Adolf Heusinger, né le à Holzminden et mort le à Cologne, est un général allemand de la Seconde Guerre mondiale. Il a été le premier chef d'État-Major de la Bundeswehr, les forces armées ouest-allemandes, après qu'elles ont été créées en 1955. Il a également été le président du Comité militaire de l'OTAN jusqu'à sa retraite en 1964.
Biographie Avant 1920 Le père d'Adolf Heusinger, Ludwig (né en 1862), est professeur et sa mère Charlotte, née , est issue d'une ancienne famille aristocratique ayant des ramifications dans le Hanovre. Son frère, , est le futur président de la Cour fédérale de Karlsruhe.
Après ses études au et au d'Helmstedt, il s'engage comme volontaire en 1915 au de l'Armée impériale. Il devient plus tard officier d'ordonnance sur le front ouest. Il est nommé Leutnant le . Il est plusieurs fois blessé à Verdun et sérieusement blessé dans les Flandres à . Il est alors capturé par les Britanniques et transféré dans un camp de prisonniers dans le Yorkshire, ce jusqu'en .
1920-1940 Il intègre la Reichswehr le au d'infanterie alors stationné à Cassel. Il devient Oberleutnant en 1925 et de 1930 à 1934, il est officier d'état-major au ministère des Armées à la division opérationnelle du service des troupes. Il épouse Gerda Krüger, historienne, en 1931. Heusinger est nommé capitaine le puis obtient le commandement d'une compagnie au d'infanterie stationné à Paderborn. De 1935 à 1937, il est premier officier d'état-major de la d'infanterie basée à Allenstein en province de Prusse-Orientale : il y atteint le grade de Major.
À compter de 1937 et ce jusqu'en 1944, il est affecté au haut-commandement de l'Armée de terre (l’OKH) : il est promu Oberst le , un an après le début de la Seconde Guerre mondiale.
1940-1945 vignette|upright=1.2|Heusinger (de dos au premier plan) dans un des quartiers généraux du Führer sur le front de l'Est, avec Hitler et Paulus, le . Heusinger devient quelques mois plus tard chef de la section des opérations ( ) à l’OKH et participe aux décisions opérationnelles et stratégiques. Il est chargé de la préparation de l', nom de code de l'attaque sur Stalingrad. Toutefois Heusinger et Halder, le chef d'état-major adjoint de la , ne peuvent imposer leurs vues, confrontés à l'entêtement de Hitler. Halder veut d'abord prendre Moscou, tandis que Hitler vise le Caucase, voie d'accès au pétrole des régions riveraines de la mer Caspienne. La directive de Hitler du , préliminaire à l'hiver désastreux qui aboutit à la perte ou à la disparition de plus de soldats allemands à Stalingrad, conduit progressivement à l’échec de l'Armée allemande en Union soviétique.
Heusinger est nommé Generalmajor en décembre 1941. Il comprend que la mauvaise qualité des renseignements concernant le front de l'Est constitue un problème pour les prises de décision de l'état-major. Il nomme Reinhard Gehlen en avril 1942 à la tête d'un début de réseau de renseignements qui tente de rester indépendant de la SD.
Heusinger est nommé Generalleutnant en janvier 1943 au moment de la chute de Stalingrad. .
Entre le et le , Heusinger est brièvement chef d'état-major adjoint de la Heer, à la suite de la démission pour cause de maladie du Generaloberst Kurt Zeitzler : il se trouve donc dans la Wolfsschanze aux côtés de Hitler, en train de lui montrer une carte, lorsque la bombe déposée par le colonel von Stauffenberg explose au cours de l‘attentat du . Comme Hitler, Heusinger n'est que blessé.
. Après l'attentat, il est transféré dans un hôpital par la Gestapo et mis aux arrêts. Il est ensuite emprisonné et interrogé. On le relâche cependant en , faute de preuves. Il est rayé des effectifs d'active et muté dans la Führerreserve ; il obtient néanmoins un poste le au service des cartes de l'armée. Il est fait prisonnier par les Américains en .
Après 1945 vignette|upright=1.2|Le « bureau Blank » le : Heusinger est le partir de la droite, Blank est devant, au centre. vignette|upright=1.2|Heusinger (à gauche) en compagnie du récent ministre de la Défense Theodor Blank (centre) et du général Speidel, le .
Adolf Heusinger est transféré dans un camp de prisonniers, puis reste sous surveillance alliée . L'Union soviétique réclame en vain son extradition pour pouvoir le juger en tant que criminel de guerre, conformément à la résolution approuvée le par l'Assemblée générale des Nations unies..
Heusinger commence alors sa collaboration avec le nouveau service de renseignement militaire de Reinhard Gehlen, son ancien officier. Son nom de code est Horn et il dirige le service d'exploitation des données, , année où il publie un livre de mémoires sur l'Armée allemande, (« Commandement dans le conflit, les heures fatidiques de l'Armée allemande 1923-1945 »).
En , il devient conseiller du chancelier Adenauer.
Heusinger poursuit sa carrière au « bureau Blank », entité objet de controverses qui est à l'origine du ministère de la Défense de l'Allemagne de l'Ouest, créé . Il en est le conseiller militaire de 1955 à 1957.
Il est confirmé au rang de Generalleutnant en , devenant l'un des plus hauts gradés de la future Bundeswehr qu'il contribue à mettre sur pied. En , il en devient le premier Generalinspekteur. Il préside le Military Committee de l'OTAN de 1963 à 1964 à Washington (le général belge Charles Paul de Cumont ayant été son prédécesseur - de 1962 à 1963, puis son successeur - de 1964 à 1968 - à la présidence de l'OTAN).
Le général Heusinger prend sa retraite le . Il meurt dix-huit ans plus tard à Cologne.
Titres et décorations Le général Heusinger est titulaire de nombreuses décorations : Croix de fer (1914) 1re et 2e classeRangliste des Deutschen Reichsheeres. Mittler & Sohn, Berlin, 1930 (p. 159). Croix du Mérite de guerre (Brunswick) II. Klasse Croix d'honneur reussoise de 3e classe mit Schwertern Médaille d'argent du mérite reussoise mit Schwertern Insigne des blessés (Verwundetenabzeichen (1918) in Schwarz) Médaille de service de longue durée de la Wehrmacht II. Klasse Spange zum Eisernen Kreuz II. und I. Klasse Kriegsverdienstkreuz (1939) II. und I. Klasse mit Schwertern Ordre de la Croix de la Liberté de Finlande Verwundetenabzeichen 20. Juli 1944 Legion of Merit, Commander Ordre du Mérite de la République fédérale d'Allemagne
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Richard Breitman, Norman J.W. Goda, L'ombre d'Hitler : Les services secrets américains et les criminels nazis pendant la guerre froide, préf. Éric Branca, Paris, Éditions Jean-Cyrille Godefroy, 160 p., 2022 . . . .
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