Pont-Croix (en breton Pontekroaz ou plus généralement Ar Pont) est une commune française, située dans le département du Finistère en région Bretagne.

Géographie vignette|gauche|Carte de la commune de Pont-Croix Pont-Croix, qui fut chef-lieu du district de Pont-Croix, puis du canton de Pont-Croix, fait partie du canton de Douarnenez depuis la réforme de 2015. Historiquement, la ville fait partie du cap Sizun. vignette|Pont-Croix vu de la rive gauche du Goyen. Le site de Pont-Croix est comparable à celui de Quimper, car les deux villes se sont installées sur un plateau incliné dominant au nord un estuaire est-ouest qui fait ensuite un angle droit pour déboucher sur la côte plus à l'ouest et au midi. Si les parties nord et est du finage communal sont situées sur un plateau vers une soixantaine de mètres d'altitude, atteignant même l'altitude maximale de à la limite nord de la commune, la ville est située sur le versant exposé plein sud et en pente forte (le centre-ville est toutefois sur un replat entre et d'altitude) de rive droite du fleuve côtier, le Goyen, à la limite entre sa partie fluviale et sa partie maritime (aber), là où se trouvait traditionnellement le dernier gué permettant de le traverser, remplacé ensuite par un pont sur lequel un moulin à marée a été édifié au (depuis un pont a été construit plus en aval entre Audierne et Plouhinec) et où s'interrompaient les possibilités de navigation, Pont-Croix étant par le passé un port maritime. Des rues en pente forte, notamment la Petite Rue Chère et la Grande Rue Chère (celle-ci en partie formée d'escaliers) relient le centre-ville au port.

À l'embouchure se trouvent les ports d'Audierne et de Poulgoazec distants de . Le chenal navigable, dont la largeur moyenne est de , serpente entre des plages de sable qui découvrent à marée basse, le banc de Suguensou étant le plus important ; les sinuosités du chenal et l'absence d'un chemin de halage étaient de sérieux obstacles à la navigation, même si les bateaux ont depuis toujours remonté l'estuaire du Goyen pour faire de Pont-Croix un port de mer (l'anse de Porz-an-Listri fut longtemps un simple port d'échouage), ne pouvant accueillir que des bateaux de 20 à 30 tonneaux, exportant les denrées agricoles de la région et important du sel et du vin). « Il se tient à Pont-Croix un marché de cendres de goémon, qui sont transportées à Audierne où on les charge à bord des bateaux » écrit l'ingénieur des Ponts et Chaussées de la circonscription de Quimper en 1907.

La vallée du Goyen suit depuis sa source située à à Plonéis un fossé tectonique qui se prolonge au-delà du coude de la ria du Goyen jusqu'à la baie d'Audierne. Sa rive droite avait été utilisée pour établir le tracé de la ligne de chemin de fer à voie métrique reliant Pont-Croix à Audierne.

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le Goyen, le Lochrist et divers autres petits cours d'eau.

Le Goyen, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Plonéis et se jette dans l'océan Atlantique en limite de Plouhinec et d'Audierne, après avoir traversé . Les caractéristiques hydrologiques du Goyen sont données par la station hydrologique située sur la commune. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 29/07/2024 à 02:06 TU à partir des 690 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/01/1967 au 01/06/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le même jour..

Le Lochrist, d'une longueur de dix km, prend sa source dans la commune de Poullan-sur-Mer et se jette dans le Goyen à Mahalon, après avoir traversé .

vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Pont-CroixLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Pluguffan à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .

Urbanisme Typologie Au , Pont-Croix est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

La commune, bordée par l'océan Atlantique, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d'urbanisme s'y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l'équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d'urbanisme le prévoit..

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (78,2 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (80,4 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (45,3 %), terres arables (32,9 %), zones urbanisées (13,7 %), forêts (7,3 %), zones humides côtières (0,8 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Histoire Préhistoire et Antiquité La civilisation gallo-romaine a laissé une trace importante dans les vestiges de la villa de Kervenennec., à la fois exploitation agricole et villa luxueuse, datant du après J.-C., qui avait 30 mètres de façade et comprenait 9 salles, dont des thermes chauffés par un hypocauste, sans compter les bâtiments annexeshttp://ns2014576.ovh.net/files/original/b1a55fc084961a82b4b6ea5023c679bb.pdf. Des mosaïques y ont été mises au jour dont une de forme octogonale reconstituée au Musée départemental breton de Quimper. Cette villa est située à l'ouest de la ville actuellehttp://ns2014576.ovh.net/files/original/b1a55fc084961a82b4b6ea5023c679bb.pdf et https://journals.openedition.org/rao/2730. Une statuette votive d'une déesse probablement, en terre cuite de 18 cm de hauteur, surnommée « Vénus impudique » y a été découverte en 1904..

Une voie dite romaine a donné un tracé rectiligne à une route prenant en écharpe le plateau qui domine la ville sur un itinéraire qui joignait Quimper à la Pointe du Van.

S'il n'y a pas trace de fortifications, la tradition a gardé le souvenir du quadrilatère de rues dénommé le « Tour du Chastel » indiquant au milieu de la ville moderne l'emplacement de l'ancien château médiéval.

Moyen Âge Pont-Croix est une paroisse née du démembrement de l'ancienne paroisse de Plogoff. Les premières mentions de Pont-Croix remontent au avec la construction d'un château-fort, lequel est détruit au ; Pont-Croix a été initialement un bourg castral, c'est-à-dire une agglomération née autour du château, qui a été probablement construit au . Le seul seigneur connu est Sinquin de Pont-Croix, né en 1240 et mort après 1293..

Le château fortifié de Pont-Croix, probablement construit par Sinquin, fut rapidement abandonné (sa fille, Plesou, se maria avec Alain de Tyvarlan [Tivarlen] et les époux habitèrent la forteresse de Tyvarlan). Il ne reste rien du château, mais il est toutefois à l'origine du bourg, les premières maisons s'étant construites autour de lui. La seigneurie passa en 1391 aux mains de la famille de Rosmadec en raison du mariage d'Alix de Tyvarlan avec Jean de Rosmadec..

Notre-Dame-de-Roscudon était à l'origine une simple chapelle des seigneurs de Pont-Croix, agrandie en église au milieu du par Sinquin de Pont-Croix, et transformée par la suite avec notamment l'ajout du grand portail et la construction d'un nouveau transept à la fin du par Jean de Rosmadec et la construction d'une abside polygonale par Alain de Rosmadec entre 1528 et 1544. L'école de Pont-Croix, expression inventée par l'architecte Charles Chaussepied, est un style des et qui marque profondément l'architecture religieuse du Cap Sizun et du Cap Caval (Pen Marc'h en breton, Pays Bigouden aujourd'hui).

L'emplacement de Pont-Croix qui en fait un lieu stratégique à la jonction du Cap Sizun, dont elle est la capitale seigneuriale, et du Pays Bigouden, lui confère un rôle commercial et administratif majeur, car elle est à la fois le lieu de foires réputées et le siège d'une sénéchaussée. Elle héberge de nombreux membres des professions judiciaires, procureur, notaires, sergents de justice, dont une partie est au service des propriétaires de terres nobles. Elle a le statut apparent d'une ville, mais pas les attributs attachés, puisqu'il n'y aura pas de communauté de ville sous l'Ancien Régime et que malgré la superficie remarquable de sa chapelle et l'importance du clergé attaché, la paroisse restera une trève de Beuzec-Cap-Sizun jusqu'en 1791.

La famille de Rosmadec et la création du marquisat