L'Union Navy est le nom de l'United States Navy (USN) durant la guerre de Sécession, en opposition directe avec son adversaire, la Confederate States Navy (CSN). Ce terme est toutefois encore utilisé pour désigner les vaisseaux de guerre utilisés sur le réseau fluvial de l'intérieur, bien qu'ils soient, un temps, sous le contrôle de l'Union Army.
Elle est largement en deçà de ce que l'on peut attendre d'une marine de guerre. En effet, en dehors de quelques escarmouches durant la guerre contre le Mexique, ses derniers combats datent de 1812Calore, page 44..
Historique
Pour d'accomplir ces missions, l'Union Navy doit subir une profonde transformation, tant technique qu'institutionnelle. Durant la guerre, les bateaux à voiles sont complètement remplacés par des navires à vapeur dans une optique de combat.
L'US Navy est conçue à l'origine pour tenir tête à son ancien ennemi, la Royal Navy. Bien que d'une taille moyenne au début des hostilités, avec seulement à voiles et à vapeur, elle se développe rapidement, compta portant fin 1862, et remplit ses missions de blocus des ports des États confédérés d'Amérique et de soutien aux forces terrestres de façon satisfaisante.
On voit apparaître durant cette guerre les premiers combats de cuirassés et l'utilisation de sous-marins par la Confederate States Navy qui bien qu'étant extrêmement dangereux pour leur propre équipage, coulent ou endommagent fédéraux.
Après cette guerre, la Marine voit la majorité de ses navires désarmés et son effectif tomber à seulement et .
Les missions
Les missions primaires de l'Union Navy étaient de : Maintenir le blocus des ports confédérés, qui débute le et se termine à la fin du conflit. Combattre les vaisseaux de guerre de la CSN. Apporter la guerre dans les États ayant fait sécession qui sont inaccessibles pour l'Union Army, en utilisant le réseau fluvial et développant une marine fluviale. Supporter l'Union Army en fournissant un appui d'artillerie, des moyens de transport rapides et importants, et les communications sur les rivières de l'intérieur.
Les moyens Les hommes thumb|Contre-amiral David G. Farragut, c. 1863 Les marins La petite marine de temps de paix ne peut suffire pour l'armement de tous les navires. En , elle compte (de la maîstrance aux mousses)Calore, page 46.. Sur ce nombre, 200 seulement sont sans affectationRingle, page 10.. C'est alors que le président Lincoln appelle à recruter supplémentaires. Le recrutement est fait sur la base de volontaires, puisqu'il n'existe pas, à cette époque, de réservistes pour la marine. Contrairement à l'Armée de Terre, la Marine n'offre pas de prime d'engagement ("bounty"), ce qui limite l'attrait des postes qu'elle offre. Cette position, d'origine budgétaire, sera modifiée plus tard par le CongrèsEn juillet 1864, celui-ci ira jusqu'à autoriser des primes d'engagement de , sommes énormes pour l'époque.. Origine. Le recrutement s'adressera en priorité aux marins de la marine marchande, mais de plus en plus à de simples terriens. Si, théoriquement, le recrutement s'adresse aux américains, dans la pratique, de nombreux immigrants seront enrôlésCalore, page 46, citant les cas de différentes sur un navire.. La durée des engagements varie d'abord énormément. Il y en a pour , , , voire la durée du conflit. Le , le congrès décide que la durée sera de . Les engagés, dont les 2/3 sont des novices, suivent alors une formation accélérée de quelques semaines. À compter de l'été 1864, des prisonniers sudistes seront même acceptés pour servir sur des navires nordistes. Moyennant un serment d'allégeance et un nombre limité par rapport à la taille de l'équipageRingle, page 22. Contrairement à l'Armée de Terre, la Marine ne fait aucune difficulté pour employer des noirs sur les navires. D'abord des noirs libres, puis sans discriminationCalore, page 47.. À la fin du conflit, auront combattu comme marins, soit près de 15 % des effectifs. Ils sont cependant limités, et dans les fonctions qu'ils peuvent occuper (essentiellement soutiers, cuisiniers, ordonnances, mais aussi canonniers), et dans leur accès aux postes de responsabilité qui resteront dans leur quasi-totalité réservés aux blancs. À titre d'exemple, l'équipage d'un des canons de USS Minnesota est entièrement composé de noirs. Sur les fleuves, les marins viennent soit des navires locaux, soit sont des soldats de l'Armée de Terre affectés sur ces vapeurs. Dans les premiers temps du conflit, les navires ne dépendent pas de la Marine, mais de l'Armée. Solde. La solde d'un marin qualifié ("able seaman") est de au début du conflit. Un marin novice (qualifié de "landsman", "terrien") touchera et un "boy" (ce qui couvre les mousses mais aussi ceux ayant des fonctions de service (comme les cuisiniers ou les ordonnances) . Les marins noirs sont payés comme cette dernière catégorie. Le niveau de la solde est tout à fait correct pour l'époque. Par comparaison, un journalier reçoit par mois, un ouvrier de chantier naval, , un forgeron, . Mais le marin est nourri, logé, soigné, équipéRingle, page 92.. Le marin touche aussi de plus par mois au titre de la ration d'alcool (voir ci-dessous) qui n'est pas distribuée. Conditions de vie. La nourriture.Le marin bénéficie de 3 repas par jour. (les repas). (les aliments) (l'approvisionnement). (les cuisiniers). (l'alcool). Organisation du travail. Loisirs. Punitions et récompenses. Les punitions. Les récompenses. Les "parts de prise".
Les officiers En 1861, il y a environ de marine actifs. Mais comme il n'existe pas de possibilité de partir en retraite, la moyenne d'âge est élevéeCalore, page 45..
Les officiers de la marine de guerre sont en nombre insuffisant pour satisfaire aux besoins d'une Union Navy en plein développement. En 1861, les officiers en formation, les "cadets" des Académies Navales des deux dernières années de formation recevront une affectation.
Mais les besoins toujours croissants, entraîneront le recours à des officiers de la marine marchande qui recevront, après examen de leurs connaissances, une commission d'officier.
La solde des officiers varie en fonction de leur grade mais aussi de leur affectation. Elle est diminuée quand ils ne sont pas en service à la mer ou en attente d'affectation. La formation. Il n'y a qu'une formation envisagée pour les marins novices (landsmen), les marins expérimentés ne sont pas concernés (ils apprennent directement sur le navire où ils sont affectés). Elle porte sur 6 semaines et sont enseignées les bases du métier de marin, l'exercice du canon et le combat à l'arme blanche. Cette formation peut cependant être plus longue dans le cas où la totalité de l'équipage doir être formé. Pour les officiers, le cursus fait passer par une académie navale. La plus connue est celle d'Annapolis, Maryland. Les "cadets", de 14 à 18 ans, présentés par le Président lui-même ou par un membre du Congrès, y suivent une formation sur 4 ans où sont enseignées des disciplines variées, de la navigation et des mathématiques à la philosophie et au français. Le commandement. Le grade le plus élevé existant, au début du conflit, est celui de captain, c'est-à-dire l'équivalent du français capitaine de vaisseau ou du britannique post-captain. En dessous, on trouve des lieutenants (équivalent français : lieutenant de vaisseau). En revanche, l'absence d'une marine nombreuse et d'escadres constituées n'a pas fait apparaître le besoin d'officiers généraux pour la marine, c'est-à-dire l'équivalent des amiraux français ou admirals pour les britanniques. Quand le besoin de commander plusieurs navires apparaît, un des captains reçoit le grade, temporaire, de commodore ou flag officerLittéralement : "Officier à pavillon". Parce qu'il a le droit d'arborer un pavillon spécial, de commandement, en tête de mât.. Les différents grades d'amiraux seront créés par le Congrès au cours du conflit, d'abord afin de récompenser David Farragut, puis de marquer l'avancement d'autres officiers.
Les navires droite|vignette|USS Lafayette (1863-1866), cuirassé fluvial issu de la transformation d'un vapeur civil. Vitesse trop faible, blindage médiocre, mais silhouette impressionnante. La situation au début de l'année 1861. À l'ouverture du conflit, la marine fédérale aligne . Il y en a 90 sur les listes officielles, mais les autres sont inaptes au service, trop anciens ou sans équipage.
Parmi ceux-ci, seuls 24 sont à propulsion mixte, voile et vapeur et sont, en majorité, stationnés outre-mer. Parmi les vapeurs, les autorisées par le Congrès en 1854. Parmi elles, la frégate USS Merrimack qui deviendra célèbre dans les deux camps. La construction. À côté des arsenaux fédéraux, il y aura, pour la construction des navires de guerre, un recours important aux constructeurs privés. Par exemple, les cuirassés fluviaux opérant sur le bassin du Mississippi sont tous construits par des chantiers privés comme celui de Charles Eads, à St Louis.
L'augmentation du nombre de navires sera rapide. À la fin de l'année 1861, la marine fédérale aligne , avec une autre centaine en cours de constructionMac Pherson, p. 340.. L'effort doit cependant être tempéré : la politique d'achat de tout ce qui peut porter quelques canons a permis d'augmenter les effectifs par transformation sans avoir besoin de construire les navires désirés. À la fin du conflit, l'Union Navy aura construit mais en aura acheté 418Cf. page du site "Civil War Home" sur l'organisation de la marine nordiste. L'organisation. À l'ouverture du conflit, la marine fédérale est répartie en , ou escadres. Elles sont chargées de la protection du commerce et de la sauvegarde des intérêts américains. Le "Home Squadron" est chargé de la protection des eaux territoriales. On trouve, à côté, les "Mediterranean Squadron", "Africa Squadron", "Brazil Squadron", "Pacific Squadron" et "East India Squadron"Anderson, p. 10..
Le Blockade Strategy Board, organisme créé pour définir les objectifs du blocus et les moyens de les remplir, proposera de diviser l'ensemble à surveiller en distincts. Ceci réglera la répartition des navires nordistes pendant le conflit. L'équivalent d'un sera celui des eaux intérieures, c'est-à-dire les forces affectées au réseau fluvial.
Les infrastructures vignette|Gideon Welles, Secrétaire à la Marine des États-Unis pendant le conflit Arsenaux Ils sont en majorité au nord. Mais l'un des plus importants, celui de Gosport sera capturé par les sudistes dès le .
Chantiers navals En 1861, il y a principaux. (liste )
Hôpitaux Dès 1811, le Congrès avait autorisé le financement d'un fonds destiné à payer les médecins et financer les soins aux marins. À cette fin, une retenue de par mois était opérée sur les soldes des officiers et des marins. Le reste des ressources de ce fonds provenait des intérêts de sommes placéesRingle, p. 108.. À la fin du conflit, la marine fédérale gérait 8 grands hôpitaux, à Portsmouth (New-Hampshire), Chelsea (Massachusetts), Brooklyn (New-York), League Island (Pennsylvanie), Portsmouth (Virginie), Washington (D.C.); ainsi qu'à Mound City (Illinois) et Memphis (Tennessee).
En 1853, la marine avait aussi créé sa propre pharmacie centrale, à Brooklyn, pour fournir tous les produits nécessaires aux soins en s'assurant de leur qualitéRingle, p. 109..
En , la marine met aussi en œuvre un navire hôpital, USS Rover, qui opère sur les eaux intérieures. C'est non seulement le premier navire du genre, mais aussi le premier à bord duquel exercent des infirmièresRingle, p. 111.Elles sont aussi payées 15$ par mois, c'est-à-dire 3$ de plus que celles qui travaillent pour les hôpitaux de l'armée nordiste..
Durant le conflit, la marine comptera morts au combat et morts de maladies. Par comparaison, l'armée perdra un soldat sur 12 pour cause de maladie, la marine, un pour cinquanteRingle, page 107..
Le US Navy Department Ce ministère est organisé en bureaux (en américain : bureaus). Chacun est dirigé par un Chef de Bureau qui a rang de commodore.