Le de dragons () est une unité de cavalerie de l'Armée française, créé sous la Révolution à partir du régiment d'Artois dragons, un régiment de cavalerie français d'Ancien Régime actuellement dissoute.

Création et différentes dénominations

1791 : de dragons à partir du régiment d'Artois : dragons d'Orléans : de dragons : licenciement 1825 : recréé comme de dragons 1923 : dissolution

: dissolution de 1944 à 1945 : recréation à partir du Corps Franc Bayard ou Groupement de Segonzac, appelé de manière non officielle : dissolution par changement de nom en de hussards

Chefs de corps vignette|Le chef de brigade Pagès, à la tête du , tue un général autrichien à Juliers lors d'une escarmouche en 1794. De 1675 à 1815 Liste donnée (jusqu'en 1815) par le général Susane

: Esprit de Jousseaume de La Bretesche ; : Claude Hatte de Chevilly ; : Anne III de Grimoard de Caylus ; : Lautrec (N. de Foix, comte de) ; : Lautrec (N. de Foix d'Ambres, chevalier de) ; 1720 : Rochepierre (N., chevalier de) ; : Louis-Claude d'Harcourt ; : François-Henri d'Harcourt ; : Anne-François d'Harcourt ; : Emmanuel-François de Grossoles ; : Gabriel-Augustin de Franquetot ; : Jean-Pierre de Damas d'Anlezy ; : Jean-François de Pérusse d'Escars ; : François de Pérusse d'Escars ; : Charles-Michel-Gautier de Launay de Vallerie ; : Pierre de La Lande de Hinx ; : Louis-Henri de Beffroy ; : Raymond Gaspard de Bonardi de Saint-Sulpice ; : Jacques Vivien ; : Cerfontaine (N. de) ; : Joseph-Samuel Raison ; : Jean-Baptiste Fiquet) ; : Joseph Pagès ; : Louis François Félix Girault de Martigny ; : Jean Gabriel Marie Merlhes ; : Alexis Bessard-Graugniard ; : Joachim-Irénée-François Bureaux de Pusy.

De 1825 à 1962

1850 - 1854 : colonel Eugène de Labareyre ... 1862-1870 : colonel Nicolas de Bigault d'Avocourt (voir Famille de Bigault) 1901 : colonel Gaudin 1906 - 1907 : colonel d'Urbal ... ? - : commandant de Lafont 3 - : lieutenant-colonel Maissiat - : commandant de Lafont - : colonel L'Hotte - ? : lieutenant-colonel Conigliano ... 1940 : colonel Guy Schlesser ... 1951-1953 : colonel Édouard Soula ... 1955 - 1956 : lieutenant-colonel Deluc 1956 : lieutenant-colonel de Chabot 1956 - 1958 : lieutenant-colonel Perrodon 1958 - 1962 : lieutenant-colonel Fajeau 1962 : colonel Méry

Historique des garnisons, combats et batailles Ancien Régime

Guerres de la Révolution et de l’Empire vignette|Un cavalier du de la Grande Armée

Affecté à l'armée du centre, il participe aux batailles de Valmy () et de Jemmapes (). En 1793, il combat au siège de Maubeuge et à la bataille de Wattignies.

En 1794, le régiment rejoint l'armée du Nord et combat à la bataille de Fleurus. Il combat ensuite à l'armée du Rhin en 1795-1796 puis à l'armée d'Italie en 1797. Il participe notamment à la bataille de Marengo puis le 2 décembre 1805 à Bataille d'Austerlitz. En 1806 il prend part à la Campagne de Prusse et de Pologne puis le 14 octobre de la même année, à la Bataille d'Iéna.

Le , il participe à la bataille d'Eylau contre les Russo-Prussiens. Le , ses charges à la bataille d'Heilsberg sont remarquées.vignette|Charge du contre l'infanterie espagnole à la bataille d'Ocaña (1809) Le régiment participe à la campagne d'Espagne à partir de 1808. Le , il participe à la charge qui met en déroute l'infanterie espagnole à la bataille d'Ocaña puis capture des prisonniers lors de la poursuite En 1813, le regiment participe à Campagne d'Allemagne puis du 16-19 octobre à la Bataille de Leipzig. En 1814 il participe à campagne de France et le 28 mars de cette année à la Bataille de Claye et au combat de Villeparisis.

Il combat enfin à la bataille de Ligny pendant les Cent-Jours.

De 1825 à 1852

vignette|Illustration du aidant la population de Saint-Étienne pendant l'inondation Le est recréé en 1825. En 1831, sous la monarchie de Juillet, il est envoyé réprimer la révolte des canuts de Lyon. Le , le régiment est en garnison à Saint-Étienne lorsque la ville est touchée par des inondations. Pendant deux jours et une nuit, le régiment se distingue en portant secours à la population.

Second Empire

En 1851 le chef de corps du , Eugène de Labareyre, un proche de Louis-Napoléon Bonaparte, mène le à Paris afin de soutenir le coup d'État du . Celui-ci se déroule sans heurt.vignette|La défense de Forbach le . Le régiment combat pendant la guerre franco-prussienne de 1870 au sein de la de cavalerie de l'armée du Rhin. Le régiment est remarqué le , à la bataille de Forbach-Spicheren : deux escadrons du et une compagnie du génie tiennent avec succès le flanc français à Forbach. Le le régiment combat à Grostenquin avec le de dragons. À la bataille de Rezonville le , il charge le de cuirassiers.

Le 26 novembre 1870 a lieu le combat de Lorcy où est engagé un escadron du .

De 1871 à 1914 Le régiment est renforcé en 1896. Caserné à Troyes, le régiment quitte cette ville pour Pont-à-Mousson en 1900. Il revient à Troyes en 1913.

Première Guerre mondiale

1914 Stationné à Troyes, avec des éléments à Toul, le régiment se met sur le pied de guerre à partir du , avec 4 escadrons. Le soir le régiment traverse Nancy sous les acclamations de la population pour rejoindre Saint-Nicolas-de-Port. Le est mis à la disposition de la d'infanterie à Art-sur-Meurthe. Le , jour de la mobilisation générale, le est à Vitrimont avec l'état-major et le et le sont à Deuxville.

Conformément au plan de mobilisationAnnexe de l'instruction du 26/02/1914 (SHD cote 5N254), liste des dépôts à évacuer après mobilisation., le dépôt du régiment est transféré à Châteauroux (11e et 12e escadron)

vignette|Le lieutenant de Lattre de Tassigny du en 1914. Le , une escouade de sept dragons du , menés par le lieutenant Bruyant, rencontre à Réméréville une patrouille du de Saint-Avold. Le chef de la patrouille allemande, le lieutenant Dickmann, est tué, ainsi qu'un autre uhlan. Le au complet rejoint le reste du régiment le lendemain. Le , le régiment soutient l'attaque du d'armée à Lagarde en envoyant des patrouilles. Le lieutenant de Lattre se fait remarquer en menant une .

Le , la de cavalerie dont fait partie le régiment part avec tout le en direction de Sarrebourg. Le 18, le est accroché au niveau de Langatte mais le régiment n'est pas engagé dans les combats autour de Gosselming (bataille de Sarrebourg). Entre le 18 et le 20, la cavalerie française ne parvient pas à avancer et la dégradation de la situation militaire la force au repli. Le régiment assure l'arrière garde de sa division qui se replie jusqu'à Villacourt le .

Le régiment rejoint la bataille de Rozelieures le lendemain mais n'y joue pas un grand rôle, la cavalerie n'étant pas destinée à charger l'infanterie. En septembre, les dragons mènent de nombreuses reconnaissances dans la Woëvre. En particulier, le régiment défend Bouconville du 22 au . Le régiment rejoint les tranchées entre Apremont et Gironville à partir du . Mi-octobre, la division rejoint la région de Toul puis celle de Blainville-sur-l'Eau et Rosières-aux-Salines. Le régiment mène de petites opérations à cheval dans la direction d'Arracourt jusqu'au . Il cesse de participer aux combats à cette date et, stationnant à Rosières-aux-Salines, s'entraîne jusqu'au .

1915

À partir du jusqu'au , les deux moitiés du régiment se relaient dans les tranchées de Mazerulles et de la ferme Ranzey (Athienville).

1916 1917 1918

Entre-deux-guerres Caserné à Colmar, le régiment est dissout en 1923.

Seconde Guerre mondiale 1939 Le régiment est recréé dès le . Il est alors rattaché à la de dragons portés de réserve générale, sous le nom le de dragons portés. Pendant la première partie de la « drôle de guerre », cette brigade est affectée en soutien à la légère mécanique.

Au cours du mois de , les deux brigades de dragons portés sont dissoutes pour mettre sur pied une légère mécanique et basculer les trois divisions de cavalerie en six nouvelles divisions légères.

Au cours du mois de , le régiment n'ayant pas atteint le niveau suffisant d'équipement, il est dissous et ses anciens effectifs sont ventilés dans plusieurs unités, comme le , pour tout le bataillon et dans différents bataillons de dragons portés des divisions de Cavalerie qui sont alors modifiés en divisions légères.

1944-1945 Le de dragons renaît en 1944, issu du maquis de la zone A du Tarn formé par le commandant Pierre Dunoyer de Segonzac, dit « Commandant Hughes » et ancien directeur de l'école des cadres d'Uriage. Après la libération de Castres, le maquis établit dans le Quartier Fayolle un centre de recrutement pour la française, récemment débarquée sur le littoral méditerranéen et qui combat dans la vallée du Rhône. Castres étant la ville de garnison du de dragons, nombreux en sont les anciens officiers qui s'engagent dans la nouvelle unité. Le commandant de Segonzac se voit pressé de donner la dénomination « de dragons de reconnaissance » à cette unité, un peu contre son goût. Cependant il ne veut pas décourager l'élan de ces officiers.

En effet, durant la période de l'Armée de Vichy, le de dragons n'a pas fait preuve d'une grande volonté pour préparer le camouflage de ses armes et matériels en cas d'occupation de la zone libre par l'armée allemande. Et lorsque celle-ci a eu lieu en , ce sont des hommes de ce régiment qui ont participé à l'arrestation du général de Lattre de Tassigny, devenu par la suite commandant de la française.

C'est pourquoi, ayant appris la recréation du de dragons par le commandant de Segonzac, le , le général enjoint à celui-ci d'en changer la numérotation et de prendre le , qui était celui de son régiment en 1914.

C'est ainsi que le de dragons rejoint la française à Remiremont, dans le rôle d'unité d'infanterie, attaché aux ordres d'un régiment de Spahis.

Il à était équipé par 17 chars Hotchkiss H39 pris sur les forces allemandes en retraite, mais qui n'ont pas connut le combat.

De 1945 à nos jours

Le de dragon est basé en Allemagne de l'Ouest à Reutlingen jusqu'en 1955, avant son départ pour le Maroc le de cette même année. En , il est positionné en Algérie française et y reste jusqu'à la fin de la guerre d'indépendance algérienne. Il sera un des quatre régiments équipés de Daimler Ferret. Il embarque le pour son retour en métropole ; il est dissous le à Orléans pour devenir aussitôt le de hussards.

Traditions et uniformes Étendard vignette|L'étendard du en 1892. ''Il porte, cousues en lettres d'or dans ses plis, les inscriptions suivantes Décision /SGA/DPMA/SHD/DAT du relative aux inscriptions de noms de batailles sur les drapeaux et étendards des corps de troupe de l'armée de terre, du service de santé des armées et du service des essences des armées, Bulletin officiel des armées, , Arrêté relatif à l'attribution de l'inscription AFN 1952-1962 sur les drapeaux et étendards des formations des armées et services, du (A) NORDEF0452926A Michèle Alliot-Marie Valmy 1792 Jemmapes1792 Austerlitz1805 Heilsberg 1807 Ocana 1809 Flandres 1918 L'Aisne 1918 Roulers 1918 Vosges 1944 AFN 1952-1962

Insigne

Sur l'insigne du régiment de 1955 à 1965, on trouve la croix pattée d'hermine empruntée aux armes du marquis de la Bretesche.

Personnages célèbres ayant servi au César Antoine Roize alors cavalier au régiment d'Artois dragons Charles-Marie-Augustin, comte de Goyon (1803-1870), général de division, lieutenant-colonel au vers 1841-1845. François René Boullaire, capitaine en 1900 Gaston Bachelard en 1906-1907 comme cavalier télégraphiste. Jean de Lattre de Tassigny, lieutenant en 1914 Gaston d'Humières, lieutenant-colonel de 1919 à 1928 Francis Lemarque, auteur-compositeur interprète, comme engagé volontaire en 1944-1945

Notes et références

Annexes

Bibliographie

, .

Liens externes

Articles connexes Liste des régiments français Régiment de cavalerie français Régiments français d'Ancien Régime

Catégorie:Unité ou formation militaire créée en 1775