Hernando de Soto, né en 1496 ou 1497 en Estrémadure, à Barcarrota ou à Jerez de los CaballerosLes sources sont contradictoires. Dans son testament, de Soto exprima le souhait que ses restes soient inhumés avec ceux de sa mère, en la chapelle la Concepción de la paroisse de San Miguel à Jerez de los Caballeros, en Espagne. Ce document semble indiquer qu’il s’agit en fait de sa ville natale.., en Espagne, et mort le dans l’actuel Arkansas, est un conquistador et explorateur espagnol. Encore adolescent, il participe à la conquête de l’Amérique centrale auprès du premier gouverneur de Panama, Pedrarias Dávila. Il se joint à Francisco Pizarro au début des années 1530, lors de ses conquêtes en Amérique du Sud..

En 1539, de Soto entreprend la plus importante des premières expéditions coloniales espagnoles. Une vaste entreprise qui lui fait traverser tout le Sud-Est des États-Unis actuels, à la recherche d’or et d’un passage vers la « mer du Sud » qui ouvre la voie vers la Chine., poursuivant ainsi les mêmes objectifs que Juan Ponce de León en 1513, de Lucas de Ayllón en 1526, et de Pánfilo de Narváez en 1527.

De Soto meurt de fièvre, en 1542, sur la rive occidentale du Mississippi, dans un village amérindien nommé Guachoya (proche de l’actuel McArthur dans l’Arkansas).

Jeunesse Hernando de Soto est issu d’une famille d’hidalgos peu fortunés d’Estrémadure., région pauvre où la noblesse d'épée est sans emploi depuis la reconquête de Grenade mais proche des ports atlantiques de Cadix et Séville : les Estrémègnes sont encouragés à l'aventure par l'exemple et les réseaux de relations de compatriotes comme Hernán Cortés et Pizarre.

De Soto embarque pour le Nouveau Monde en 1514 avec le premier gouverneur de Panama, Pedrarias Dávila. Ce dernier le fait capitaine car il se montre brave, d’une loyauté sans faille et intelligent lors de la conquête du Panama.. Il est un fameux cavalier, combattant et tacticien, mais, du point de vue actuel, d’une extrême brutalité.

Conquistador vignette|El Cuarto del Rescate à Cajamarca (Pérou). En 1523, il accompagne Francisco Hernández de Córdoba qui, par ordres de Pedrarias, part à la conquête et exploration de l’Amérique centrale et plus particulièrement du Panama, du Nicaragua et du Honduras. De Soto devient regidor de León, Nicaragua, en 1528, puis mène une expédition sur les côtes de la péninsule du Yucatán à la recherche d’un passage entre l’Atlantique et le Pacifique. N’y parvenant pas, et sans moyens suffisants pour poursuivre ses explorations, de Soto, à la mort du gouverneur Dávila, se joint à Francisco Pizarro lors de sa conquête du Pérou en 1532.

Avec un groupe de cinquante hommes, de Soto suit le chemin inca de Cuzco, capitale de l'Empire inca, et devient le premier Européen à se lier d’amitié avec Atahualpa, le Sapa Inca. La conquête espagnole du Pérou s’achève par l’exécution d’Atahualpa par Pizarro, bien que l'Inca ait honoré sa promesse de remplir d’or, pour les Espagnols, El Cuarto del Rescate (« la Salle de la Rançon »).

Retour en Espagne De Soto rentre en Espagne, en 1536, riche : il a reçu une part importante des prises, lors de la conquête de l’Empire inca. Il est célébré comme le héros de cette conquête et intègre le prestigieux ordre de Santiago. Il épouse, en 1537, Inés de Bobadilla, fille de Pedrarias Dávila, qui appartient à une famille noble et influente de Castille..

De Soto demande à Charles Quint le poste de gouverneur du Guatemala, , mais il se voit plutôt confier le gouvernorat de Cuba et le titre dAdelantado de Florida. On attend de lui qu’il colonise le continent nord-américain au nom de l’Espagne et ce, dans les quatre ans. En récompense, lui-même et sa descendance obtiendraient un marquisat sur une large portion du territoire conquis.

Fasciné par les récits de Cabeza de Vaca, rescapé de l'expédition de Pánfilo de Narváez en Amérique du Nord et qui vient de rentrer en Espagne, de Soto choisit 620 jeunes volontaires espagnols et portugais pour gouverner Cuba et conquérir l’Amérique septentrionale.

Le , de Soto et sa nouvelle flotte, composée de neuf navires, partent de San Lúcar et arrivent quelques semaines plus tard à Santiago de Cuba où il est rejoint par d’autres navires que lui avait promis Charles Quint quelques mois auparavant.

Exploration de l’Amérique du Nord Controverse sur le parcours suivi vignette|redresse=1.2|Parcours de l'expédition 1539-1543

Le parcours exact de l’expédition de de Soto est sujet à discussions et controverse parmi les historiens. Le plus communément admis est celui dessiné par la commission créée par le Congrès des États-Unis et présidée par l’anthropologue John R. Swanton et publié en 1939 dans (en français : « Rapport final de la commission chargée de l’étude de l’expédition menée par de Soto aux États-Unis »).. Alors que la première partie du parcours de l’expédition (jusqu’à la bataille de Mabila en Alabama) n’est, aujourd’hui, l’objet que de quelques discussions de détails, la partie suivante est davantage contestée. Le parcours qu'a emprunté de Soto, tel que défini par le Congrès, traverse les actuels États du Mississippi, de l'Arkansas et du Texas. D’autres croient qu'il a emprunté une route plus septentrionale passant par les actuels États du Tennessee, du Kentucky et de l'Indiana depuis Mabila..

Des reconstitutions archéologiques et la tradition orale des peuples autochtones n’ont été considérées que tardivement. L’une des principales difficultés est que la plupart de ces lieux historiques ont été bâtis au cours des écoulés. Le seul site clairement associé à l’expédition menée par de Soto est le Governor Martin Site dans le village des Amérindiens Apalaches d’Anhaica, situé à deux kilomètres à l’est de l’actuel capitole de l'État de Floride à Tallahassee. Il fut découvert par l’archéologue en ..

Les dernières théories se basent sur les journaux personnels. de trois survivants de l’expédition menée par de Soto : son secrétaire, Rodrigo Ranjel., le représentant du roi, Luys Hernández de Biedma, et un Portugais, dénommé Chevalier d’Elvas. À eux trois, ils décrivent la route suivie par de Soto depuis La Havane, d’où ils embarquent, le golfe du Mexique, qu’ils longent, l’Atlantique, dont ils s’approchent lors de leur seconde année de voyage, de hautes montagnes qu’ils traversent immédiatement ensuite, et des douzaines d’autres descriptions géographiques de leur voyage à des moments donnés de leur parcours. Étant donné que la géographie terrestre de cette région n’a pas changé depuis l’époque, ces journaux personnels, analysés avec les moyens topographiques actuels, permettent de tracer sur une carte, de façon plus précise, leur trajet.. À ces trois sources issues de participants à l'expédition, s'ajoute le recueil de témoignages d'autres membres publié en 1605 par Inca Garcilaso de la Vega.

Année 1539 et début de 1540 vignette|redresse|Arrivée de Hernando de Soto en FlorideLanding of De Soto in Florida, 1855 .. vignette|Hernando de Soto à Tampa Bay en 1539. Le , l’expédition part de La Havane, le , elle longe les côtes de la Floride. Le , avec les neuf navires et et femmes. et 213 chevaux., de Soto arrive en un lieu qu’il baptise Espiritu Santo (l’actuel Bradenton (Floride). dans la baie de Tampa aux États-Unis).. À bord, on trouve des prêtres, des artisans, des ingénieurs, des fermiers, des marchands ; certains avec leur famille, certains venant de Cuba, la plupart d’Europe et, même, quelques-uns d’Afrique. Peu d’entre eux ont déjà voyagé hors d’Espagne, voire hors de leurs villages.

Un jeune Espagnol nommé Juan Ortiz, né à Séville, qui était venu en Floride à la recherche de l’expédition de Narváez, disparue en 1528, et qui avait été capturé par une tribu Calusa, est aperçu près du mouillage de l'expédition. La fille du chef Hirrihigua de la tribu Calusa supplia qu’on lui sauve la vie, quand son père avait ordonné qu’Ortiz soit brulé vif. Ortiz, qui a survécu aux tortures et à la captivité, se joint très volontiers à l’expédition..

Ortiz connaît la région, sert d’interprète et il établit une nouvelle méthode pour guider l’expédition et communiquer avec les tribus qui parlent l'un ou l'autre des différents dialectes. Des guides des tribus sont recrutés dans chacune des tribus, tout au long du parcours. Une chaîne de communication est établie par un guide ayant vécu à proximité d’une autre tribu, qui passe l’information à un nouveau guide de cette région et ainsi de suite. Comme Ortiz refuse de se vêtir et de se comporter comme un noble espagnol, les officiers de de Soto se méfient de ses conseils, mais Don Hernando se fie à Ortiz, lui accordant de se vêtir et de vivre comme ses amis des tribus Paracoxi. Un autre guide important de l’expédition est un jeune garçon indigène, Perico, ou Pedro, originaire de l’actuel État de Géorgie, et qui parle la langue de plusieurs des différentes tribus ou nations. Il est à même de communiquer avec Ortiz et il a rejoint l'expédition en 1540.

De Soto s’engage à l’intérieur des terres de Floride en direction du nord, explorant la côte ouest, et il subit quelques embuscades le long de sa route, de la part des autochtones. Son premier campement d’hiver, à la fin d', est à Anhaica, la capitale des Apalaches, le seul lieu où des archéologues ont trouvé des traces du passage de l'expédition. Comme la cité est située non loin de la mer, de Soto envoie un détachement dans cette direction. Ces hommes reviennent en lui indiquant qu’ils ont trouvé les traces d’un campement et des squelettes de chevaux. On présume alors que ce sont les traces de l’expédition de Narváez, les hommes s'étant réfugiés sur la côte, mangeant leurs montures, pendant qu’ils construisaient une embarcation susceptible de les ramener à Cuba..

Année 1540 Le ., l'expédition quitte Anhaica ; ayant entendu parler de mines d’or , ils partent vers le nord-est à travers les actuels États de Géorgie et de Caroline du Sud, jusqu’à la ville actuelle de Colombia. Ils y sont accueillis par une femme qui gouverne la communauté. Elle leur offre des perles, de la nourriture, des tissus et tout ce que les Espagnols peuvent désirer. Cependant, il n’y a pas d’or.

Le ., de Soto se dirige vers le nord, en direction des monts Appalaches de l’actuelle Caroline du Nord, où il passe un mois, jusqu’au , laissant les chevaux paître sur une herbe grasse et se reposer alors que ses hommes cherchent de l’or. Ils entrent ensuite sur le territoire de l’actuel Tennessee et du nord de la Géorgie, où ils restent jusqu’au , puis ils se dirigent vers le sud, en direction du golfe du Mexique, pour y trouver deux navires amenant des provisions depuis La Havane.

vignette|Hernando de Soto et ses hommes incendient Mavilla, illustration par Herb Roe. Le ., alors qu’ils traversent l’actuel État d'Alabama, ils se retrouvent devant une ville sommairement fortifiée, nommée Mavilla ou Mauvila. (sans doute proche de l’actuelle ville de Mobile). Un Indien converti les avise que la cité est pleine de guerriers et d’armes. L’un de ses capitaines propose à de Soto d’établir un campement à l’extérieur de la cité, mais de Soto refuse, il veut loger à Mavilla. La tribu Choctaw de Mavilla, commandée par le chef Tascalusa, a préparé une embuscade à l’intérieur de l’enceinte de la ville. Les Espagnols sont piégés et doivent se battre avec ardeur pour s’échapper avant de parvenir à réduire la cité en cendres. La bataille dure neuf heures, dix-huit Espagnols sont tués, cent cinquante des survivants sont blessés, dont vingt mourront de leurs blessures dans les semaines qui suivent, douze chevaux ont été tués et soixante-dix blessés. Parmi les guerriers choctaw, on compte à peu près deux mille cinq cents morts ou mille cent selon d'autres estimations..