Briec (anciennement nommée Briec-de-l'Odet) est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France.
Géographie
La commune fait partie du pays Glazik. Située au cœur de la Cornouaille, Briec est à environ quinze kilomètres au nord-est de Quimper. Dominée par le Menez Roc'h-Veur (), la commune est vallonnée et fait partie des bassins versants de l'Odet et de l'Aulne. À l'est, une partie de la commune est enclavée entre Edern et Landudal. Le centre urbain de Briec regroupe la majorité des habitants et possède l'ensemble des services publics. Le reste de l'habitat est dispersé en hameaux sauf les lotissements isolés dans la zone sud de la commune. L'espace rural a évolué, du fait du remembrement en parcelles de plus grande taille, vers une typologie rurale nouvelle avec la disparition des talus et enclos. L'aspect agricole de l'économie, préservé par la commune depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, doit depuis les années 1970 coexister avec une petite industrie où domine le secteur agroalimentaire et à moindre degré la mécanique et le bâtiment.
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par l'Odet, les Trois Fontaines, le Langevin, le ruisseau du Moulin du Duc, le Langelin, le ruisseau de langelin et divers autres petits cours d'eau.
L'Odet, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Saint-Goazec et se jette dans l'anse de Bénodet entre les communes de Combrit et de Bénodet, après avoir traversé .
Les Trois Fontaines, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Gouézec et se jette dans le canal de Nantes à Brest à Gouézec, après avoir traversé .
vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de BriecLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Coray à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Briec est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Briec, une agglomération intra-départementale dont elle est ville-centre.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Quimper, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (91,9 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (92,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (49,4 %), zones agricoles hétérogènes (33,7 %), prairies (8,8 %), zones urbanisées (2,8 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (1,8 %), forêts (1,8 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (1,5 %), mines, décharges et chantiers (0,1 %), zones humides intérieures (0,1 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Le nom de la commune en breton est Brieg..
Briec s'appelait autrefois Plebs Brithiac au , Briziac en 1330 se retrouve parfois sous le nom de Briziec ().. Le suffixe -ac montre que le nom est d'origine gallo-romaine..
Histoire Origines La paroisse de Briec comprenait Edern et sa trève Guellevain [Gulvain], Landrévarzec, les trèves de Langolen, Landudal, Quilinen et Tréflez (désormais en Landrévarzec).
Préhistoire vignette|Plans du grand tumulus de Kerbernez en Briec (par Maurice Halna du Fretay). Maurice Halna du Fretay a fouillé en 1892 le grand tumulus de Kerbernez, qui se trouve dans un champ dénommé Goarem-an-Tuchen (« La grande butte ») ; ce tumulus avait un diamètre de pour une hauteur de en son centre, et est composé de terre jaune. Un galgal entourait le dolmen, formé de dalles en schiste et en grès ; trois urnes funéraires très décomposées par le temps y avaient été déposées dont l'urne centrale, plus imposante, devait contenir les cendres d'un personnage plus important ; 25 silex taillés ont également été trouvés. Ce tumulus est très ancien, datant d'environ 4000 ans avant notre ère..
Antiquité
Briec semble avoir été un fundusCentre d'un domaine rural important et bien cultivé gallo-romain : la tradition place en effet sur le territoire de Briec un camp romain. Un cavalier à l'Anguipède (), découvert à Guellen, est exposé au Musée départemental breton de Quimper.
Moyen Âge
Selon le cartulaire de Landévennec, le roi Gradlon aurait donné des terres (22 métairies valant ) en Brithiac [Briec] à saint Guénolé pour qu'il fût inhumé dans l'abbaye de Landévennec.. Selon le cartulaire de Quimper, le consul Hoël aurait donné au la terre de Bremuden en Brisiac à la cathédrale Saint-Corentin de Quimper et à son chapitre..
La région de Briec formait au haut Moyen Âge un pagus, c'est-à-dire une subdivision administrative de la Cornouaille, devenu le Pays glazik. La ploue de Brithiac (ou Briziac), une des paroisses primitives de l'Armorique, regroupait aussi Landudal, Langolen, Edern, Landrévarzec, Laz et Trégourez. ; elle était vaste de hectares..
Vers 1248, Landrévarzec se détache de la paroisse de Briec pour constituer une paroisse indépendante. « La paroisse de Briec se présentait jadis comme une curieuse mosaïque de trêves et d'enclaves séparées du quartier du bourg par les territoires d'Edern et de Landrévarzec » a écrit Bernard Tanguy..
Le "Mur du diable" doit son nom à un récit légendaire qui attribue sa construction au diable. En fait il s'agit d'un mur construit à l'époque du duc de Bretagne Jean Le Roux pour entourer sa propriété de Castel-Nin (Châteaulin) ; ce mur en pierres tantôt sèches, tantôt maçonnées, large d'un mètre et haut d'environ () avait 7 à 8 lieues de périmètre et était bordé côté extérieur par un chemin large de ; il traversait la partie nord de la paroisse de Briec.
Une bonne partie de la paroisse de Briec dépendait de la seigneurie de La Roche-Helgomarc'h, séparés en deux tronçons principaux : les manoirs de La Motte, Stanglevenen, Kerautret, Parc-Jean, Kervenou, Rosquillec, Roc'hou, Kercalédan, le Guern, Kerhervé, Kergolhuezen, Kereffran, Lannuchuezen, Kerampeoc'h et Quénec'hdu d'une part ; le second tronçon, séparé du précédent par le fief de Guellevain [Gulvain], qui dépendait de l'abbaye de Landévennec, couvrait une grande partie de la paroisse de Briec avec ses trèves de Langolen, Landudal et Quilinen. Ces terres furent par la suite, à partir de 1576, incorporées dans le marquisat de La Roche-Laz..
Une autre partie de la paroisse de Briec dépendait de la baronnie de la Châtaigneraie (Quistinic en breton), qui appartenait à la famille de Quélen. A. Marteville et P. Varin écrivent en 1843 que le manoir de La Châtaigneraie. était remarquable, antérieur aux croisades. Le sire de la Châtaigneraie, François de QuélenFrançois, sire de Quélen, chevalier, baron de Quélen et du Vieux Chastel, fils de Jean de Quélen et de Jeanne de Troguindy, décédé en 1558, voir ., fait prisonnier en Terre sainte, fut délivré et fit élever, en actions de grâce, l'église de Landudal, qui est de style ogival. Cela est constaté par une inscription qui existe encore dans cette église..
Époque moderne
La révolte du papier timbré à Briec
Le , à Briec et dans les environs, a lieu un épisode de la Révolte du papier timbré, connue aussi sous le nom de "Révolte des Bonnets Rouges" :
Les trois meneurs de cette révolte cités dans ce texte furent exclus de l'amnistie accordée le par .. Laurent Le Quéau fut torturé par le feu à trois reprises puis « exécuté de mort » à Quimper le après avoir été jugé par le présidial de Quimper. Lors de son interrogatoire mené par l'avocat du roi Pierre du Disquay, il déclare :
Allain Le Moign et plusieurs autres furent aussi arrêtés et le même texte fournit aussi la retranscription de leurs interrogatoires. On ignore s'ils furent tous exécutés, mais ce fut le cas pour Allain Le Moign, dont voici des extraits de sa condamnation à mort par le tribunal de Carhaix :
La paroisse de Briec et ses trèves aux
Au , la paroisse de Briec comprenait encore les trois trèves de Quilinen, Landudal et Langolen et possédait de nombreuses chapelles : Saint-Corentin du Creisquer, Saint-Sébastien de Garnilis, Saint-Adrien, Le Pénity, Sainte-Cécile, Saint-Vénec, Saint-Egarec, Notre-Dame de Pitié, Saint-Magloire sur la trève de Langolen et Saint-Tugdual sur la trève de Landudal. En 1694, après un procès qui dura quatre ans, les tréviens de Langolen obtinrent le droit de pas payer leur quote-part pour la construction du clocher de l'église paroissiale de Briec, ce qui confirme leur autonomie par rapport à la paroisse-mère de Briec.
La justice à Briec aux
La juridiction du marquisat de La Roche-Laz tint ses audiences alternativement à Laz et à Briec. « La juridiction était exercée par (...) des officiers, sénéchal, bailli, et procureur fiscal, assistés de cinq à six sergents, et d'environ dix-huit procureurs qui cumulaient le plus souvent leur charge avec les fonctions de notaire. Les audiences se tenaient assez régulièrement de quinzaine en quinzaine, alternativement à Laz et Briec, en exécution d'un arrêt du Parlement de 1665. Il y avait un auditoireLieu où se tenaient les audiences de justice. dans chacune de ces localités. Les prisons se trouvaient à Laz où se voyait aussi un pilier armorié aux armes de la juridiction avec cep et collier servant de pilori »..
Briec en 1778
Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Briec en 1778 :