Plabennec est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France.

Géographie

vignette|center|Carte de la commune de Plabennec. Description Plabennec est situé dans le Pays de Léon (pays historique traditionnel) et administrativement désormais dans le Pays de Brest, faisant partie de la grande couronne urbaine de Brest ; la commune, chef-lieu du canton de Plabennec (agrandi en 2015), est située à une dizaine de km au sud de la côte de la Manche. Le finage communal est drainé par l'Aber Benoît (dans sa partie amont, non maritime) et plusieurs de ses affluents et sous-affluents de rive gauche, l'un de ceux-ci étant barré par une digue expliquant la présence d'un étang, dénommé "lac de Plabennec", juste à l'ouest du bourg. Plusieurs moulins à eau existaient par le passé le long de ces cours d'eau, par exemple le moulin du Pont et le moulin de Saint-Claoué en aval du lac de Plabennec, le moulin de Moguérou sur un affluent de rive gauche de l'Aber Benoît, le moulin Gouennou et le moulin de Pontanet sur l'Aber Benoît, ainsi que le moulin du Rest sur un affluent de rive droite du dit aber.

Le finage de Plabennec est constitué par un morceau du plateau granitique du Léon (granite de Kersaint, 331,4 Ma ± 4 Ma, d'origine hercynienne.) en pente douce vers le nord et recouvert de lœss, d'où sa fertilité. Les altitudes s'échelonnant entre 100 mètres dans la partie sud (à l'ouest de Lanfézic) et s'abaissant jusqu'à 55 mètres dans la partie nord de la commune, et même jusqu'à 35 mètres au nord dans la vallée de l'Aber Benoît près de Goueled Ker ; le bourg, en situation relativement centrale au sein du territoire communal, est vers 85 mètres d'altitude.

Plabennec est traditionnellement un pays de bocage avec un habitat dispersé en de nombreux hameaux et fermes isolées. Le bourg a beaucoup grossi ces dernières décennies avec la création de nombreux lotissements à sa périphérie.

Communes limitrophes

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par l'aber Benoit et divers autres petits cours d'eau.

L'Aber-Benoît, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Saint-Divy et se jette dans la Mer Celtique en limite de Saint-Pabu et de Landéda, après avoir traversé . Les caractéristiques hydrologiques de l'Aber Benoît sont données par la station hydrologique située sur la commune. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 29/07/2024 à 02:06 TU à partir des 694 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/07/1966 au 01/06/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le ..

vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de PlabennecLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

En 2010, le climat de la commune est de type climat océanique franc, selon une étude du CNRS s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique et est dans la région climatique Finistère nord, caractérisée par une pluviométrie élevée, des températures douces en hiver (), fraîches en été et des vents forts.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Monts d'Arrée », avec des hivers froids, peu de chaleurs et de fortes pluies..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique la plus proche, située sur la commune de Guipavas à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . Pour l'avenir, les paramètres climatiques de la commune estimés pour 2050 selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en .. Urbanisme Typologie Au , Plabennec est catégorisée petite ville, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Plabennec, une unité urbaine monocommunale constituant une ville isolée.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Brest, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (89,2 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (91,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (43,5 %), terres arables (33,4 %), prairies (12,3 %), zones urbanisées (7 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (2,7 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (0,6 %), forêts (0,5 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Parochia Albennoca en 1019, Plobennec, Guitabnec en 1173, Plebs Apennoc, Ploeapennoc en 1265, Ploeabennoc en 1282, Ploeabenneuc en 1310 et en 1318, Ploeabennec en 1337, Ploeabennoc en 1339, Plebe abenneunc en 1361, Guigabennec en 1378, Ploebenneuc en 1481..

Plabennec vient du breton ploe (paroisse) et de saint Abennec.

Le nom en breton de la commune est Plabenneg.

Histoire Origines

Selon Albert le Grand, la paroisse aurait été fondée par saint Ténénan, peu après qu'il eut débarqué vers 650 près de La Forest-Landerneau, près du château de Joyeuse Garde, où il avait installé son lan (petit monastère) :

Toujours selon la tradition, Saint Thudon, accompagné de ses fils Gouesnou et Majan et de sa fille Trezdona (ou Tudona), aurait édifié un oratoire en un lieu dénommé par la suite Locmaria-Lann ; cet oratoire aurait été remplacé par une chapelle vers le , remaniée et agrandie à diverses reprises par la suite.

Au Haut Moyen Âge la paroisse regroupait au sein de l'archidiaconé ou pays d'Ac'h, outre Plabennec, la trève de Locmaria-Lann et les communes actuelles de Kersaint-Plabennec et du Drennec, ainsi qu'au moins une partie de Gouesnou.

Préhistoire

Le souterrain de Kermoysan, datant de l'Âge du fer, une succession de cinq salles alignées du nord-est au sud-ouest, situées à près de trois mètres sous terre et accessible par deux puits situés à chaque extrémité et bouchés intentionnellement, a livré plus de tessons de poteries grâce auxquels certains vases et pots ont pu être reconstituésC.-T. Le Roux et Y. Lecerf, Fouille d'un souterrain de l'Âge du fer à Kermoysan en Plabennec (Finistère), revue "Annales de Bretagne", 1971, consultable http://www.persee.fr/doc/abpo_0003-391x_1971_num_78_1_2605 et C.-T. Le Roux et Y. Lecerf, La céramique du souterrain de l'Âge du fer de Kermoysan en Plabennec (Finistère), revue "Annales de Bretagne", 1973, consultable http://www.persee.fr/doc/abpo_0003-391x_1973_num_80_1_2676.

Le menhir de Prat-Lédan, haut de 7,30 mètres et pesant 19 tonnes, décrit par le Chevalier de Fréminville en 1835 (« À un quart de lieue de la croix des Trois-Recteurs, on voit dans un champ de genêt un menhir à demi-renversé, longue aiguille granitique de 18 pieds de hauteur ».) et portant à son sommet une cavité qui correspond probablement à une tentative de christianisation (implantation d'une croix ? une de ses faces porte aussi une croix gravée), cassé en deux probablement par la foudre et tombé à terre au début du , a été relevé en 1983 en imitant les techniques supposées avoir été utilisées par les hommes de la Préhistoire lors d'une grande fête..

Antiquité vignette|Fragments de tuiles de l'époque gallo-romaine trouvés dans l'enclos de la chapelle de Locmaria. Le territoire actuel de la commune de Plabennec était traversé par deux voies romaines, l'une allant de Landerneau à l'embouchure de l'Aber-Wrac'h (Tolente?) en passant par Plouvien et Lannilis, l'autre de Vorganium (Kerilien en Plounéventer) à la Pointe Saint-Mathieu (probablement Gesocribate ?). Quatre petits bronzes de Gallien, un petit bronze de Salonine, femme de Gallien, et des monnaies de Postume et de Constantin II ont été trouvés à Keralien en Plabennec, juste à la limite sud de la commune avec GuipavasBenjamin Girard, "La Bretagne maritime", C.Thèse, Rochefort, 1889, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5744832r/f265.image.r=Guipavas.langFR.

Des tuiles provenant d'une habitation gallo-romaine ont été trouvées à Kerarouan et de nombreuses tuiles de la même époque provenant de la toiture effondrée d'un bâtiment, ainsi que deux fragments d'amphore et deux fragments de poterie sigillée, datant selon Patrick Galliou du après J.-C., dans l'enclos de la chapelle de Locmaria.

Moyen Âge vignette|left|La motte castrale de Lesquelen. Une première chapelle fut construite à Lesquelen par saint Thudon au ou au . Vers l'an 600, la forêt de Talamon (qui subsiste partiellement de nos jours sous le nom de forêt de Landerneau) s'étendait jusqu'à Plabennec. La première église paroissiale fut bâtie par saint Ténénan, septième évêque de Saint-Pol-de-Léon, qui la fit construire à ses frais et mourut dans cette paroisse en 635. Jean-Baptiste Ogée indique qu'on y garda longtemps ses reliques, qui furent transportées ailleurs pour les dérober aux profanations des NormandsJean-Baptiste Ogée, "Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne", tome 3, 1778, consultable https://archive.org/details/dictionnairehist03og.

Le château de Lesquelen, où se voit encore aujourd'hui une motte féodaleJ. Irien, "Fouilles d'un site archéologique médiéval : la motte de Leskelen en Plabennec", Bulletin de la Société archéologique du Finistère, tome CV, 1977, fut en 1163 propriété d'Hervé II de Léon, vicomte du Léon; en 1279, le mariage de Françoise de Lesquelen avec Alain de Léon, frère du vicomte Hervé IV de Léon montre la persistance des liens entre les deux familles. Le château a été le lieu d'une contestation juridique entre le chevalier Alain Nuz, seigneur de Postel, et le vicomte de Léon Hervé IV, qui a abouti en 1296 à l'accusation d'assassinat de l'un par l'autre, ce qui n'a pas peu contribué à discréditer la haute noblesse au profit d'une administration cléricale et ducale soutenue par la petite noblesseJ. Irien, "Le site médiéval de Leskelen en Plabennec: le castel Saint-Ténénan", Bulletin de la Société archéologique du Finistère", tome CIX, 1981. vignette|left|La chapelle ruinée de Lesquélen. vignette|Chapelle de Locmaria : écusson de la famille Carman-Lesquelen (mutilé, mais encore lisible) 20px. Le château est ainsi décrit au :