Édouard Boubat, né le et mort le à Paris, est un photographe français.
Il fait partie des trois photographes principaux de la revue Réalités où il a travaillé de 1951 à 1969. Il est, avec Brassaï, Willy Ronis, Robert Doisneau, Izis, l'un des principaux représentants de la photographie humaniste française. Son œuvre empreinte de poésie fera dire de lui à Jacques Prévert : .
Biographie Il est né à Paris le . Après une enfance à Montmartre, Édouard Boubat passe en 1937 le concours de l'école Estienne. Reçu, il y étudie la photogravure de 1938 à 1942. Réquisitionné pour deux années de service du travail obligatoire en Allemagne, ce n'est qu'après la guerre qu'il s'initie à la photographie. Issu d'un milieu modeste, fils d'un cuisinier militaire, il résume plus tard sa position par la formule : Sa première photographie, La petite fille aux feuilles mortes reçoit en 1947 le prix Kodak. Il devient ensuite, en 1951, reporter collaborateur permanent pour le mensuel Réalités puis photographe indépendant de 1968 à sa mort. Pour Frank Horvat, .
1945-1949 : la période Lella. Avec son premier appareil photo, un Rolleicord format , Boubat réalise ses premières photographies dont les photographies d'une jeune femme, Lella., rencontrée à la Libération et avec qui il vit de à fin 1949. Elle est alors son grand sujet et modèle. Selon certains témoignages, il finance l'achat de cet appareil en revendant des dictionnaires accumulés avant-guerre, marquant ainsi sa volonté de se consacrer pleinement à la photographie après l'expérience du STO.
La revue Camera le publie pour la première fois en 1950, année où il réalise l'Arbre et la Poule, une des photographies emblématique de son œuvre. Il commence ensuite à être publié dans différents magazines.
1951-1967 : reporter-photographe au magazine Réalités À partir de 1949-1950, il fait la connaissance des photographes Brassaï, Robert Frank, Henri Cartier-Bresson puis Eugene Smith qui a souhaité le rencontrer lors d'un de ses passages à Paris. Il effectue ses premiers voyages en Italie et en Espagne et est publié dans la revue américaine de photographie US Camera (textes de Louis Stettner).
En 1951, il rencontre Picasso qui commente ses premières images. Robert Delpire (qui vient de créer la revue Neuf) l'invite à exposer à la galerie La Hune, à Paris, en compagnie de Brassaï, Doisneau, Facchetti et Izis, exposition à la suite de laquelle il rencontre Albert Edouard "Bertie" Gilou (1910-1961), fondateur directeur artistique de la revue Connaissance des Arts et directeur artistique du magazine Réalités.
Après un premier reportage intitulé Les artisans de Paris (1951) puis un deuxième sur Le Pèlerinage de Saint Jacques de Compostelle en Espagne (1952), il devient collaborateur permanent de Réalités.
En 1955, il participe à l'exposition The Family of Man au MoMA à New York.
1969-1999 : période freelance et Agence Rapho vignette|Édouard Boubat à Bagneux (92) dans les années 1980 lors d'une conférence avec le public à la bibliothèque Louis Aragon à l'occasion d'une de ses expositions. En 1968, il redevient photographe indépendant. En 1970, après un voyage en Iran, il rejoint l'agence Top/Rapho fondée par Raymond Grosset. Il poursuit en parallèle une carrière indépendante qui le mène au Canada (1972), au Népal, en Inde à Mithila (1973), au Japon, en Roumanie, à Bodgaya pour les fêtes tibétaines (Inde du Nord) (1974), au Pérou (1975), au Kenya (1981), au Brésil (1985)…
En 1971, il est l'invité d'honneur des Rencontres internationales de la photographie d'Arles, qui lui consacrent une soirée de projection intitulée « Édouard Boubat et Lucien Clergue », présentée par Michel Tournier. Trois années plus tard, il rencontre Marguerite Duras, avec qui il collabore pour le film India Song. En 1978, il voyage au Mexique et rencontre le photographe Manuel Álvarez Bravo, dont il fera le portrait.
En 1985, la maison d'édition Nouvelles Images, relayée ensuite par les éditions du Désastre, commence à publier ses photos sous différentes formes : cartes postales, affiches, marque-pages… En 1995, il est invité d'honneur de la croisière de la photo, aux Caraïbes avec Sebastião Salgado. Depuis toujours intéressé par les arts de la rue, son dernier reportage porte sur le cirque Romanès, à Paris (1997/1999).
Il a fait des portraits de nombreuses personnalités tels que : Gaston Bachelard, Claude Levi-Strauss, Henri Troyat, Joseph Kessel, Julien Green, Ingmar Bergman, Rudolf Noureiev, Jean Paulhan, André Maurois, Emil Cioran, Robert Doisneau, Jean Genet, Marguerite Yourcenar, Alice Sapritch, Isabelle Huppert, Harold Pinter, Peter Klasen, Eugène Ionesco, Miss.Tic, Juliette Binoche ou Simon Hantaï.
Il meurt le à Paris, d'une leucémie. Il est inhumé au cimetière du Montparnasse (division 3).
Publications vignette|redresse|La petite fille aux feuilles mortes, Jardin du Luxembourg, Paris, 1947. vignette|redresse|Lella, Bretagne, 1947. vignette|redresse|Remi écoutant la mer, Paris, 1995.
Photographies Un grand nombre de photographies de Boubat sont devenues des icônes, parmi lesquelles on peut citer :
Recueils de photographies (sélection)
Écrit sur la photographie La photographie, Paris, Le livre de poche, première édition 1974, .
Filmographie Édouard Boubat, L'art et les Hommes de Jean-Marie Drot, , 1981.
Prix et récompenses
Édouard Boubat encouragea la création de la première galerie photographique à Paris, la Galerie Agathe Gaillard, par laquelle il fut ensuite représenté. Robert Doisneau, autre figure de la photographie humaniste, résume ainsi son travail :
Expositions (sélection)
Marché de l'art Sur le marché de la photographie, la cote d'Édouard Boubat reste relativement modérée par rapport à certains de ses contemporains humanistes. Ses tirages d'époque s'échangent généralement entre quelques centaines et quelques milliers d'euros, les images les plus emblématiques comme La petite fille aux feuilles mortes ou L'Arbre et la Poule pouvant atteindre autour de 2 000 à 2 500 € selon le format, l'état et la rareté du tirage. Ses photographies sont régulièrement proposées en ventes aux enchères spécialisées et demeurent présentes dans les grandes foires consacrées à la photographie d'après-guerre.
Participation à des émissions radiophoniques
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie Robert Crégut, La Tête froide, Le Soleil noir, coll. « Poésie », 1951. Plusieurs clichés d’Édouard Boubat, dont Bretagne 1957, ayant illustré la page de couverture et un article sur la paysannerie française de Réalités-femina-illustration, , , 37 à 43, ont été reproduits en noir et blanc dans le numéro de Reporters sans frontières consacré à l’artiste en . Bernard Boubat et Geneviève Anhoury, Édouard Boubat, Éditions de la Martinière, 2004 , 368.
Liens externes
Collection Frac Bretagne
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