Cette page dresse la liste des partis politiques d'Allemagne.

Historique Les partis politiques allemands jouent un rôle nettement plus important que dans d'autres pays comme la France et la Suisse. Le référendum n'existe pas au niveau fédéral et quasiment pas au niveau régional et les grands partis, relativement stables depuis la Seconde Guerre mondiale, organisent la vie politique. L'existence et le rôle des partis politiques de l’Allemagne sont prévus par l'article 21 de la Loi fondamentale de 1949. Le même article prévoit que ces partis devront « respecter la structure libre et démocratique de la République fédérale d'Allemagne ». Cette disposition permet l'interdiction par le Tribunal constitutionnel fédéral (cour constitutionnelle) des partis politiques jugés dangereux pour le système politique. Cette procédure a été utilisée dans les années 1950 pour interdire le KPD et le SRP puis sans succès dans les années 2000 contre le NPD. Les mouvements « anticonstitutionnels » (Verfassungswidrig), notamment les partis d'extrême droite et d'extrême gauche font également l'objet d'une surveillance par le Verfassungschutz mais contrairement aux autres organisations, les partis politiques ne peuvent être interdits par le ministre de l'Intérieur.

Après l'adoption de la Loi fondamentale, le rôle des partis politiques a été renforcé dans les décennies suivantes par une série de jugements. Le financement public des partis politiques a également été progressivement augmenté, que ce soit pour les dépenses de campagne, les indemnités des parlementaires ou la création de fondations comme la Fondation Konrad-Adenauer. Cette situation permet aux quatre partis politiques dominants, l'Union chrétienne-démocrate (CDU) et sa consœur bavaroise, l'Union chrétienne-sociale (CSU), le Parti social-démocrate (SPD) et le Parti libéral-démocrate (FDP), pendant les années 1960 et 1970, de recruter la plupart des nouveaux actifs en politique, de nommer leurs membres à la tête de nombreuses institutions et de compter un nombre croissant de fonctionnaires dans leurs rangs. Durant les années 1970, le niveau de satisfaction vis-à-vis de ces partis commence toutefois à baisser et l'engagement dans des mouvements politiques non-partisans à augmenter.

Partis majeurs Partis allemands représentés au Bundestag, au Parlement européen et dans les Länder.

Parti Positionnement Idéologie Chef Bundestag(2025) Parlement européen(2024) Länder Statut Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU)Christlich Demokratische Union Deutschlands Centre droità droite Conservatisme,démocratie chrétienne Friedrich MerzGouvernement Alternative pour l'Allemagne (AfD)Alternative für Deutschland National-conservatisme,populisme de droiteAlice WeidelOpposition (SPD)Sozialdemokratische Partei Deutschlands Centre gaucheà gauche Social-démocratie,fédéralisme Olaf ScholzGouvernement Alliance 90/Les VertsBündnis 90/Die Grünen Gauche Ecologisme,Socialisme démocratiqueRobert HabeckOpposition La GaucheDie Linke Gaucheà extrême gauche Socialisme démocratique,anticapitalisme Jan van Aken et Heidi ReichinnekOpposition Union chrétienne-sociale en Bavière (CSU)Christlich-Soziale Union in BayernCentre-droità droite Conservatisme,régionalisme bavaroisMarkus SöderGouvernement Fédération des électeurs du Schleswig du Sud (SSW)Südschleswigscher WählerverbandCentre-gauche Régionalisme danois Flemming MeyerOpposition Alliance Sahra Wagenknecht (BSW)Bündnis Sahra WagenknechtGauche radicaleou attrape-tout Nationalisme de gauche,populisme de gaucheSahra WagenknechtOpposition Électeurs libres (FW)Freie WählerCentre-droità droite Localisme,démocratie directeHubert AiwangerOpposition Parti libéral-démocrate (FDP)Freie Demokratische Partei Centre-droità droite Libéralisme,europhilie Christian DürrOpposition Volt Allemagne Volt Deutschland Centre-gauche Fédéralisme européen,social-libéralisme Luca Loreen Kraftet Tim MartonOpposition Le Parti (DP)Die PARTEIGauche Satire,europhilieMartin SonnebornOpposition

Le système politique allemand et en particulier le système des élections au Bundestag (le parlement fédéral) a conduit à la formation de deux grands partis de gouvernement (le groupe CDU/CSU et le SPD) à côté desquels subsistent plusieurs partis de second rang qui jouent un rôle important en participant aux coalitions (notamment le FDP et les Verts). Il existe enfin quelques petits partis qui obtiennent parfois des mandats dans les parlements régionaux. Ces partis défendent souvent une idéologie radicale (partis d'extrême droite notamment) ou représentent un groupe particulier (comme le GB/BHE) ou un vote de protestation. Enfin, le PDS, devenu Die Linke en 2007, successeur du SED, le parti unique de la RDA, occupe une place à part, représenté au Bundestag depuis la réunification mais tenu à l'écart du pouvoir à l'échelon fédéral par les autres partis.

L'élection du Bundestag au scrutin proportionnel plurinominal est mitigée par la « barre des 5 % » qui empêche les partis les plus petits de participer au partage des sièges et évite ainsi le morcellement du parlement. L'élection de la moitié des députés au scrutin uninominal majoritaire à un tour laisse cependant une place à un vote personnalisé. À côté des deux partis principaux, existent divers petits partis qui peuvent être porteurs d'une idéologie particulière (comme le FDP, Die Linke ou les Verts) ou des intérêts d'un groupe restreint (comme le GB/BHE).

Partis représentés au Bundestag L'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (Christlich Demokratische Union Deutschlands, CDU) est le plus grand parti de centre droit. Créé après la Seconde Guerre mondiale autour des idées de la démocratie chrétienne défendues par Konrad Adenauer, il a longtemps été considéré comme le parti dominant de la vie politique allemande, le SPD ne participant au gouvernement que quand la CDU était affaiblie par une crise interne ou un échec important. Les militants de ce parti sont souvent appelés « Les Noirs », « Die Schwarzen ». En Bavière, l'Union chrétienne-sociale en Bavière (Christlich-Soziale Union in Bayern, CSU) est le pendant de la CDU, où ce dernier parti n'existe pas. Gouvernant la région pratiquement sans interruption depuis sa création, la CSU est traditionnellement conservatrice en matière de mœurs mais a longtemps été porteuse d'une certaine vision sociale en ce qui concerne l'économie. Le Parti social-démocrate d'Allemagne (Sozialdemokratische Partei Deutschlands, SPD), re-création d'un parti existant depuis le , est le grand parti d'opposition dans la période suivant la création de la République fédérale d'Allemagne. Plusieurs fois à la tête d'un gouvernement dans les années 1970, il semble avoir pris une nouvelle dimension après la réunification. Idéologiquement social-démocrate à l'origine, il a progressivement évolué vers le social-libéralisme. Les militants de ce parti sont souvent appelés les « rouges », « Die Roten ». L'Alliance 90 / Les Verts (Bündnis 90/Die Grünen) a été formée après la réunification sur la base d'une fusion entre Die Grünen (les Verts), parti écologiste issu de la mouvance pacifiste et anti-nucléaire des années 1970, et Alliance 90, groupement de militants des droits de l'homme en République démocratique allemande. Partenaire fidèle du SPD dans les années 1990, les verts allemands s'associent cependant parfois aux partis de droite dans des coalitions locales. Ils sont appelés « Les Verts », « Die Grünen ». Die Linke (La Gauche) : fusion du Parti du socialisme démocratique (PDS) (successeur du SED, le parti unique de la RDA) et de la WASG, scission du SPD. Ce nouveau parti, dirigé par Gesine Lötzsch et Klaus Ernst, ses militants sont appelés « Die Roten », les rouges. Il se positionne à la gauche des Verts et du SPD sur l'échiquier politique. Lors des élections législatives de 2005, il a fait un score de 25 % dans les Länder de l'Est et un peu moins de 5 % à l'Ouest. Son congrès fondateur s'est tenu le . Il a depuis fait son entrée dans plusieurs Landtag (parlements régionaux) de l'Ouest, bouleversant les rapports de force dans ces Länder dont était systématiquement absent le PDS. Le Parti libéral-démocrate, (Freie Demokratische Partei, FDP) est un parti se réclamant du libéralisme. S'il n'obtient que rarement des mandats directs, il a en revanche toujours réussi à former un groupe parlementaire au Bundestag et a été dans les années 1960 et 1970 en position de faire et de défaire des coalitions, adoptant un comportement centriste. Ils sont souvent appelés « Les Jaunes », « Die Gelben ». Il fait partie depuis la fin 2009 de la coalition de droite au pouvoir (CDU-CSU-FDP). Il perd tous ses élus au Bundestag lors des élections fédérales de 2013 mais retrouve des élus en 2017. L'Alternative pour l'Allemagne (Alternative für Deutschland), parti eurosceptique fondé en 2013.

Partis représentés au Parlement européen et/ou dans certains parlements régionaux À côté des six (sept en différenciant la CDU et la CSU) partis représenté au Bundestag, qui sont tous représentés au Parlement européen et dans plusieurs parlements régionaux, certains petits partis n'ont que quelques élus dans l'un ou l'autre de ces parlements.

Le Parti des pirates, fondé en 2006, a obtenu 8,9 % des voix à Berlin en 2011. Les Citoyens en colère, parti populiste fondé en 2014. Il a obtenu 3,2 % des voix au land de Brême en 2015. Les Réformateurs libéraux-conservateurs (LKR) avaient européens, mais n'ont pas réussi à les garder en 2019.

Partis mineurs Le Parti national-démocrate d'Allemagne (Nationaldemokratische Partei Deutschlands, NPD) a été pendant longtemps le plus puissant et le plus radical des partis d'extrême droite. Fondé en 1964 par des militants issus de diverses organisations d'extrême droite, pour certaines directement liées à la mouvance néo-nazie, il manque de peu son entrée au Bundestag lors des élections fédérales de 1969, avec 4,3 % des suffrages exprimés (record qu'il ne battra jamais lors des scrutins nationaux qui suivront). En 2004, à la faveur d'une alliance avec la DVU, il obtient 9,2 % des suffrages lors d'une élection régionale et entre au parlement du Land de Saxe. N'a dorénavant plus d'élus. En Juin 2023, le parti change de nom pour Die Heimat (La Patrie). Le Parti bavarois (Bayernpartei), milite pour une Bavière indépendante dans l'Europe. Les Républicains (Die Republikaner), extrême droite. Le Parti communiste allemand (Deutsche Kommunistische Partei), parti communiste. Le Parti marxiste-léniniste d'Allemagne (Marxistisch-Leninistische Partei Deutschland), parti communiste. Alliance C - Chrétiens pour l'Allemagne (Bündnis C - Christen für Deutschland), parti chrétien fondé en 2015. Le Mouvement populaire pour la Rhénanie-du-Nord-Westphalie (Bürgerbewegung pro NRW), parti droite extrême. Union sociale allemande (Deutsche Soziale Union), parti conservateur. Le Parti de protection des animaux (Partei Mensch Umwelt Tierschutz), parti pour la protection animale. Alliance 21/RRP (Bündnis 21/RRP), parti pour la défense des retraités. Mouvement des droits civils et Solidarité (Bürgerrechtsbewegung Solidarität) Le Parti des retraités Allemagne (Rentner Partei Deutschland), parti pour la défense des retraités. Le Parti de la raison (Partei der Vernunft), un parti libertarien. Les Violettes - Pour la politique spirituelle (Die Violetten), parti spiritualiste fondé en 2001. Le Parti des humanistes Le Parti populaire sorabe (Wendische Volkspartei), qui aspire à devenir l'homologue du SSW pour la minorité sorabe. L’Union des valeurs (WerteUnion, WU), parti libéral-conservateur fondé en 2024.

Partis disparus Le Parti communiste d'Allemagne (Kommunistische Partei Deutschlands), 1918-1956. Le Parti national-socialiste des travailleurs allemands (Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei), 1920-1945. Le Sozialistische Reichspartei, 1949-1952.