Lydia Flem, née le à Bruxelles (Belgique), est une écrivaine, psychanalyste et photographe belge.
Ses romans, essais et autofictions sont traduits en . Son livre La Reine Alice a reçu le prix Simon de l'éthique et le prix Rossel des jeunes.
Ses compositions photographiques ont été exposées à l'Institut mémoires de l'édition contemporaine (IMEC), à la Biennale de Berlin, à la Maison européenne de la photographie et à la Fiac (galerie Françoise Paviot).
Membre de l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, elle vit à Paris et à Bruxelles.
Biographie La mère de Lydia Flem, Edith Esser (1921-2003), est née à Cologne dans une famille de commerçants et d'antiquaires. À l'arrivée d'Adolf Hitler au pouvoir, la famille Esser émigre en France, vivant quelques mois à Strasbourg avant de s'installer à Tours. De 1943 à 1944, Edith Esser participe à la Résistance (sous le nom de Jacqueline Monnier) avant d'être arrêtée à Grenoble, puis déportée de Lyon à Auschwitz, par le convoi , le . Elle y survivra.
Son père, Boris Flem (1923-2001), russe, est né à Saint-Pétersbourg dans une famille d'intellectuels qui s'exile en Allemagne puis aux Pays-Bas.
Les parents de Lydia Flem se rencontrent en Suisse après la guerre, et s'installent en Belgique, où elle naît en 1952.
Après des études de sciences politiques et de sociologie à l'université libre de Bruxelles, Lydia Flem obtient une licence en psychologie à Nice. Elle est l’assistante de Menie Grégoire à RTL en 1974 et 1975 pour son émission La Responsabilité sexuelle (sujet de son mémoire de sociologie). Entre 1977 et 1980, elle se forme à la psychanalyse d'enfants à l'université catholique de Louvain, où elle travaille dans un centre supervisé par Françoise Dolto.
Au milieu des années 80, elle suit une formation clinique à la psychanalyse d’enfants, au sein de séminaires où sont commentés des écrivains et penseurs comme Edmond Jabès, Claude Lévi-Strauss, Henri Atlan. À la même époque, elle rencontre Maurice Olender, qui dirige la collection « Textes du XXe siècle » chez Hachette. Pour les cinquante ans de la collection « La Vie quotidienne », Olender lui suggère d'écrire sur « la vie quotidienne de Freud et de ses patients ». Ce qu'elle fait.
Invitée par Bernard Pivot à Apostrophes en 1986 pour son livre La Vie quotidienne de Freud et de ses patients, elle connaît son premier grand succès public.
Qu’il s’agisse de Freud, de Casanova, des voix de l’amour à l’opéra, de fiction (Panique) ou de ses propres expériences, elle tente toujours de s’approcher, au plus près, du quotidien, du sensible, du singulier, pour rejoindre l’universel. Sa trilogie familiale , saluée comme une œuvre maîtresse du genre autofictionnel, raconte « l’orage émotionnel » que chacun peut ressentir au moment de perdre ses parents ou de voir ses enfants quitter la maison. Dans un style limpide et pudique, par petites touches successives, à la manière des peintres impressionnistes, Lydia Flem cherche à exprimer la complexité des sentiments humains et des relations familiales.
Le magazine suisse Payot-L'Hebdo de présente Lydia Flem comme et ajoute que . Sa trilogie familiale a séduit un large public international en évoquant les liens entre parents et enfants, la séparation de sa fille ou la vente de la maison de ses parentsMagazine Payot-l'Hebdo, prologue d'Isabelle Falconnier à son entretien avec Lydia Flem.
Elle a remporté le prix Parcours littéraire 2024 de la SCAM pour l’ensemble de son œuvre.
La Reine Alice La Reine Alice est saluée par une critique très élogieuse, du Monde« La Reine Alice de Lydia Flem : Alice au pays du cancer », article de Florence Noiville dans Le Monde des livres, à La Croix« Les Mots enturbannés », article de Bruno Frappat, La Croix, , du Soir« Lydia Flem au pays du miroir », article de Lucie Cauwe dans Le Soir du et de La Libre Belgique« Alice au pays du cancer », article de Guy Duplat dans La Libre Belgique du à L'Humanité« L'Art de combattre le mal par l'imagination », article de Muriel Steinmetz du et au magazine Lire« Lydia Flem face à la maladie, de l'autre côté du miroir.Lydia Flem parle de la maladie et du combat au quotidien pour la vaincre. Un texte salvateur. » Article de Christine Ferniot dans Lire/L'Express du qui titre sous la plume de Christine Ferniot « Un texte salvateur ». Dans son émission littéraire sur France 5, La Grande Librairie du , François Busnel évoque , un jugement qu'il réitère dans L'Express « Attention, chef-d'œuvre ! Ce petit bijou de sensibilité et d'intelligence est le livre qu'il faut mettre entre les mains de tous ceux qui, un jour, doivent affronter la maladie, l'hôpital et son cortège de doutes. […] La Reine Alice, prodigieux livre d'espoir et de joie, est à ranger entre Alice au pays des merveilles, de Lewis Carroll (auquel tout rend hommage, ici), et Le Petit Prince, de Saint-Exupéry. » « Alice au pays du crabe« », article de François Busnel dans L'Express du à propos de ce roman qui, tel un trajet initiatique, raconte le passage d'Alice « De l'autre côté du miroir » vers la quintessence de soi.
En s'inspirant de Lewis Carroll, Lydia Flem donne la forme d'un conte au récit de la traversée de la reine des maladies, de la chimiothérapie 1 à la chimiothérapie 6 et des mains de Lady Cobalt à La Forêt du Pas à Pas de la Convalescence. Alice rencontre de merveilleux personnages, le Blanc Lapin, Cherubino Balbozar, le Ver à Soie, le Troll qui lui prodiguent de précieux encouragements : . La Licorne lui offre l'Attrape-lumière qui lui permet de .
Peu à peu elle parvient à , et découvre que . Alice avait compris qu'elle devait accepter l'épreuve, lui , ne pas se révolter :
De l'épreuve est né un arc-en-ciel et un viatique sous la forme d'une : , , . Cette sagesse née de la souffrance tient en quelques mots : écrit Bruno Frappat qui ajoute dans La Croix : « Les Mots enturbannés », article de Bruno Frappat, La Croix, : « Le récit de Lydia Flem est celui d'un passage à travers le miroir sans tain de la maladie et de la perspective de la mort. Rien finalement ne l'aide mieux à « continuer de vivre » que la manière dont, avec son stylo ou avec son « attrape-lumière », elle enturbanne les sensations, les sentiments, le langage, les questions de la vie et de la mort pour découvrir le fin mot de l'affaire : le présent comme don précieux. ». Dans un entretien avec Isabelle Falconnier en 2011« Lydia Flem. Alice au pays du merveilleux cancer », propos recueillis par Isabelle Falconnier, magazine Payot-L'Hebdo, , Lydia Flem fait le lien entre La Reine Alice et sa trilogie familiale :
Lydia Flem explique dans cet entretien sa démarche littéraire et révèle la cohérence de son œuvre :
Alain Veinstein reçoit Lydia Flem le pour un entretien qui peut être écouté sur le site de France CultureEntretien d'Alain Veinstein avec Lydia Flem.
Lydia Flem donne une lecture intégrale de son roman, La Reine Alice, en à l’Institut français mémoires de l’édition contemporaine (IMEC) et sa performance a été enregistrée et filmée par Alain Fleischer.
La Reine Alice est accompagné d'une série de photographies (23 exactement) publiées en fin d'ouvrage. Ces tableaux photographiques, où figurent de savants assemblages de petits objets (cartes à jouer, tasses, bibelots en tous genres) ont été réalisés en amont de l'écriture du récit, alors que Lydia Flem, atteinte d'un cancer et trop épuisée pour écrire, a troqué sa plume contre un appareil photo. Comme le suggère Alain Fleisher : (il faut ici prendre le mot légende dans son double sens).
Œuvre Livres .
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Comment je me suis séparée de ma fille et de mon quasi-fils, Seuil, coll. « Librairie du », 2009 et poche (traduit en castillan (Alberdania, 2009), en catalan (Alberdania, 2009), en basque (Alberdania, 2009). . . Journal implicite. Photographies 2008-2012, éd. de la Martinière/Maison européenne de la photographie, 2013. Je me souviens de l'imperméable rouge que je portais l'été de mes vingt ans, Seuil, coll. « Librairie du », 2016. La Vie quotidienne de Freud et de ses patients, préface de Fehti Benslama, Seuil, coll. « La Librairie du XXIe siècle », 2018. Paris Fantasme, Seuil, 2021. Que ce soit doux pour les vivants, Seuil, coll. « La Librairie du XXIe siècle », 2024.
Lecture-performance Lecture-performance intégrale de son roman La Reine Alice par Lydia Flem les 27, 28 et à l'IMEC, Caen, Abbaye d'Ardenne, filmée par Alain Fleischer.
Adaptation théâtrale
Lettres d'amour en héritage, adaptation pour la scène de Lydia Flem, Festival de la Correspondance, Grignan, , mise en lecture et narratrice : Marie-Armelle Deguy, Jacqueline : Zelda Perez, Boris : Alexandre Ruby. Dans le jardin du Mail, Grignan.
Expositions de photographies 2011 : Exposition personnelle Lady Cobalt. Journal photographique (- ), à l’IMEC (Institut mémoires de l’édition contemporaine), Caen ; accrochage d’Alain Fleischer 2011-2012 : Exposition personnelle, Le Journal photographique de la Reine Alice ( - ) à l’espace photographique Contretype, Bruxelles ; commissaire : Jean-Louis Godefroy 2014 : Exposition personnelle, Journal implicite (-) Berlin, Biennale de la photographie, Institut de France ; commissaire : Fabrice Gabriel 2015 : Exposition personnelle, Journal implicite (-), Paris, MEP, Maison européenne de la photographie ; commissaire : Jean-Luc Monterosso — Fiac (Galerie Françoise Paviot)
Ouvrages collectifs Sigmund Freud, Judaism Essentiel and Mysterious, « Makers of Jewish Modernity », Princeton University Press, 2016. « La Vie quotidienne de Freud et ses patients à Vienne » () et « S.Freud, un judaïsme des lumières, une fidélité 'mystérieuse' et 'capitale' » () dans Freud, Les Cahiers de l'Herne, 2015. « L'œil du désir », dans Sensation et sensualité : Rubens et son héritage, Fonds Mercator, 2014. Opéra, revue Pylône n°9, éd. Gilles Collard, « Voluptés », p. 128-131. Jean-Pierre Vernant. Dedans dehors (éd.M. Olender et F.Vitrani), « De l'amitié », p. 29-32, Le Genre humain 53, 2013. Ruptures (éd. René Frydman, Muriel Flis-Trèves), « Perdre, créer : la littérature existe parce que la réalité ne nous suffit pas », p. 107-108, PUF, 2013. Lexique Nomade, « Intime », Assises du roman 2012, Le Monde, Villa Gillet, p. 35-36, éd. Christian Bourgois, 2012. La question de la vérité, entretien de Raphaëlle Rérolle avec Lydia Flem, Catherine Millet, Camille Laurens, Assises du roman 2012, p. 7-41, éd. Christian Bourgois, 2012. Casanova for ever, « Le malentendu Casanova », Éd. Dilecta, FRAC Languedoc-Roussillon, 2010. La Passion à l'œuvre. Rodin et Freud collectionneurs, Freud/Rodin, créateurs/collectionneurs, Musée Rodin, Paris, 2008. Les Madeleines de nos auteurs, (sous la dir. Apolline Elter), Soupe aux lentilles et crumble aux pommes, 93-101, Racine, 2008. Compartiment auteurs, 2007, Au fond de l’impasse, nouvelle, 55-60, (offert aux voyageurs par la SNCB à l’occasion de la Foire du Livre de), . Festival d’Aix-en-Provence, texte pour le programme de l’opéra « Julie » d’après Strindberg, musique de Boesmans. Rooms, récits, (sous la dir. Olivier Rolin), , Chambre 258, hôtel Waldhaus, Sils-Maria, 104-110, Seuil, La librairie du , 2006. Séduction et sociétés, Approches historiques (sous la dir.Cécile Dauphin et Arlette Farge), « Opéra : délices de l’oreille, voix de la séduction », 330-346, Seuil, 2001. En substances, textes pour Françoise Héritier, Fayard, 2000, Cherubino d’amore, 555-560. Traduit en espagnol dans la revue Microfisuras, 10, 2000. Construire l'histoire, Monographies de la Revue française de psychanalyse, Archives de l'inconscient ou fiction théorique ? PUF, 1998. La Violence des familles, D'Œdipe à Figaro : une mise en scène de l'inceste, Autrement éd., 1997. Lettres à l'amant, (dix-sept lettres d'écrivain au féminin), Lettre à Paul Celan, Colophon Imprimeur, Grignan, 1997.