicomtale par les Briançon : soit c'est le fait d'un archevêque-comte de Tarentaise, qui possède le pouvoir temporel de désigner un fonctionnaire pour gérer une partie de son domaine ; soit il se pourrait que le comte Humbert, à l'origine de la dynastie des Humbertiens, puis de la maison de Savoie, ait pu les choisir pour contrôler la Haute-Tarentaise est ainsi concurrencer le pouvoir archiépiscopal.

La tradition raconte qu'en 1082, Aymon ou Émeric., vicomte de Briançon, seigneur d'Aigueblanche, aurait établi un péage sur le pont sur l'Isère.. Le récit reste controversé. Selon certaines sources, il se serait comporté en brigand abusant de ses droits sur le péage du pont enjambant l'Isère, ce qui aurait amené l'archevêque de Tarentaise, Héraclius, en 1097, à faire appel au comte Humbert II de Savoie. L'archevêque aurait alors mis son diocèse sous la protection du comte, afin qu'il le délivre des tyrannies d'Aymon. Ce dernier aurait mis le siège devant le château et l'aurait fait raser. Aymon reconnaîtra Humbert II comme son suzerain et lui rendra hommage. L'archiviste paléographe Jacqueline Roubert indique, dans son ouvrage sur La seigneurie des Archevêques Comtes de Tarentaise (1961), . En effet, aucun acte ne mentionne ces exactions. De même, il n'existe aucune trace d'un évêque Héraclius. Le siège du château de Briançon (et le contrôle de la vallée) par le comte de Savoie se déroulera deux siècles plus tard.

Les Briançon sont présents à chaque fois comme témoins lorsque les Humbertiens signent un acte en Tarentaise (lire en ligne).. Ils semblent donc indépendants de l'archevêque.

Fondation du château vignette|droite|Vestiges de l'enceinte du château.

Les principaux éléments archéologiques pour Étienne-Louis Borrel (1884) donnent une fondation qui . Jacqueline Roubert (1961) confirme cette analyse.

Les bulles papales de 1172 et 1176, qui rappellent les diverses possessions des archevêque de Tarentaise, ne mentionnent pas ce château (lire en ligne).. Jacqueline Roubert, se référant à l'analyse de Joseph Garin, considère que le château

Le château est mentionné dans deux textes juridiques impériaux de la fin du par lesquels l'archevêque de Tarentaise, Aymon de Briançon, en reçoit l'investiture (lire en ligne).. La Bulle d'or, édictée par l'empereur Frédéric Barberousse, le , cite le Castrum de Briançone. Le second acte, cette fois de Henri VI du Saint-Empire, en date du cinquième jour des calendes d’, mentionne le Castrum de Brianzone.

Les seigneurs de Briançon et d'Aigueblanche reconnaissent, en 1255, puis en 1258, que (Roubert, 1961) (lire en ligne)..

Entrée dans le domaine de Savoie À la suite d'une enquête, en 1276, sur les revenus et les droits du seigneur de Briançon, le comte Philippe de Savoie entre en possession du château.

Dans les années 1280, les tensions entre les archevêques et les seigneurs de Briançon s'accroissent (lire en ligne).. Le comte de Savoie intervient et une trêve est signée le entre l'archevêque Aymon de Bruisson et les seigneurs de Briançon, qui reconnaissent .

Gaspard de Montmayeur en reçoit l'investiture en 1392. À la mort de Jacques de Montmayeur, dernier représentant de cette famille, le château est acquis, en 1486, à la suite d'une transaction avec les neveux de ce dernier, par le duc Charles de Savoie, puis cédé, en 1528, à Béatrice de Portugal.

Période moderne et destruction Des restaurations et des fortifications y sont alors entreprises, afin de le mettre en défense contre les troupes de François , ce qui ne l'empêche pas de tomber aux mains des Français, en 1535 (selon Chapier), ou 1536 (selon Roche, repris par ses successeurs).. Ces derniers l'occupèrent jusqu'en 1557 ou 1559. Il est rendu au duc Emmanuel-Philibert de Savoie après la victoire de Saint-Quentin et le traité du Cateau-Cambrésis. Le duc le vend, le , au noble François Ramus. pour 480 écus d'or.

En 1600, durant la guerre franco-savoyarde, il est repris par les troupes du roi de France Henri IV qui le démantèle. En 1630, Thomas de Savoie-Carignan se retranche dans le château face aux troupes de Louis XIII. Menacé d'être pris à revers, par les troupes du maréchal de Bassompierre, il se replie sur la frontière des Alpes. En 1690, la place est prise d'assaut par le maréchal de Catinat qui le détruit à peu près complètement.

La seigneurie de Briançon fut érigée en vicomté au , puis, le , en marquisat, en faveur de la famille Caron de Saint-Thomas.

Description vignette|gauche|Vestiges de l'ancien escalier d'accès au château. vignette|gauche|Vestiges de l'ancienne tour de guet contrôlant l'accès au château. Il ne reste du château de Briançon que de rares vestiges d'une courtine flanquée de deux logis et d'un donjon, ainsi que d'une tour qui devait défendre le passage de l'Isère en contrebas du château. Un plan général a été réalisé par l'architecte Étienne-Louis Borrel.

En 1884, on pouvait voir les ruines de deux bâtiments situés à la base de l'escalier, celles des soubassements de trois murs et d'une tour érigée sur les bords de la rivière, sur la rive gauche, et qui devait défendre le pont, un peu en aval du pont actuel. L'architecte Borrel relève qu'une tour devait très probablement se trouver également sur la rive droite. Ces deux tours pouvaient servir, pour l'architecte Borrel, de corps de garde ainsi que bureau de péage. Il indique par ailleurs que ce pont pouvait être .

Au point culminant de la table rocheuse subsistent les restes d'un donjon, carré de de côté hors œuvre ; les murs sont arasés au niveau du sol.

Les deux tours, situées à la base de l'escalier, plus petites, gardaient ainsi l'unique accès au château, par un escalier. Elles étaient reliées par une courtine. La tour de droite était de dimension plus grande, probablement utilisée par la garde. La seconde, plus petite, dont il reste des murs ainsi qu'une voûte de forme barlongue (voir photographie), devait avoir un rôle de guet. L'escalier était installé sur une rampe d'une longueur horizontale de et d'une largeur d', toujours visible (voir photographie). Il était constitué de , ayant de hauteur et de giron, c'est-à-dire la largeur du dessus de la marche, là où l'on pose le pied.

Des fragments de murs en opus spicatum, semblent dater du premier établissement, aux alentours du .

L'enceinte du château s'est développée notamment sur les arêtes du roche ou sur les éléments les plus faibles de l'ensemble.

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Bibliographie .

. .

(Lire en ligne) . .

Fonds d'archives

Articles connexes Diocèse de Tarentaise Architecture militaire au Moyen Âge Liste des châteaux de la Savoie Guerre franco-savoyarde

Liens externes

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