Plounévézel est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France.

Géographie

Plounévézel est situé dans le centre-est du département du Finistère, dans la région historique du Poher, au nord-ouest de Carhaix et au sud-est des Monts d'Arrée et du Parc naturel régional d'Armorique.

Le finage communal est limité au sud et à l'est par l'Hyères (qui la sépare de Carhaix et de Treffrin), au nord-est par le ruisseau du moulin de Polan (qui prend plus en aval le nom de ruisseau de Goaz ar Guelen), affluent de rive droite de l'Hyères, qui sépare la commune de celle de Carnoët (ces deux cours d'eau servant alors aussi de limite départementale entre les départements du Finistère et des Côtes-d'Armor), et à l'ouest par le ruisseau de Dourcan, autre affluent de rive droite de l'Hyères ; leur confluence à 80 mètres d'altitude, au niveau du pont routier sur la D 764 (ancienne RN 764, désormais axe Lorient-Roscoff, lequel longe la limite ouest de la commune), constitue le point le plus bas de la commune, en pente douce exposée au sud (le point le plus élevé, à 164 mètres d'altitude, se trouve à l'extrême nord de la commune avec Poullaouen, près de Kerviolet. Le bourg, en situation relativement centrale au sein du territoire communal, est vers 120 mètres d'altitude.

La commune présente un paysage agraire traditionnel de bocage avec un habitat dispersé formé de nombreux écarts (hameaux et fermes isolées), dont le hameau de Kergroaz (Kergroas), situé à l'extrême sud de la commune, qui est un faubourg de Carhaix. Lors du recensement de 1892, le bourg n'avait que 38 habitants agglomérés, moins que les hameaux de Kergroas (qui possédait alors 120 habitants), Kerzutal (56 habitants), Kerviolet (53 habitants), Garsalain (51 habitants), Coatilouarn (45 habitants) et Kergariou (39 habitants) et à peine plus que ceux de Kermarzin (36 habitants), Kervengoz (31 habitants), Kernevez (30 habitants) et Kergonval (30 habitants).. Le bourg, donc traditionnellement tout petit, a grossi ces dernières décennies en raison de la création de lotissements au sud-ouest de l'ancien bourg, la commune connaissant une certaine périurbanisation en raison de la proximité de Carhaix.

L'ancienne voie ferrée du Réseau breton, Ligne de Morlaix à Carhaix, qui traverse la partie nord-est du territoire communal (la commune disposait d'une halte ferroviaire près du hameau de Frostel), a été aménagée en voie verte (n°8, allant de Roscoff à Concarneau).

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par l'Hyère, le Dourcam, le Goaz Guélen et divers autres petits cours d'eau.

L'Hyère, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Callac et se jette dans l'Aulne en limite de Spézet et de Cléden-Poher, après avoir traversé .. Les caractéristiques hydrologiques de l'Hyère sont données par la station hydrologique située sur la commune de Trébrivan. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 29/07/2024 à 02:06 TU à partir des 615 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/02/1972 au 01/06/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le ..

vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de PlounévézelLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Brennilis à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Plounévézel est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Carhaix-Plouguer, une agglomération inter-départementale dont elle est une commune de la banlieue.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Carhaix-Plouguer, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (91,6 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (92,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (61,8 %), zones agricoles hétérogènes (19,1 %), prairies (10,7 %), zones urbanisées (4,3 %), forêts (4,1 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Ploeneguezell au , Ploenevezell en 1514 et Prounezvel en 1646..

Plounévézel vient du breton ploe (paroisse) et nevezel ou nevez (nouveau).

Le nom de la commune en breton est Plonevell..

Histoire

Moyen-Âge

L'ancien manoir de Goazvennou existait au moins dès le et appartint un temps à la famille de Lesquellen. Époque moderne

Les seigneurs de Lamrat étaient représentés aux montres de l'évêché de Cornouaille entre 1481 et 1562 et un seigneur de Lamprat fut sénéchal de Carhaix en 1660Pol Potier de Courcy, "Nobiliaire et armorial de Bretagne", tome 2, 1862, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5406239c/f74.image.r=Ploun%C3%A9v%C3%A9zel?rk=386268;0. Charles de Pestivien était seigneur de Goazvennou (Gouarennou) en 1536. Un nouveau manoir de Goazvennou fut construit en 1686 par Jean Veller du Croixmen, sénéchal de Carhaix ; il passa ensuite par alliances successives aux mains des familles Garnier et de Saisy.

Cette commune est connue pour des faits liés à la Révolte des Bonnets rouges en 1675. Charles Le Goffic évoque ces faits dans son roman Croc d'argentCharles Le Goffic, "Croc d'Argent", , 1922, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k805589/f337.image.r=Ploun%C3%A9v%C3%A9zel.

Le prédicateur Julien Maunoir prêcha une mission à Plounévézel et y aurait accompli un miracle par procuration : il aurait guéri une « folle » en lui faisant baiser sa clochette apportée au domicile de la malade par le recteur de la paroisse, CanantR.P. Guillaume Le Roux, "Recueil des vertus et des miracles du R. P. Julien Maunoir", 1848, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5624088k/f234.image.r=Ploun%C3%A9v%C3%A9zel?rk=901292;0.

Selon Henri Sée, en 1774, le nombre des journaliers et domestiques à Plounévézel était de 121 sur une population totale qui s'élevait alors à 907 habitantsHenri Sée, "Les classes rurales en Bretagne du XVIe siècle à la Révolution", 1906, page 307..

Jean-Baptiste Ogée décrit en ces termes Plounévézel en 1778 :

Révolution française

La paroisse de Plounévézel fut en 1791 supprimée par l'Assemblée constituante : « Il n'y aura, pour la ville de Carhaix et les campagnes environnantes, qu'une seule paroisse, qui sera desservie sous l'invocation de saint Trémeur, dans l'église ci-devant collégiale de cette ville. La paroisse de Plounévézel, Sainte-Catherine sa succursale, ainsi que les succursales de Saint-Quijeau et Treffrin sont supprimées et réunies à la paroisse de Carhaix ; l'église de Plounévézel et celle de Treffrin sont conservées comme oratoires »Jérôme Mavidal et Émile Laurent, "Archives parlementaires de 1787 à 1860. Du 28 août au 17 septembre 1791", consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k495459/f564.image.r=ploun%C3%A9v%C3%A9zel?rk=2038636;4. Cette paroisse fut rétablie par la suite.

Le

En 1853, A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi Plounévézel :

La liste des personnes vivant à Plounévézel lors du recensement de 1892 a été publiée sur un site Internet.

Le

La Belle Époque

Le , l'Hyères déborda de manière catastrophique, submergeant jusqu'à sa toiture la chapelle Sainte-Catherine et abîmant le pont reliant le Petit Carhaix à KergroasJournal L'Ouest-Éclair, n° du 23 février 1900, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k638811b/f3.image.r=Ploun%C3%A9v%C3%A9zel?rk=364808;4. Une autre grave inondation survint en 1910Journal La Croix, n° du 29 janvier 1910, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k257592x/f3.image.r=Ploun%C3%A9v%C3%A9zel?rk=64378;0.

Le pardon de Saint-Pierre était alors célébré chaque année le dimanche de la Pentecôte, même s'il n'était fréquenté que localementJournal L'Ouest-Éclair, n° du 28 mai 1901, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6392603/f3.image.r=Ploun%C3%A9v%C3%A9zel?rk=386268;0 et n° du 2 juin 1909, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k642183x/f5.image.r=Ploun%C3%A9v%C3%A9zel?rk=1137344;4.

En , le recteur de Plounévézel reçut un délai de 15 jours pour quitter son presbytère, sous peine d'en être expulséJournal L'Ouest-Éclair, n° du 14 septembre 1907, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6415560/f4.image.r=Ploun%C3%A9v%C3%A9zel?rk=2103014;4.

Les courses de Carhaix étaient organisées chaque année sur l'hippodrome de Penalan ; des trains spéciaux amenaient les voyageurs depuis Carhaix et Poullaouen jusqu'à la halte de Plounévézel, située à proximité de l'hippodromeJournal L'Ouest-Éclair, n° du 2 mai 1909, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k642152h/f2.image.r=Ploun%C3%A9v%C3%A9zel?rk=1738206;0.

La Première Guerre mondiale