Luca Gaurico (en latin Lucas Gauricus), longtemps connu en français sous le nom de Luc Gauric, (GiffoniD'après De sculptura, écrit par son frère Pomponio, la famille serait originaire du village de Gauro, dans le comté de Giffoni, région de Salerne. P. Gauricus, De sculptura, A. Chastel (dir.), Genève, R. Klein, 1969, , 121., dans l'ancien royaume de Naples, – Rome, ) fut un astrologue et un évêque italien.
Biographie
Gaurico se livra d'abord à l'enseignement des mathématiques, puis professa l'astronomie, discipline confondue avec l'astrologie à l'époque, dans les écoles de Naples, de Rome, de Venise et à l'université de Ferrare. Il s'y fit une solide réputation dans son domaine et s'orienta progressivement vers l', très prisée de ses contemporains. Les papes , Léon X, Clément VII, et surtout Paul III, intéressé par son art, lui accordèrent des marques d'estime ; ce dernier le nomma même évêqueIl reçut d'or à cette occasion, une rente de par mois, deux serviteurs, deux mules et un cheval — Dizionario geografico-ragionato del Regno di Napoli, Lorenzo Giustiniani, T. V, Naples, 1802. de Civitate (San Severo)Il pourrait également s'agir de Civita-Ducale, de Civita de la Penna ou de Civita Castellana. en 1545. Il conserva sa charge environ et se retira à Rome, où il mourut.
Il fut un des promoteurs de la réforme du calendrier par la publication de son Calendarium ecclesiasticum novum, ex sacris litteris, probatisque, sanctorum patrum synodis excerptum, etc. (1552). Il fut un des astrologues les plus renommés du , et le pape Paul III s'attacha ses servicesDictionnaire universel encyclopédique Larousse, 1910.. Dans son traité astrologique, Tractatus astrologicus, il dresse les horoscopes de nombreux personnages illustres de l'époque dont il avait réussi à obtenir l'heure de naissance. Son but était de prouver a posteriori que leur vie était bien régie par l'astrologieJacques-Paul Migne, « Gauric (Luc) », dans Dictionnaire des sciences occultes, Ateliers catholiques du Petit-Montrouge, Paris, 1846, ..
Gauric connut une très désagréable expérience en 1506 quand il prédit au seigneur de Bologne, Jean Bentivoglio, qu'il serait chassé de sa ville et privé de sa souveraineté cette même année. La prédiction n'était pas si difficile à faire tant le despotisme et la cruauté du seigneur étaient excessifs et tant ses rapports avec le pape se dégradaient. Elle déplut cependant énormément à l'intéressé qui s'en irrita et fit arrêter l'astrologue. Il le soumit au supplice de l'estrapade qui consistait à jeter le condamné d'une bonne hauteur, attaché par un membre. Gauric y survécut. Sa prophétie se confirma quand le pape leva des troupes et entreprit de ramener à l'obéissance quelques villes, dont Bologne. Jean Bentivoglio dut quitter son fief et n'y régna plus. Gauric avait vu juste, mais il garda en mémoire combien il pouvait être périlleux d'annoncer de mauvais présages aux puissants.
Gaurico était à la tête d'une école d'astrologie à Ferrare. Il est inhumé dans l'église Sainte-Marie d'Aracœli, où on peut voir son épitapheD. O. M. LVCAE GAVRICO GEOPHONEN EPO CIVITATEN - OBIIT DIE VI. MARTII MDLVIII VIXIT ANN. LXXXII. M. XI. D. XXV. - DD. SEBASTIANVS BENINCASA GEOPHONEN. ET OCTAVIANVS CANIS BONONIEN. HAEREDES EX TESTAMENTO B. M. P. dans Memorie istoriche della chiesa e convento di s. Maria in Araceli di Roma, Rome, Casimiro Romano, 1845, . D'après son épitaphe, Gauric est mort le 6 mars 1558 âgé de 82 ans 11 mois et 25 jours. Il serait donc né en 1475 et non en 1476 comme il est communément admis.. Un de ses élèves avait été Jules César Scaliger.
Prétendue prédiction de la mort du roi
Selon certaines sourcesPar exemple Jean-Louis Brau, Dictionnaire de l'Astrologie, Éditions Larousse, Paris, 1977 ., Catherine de Médicis demanda à Gauric en 1552 de dresser l'horoscope d'; Gauric aurait recommandé à Catherine de Médicis d'éviter pour le roi tout combat singulier en champ clos, notamment aux environs de la quarante et unième année, parce qu'à cette époque de sa vie il était menacé d'une blessure à la tête qui pouvait entraîner rapidement la cécité ou la mort. Catherine de Médicis, étonnée, se serait fait confirmer cette prédiction par d'autres astrologues tels que Jérôme Cardan et Gabriel Simeoni. Il se fait que fut mortellement blessé le dans les circonstances censées avoir été prévues par Gauric, ce qui, selon les sources en question, aurait établi définitivement sa réputation.
Toutefois, l'horoscope d' par Gauric est cité littéralement dans le Dictionnaire de Pierre Bayle, et il n'y est pas question de duel ni de combat singulier. Gauric, après avoir promis les plus heureux succès au roi, ajoute qu'il vivra jusqu'à 69 ans, 10 mois et 12 jours à condition de passer les années de son âge 56, 63 et 64Pierre Bayle, « », dans Dictionnaire historique et critique, Paris, 1820, , , citation de Gauric, Tractatus astrologicus, Venise, 1552, folio 42 verso. Le Tractatus astrologicus de 1552 est reproduit en fac-similé (PDF) sur le site de l'Institut Warburg. L'horoscope du roi est à la page 91 du PDF. Il existe une autre version de la prophétie de Gauric. En 1552, Gauric aurait envoyé au duc Hercule de Ferrare une prédiction relative à trois souverains. Pour , il disait ceci : « Toutefois il semble que les voyages par eau soient défavorables et que quelque empêchement vienne des chevaux et des larmes coulant de l'œil gauche. » Cette version est donnée par Erasmo Pèrcopo, L’umanista Pomponio Gaurico. Luca Gaurico ultimo degli astrologi, Napoli, Luigi Pierro, 1895, , qui renvoie à Guy Du Faur de Pibrac, Apologie à la reine Marguerite, dans D'Artigny, Mémoires d'histoire, de critique et de littérature, Paris, 1749, et , . David Clement, Bibliothèque curieuse, , chez Jean Guillaume Schmid, 1760, précise que le passage de Pibrac est cité du tome II de D'Artigny et qu'à l'endroit indiqué de son , D'Artigny argumente contre l'authenticité de la prédiction attribuée par Pibrac à Gauric. (Selon Clement, Pibrac datait la prophétie de Gauric de 1549 et non de 1552, comme le fait Pèrcopo.).
De même, Nostradamus, dont un quatrain obscur est interprété par certains comme annonçant la mort d', écrivait en clair dans ses Présages en prose, à la fin de ce qui concerne le mois de — fut blessé en juin et mourut en juillet : « La France grandement augmenter, triompher, magnifier, & beaucoup plus le sien MonarqueBernard Chevignard, Présages de Nostradamus, 1999, et 341.. »
Légende sur la prédiction de la mort de Catherine de Médicis Selon une anecdote célèbre au sujet de la mort de la reine, une quinzaine d'années auparavant, vers 1571, Gauric (ou Côme Ruggieri, suivant les sources) aurait prédit à cette dernière qu'elle mourrait « près de Saint-Germain ». La souveraine, très superstitieuse, s'éloigna alors de tous les endroits rappelant de près ou de loin « Saint-Germain », pensant ainsi échapper à la funeste prédiction. Ainsi, par exemple, elle fit interrompre la construction du Palais des Tuileries dépendant de la paroisse de Saint-Germain-l'Auxerrois et s'installa précipitamment en 1572 dans ce qui allait devenir l'Hôtel de la Reine. Mais le destin la rattrapa, et sur son lit de mort, lorsqu'elle demanda son nom au confesseur appelé auprès d'elle pour lui porter l'extrême-onction, celui-ci répondit : Julien de Saint-Germain..
Œuvres
vignette|Super diebus decretoriis quos etiam criticos vocitant axiomata, 1546 Sauf mention contraire, les œuvres de Gaurico sont en latin. De concepta natorum ei septimestri partu ex Valenti Antiocheno, Venise, 1533 Ephemerides Recognitae Et Ad Vngvem Castigatæ, 1533
De eclipsi solis miraculosa in Passione Domini observata ; item de anno, mense, die et hora Conceptionis, Nativitatis, Passionis et Resurrectionis ejus, Venise, 1539 Trattato d'astrologia judiciaria, 1539 Tractatus astrologiae judiciariae, Nuremberg, 1540 Abraham ibn Ezra (auteur), Luca Gaurico (éditeur et commentateur), Tractatus de nativitatibus, 1545
Tractatus astrologicus, Venise, 1552, dans Bibliotheca astrologica latina, site Warburg Institute
Calendarium ecclesiasticum novum, Venise, Giunti, 1552
Tractatus judicandi conversiones sive revolutiones nativitatum, 1560 Super tabulis directionum Joannis Monteregiensis quoddam supplementum necnon Tractatus iudicandi omnium aphetarum directiones, 1560 — Tabulae directionum est de Regiomontanus Directiones Progressiones Sive Inambvlationes Ascensoria Tempora Horimea Horarvm constitutio, 1560
Opera omnia — En ligne :
Bibliographie
Adamantius, Physiognomia Adamantio interpraete. Pomponii Gaurici Geophonensis de Physiognomia libellus Luca Gaurici in physiognomia pleraque Axiomata, Bologne, Anselmo Giaccarelli, 1551
J.-P. Boudet, « Manipuler le ciel : note sur les horoscopes d' et de établis par Luca Gaurico », dans La fortuna dei Borgia. Atti del convegno (Bologna, 29‐31 ottobre 2000), dirs. O. Capitani, M. Chiabò, M.C. De Matteis et A.M. Oliva, Rome, 2005, David Juste et Charles Burnett, « Gaurico (Luca), Tractatus astrologicus », dans Bibliotheca astrologica latina, site Warburg Institute Erasmo Pèrcopo, Pomponio Gàurico, umanista Napoletano, 1894 Paola Zambelli, « Da a . Como l’astrologo provocatore Luca Gaurico divenne vescovo », dans La città dei segreti. Magia, astrologia e cultura esoterica a Roma (XVXVIII), dir. F. Troncarelli, Milan, 1985, Paola Zambelli, « Many ends of the world. Luca Gaurico instigator of the debate in Italy and in Germany », dans Astrologi hallucinati. Stars and the end of the world in Luther's time, dir. P. Zambelli, Berlin–New York, 1986,
Annexes Éponymie Le cratère lunaire Gauricus porte son nom.
Notes et références
Liens externes
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