Anna Thibaud, ou Anna Thibaut, de son vrai nom Marie-Louise Thibaudot, est une chanteuse française, née le à Saint-Aubin (Jura)Acte de naissance n°24, archives départementales du Jura communal de Saint-Aubin : naissances, mariages, décès, publications de mariage (3E/6558) et morte le dans le Décès 1948, mairie du , acte n°808, Archives de Paris, cote 17D 282..
Biographie Naissance Une confusion existait concernant sa date de naissance.
François Thibaudot, cordonnier, se marie avec Joséphine Breton le à Saint-Aubin (Jura)acte n°16, page 145/342, série du greffe : naissances, mariages, décès, publications de mariage (3E/6556), Archives départementales du Jura.. De cette union nait une première Marie-Louise Thibaudot le . Joséphine Breton meurt le à Saint-Aubinacte de décès n°25, page 259/470, série du greffe : naissances, mariages, décès, publications de mariage (3E/6559), Archives départementales du Jura. Veuf, François se remarie alors avec Anne Renaud le dans cette même communeacte de mariage n°6, page 155/470, série du greffe : naissances, mariages, décès, publications de mariage (3E/6559), Archives départementales du Jura.. Nait alors de ce mariage une seconde Marie-Louise Thibaudot le acte n°24, pages 52 et 53/470, série du greffe : naissances, mariages, décès, publications de mariage (3E/6559), Archives départementales du Jura. : cette dernière se mariera le à la mairie du arrondissement de Paris avec un représentant de commerce nommé Henri Charles Ferdinand Alan, fils de Jean Louis Félix dit Auguste Alan, ingénieur, et de Fany Eternodacte n°516, page 272/394, mairie du 7e arrondissement, Archives de Paris.. Ce couple s'installera ensuite à Mériel (Val-d'Oise) : on les retrouve dans le recensement de la population de cette commune en 1906 où l'épouse, prénommée "Anne-Marie", est indiquée comme étant sans professionrecensement de la population de Mériel, 1906, page 16/32, Archives départementales du Val-d'Oise. Il s'agit donc de la demi-sœur d'Anna Thibaud car la carrière artistique de cette dernière commence dès 1886.
Sa date de naissance réelle est donc bien le . Cette date est confirmée sur son acte de décès à Paris en 1948 ainsi que dans son dossier de Chevalier de la Légion d'Honneur en 1936 où même son baptême, le suivant, est précisé. Enfin, dans ce même document, une lettre manuscrite d'Anna confirme qu'elle ne s'est jamais mariée.
Carrière Anna Thibaud commence sa carrière en 1886 en jouant des « petites femmes» d'opérette à Metz, puis aux Bouffes-Parisiens, à l'Eden-Concert et comme « diseuse » au Concert parisienBrunschwig, Calvet, Klein, Cent ans de chanson française, p. 365.. Spécialisée dans le répertoire grivois, comme Yvette Guilbert, elle chante aussi des romancesIdem.. Mistinguett, la future star des music-halls, rendit un jour visite à Anna Thibaud pour lui demander conseil. Thibaud lui dit : "Pour réussir au théâtre... vous devez être jolie. Vous devez exciter les hommes." Mistinguett lui demanda des éclaircissements à savoir si elle voulait dire "exciter la foule". Thibaud corrigea : "Non, les hommes !".
En 1890, elle est la créatrice féminine de la chanson Quand les lilas refleuriront – « Au vent les capuchons de laine, Robes rouges nous remettrons (…) Allez dire à l‘amour qu'il vienne » – de Georges Auriol et Désiré Dihau (Émile Mercadier en fut le créateur masculin la même année). Symbole de la chanson à voix de la Belle Époque, Quand les lilas refleuriront fait partie du patrimoine chansonnier ; elle a été reprise sans arrêt depuis sa création, et a été successivement enregistrée par Aimé Doniat (1957)Un coin du passé BNF., Fred GouinAge d'or du music-hall BNF Tino Rossi (1950), orchestre sous la direction de Raymond LegrandChanson du film Envoi de fleurs de Jean Stelli, Pathé PD102 notice BNF., Marcel VéranSans date, Pathé X93032 BNF, Jack Lantier (1976)Jack Lantier chante... l'amour, la femme, les fleurs, Vogue C102 (coffret 3 disques 33 tours) notice BNF., Guy Béart (1982)Porte-bonheur : les chansons gaies des belles années, Temporel 2400374 BNF., Marthe Mercadier (?)Chansons de la Belle Époque, Music Memoria 30222 [ttp://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb381777988/PUBLIC BNF].. La version d'Anna Thibaud, numérisée, est présente dans la compilation EPM (2000) 'Anthologie De La Chanson Française enregistrée 1900-1920 (Romances Et Mélodies)Présente sur les sites légaux d'écoute en ligne..
Elle connait un très grand succès jusqu'en 1914. Pendant la Première Guerre mondiale, elle participe à la distribution de soupes populaires et chante dans les hôpitaux de Paris et des environs pendant l'intervalle des représentations qu'elle fait aux Armées. Elle s'occupe également des enfants et des maternités des 4e et 17e arrondissements, ceci même après la guerre.
Puis elle continue à chanter dans les pays occupés (Sarre et Rhénanie), aux Invalides et au Val-de-Grâce pour les incurables, sous la présidence du général Mariaud. Elle est également professeur à la chanson française pendant 25 ans à la fondation Chebroux (mairie du 4e).
Elle a chanté dans toutes les sociétés de bienfaisance et de mutualité sans distinction d'opinion.
Elle a été membre du Comité d'Action de l'Orphelinat des Arts, membre honoraire de la Société des Artistes Lyriques, membre adhérent de l'Union des Arts, membre de l'Oeuvre des Trente ans de Théâtre, sociétaire de la Chanson de Paris, membre d'honneur des Hospitaliers et Sauveteurs de France et membre de l'Oeuvre des Colonies Scolaires.
Elle reçut en 1906 la Médaille d'Argent de la Mutualité, en 1907 la Médaille d'Honneur de l'Encouragement au Bien, en 1919 le Diplôme de la Ligue Française (17e arrondissement), en 1920 la Médaille de vermeil de l'Encouragement au Progrès et la Médaille d'Honneur de l'Encouragement au Dévouement.
En mai 1932, décrivant une soirée de la célèbre goguette de la Lice chansonnière, Charles de Bussy écritLes goguettes de la lice, Les Dimanches de la femme, 29 mai 1932, page 4. :
Auréolée de gloire, la belle artiste Anna Thibaut, reine de la chanson, heureuse d'être venue ici ce soir, en interprétant de sa voix tendre et spirituelle l'Étoile d'amour, Ce qu'une femme n'oublie pas, et les Cinq heures du matin de Desaugiers offre aux néophytes, avec la plus exquise modestie, l'exemple salutaire du grand art.
Anna Thibaut est encore au programme du Palace au début des années 1930, à plus de 70 ans, avec Esther Lekain, Mansuelle…
Sa carrière artistique aura duré 55 ans.
Elle est inhumée au cimetière de Bessancourt (Val-d'Oise)Cimetières de France et d'ailleurs.
Distinctions Officier de l'Instruction Publique en 1907 Officier du Nichan Iftikhar en 1926 Chevalier de la Légion d'Honneur pour services rendus à la nation en 1936
Répertoire thumb|Le ruban bleu de l'hirondelle.
Bonjour, toi ! (non daté), « chanson créée par Félix Mayol à la Scala, Esther Lekain, Anna Thibaud, répertoire Mayol », paroles de E. Christien"Anagramme", musique de Henri Christiné, éd. Christiné (C467) ; Illustration de H. Viollet ; incipit : « Quand il la rencontra, elle avait dis-huit ans et tout le charme exquis d’un beau jour de printemps. » C’est toi ! bonjour (1909), « chansonnette créée par Anna Thibaud à la Scala, répertoire Mayol », paroles de Roland Gaël, musique de Léon Dequin, éd. Charles Mayol (CM68)Fiche de l’œuvre sur Médihal. ; Illustration SergeSigne aussi Monogramme « SS ». Peut-être Serge de Solomko (sous réserve de confirmation). ; photo Mayol Wallery ; incipit : « C’était une charmant’ midinette ; un jeune homme lui contait fleurette. » D'Elle à lui. Ce qu'une femme n'oublie pas, « chansonnette créée par Anna Thibaud », paroles et musique de Paul Marinier, Paris qui chante ( année), , Incipit : « Tu m'écris Léon qu'il faut que j‘ t'oublie parc‘ que dans quéqu‘s jours tu vas te marier ». » J‘ dis pas ça pour toi (Lettre d'une femme mariée à son amant) (1906)Datation par cotage., « chanson créée par Anna Thibaud à la Scala et par Marie Stelly à la Pie qui chante », paroles de Valentin Tarault et Henri Bataille, musique de Félicien Vargues, éd. G. Ondet (GO4279)médihal Illustration de Stabi ; incipit : « Mon cher, nous v‘là pris ! fallait qu‘ ça arrive : depuis ce matin mon mari sait tout !… » On ne sait pas aimer longtemps (sans date)Circa 1892, datation par contexte, la présentant comme «succès du jour» la Marche lorraine (1892)., « chanson créée par Anna ThibaudOrthographié «Anna Thibaut». à la Scala et par Mansuède aux Ambassadeurs », paroles de Delphi Fabrice, musique de Henri Goublier, éd. Albert Repos (GO4279) Illustration de Punch ; incipit : « Te souviens-tu du gai printemps, où ton cœur me berça longtemps. » Sérénade d'elle à lui (sans date), « chanson créée par Anna Thibaud à l'Alcazar d'été, chantée par Grillon à Parisiana et H. (?) Giéter », paroles de A. Siégel, musique de Félicien Vargues, éd. Félicien Vargues (Villemomble) (sans cotage) Illustration de René ; incipit : « A ta porte, par ce vilain froid, dans la nuit je pose, mon Cher ouvre-moi ! » Si les hommes savaient... (1894), « chanson créée par Anna Thibaud à la Scala », paroles de Savoisy Héros, musique de Gaston Maquis, éd. Le Clavecin E. Meuriot (EM1200)médihal Illustration de H. Gray ; incipit : « C'est ce matin qu'il est parti, cognant la porte et me disant tout est fini. »
Sources historiques Paris qui chante, (), , numéro spécial Anna Thibaud.
Bibliographie Pierre d'Anjou (sous la dir.), Histoire de la chanson française, Paris, la Lyre chansonnière, 1943. Chantal Brunschwig, Louis-Jean Calvet, Jean-Claude Klein, Cent ans de chanson française, Seuil, 1972 ( éd. reliée) ; ré-éd. poche (coll. Points actuels), 1981 André Sallé et Philippe Chauveau (dir.), Music-hall et Café-concert, Bordas, Paris, 1985.
Iconographie E. Clouet, lithographie de G. Bataille, Silos (ville de Chaumont) Auguste François-Marie Gorguet (1890), lithographie de A. Gallice Gallica Charles Levy, illustrateur-lithographe (1888), Anna Thibaut tous les soirs à l'Alcazar d'été sur Gallica
Notes et références
Lien externe
Images de partitions de chansons d'Anna Thibaud (précisions sur éditeurs, auteurs, dates sur Illustrated Sheet Music
Catégorie:Chanteuse française du XXe siècle Catégorie:Naissance en décembre 1861 Catégorie:Naissance dans le département du Jura Catégorie:Décès en avril 1948 Catégorie:Décès dans le 17e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 86 ans Catégorie:Personnalité inhumée dans le Val-d'Oise