Cet article fait la chronologie de la république de Géorgie depuis son indépendance vis-à-vis de l'Union soviétique de 1991.
1991 5 janvier : début de la première guerre d'Ossétie du Sud. 9 avril : à , le Parlement du Conseil suprême de la république de Géorgie déclare la Restauration de l'Indépendance de la Géorgie vis-à-vis de l'Union soviétique. Zviad Gamsakhourdia est nommé chef d'État intérimaire. 26 mai : Zviad Gamsakhourdia est élu avec 86,5 % des suffrages exprimés à la présidence de la Géorgie. Il devient le premier porteur du titre. 19 août : le Premier ministre Tenguiz Sigoua (et d'autres membres du gouvernement) démissionne, afin de protester contre la lenteur des réformes économiques de Gamsakhourdia. Il fonde le premier parti de l'opposition de l'époque. Le même jour, le Parlement fait un appel à la population, accusant les forces de l'ombre du Kremlin de fomenter un coup d'État contre l'administration et demande à la population de rester calme. 23 août : le président Gamsakhourdia fait désarmer la Garde nationale et limoge le commandant Tenguiz Kitovani, qui rejoint l'opposition. 24 août : Tenguiz Kitovani fait quitter ses troupes anti-Gamsakhourdia en dehors de la capitale, Tbilissi, et se prépare à l'attaque dans la périphérie de la ville. Début de la guerre civile. 2 septembre : une grande manifestation anti-gouvernementale est dispersée brutalement par la police anti-révoltes de Zviad Gamsakhourdia. 22 décembre : les troupes de Kitovani retournent dans Tbilissi et prennent possession de plusieurs bâtiments officiels. Elles commencent à assiéger le Parlement, où s'était réfugié le président et les derniers membres du gouvernement restés fidèles à Gamsakhourdia.
1992 6 janvier : la Garde nationale rebelle prend le Parlement et capture le président Gamsakhourdia avec les membres de son gouvernement. La famille présidentielle parvient à s'échapper en direction de l'Azerbaïdjan. À la suite du coup d'État, les rebelles fondent le Conseil militaire de Géorgie dirigé par Tenguiz Kitovani et son allié Djaba Iosséliani. 6 février : les autorités abkhazes reconnaissent la domination de Tbilissi et autorisent les troupes géorgiennes à entrer dans Sokhoumi, ville aux mains des militants de Zviad Gamsakhourdia. 21 février : le Conseil militaire géorgien rétablit la Constitution de 1921. 10 mars : Edouard Chevardnadzé, dernier ministre des Affaires étrangères de l'Union soviétique (dissoute en décembre 1991), rentre en Géorgie où il est choisi comme chef d'État. Il abolit le Conseil militaire et est nommé à la tête du Conseil d'État de la Géorgie. 23 mars : la Communauté européenne reconnaît l'indépendance de la Géorgie. Elle sera suivie par les États-Unis le lendemain. 24 juin : des militants pro-Gamsakhourdia prennent de force la télévision d'État et diffusent un message radio annonçant le rétablissement du gouvernement légitime et la chute de la junte. Ils sont toutefois évacués après quelques heures. 25 juin : la Géorgie et onze autres pays signent l'acte de fondation de la Coopération économique de la mer Noire. 23 juillet : Le Parlement abkhaze rétablit la constitution soviétique de 1921 créant une union républicaine abkhaze séparée de la Géorgie. Tbilissi proclame cet acte comme illégal. 31 juillet : La Géorgie adhère à l'Organisation des Nations unies et devient officiellement un État indépendant. 4 août : le gouvernement géorgien proclame la fin de l'État d'urgence en place depuis le coup d'État. Ce jour est célébré comme le « Jour de la Réconciliation » et les supporters de Zviad Gamsakhourdia sont amnistiés. 18 août : les troupes géorgiennes de la Garde nationale de Tenguiz Kitovani (en conflit de facto avec Edouard Chevardnadzé) entrent en force à Sokhoumi dans le but de désarmer les indépendantistes abkhazes. Début de la Bataille de Sokhoumi. 31 août : un premier cessez-le-feu est déclaré en Abkhazie sous le mandat d'observateur de la fédération de Russie. 5 septembre : un nouveau cessez-le-feu est signé entre les autorités russes, abkhazes et géorgiennes. Les troupes de Tbilissi reçoivent le droit de rester à Sokhoumi. 2 octobre : reprise des combats entre les armées géorgiennes et les rebelles indépendantistes abkhazes, cette fois-ci dépourvus du soutien parlementaire local mais bénéficiant d'une alliance logistique avec la Russie. 11 octobre : Edouard Chevardnadzé est élu président du Parlement et entame son mandat sans opposition. 19 novembre : un troisième cessez-le-feu est proclamé avec les rebelles abkhazes et les troupes russes, qui quittent Sokhoumi avec la promesse d'un arrêt des combats. Le même jour, les autorités séparatistes de l'autre région sécessionniste, l'Ossétie du Sud, proclament l'indépendance vis-à-vis de la Géorgie.
1993
14 mars : les séparatistes abkhazes commencent à assiéger Sokhoumi. La Géorgie accuse Moscou d'aider les indépendantistes par des bombardements aériens sur la capitale abkhaze, alors loyale à Tbilissi. 20 mars : la Russie et la Géorgie signent un accord sur le marché commun et une alliance économique durable, alors que les Russes soutiennent parallèlement les sécessionnistes d'Abkhazie. 29 avril : alors que la ville est en pleins bombardements des forces séparatistes, Edouard Chevardnadzé visite Sokhoumi. 14 mai : Edouard Chevardnadzé et Boris Eltsine se rencontrent et signent un cessez-le-feu pour le conflit abkhaze. Un accord a également été signé selon lequel toutes les troupes russes devront quitter la Géorgie avant 1995. 5 juillet : la « Confédération des Peuples des Montagnes » (entité créée par des Caucasiens pour soutenir les sécessionnistes abkhazes) annoncent une mobilisation générale de leurs forces basées en Tchétchénie pour venir en aide aux Abkhazes. 10 juillet : tôt dans la matinée, 72 députés pro-Gamsakhourdia proclament à Zougdidi la restauration du gouvernement légitime géorgien. 27 juillet : un traité de paix est signé entre les autorités abkhazes et géorgiennes pour la fin de la guerre. La Russie s'accorde à envoyer des troupes de maintien de la paix en Abkhazie, tandis que les troupes de Tbilissi devront se retirer entièrement de la région. 28 août : les « Zviadistes » occupent militairement plusieurs communes de Géorgie occidentale. 15 septembre : Edouard Chevardnadzé suspend le Soviet Suprême de Géorgie. 16 septembre : les séparatistes abkhazes entament un assaut sur Sokhoumi avec l'aide de troupes tchétchènes. 19 septembre : Moscou et les autres membres de la Communauté des États indépendants imposent des sanctions sur l'Abkhazie. Edouard Chevardnadzé déclare alors l'état d'urgence en Géorgie pour revenir à l'ordre et tenter d'achever la guerre civile. 24 septembre : Zviad Gamsakhourdia retourne de son exil en Tchétchénie pour s'installer à Zougdidi, en tant que chef de la « république de Mingrélie-Abkhazie ». 27 septembre : Sokhoumi tombe dans les mains des indépendantistes abkhazes. Edouard Chevardnadzé, obligé de quitter en vitesse la capitale de la république autonome géorgienne, qualifie la Russie de l'Empire du Mal, tandis que les nouveaux possesseurs de Sokhoumi entament un génocide des Géorgiens. 1er octobre : près de soldats pro-Gamsakhourdia prennent la ville portuaire de Poti, sur la mer Noire. 20 octobre : répondant aux demandes de Tbilissi, la Russie déploie soldats en Géorgie pour protéger les lignes ferroviaires contre les forces de Zviad Gamsakhourdia. 2 novembre : les forces gouvernementales aidées par la marine russe reprennent Poti. 3 décembre : la Géorgie ratifie l'adhésion à la Communauté des États indépendants. 31 décembre : l'ancien président Zviad Gamsakhourdia meurt dans des circonstances mystérieuses. D'après sa femme, il se serait suicidé, mais les médias géorgiens prétendent qu'il serait mort à la suite de complications diabétiques. D'autres sources prétendent qu'il aurait été tué dans un combat rapproché ou bien même par ses gardes du corps.
1994 13 janvier : la Géorgie et la Russie signent un accord de coopération militaire bilatérale. 21 janvier : la Géorgie signe la Charte de Paris et entre définitivement au sein de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe. 24 mars : Tbilissi accuse les indépendantistes abkhazes de commettre un génocide sur les Géorgiens locaux. 16 avril : à la suite d'un référendum, 57,6 % des Géorgiens votent pour l'enclenchement de négociations avec les séparatistes d'Abkhazie. 3 mai : un décret présidentiel donne le statut de république autonome à l'Abkhazie et à l'Adjarie. Le statut de l'Ossétie du Sud reste encore sujet à négociations. 1-2 juin : une commission abkhazo-géorgienne se rencontre à Sotchi (Russie) dans le but de régler le conflit dans le domaine technologique. 7 juin : le Parlement abkhaze décide d'adopter une nouvelle constitution, préservant le statut de république indépendante aux territoires contrôlés par les sécessionnistes. Celle-ci est censée entrer en vigueur lors du retour des Géorgiens exilés lors de la guerre dans la région (acte toujours en attente en 2009). 24 juin : la Russie déploie ses premiers contingents militaires dans la zone tampon du conflit, le fleuve Ingouri. 17 août : l'Abkhazie signe un traité de coopération et d'amitié avec la république russe du Tatarstan. Tbilissi proteste contre Moscou pour avoir laissé se produire un tel acte le 24 août suivant. 30 novembre : Vladislav Ardzinba, un ancien chef mercenaire soviétique et chef des indépendantistes abkhazes depuis 1991, est élu premier président de la république d'Abkhazie. Son élection n'est pas validée par la communauté internationale qui ne reconnaît pas l'indépendance de la région. 15 décembre : le département d'État (Affaires étrangères) des États-Unis condamne les déclarations d'indépendance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud.
1995 21 mars : les Nations unies accusent le gouvernement séparatiste d'Ardzinba de perpétrer un nettoyage ethnique contre les Géorgiens d'Abkhazie. 23 mai : la république russe de Kabardino-Balkarie signe un traité d'amitié et de coopération avec l'Abkhazie indépendantiste. Le chef d'État géorgien Edouard Chevardnadzé se plaint à Boris Eltsine, alors président de Russie. 25 mai : les autorités abkhazes n'autorisent qu'un maximum de 200 entrées de Géorgiens dans la région de Gali par semaine. 9 août : à la suite du début de la Première guerre de Tchétchénie, les contingents tchétchènes en Abkhazie quittent la région pour combattre l'armée russe. 30 août : Edouard Chevardnadzé est victime d'une tentative d'assassinat quand sa voiture explose à la suite du déclenchement d'une bombe. 1er novembre : les gouvernements sécessionnistes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud déclarent qu'ils n'autoriseront pas les habitants des régions sous leur contrôle à voter dans les élections présidentielles géorgiennes du 5 novembre. 2 novembre : des représentants abkhazes et géorgiens se rencontrent à Moscou. Aucune solution au conflit n'est toutefois vraiment proposée. thumb|Edouard Chevardnadzé 5 novembre : Edouard Chevardnadzé est élu président de la République dès le premier tour des élections avec 74 % des suffrages exprimés. Son parti, l'Union des citoyens géorgiens, remporte quant à lui 91 des 225 sièges du Parlement au premier tour des élections législatives. 21 novembre : à la suite des accusations de Moscou, l'Abkhazie dénie les attaques faites par l'armée séparatiste envers les soldats de maintien de la paix russes du district de Gali. Le même jour, l'Union européenne promet une aide de dollars à la Géorgie. 27 novembre : Edouard Chevardnadzé, sous la bénédiction du Patriarche Ilia II de Tbilissi, prête serment en tant que président de la Géorgie. Le Conseil d'État est dès lors officiellement dissout et la république de Géorgie est restaurée.
1996