Pont-Aven Jean-Marie Pierret, Phonétique historique du français et notions de phonétique générale, Peeters, Louvain-la-Neuve, 1994, . est une commune du département du Finistère dans la région Bretagne en France. Pont-Aven est surnommée « la cité des peintres » car de nombreux peintres, dont Paul Gauguin, William Bouguereau, Louis-Nicolas Cabat, Léon Germain Pelouse, Sébastien Charles Giraud, Paul Sébillot, ainsi qu'Émile Bernard y ont séjourné.

Géographie

La commune de Pont-Aven est une commune proche du littoral de l' océan Atlantique, bordée à l'est par le fleuve Aven. La petite ville de Pont-Aven est située au bord de cette rivière, à l'endroit où elle s'élargit en un estuaire qui forme une ria (un aber en breton), là où se trouve le dernier pont avant la mer sur ce fleuve côtier dont les eaux dévalent des montagnes Noires en se faufilant au milieu d'un chaos d'énormes rochers, dans un site favorable à l'implantation de nombreux moulins à eau, avant de rejoindre la mer. Autrefois les eaux de l'Aven animaient de nombreux moulins dans la petite cité. Ils sont à l'origine du dicton : « Pont-Aven, ville de renom, , ». En plus des ouvrages de pierre liés aux canaux de dérivation servant à l'alimentation en eau des moulins le spectacle des lavandières sur les berges et les îlots contribua à séduire les artistes.

Pont-Aven est une ville de fond d'estuaire, née à la jonction des eaux douces et salées, au niveau du dernier pont sur le fleuve côtier l'Aven. Ce port d'échouage de fond de ria, asséché deux fois par jour lors des marées basses, permettait un modeste trafic de gabares, lougres et chasse-marées qui pouvaient se rendre jusqu'à Quimper, Nantes, Bordeaux ou même Cardiff dans le dernier quart du pour y acheminer des pommes de terre et y charger du charbon. La navigation dans la ria de l'Aven, où affleurent de nombreux bancs de vase molle, était parsemée d'embûches, y compris à hauteur de l'océan Atlantique pour le franchissement de la barre de Port Manec'h. Ce n'est plus désormais qu'un port de plaisanceSerge Duigou et Jean Failler, "La Cornouaille dans tous ses états", éditions Palantines, 2013 [].

« Pont-Aven étant établie dans une vallée entre deux collines abondamment boisées, s'ouvrant vers le sud et la mer, le climat y est tempéré, favorable au travail en plein air » remarque Henry BlackburnHenry Blackburn (1830-1897), "Randolph Caldecott: His Art and Life", Fisher Press, New edition (15 décembre 1995), ., ce qui a contribué à y attirer les peintres.

La commune de Pont-Aven englobe en outre de vastes portions de territoire non urbanisés qui appartenaient à la commune de Nizon avant qu'elle ne fusionne en 1954 avec celle de Pont-Aven. De nombreux villages parsèment cet espace. Le bourg de Nizon, ancien chef-lieu de commune, constitue la seconde agglomération en importance. Au nord de la ville, surplombant l'Aven, se trouve le "Bois d'Amour"Peint par Marie Luplau en 1883 et par Fernand Daucho en 1957.

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par l'Aven, un bras de l'Aven, le Stêr Goz, le Pont Quoren et divers autres petits cours d'eau.

L'Aven, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Coray et se jette dans l'océan Atlantique en limite de Riec-sur-Bélon et de Névez, après avoir traversé huit communes. Les caractéristiques hydrologiques de l'Aven sont données par la station hydrologique située sur la commune. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 29/07/2024 à 02:06 TU à partir des 386 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/05/1992 au 01/06/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le même jour.. L'Aven en amont de la ville de Pont-Aven et en aval du Moulin du Haut Bois

Le Ster Goz, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Scaër et se jette dans l'Aven sur la commune, après avoir traversé quatre communes. Les caractéristiques hydrologiques du Stêr Goz sont données par la station hydrologique située sur la commune de Bannalec. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 29/07/2024 à 02:06 TU à partir des 696 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/07/1966 au 01/06/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le même jour..

vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Pont-AvenLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Trégunc à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .

Urbanisme Typologie Au , Pont-Aven est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Pont-Aven, une unité urbaine monocommunale constituant une ville isolée.. La commune est en outre hors attraction des villes...

La commune, bordée par l'océan Atlantique, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d'urbanisme s'y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l'équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d'urbanisme le prévoit..

Occupation des sols vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). Le tableau ci-dessous présente l'occupation des sols détaillée de la commune en 2018, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC).

+Occupation des sols en 2018 Type d'occupation Pourcentage Superficie (en hectares)Tissu urbain discontinu5,9 %169Zones industrielles ou commerciales et installations publiques1,2 %34Équipements sportifs et de loisirs1,3 %38,5Terres arables hors périmètres d'irrigation34,6 %989Prairies et autres surfaces toujours en herbe6,3 %181Systèmes culturaux et parcellaires complexes36,8 %1052Surfaces essentiellement agricoles interrompues par des espaces naturels importants2,3 %66Forêts de feuillus7,7 %219Forêts mélangées3,7 %107Estuaires0,1 %2,5Source : Corine Land Cover.

Toponymie Du vieux-breton aven qui signifie rivièreErnest Nègre, Toponymie générale de la France - Volume 2 - Page 1031, rivière de Pont-Aven, en breton modern Pont-Aën et dont l'une des sources est située près du village de Pen-AvenStéphane Gendron, Les noms des lieux en France: essai de toponymie - Page 131.

Histoire

Préhistoire

Le territoire communal possède et surtout possédait plusieurs monuments mégalithiques : l'allée couverte du Moulin René est désormais très endommagée. et les deux dolmens de Coat-Luzuen sont les restes d'une ancienne allée couverte.. Le menhir de Kérangosquer, qui a de hauteur, a été christianisé, une croix gravée se trouve sur son côté est..

Selon le Chevalier de Fréminville, un autre menhir, haut de , se trouvait non loin dans la lande de Kerveguelen ; il était entouré de gros blocs de pierre brute, posés à nu sur le sol, et appelés par les paysans "carneillou" en breton, ce qui signigie littéralement "lieu où se trouvent des ossements" ; chaque carneillou marquerait donc un emplacement de tombe.

D'autres se trouvaient au nord de l'ancienne commune de Nizon. L'ancienne forêt de Lusuen [Luzuen]Cette ancienne forêt était à cheval sur le nord du finage de Nizon et le sud de celui de Kernével ; le hameau de Luzuen est désormais dans la partie nord du territoire de la commune de Pont-Aven depuis que celle-ci a annexé Nizon. (son nom même signifie "charme" ou "sortilège") renferme plusieurs monuments mégalithiques : le Chevalier de Fréminville cite deux dolmens voisins, l'un dont la table plate-forme est formée d'une seule pierre, de de longueur sur de largeur, qui repose sur huit pierres verticales disposées en parallélogramme et est haut de ; la table de l'autre n'a que de long et dans sa plus grande largeur et est supportée par quatre pierres debout. En descendant dans une vallée au-dessous du manoir de Kermadéoua, il décrit un troisième dolmen [en fait une allée couverte d'après la description qu'il en fait] de de long et dont la plate-forme est composée de deux pierres, dont la plus grande est cassée en deux. Il cite encore un autre dolmen qui se trouve à une lieue de Kermadéoua, près la lisière de la forêt, dans un petit champ appelé Kerambruno, dont la table supérieure à de long, sur de large et est supportée par 4 piliers. Selon le Chevalier de Fréminville, sa table est fortement inclinée « pour faciliter l'écoulement du sang des victimes humaines que les Druides immolaient sur ces autels barbares » [cette assertion est fausse, mais le chevalier est victime des croyances de son temps]. Il cite encore un autre dolmen [là encore une allée couverte en fait], situé sur une hauteur dominant la vallée de l'Aven, près du hameau de Kerroc'h, long de , mais déjà alors en piteux état (ses soutiens verticaux n'existent plus que d'un seul côté et deux des pierres de sa plate-forme sont en partie renversées) ; l'intérieur était partagé en deux chambres.

Moyen Âge Pont-Aven, ainsi que Nizon, sont issues du démembrement de la paroisse de Melgven. Pont-Aven, qui dépendait de l'évêché de Cornouaille, fut une simple trève de Nizon jusqu'à la Révolution française, une partie de son territoire dépendant de la paroisse de Riec-sur-Belon..

Époque moderne Pont-Aven est ainsi décrit en 1636 par François-Nicolas Baudot, sieur du Buisson et d'Aubenay (l'orthographe a été respectée) :

Cette commune est citée à l'occasion de la révolte des Bonnets rouges survenue en Bretagne en 1675.