Plouyé est une commune du canton du Huelgoat, dans le département du Finistère, dans la région Bretagne, en France.
Géographie
Localisation La commune appartient à Monts d'Arrée Communauté. Elle est limitrophe du Parc naturel régional d'Armorique, voisine du Poher et fait partie historiquement de la Cornouaille.
Relief
La commune est située sur le versant sud-est des Monts d'Arrée. Le bourg est situé à d'altitude et est traditionnellement assez petit : en 1886 par exemple, il n'a que 88 habitants pour une population communale totale de 1886 personnesB. Girard, La Bretagne maritime, Rochefort-sur-mer, 1889, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5744832r.r=Plouy%C3%A9.langFR.
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par l'Aulne, l'Ellez, le ruisseau du Moulin neuf et divers autres petits cours d'eau.
L'Aulne, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Lohuec et se jette dans la rade de Brest en limite de Landévennec et de Rosnoen, après avoir traversé ..
L'Ellez, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Saint-Rivoal et se jette dans l'Aulne à Landeleau, après avoir traversé .
vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de PlouyéLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Brennilis à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Plouyé est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Carhaix-Plouguer, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (85,2 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (85,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (46,4 %), terres arables (28,3 %), forêts (14 %), prairies (10,5 %), zones urbanisées (0,8 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie vignette|gauche|Le bourg vu de la taverne Ty Elise. Le nom de la localité est attesté sous les formes Ploie en 1289., Ployé en 1311., Plohie en 1337, Ploeye en 1368, Ploye en 1516, Ploie en 1536, Plouyé en 1599, Plouiay en 1630. En 1793, le nom de la commune est transcrit Plouié et à partir de 1801, Plouyé.
Parmi les étymologies possibles sur la seconde composante du nom en « plou », évoquent le nom de sainte Hia ou Ia de Cornouailles britannique, enterrée à Saint Ives en cette même région.
Plouyé est une paroisse primitive de l'ancienne Armorique qui englobait aussi Plonévez-du-Faou, Landeleau, Châteauneuf-du-Faou et les trèves du Moustoir et du Quilliou.
Histoire Des origines au Moyen Âge vignette|left|180px|Mobilier trouvé dans le tumulus de Kerguévarec (musée de la préhistoire finistérienne de Penmarc'h). vignette|145px|Haches à talon trouvées dans le dépôt de Park ar Hoat (musée de la Préhistoire finistérienne de Penmarc'h). Le territoire communal était déjà peuplé à l'âge du bronze comme en témoignent un tumulus de de circonférence découvert à Kerguévarec en 1884 (son mobilier, contenant entre autres des pointes de flèche et un brassard d'archer est exposé au musée de la Préhistoire finistérienne de Penmarch, dont une épée en bronze de de long) et treize sépultures exhumées par l'archéologue Paul du Châtellier à la fin du .. Des haches à talon, datant aussi de l'âge du bronze, ont été trouvées dans le dépôt de Park ar Hoat en Plouyé. Deux autres tumuli de l'âge du bronze ont été identifiés à Kergadiou lors des travaux préliminaires à la construction de l'axe routier Lorient-RoscoffRevue "Gallia préhistoire", année 1977, volume 20, , page 418.
Au haut Moyen Âge, après avoir fait partie de la ploue de l'Armorique primitive de Plouenez, Plouyé devint une paroisse englobant un vaste terroire, incluant Plonévez-du-Faou jusqu'à la scission de cette "paroisse nouvelle" à une date inconnue..
Jeanne, dame de Plœuc et de Plouyé, épouse en 1292 Tanguy de Kergorlay, seigneur de Tymeur en Poullaouen. La baronnie de Kergorlay, implantée à Motreff, créée par un fils cadet de la maison de Poher, fut un temps au la plus puissante de CornouailleAlbert Mousset, "Documents pour servir à l'histoire de la maison de Kergorlay en Bretagne". Paris, H. Champion, 1921, comptant cinq ou six cents feux sur une superficie de 25 kilomètres carrés. Par la suite, cette seigneurie fut érigée en marquisat en 1616, regroupée avec Timeur et Plouyéhttps://archive.wikiwix.com/cache/20110224033112/http://ns203268.ovh.net/yeurch/histoirebretonne/terre/teneur/K/Kergorlay.htm..
Une terre de révoltes
Au fil des siècles, plusieurs révoltes ont concerné les habitants de Plouyé.
La jacquerie de 1489-1490
Une révolte paysanne (jacquerie) éclata en 1489 en Cornouaille selon les dires du chanoine Jean Moreau : ce soulèvement paysan était contre l'introduction en Bretagne voulue par la noblesse de la loi féodale française substituée à la plus libérale "coutume du pays", le bail à domaine congéable. Les paysans, sous la conduite de trois frères paysans que l'on dit être originaires de Plouyé, s'en prirent aux nobles et aux bourgeois de la région., projetant de les massacrer.
« En l'an 1489 il y eut un grand soulèvement en cet évêché de la populace contre la noblesse et les communautés des villes, qui, ayant publiquement et à guerre ouverte pris les armes, coururent les villes, bourgades et maisons des nobles, tuant tous ceux qui tomboient entre leurs mains, leur intention et leur but n'étant autres que d'exterminer tous ceux de cette qualité, afin de demeurer libres et affranchis de toute subjection [sujétion], des tailles et pensions annuelles qu'ils payoient à leurs seigneurs, et revendiquer la propriété de leurs terres » écrit le chanoine Moreau.
Après être entrés le dans Quimper et avoir mis à sac la ville, ils furent défaits quelques jours plus tard le à Penhars où beaucoup sont massacrés (au lieu-dit "Prad-ar-Raz", où "Pratanraz", rebaptisé depuis "Prad ar mil gov", c'est-à-dire "Pré des mille ventres"), puis le près de Pont-l'Abbé au lieu-dit Ar Veujit Vras (La Boissière) en Plomelin, près du ruisseau le Dour RuRonan Le Coadic, "Campagnes rouges de Bretagne", Skol Vreiz , 1991. Des révoltés survivants se réfugient à Châteauneuf-du-Faou qu'ils autogèrent quelques jours et mettent à sac mais le Charles de Quimerc'h réussit à rétablir l'ordre dans cette localité. Les meneurs étaient trois frères originaires de la paroisse de Plouyé. Seul le prénom de l'un d'entre eux nous est connu. Il s'agissait d'un dénommé Jean, surnommé "Jean l'Ancien" ou Yann Plouye. De cette défaite serait né un proverbe breton "Dalc'h mat Jan, sac'h, c'hui duc e breis" ("Tiens bon, fais ferme, Jean, et tu seras duc de Bretagne").
L'événement est ainsi décrit par l'historien Jean-Pierre Leguay : « Les paysans d'une quinzaine de paroisses dont Plouyé, Plonévez-du-Faou, Plomodiern, Saint-Nic... forment une "commune" qui se donne pour but de prendre Quimper et de la mettre à feu et à sang... Il est possible que "l'effroi" ait eu comme origine le congédiement par des propriétaires citadins de fermiers et convenanciers (...). La répression rapide et brutale, le massacre des manants à "Pratanros", l'exécution des meneurs ne font pas disparaître le malaise qui subsiste jusqu'à la fin du siècle »Jean-Pierre Leguay et Hervé Martin, "Fastes et malheurs de la Bretagne ducale 1212-1532", éditions Ouest-France Université, 1982. vignette|La façade de l'église paroissiale Saint-Pierre. vignette|Inscriptions sur la façade de l'église portant sa date de construction (1664). Dans le "Barzaz Breiz", le vicomte de la Villemarqué écrit une version de ces événements plus favorable aux révoltés: (...) Maudite soit la terre elle-même, la terre de Plouyé, Qui est la cause de querelles terribles, La cause de terribles querelles entre le maître et le colon. Mais maudits soient, par-dessus tout, les nobles hommes Des cités qui oppriment le laboureur. (Les "nobles hommes" évoqués dans cet extrait sont en fait les bourgeois des villes selon la terminologie usitée à cette époque).
La "gwerz" intitulée "Les jeunes hommes de Plouyé"Texte intégral de la gwerz disponible http://chrsouchon.free.fr/plouyeof.htm conserve le souvenir de cette révolte des domaniers (= paysans dans le cadre d'un contrat de domaine congéable des m onts d'Arrée au ): Écoutez tous, gens de Plouyé, écoutez bien ce qui va être publié Que dans le jour et l'an soit faite l'estimation de ce qui appartient en propre à chacun de vous Vos édifices et vos fumiers ; et qu'elle soit faite à vos frais ; Et allez ailleurs, vous et les vôtres, avec votre argent neuf chercher un perchoir [...] Adieu nos pères et nos mères ; nous ne viendrons plus désormais nous agenouiller sur vos tombes ! Nous allons errer, exilés par la force, loin des lieux où nous sommes nés, Où nous avons été nourris sur votre cœur, où nous avons été portés entre vos bras. Adieu nos saints et nos saintes ; nous ne viendrons plus vous rendre visite ;