Carantec (en breton Karanteg) est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France.

C'est une station balnéaire de la baie de Morlaix, classée station touristique dès 1926Décret du 31 août 1926, Journal officiel du 7 septembre 1926, page 10047, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5768445s/f542.image.r=Carantec.langFR. Les attraits de cette commune sont également les activités proposées : la pratique de sports nautiques sur un agréable plan d'eau, le tennis grâce aux différents terrains dont dispose la commune, le football, mais également le golf.

Géographie

Situation Carantec fait partie traditionnellement du Pays Pouched (sous-ensemble du Léon), qui se situe entre la Penzé et la rivière de Morlaix et comprend les communes de Carantec, Henvic, Taulé et Locquénolé. On parle aussi du pays chikolodenn, initialement le nom de la coiffe portée par les femmes de la région de Saint-Pol-de-Léon.. vignette|gauche|redresse|Carantec, en bordure de la baie de Morlaix. Carantec est située sur le littoral nord de la Bretagne, en bordure de la Manche, dans la baie de Morlaix, à l'extrémité d'une presqu'île de de large, limitée par les deux rias de la rivière de Morlaix à l'est et de la Penzé à l'ouest, et le long d'une grève qui se découvre jusqu'à au large lors des grandes marées.

Présentation générale

Ancienne station balnéaire des années 1900, Carantec est connue pour ses plages de sable et son patrimoine historique particulièrement riche. Les plages les plus importantes sont la grève Blanche, la plage du Kélenn et la plage du Clouet, la plus étendue. La station dispose aussi d'une côte à falaises qui offre des paysages remarquables dont la chaise du Curé et la pointe de Pen-al-Lann, cette dernière disposant de points de vue sur la baie de Morlaix, la rivière de Morlaix, le château du Taureau et l'île Louët.

Description

Louis Le Guennec a décrit Carantec en ces termes :

Cette description date des environs de 1930, mais reste encore valable de nos jours, même si la pêche a depuis presque disparu et si l'extension urbaine a désormais relié le hameau de la Croix au bourg traditionnel.

Géologie

Carantec est située sur un massif granitique d'époque hercynienne, le granite présentant ici un faciès rose et fin à biotite, par exemple à la pointe de Penn-al-Lann, où le pendage est d'une vingtaine de degrés vers le sud et présente des filonnets quartzeux avec muscovite et tourmaline et localement de la wolframite et de la cassitérite ; le granite est porphyroïde à la pointe de CosmeurLouis Chauris, "Minéralisations stanno-wolframifères dans le granite de Carantec (Bretagne)", Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences. Série D, Sciences naturelles, 2 juin 1975, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57685684/f557.image.r=Carantec.langFR.

Transports

Transport ferroviaire vignette|La cale d'accostage du Kélenn. La ligne ferroviaire de Morlaix à Roscoff, mise en service le par la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest a desservi Carantec au niveau de la gare de Henvic-Carantec situé sur la commune d'Henvic. Cette station a été ouverte en 1910 afin que les touristes puissent se rendre à Carantec plus facilement par le train. Néanmoins, cette station (halte) a été fermée en 1981, et la ligne Morlaix-Roscoff n'est plus en service.

Voies routières La situation péninsulaire de Carantec a contribué à son isolement : ce n'est qu'en 1927 qu'est inauguré le « Pont de la Corde » sur la Penzé (en béton armé avec une arche centrale de de portée), qui relie la localité à Saint-Pol-de-Léon ; la Rivière de Morlaix n'est toujours franchie par aucun pont en aval de Morlaix. Le a été inaugurée la « Route de la Corniche » (les travaux avaient commencé en 1912 mais s'étaient arrêtés pendant la Première Guerre mondiale) qui longe sur sa rive gauche la rivière de Morlaix et relie directement Carantec à MorlaixJournal des débats politiques et littéraires du 18 août 1922, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4901492/f3.image.r=Carantec.langFR.

Accès maritime La cale d'accostage du Kélenn est construite en 1910"Navigazette" du 10 novembre 1910, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55211079/f17.image.r=Carantec.langFR.

Les îles autres que l'île Callot Carantec, outre l'île Callot, possède aussi des îlots (Ricard, Beclem, Île aux Dames ; Île de Sable, Île Verte, ar C'hlas Kozh, Vezoul) qui sont des refuges pour macareux moines, goélands argentés, sternes pierregarin ou de Dougall, tadornes de Belon, huîtriers pie et autres aigrettes garzettes. Ces sept îlots sont classés réserve ornithologique depuis 1962.

Un arrêté préfectoral de protection de biotope en date du concerne la protection du biotope du domaine public maritime de trois de ces îles (Ricard, Beclem, Île aux Dames). Il est notamment interdit de débarquer et circuler sur ces îlots entre le et le , afin « de préserver les sites de nidification favorable à certaines des plus importantes colonies françaises d'oiseaux protégés, tels que les cormorans (Phalacrocorax sp.), les sternes (Sternidae sp.) et le macareux moine (Fratercula arctica) »http://legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000351348&dateTexte=20120430.

L'île Callot

L'île Callot, accessible depuis le continent par une chaussée submersible qui permet de franchir la « Passe aux moutons », s'étend sur de long et mesure de 150 à de large. L'île est composée de deux îlots de granite reliés par un cordon littoral. C'est une terre pleine de charme qui est essentiellement constituée de petites criques, de dunes, d'ajoncs, de champs et de pâturages et qui offre aussi des plages. La pointe nord permet de découvrir enfin un paysage partagé entre les dunes sauvages et les ensembles de massifs granitiques battus par les vagues. Le granite de l'île Callot, réputé pour sa qualité et sa quantité, a servi pour la construction de nombreux monuments de la région dont le château du Taureau, la manufacture des tabacs de Morlaix, et les églises de Henvic, Taulé, Guiclan, Plouezoc'h; les traces des anciennes carrières demeurent visibles.

L'île Callot a servi de tout temps de refuge pour les populations menacées comme en témoigne l'éperon barré situé dans le nord de l'île : cette fortification protohistorique de l'âge du fer est constituée par une double ligne de remparts en terre et deux fossés..

L'île possède à son point culminant une petite chapelle dite "Notre-Dame de Callot", au tout début du : selon une inscription située à l'intérieur, elle aurait été édifiée en 502 (en fait plus tardivement selon les historiens) en mémoire de la victoire obtenue à cet endroit par le prince Rivallon Murmaczon (ou Riwall) sur le général danois Corsole (Korsold) qui avait placé sa tente et s'était retranché après avoir pillé le pays. En fait un doute existe sur le nom du vainqueur qui serait peut-être en fait Hoël si l'on en croit ce texte :

Depuis cette date, la chapelle a toujours été l'objet d'une grande dévotion. Des indulgences furent accordées trois fois par an au moment où le protestantisme sévissait dans la régionAndré Delalonde, "La chapelle Notre-Dame de Callot à travers ses livres de comptes", Bulletin de la Société archéologique du Finistère, tome CXXXIII, 2004. Elle a été reconstruite à plusieurs reprises depuis ; elle doit à une rénovation du sa forme actuelle en croix latine (elle était auparavant rectangulaire) et son remarquable clocher, orné d'une galerie à balustres classiques et desservi par un escalier logé dans une tourelle cylindrique, est daté de 1672 ; ruinée pendant la Révolution française, elle fut relevée en 1808. Les boiseries de la chapelle sont classées depuis 1994.

Le pape Grégoire VI accorda en 1840 une indulgence plénière aux fidèles qui se confessent et communient dans la chapelle Notre-Dame-de-Callot, selon une inscription en langue bretonne située dans la chapelle. De nombreux ex-votos, y compris des modèles réduits de bateaux, illustrent la dévotion portée à Notre-Dame-de-Callot, en particulier par les marins. Le pardon a lieu traditionnellement le dimanche qui suit le .

La récolte et le brûlage du goémon était pour les habitants de Callot une activité importante comme en témoigne ce texte du milieu du :

Vers 1890, l'île Callot comptait une centaine d'habitantsJournal La Croix du 24 octobre 1890, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k212469w/f4.image.r=Carantec.langFR. La majorité des insulaires étaient alors des paysans-pêcheurs-goémoniers : « On possédait trois hectares. Mais certaines familles vivaient avec seulement un hectare et demi. Je pêchais à la voile et à l'aviron, lorsqu'il n'y avait pas de vent. Le goémon, on le brûlait sur l'île. D'ailleurs on peut encore, en cherchant bien, trouver des fours à goémon. Et on allait, en charrette à cheval, livrer les pains de soude à l'usine, à Plouescat. Plus tard, j'ai aussi pêché les oursins »Témoignage d'Ernest L'Hour, publié dans "Les Nouvelles du Viaduc" , juin 2011. En 2010, 13 ou seulement y vivent encore en permanence.

L'école de l'île Callothttps://www.roch-gad.eu/ecoles/spip.php?article98 En 1927, le Sibiril (médecin colonial habitant épisodiquement l'île) appuie une demande d'ouverture d'une école. Il faudra près de 9 ans et 2 autres demandes pour que la municipalité accède au souhait des habitants. L'école ouvre le avec comme institutrice Jeanne Marie Plassard. Elle ferme en 1975.

Le château du Taureau

Le château du Taureau est une île-forteresse qui dépend administrativement de la commune de Plouezoc'h. Elle fut bâtie par les bourgeois de Morlaix en 1542 afin de défendre l'entrée de la Rivière de Morlaix des invasions anglaises.

Construite par Jean-Siméon Garangeau et casematée par Vauban en 1689, cette forteresse servit de prison d'état pendant la Révolution française (Romme, Soubrany et Bourbotte s'y poignardèrent en 1795 afin d'éviter l'échafaud) et après la Commune de Paris : Auguste Blanqui y fut emprisonné.

Après avoir été une prison, le château du Taureau devint une résidence secondaire propriété de Mélanie Lévêque de Vilmorin qui y donna des réceptions fastueuses dans la décennie 1930, puis une école de voile (dans la décennie 1960), avant d'être un temps abandonné et de fermer ses portes en 1980, faute d'entretien. Restauré par la Chambre de commerce et d'industrie de Morlaix et neuf communes avoisinantes, ce « Fort Boyard » breton, se visite à nouveau aisément en bateau depuis Carantec.

En accostant, un escalier baigné par les vagues et un pont-levis permettent d'y accéder ; on peut voir les anciennes chambres où la troupe était logée, des cachots et des caveaux voûtés. De la plate-forme supérieure, le panorama s'étend sur toute la Baie de Morlaix.

Le site est désormais aménagé et sécurisé afin de recevoir les touristes ; on peut y accéder en bateau au départ du port de Carantec ou dans le cadre d'une croisière d'une journée organisée par À fer et à flot au départ de Morlaix)

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par divers petits cours d'eau.

vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de CarantecLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

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