La résolution du golfe du Tonkin est un texte soumis par l'administration Johnson et voté par le Congrès américain, visant à accroître drastiquement l'intervention de l'armée américaine dans la Guerre du Viêt Nam.
Entre le et le , la Maison-Blanche déclare que deux destroyers américains, le et le , qui se sont aventurés dans les eaux territoriales du Nord-Viêt Nam, ont essuyé des tirs de la part des Nord-Vietnamiens. Le Nord-Viêt Nam a attaqué illégalement la marine américaine le , cependant la deuxième attaque du a été orchestrée par les États-Unis pour exagérer l’incident.. Il est établi aujourd'hui que les incidents du golfe du Tonkin ont été instrumentalisés pour permettre une escalade de l'intervention américaine dans le conflit vietnamien. Les « Pentagon Papers » ont révélé que le texte de la résolution a été rédigé par l'administration Johnson plusieurs mois avant que lesdits « incidents » aient lieu..
Ces « incidents » ont donc fourni au président Johnson, successeur de Kennedy à la mort de ce dernier, le prétexte pour faire voter le texte de la résolution par le Congrès américain, qui donne au président le pouvoir de déclarer la guerre sans avoir à demander au préalable, comme l'exige la constitution, la permission du congrès.. La Cour suprême, gardienne du respect de cette constitution, refusa de décréter l'anticonstitutionalité de la guerre malgré les pétitions qui lui étaient adressées. Le président lance dès le les premiers raids américains sur les positions du Front national de libération du Sud Viêt Nam (FNL, ou Việt Cộng) au Sud-Viêt Nam et, le , il obtient du Congrès les pleins pouvoirs militaires pour attaquer la république démocratique du Viêt Nam. (Le les deux instances suprêmes, dans un élan de patriotisme, acceptèrent la résolution du golfe du Tonkin, donnant au président Johnson le pouvoir de prendre toutes les mesures nécessaires pour faire face aux agressions futures. Quand l'administration Johnson a envoyé par la suite d'abondantes forces américaines au Viêt Nam, elle s'est parfois réclamée de cette résolution qui lui en donnait le pouvoir)
Le contexte politique Le , trois semaines après l'assassinat de Ngô Đình Diệm à Saïgon, le président John F. Kennedy est assassiné à son tour. En moins d'un mois, deux acteurs clés du conflit armé au Viêt Nam disparaissent ainsi à un moment critique.
Le vice-président Lyndon Baines Johnson, successeur de Kennedy, a choisi la politique du soutien à Saïgon. Dès le , celui-ci fut confirmé par le Mémorandum 273.
Dans la république du Viêt Nam, appelée « Sud-Viêt Nam », la junte militaire, qui avait renversé Diêm, était dirigée par le général Duong Van Minh, dit « Big Minh » de par sa corpulence. Elle a éliminé les partisans de Diêm du système politique et a remplacé 35 des 44 gouverneurs de province. Les luttes de factions ont réapparu et les nouveaux représentants politiques, aussi bien que les rares anciens maintenus en place, n’ont pu que se montrer prudents et attentistes.
Les dirigeants de la république démocratique du Viêt Nam à Hanoï, désireux d'exploiter les faiblesses de Saïgon, ont pris l’option de renforcer leur aide au Viet Cong qui contrôlait alors d'importantes zones au sud et à l'ouest de Saïgon. Le , un nouveau coup d'État survint au Sud-Viêt Nam. Minh est resté le chef officiel mais le pouvoir réel passa aux mains du général Nguyên Khanh, dans la valse de généraux. À la tête du gouvernement de la république du Viêt Nam à Saïgon créée par Diem.
Durant le reste de l'année 1964, cinq autres coups d'État, ou tentatives de coup d’État, se sont déroulés à Saïgon et sept gouvernements se sont succédé, dans une caricature de « république bananière ». Les États-Unis ont commencé à dresser des plans d'intervention en cas d'effondrement du pays et ont envisagé le bombardement de cibles stratégiques au nord du Viêt Nam afin de contraindre Hanoï à retirer son soutien au Viet Cong.
À cette même époque, des détachements armés de la CIA, en coopération avec l'Armée nationale de la république du Viêt Nam, ont effectué des opérations de commando contre des objectifs côtiers au nord du Viêt Nam (opération Plan 34 A). Dans le même contexte, des navires américains furent envoyés dans les eaux territoriales du Viêt Nam du Nord, dans le golfe du Tonkin (), en observation, reconnaissance et soutien. L’incident, en lui-même, a été une défense côtière des garde-côtes de l’Armée populaire vietnamienne contre ces raids de la CIA. Le , des agents de la CIA opérèrent une mission clandestine contre des objectifs situés sur les îles de Hon Mé et Hon Ngu. Les dégâts qu'ils ont occasionnés furent limités mais Hanoï entendit riposter durement. Des patrouilleurs du Nord-Viêt Nam furent envoyés au large des îles afin d'éviter toute nouvelle intervention des États-Unis.
À Washington, Johnson a confirmé les opérations « De Soto » et le destroyer USS Turner Joy a rejoint le Maddox pour une nouvelle patrouille dans le même secteur. Dans la soirée du , les marins américains signalent une nouvelle attaque ; selon leur rapport, un combat de quatre heures a été mené au cours duquel 22 torpilles ont été tirées contre les navires américains et à l'issue duquel trois navires adverses ont été touchés. La réalité de ce second incident reste des plus controversées. Aucune preuve matérielle ne fut découverte : ni corps, ni débris ou épaves, ni impacts sur les navires américains ; l'« accrochage » s'était d'ailleurs déroulé lors d'une nuit sans lune et avec des orages dans le secteur. La version qui a été longtemps avancée des incidents du golfe est que la désinformation aurait été due à un simple problème de communications. C'est en 2001 seulement qu'un historien de la National Security Agency, Robert Hanyok, a établi que ces communications avaient été délibérément falsifiées. Mais ce rapport interne n'a pas été rendu public, jusqu'à ce qu'un article du New York Times du en révèle la teneur.
En résumé, ces incidents du golfe du Tonkin se sont avérés être la fabrication d’un prétexte pour étendre les combats au nord du Viêt Nam par une guerre aérienne.
Texte complet de la résolution vignette|275px
L’escalade
Conséquences
Bibliographie . , partiellement consultable en ligne. .
Notes et références
Annexes Articles connexes Incidents du golfe de Tonkin Guerre du Viêt Nam Pentagon Papers Résolution du golfe de Tonkin sur Wikisource Allocution du président Lyndon Johnson sur Wikisource
Liens externes
Robert J. Hanyok, "Skunks, Bogies, Silent Hounds, and the Flying Fish: The Gulf of Tonkin Mystery, 2-4 August 1964" Cryptologic Quarterly, hiver 2000-printemps 2001 Edition, Vol. 19, No. 4 / Vol. 20, No. 1. Tonkin Gulf Intelligence "Skewed"
Golfe du tonkin Catégorie:Août 1964