Daoulas est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France, connue surtout pour l'abbaye Notre-Dame de Daoulas.
Géographie Daoulas est située à la confluence de deux rivières, la Mignonne et le Lézuzan. Plus en amont, le manoir de Kerdaoulas domine la vallée.
Cette commune se situe au fond de la rade de Brest, en bordure de la ria de la rivière de Daoulas, en situation typique de fond d'estuaire, à la limite de la navigabilité et de la remontée de l'influence de la marée. La paroisse faisait partie de l'évêché de Cornouaille et les bretonnants y parlent traditionnellement le dialecte cornouaillais (à la différence de Plougastel-Daoulas où l'on parle le léonard). La région fait transition entre la Cornouaille, dont elle fait officiellement partie et le Léon : « Etre ar Faou ha Landerne, n'emaoc'h ket nag e Leon, nag e Kerne. Entre Le Faou et Landerneau, vous n'êtes ni en Léon, ni en Cornouaille » dit un proverbe bretonLouis François de Sauvé, Proverbes et dictons de Basse-Bretagne, F. Vieweg, Paris, Trübner and Co, London, 1876-1878, pages 220-221, . Revue celtique, Tome III. vignette|redresse=1.2|Le carrefour principal au centre du bourg. En 1889, Benjamin Girard décrit ainsi Daoulas :
Géologiquement, Daoulas se trouve dans un petit synclinal d'époque dévonienne dit de Daoulas-Sizun où le porphyre est prépondérant (mais la kersantite y est aussi présente), à la différence des synclinaux voisins de Logonna-Daoulas où dominent les roches éruptives et de celui du Faou où domine la kersantiteCharles Barrois, Sur le Kerzanton de la Rade de Brest, Annales de la Société géologique du Nord, 1886, sur Gallica. Certains porphyres, en s'altérant sous l'action de l'humidité, ont donné le kaolin, ce qui permit un temps l'implantation d'une industrie de la porcelaine, qui disparut vers 1890 ; d'autres porphyres, moins altérés, donnent la célèbre pierre de Logonna.
La revue Annales de Géographie publie en 1893 la description suivante du pays de Daoulas :
Pol Potier de Courcy a écrit en 1869 : « Rien de plus varié, de plus fertile, de plus riant, que la route qui, longeant la rive gauche de la rivière, conduit au bourg de Logonna. [...] On chemine constamment au milieu de bosquets et de vergers, plantés d'arbres fruitiers de la végétation la plus vigoureuse, au travers desquels on aperçoit, de temps à autre, les nombreuses baies qui découpent ce coin de terre et le font ressembler à un jardin ». Émile Souvestre a aussi fait une description idyllique de la région de Daoulas vers 1840 : « Vous êtes en Arcadie, au milieu des ruisseaux gazouillants, des vergers ombrageant les fontaines, des ombrages où retentit le sureau des pâtres ». Louis Gallouédec précise que cette description est surtout vraie de la partie sud, formée de schistes argileux et d'altitude moindre, vers Le Faou et L'Hôpital-Camfrout, ajoutant : « Du Faou à Daoulas, toute la campagne est [...] couverte d'admirables vergers, et des branches chargées de fruits se penchent vers les eaux calmes. C'est là que Brest s'approvisionne de cerises, de prunes, de pommes. Les villages disparaissent dans la verdure ; les aiguilles des clochers, qui ailleurs se dressent si orgueilleusement sur la campagne prosternée, ici émergent à grand'peine du fouillis des arbres ».
Communes limitrophes
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par la Mignonne et divers autres petits cours d'eau.
La Mignonne, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Saint-Eloy et se jette dans la mer Celtique sur la commune, après avoir traversé six communes. Les caractéristiques hydrologiques de la Mignonne sont données par la station hydrologique située sur la commune d'Irvillac. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 29/07/2024 à 02:06 TU à partir des 577 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/05/1971 au 01/06/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le ..
vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de DaoulasLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Guipavas à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .
Urbanisme Typologie Au , Daoulas est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Brest, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
La commune, bordée par la mer d'Iroise, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d'urbanisme s'y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l'équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d'urbanisme le prévoit..
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (72,4 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (76,8 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (39,9 %), zones urbanisées (22,7 %), terres arables (19,9 %), prairies (12,6 %), forêts (4,5 %), zones humides côtières (0,3 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Logement En 2013, le nombre total de logements dans la commune était de 815.
Parmi ces logements, 88,1 % étaient des résidences principales, 7,4 % des résidences secondaires et 4,4 % des logements vacants.
La part des ménages propriétaires de leur résidence principale s'élevait à 84,3 %..
Toponymie Les formes anciennes suivantes sont attestées : Doulas (), Dolas () et Daougloas (). Dans les textes médiévaux, Daoulas est généralement retranscrit sous sa forme latine Daoulasium ou Douglasium.
Selon toute vraisemblance, le nom de Daoulas est issu du vieux-breton dou et glaz (lénifié en (h)laz) « les deux ruisseaux, les deux rivières »., la ville étant en effet traversée par la Mignonne et le Lézuzan. Daoulas est d'ailleurs le nom originel d'un des deux cours d'eau - une rivière des Côtes-d'Armor porte d'ailleurs ce même nom - l'actuel nom de Mignonne étant une création du .
Une étymologie populaire donne pour son nom l'explication suivante : Daoulas viendrait du breton daou signifiant deux et du mot laz signifiant meurtre, en mémoire de deux abbés, Tadec et Judulus, assassinés dans l'église de Daoulas par le seigneur du Faou, aux environs de l'an 502. Selon la légende, Dieu se venge et le meurtrier se convertit par la puissance de saint Pol, évêque de Léon. En réparation de ses crimes, il fonde le monastère de Daoulas, en breton daou laz « les deux plaies, les deux douleurs ». En réalité, à Tréguier, autour de l'évêque Martin, se décèle l'existence d'un véritable atelier de production hagiographique où on soupçonne Guillaume le Breton d'avoir composé des Vitae de saints locaux pour le compte de la cour épiscopale de Léon et d'avoir procédé à une réfection étymologique de Daoulas.
Histoire Les origines et la légende de saint Tadec et saint Judulus
La légende, rapportée par Albert Le Grand dans la Vie de saint Jaoua et reprise ensuite par plusieurs auteursHippolyte Violeau, La maison du cap, Revue étrangère de la littérature, des sciences et des arts, 1848, sur Gallica dit qu'un seigneur du Faou, encore païen, avait commis un double crimeSelon une autre version, c'est Guyomarch IV de Léon qui serait le meurtrier dans l'église de Daoulas :
Saint Jaoua aurait été chargé de la construction du monastère et prouva qu'il était fort bon architecte.
Antiquité Entre Le Faou et Landerneau, l'itinéraire antique, couramment appelé voie romaine, allant de Quimper à Landerneau se subdivise en deux tracés : l'un, direct, passait par Irvillac et Saint-Urbain, l'autre, en arc de cercle, par L'Hôpital-Camfrout, Daoulas et DirinonRené Kerviler, Armorique et Bretagne : recueil d'études sur l'archéologie, l'histoire et la biographie bretonnes, publiées de 1873 à 1892, H. Champion, Paris, 1893, Gallica.
Au Moyen Âge, de la motte féodale à la ville
La région de Daoulas - Le Faou - Châteauneuf-du-Faou formait au haut Moyen Âge le pagus en Fou, un pays historique, c'est-à-dire un pagus ; c'était une subdivision administrative de la CornouaillePhilippe Jouët et Kilian Delorme, "Atlas historique des pays et terroirs de Bretagne", Skol Vreizh, 2007, ..
Au départ une simple motte féodale () transformée plus tard en castrum (forteresse), la ville prend de l'importance avec la création de l'abbaye au . La ville se développe alors autour de son port et de son moulin. Elle est connue pour ses exportations de boulets de canon en kersantite puis pour le commerce des toiles de lin de Daoulas (). Dans Henri IV, Shakespeare évoque les toiles de Dowlas, mais pour les dénigrer comme un tissu de mauvaise qualitéHenry IV, Partie 1, Acte III, scène 3, William Shakespeare, Samuel Johnson, George Steevens, 1785, dans la bouche de Falstaff : « Dowlas, filthy dowlas : I have given them away to bakers' wives, and they have made bolters of them ». Et dans Dictionary of the English Language, Samuel Johnson, 1812, la définition de Dowlas : a coarse kind of linen.