Marzan est une commune française, située dans le département du Morbihan en région Bretagne.
Cette ancienne paroisse agricole et rurale doit à sa situation de carrefour sur la voie fluviale de la Vilaine, et aux passages des voies terrestres, d'avoir eu un passé mouvementé depuis que l'homme remonte les fleuves, les traverse et protège ces lieux. En 1945, elle fait face à la frontière ouest de la poche allemande de Saint-Nazaire. Au , deux ponts et un axe routier rapide réduisent les temps de transport et favorisent l'installation d'habitants qui travaillent dans des communes plus importantesSite officiel Communauté de Communes Pays de La Roche-Bernard, lire (consulté le 04/09/2009)..
Géographie Situation
Marzan, située au sud-est du département du Morbihan, est la seule commune du canton de La Roche-Bernard sur la rive droite de la Vilaine. Les communes les plus proches sont La Roche-Bernard et Nivillac sur la rive gauche, Arzal au sud et Péaule au nord, sur la même rive. Son territoire est bordé, au sud et à l'est, par la vallée de la Vilaine. La vallée du fleuve y est encaissée : les versants, du côté de Marzan, ont un dénivelé de 40 à . La route nationale 165, de Nantes à Brest, traverse la commune d'est en ouest, elle franchit la Vilaine par le pont du Morbihan, inauguré en 1995.
Les limites de la paroisse ont sans doute été fixées en grande partie par des éléments naturels ; celle avec Péaule suit avec quelques variantes l'étier de Marzan, puis le ruisseau de Marzan avant d'obliquer vers le nord en suivant le ruisseau de Kerhouarn. Avec la commune du Guerno, établie en 1805, elle suit depuis la Hutte à la Rose jusqu'à Casprais le ruisseau qui se jette dans celui de Marzan à Trevalvy. Ensuite les correspondances sont moins nettes, sans doute la ligne de partage des eaux entre le bassin du Saint-Eloi et celui de la Vilaine a-t-il servi de guide avant de rejoindre brièvement, entre Queldan et Le Cosquer, le tracé du ruisseau qui se jette dans la Vilaine entre Belléan et L'Isle ; enfin elle rejoint l'ancienne voie romaine séparant les territoires de Marzan et Arzal.
Les altitudes les plus élevées se situent au nord de la commune suivant une ligne de crête depuis le moulin de Kertouard (), passe par les anciens moulins de Kermourio () et rejoint le nord de Kergorden ( dans le Bois-des-moines). Elle est bordée au nord par le ruisseau de Marzan qui s'encaisse progressivement avant de se jeter dans la Vilaine en passant par le moulin de Craslon et celui de Marzan.
Géographie historique vignette|Bourg de Marzan, route de Péaule. La Vilaine a longtemps formé une limite et Marzan, jusqu'en 1789, s'est trouvée en situation de frontière à l'est : du territoire des Vénètes sous les Gaulois et les Celtes, puis de la cité des Vénètes à l'époque gallo-romaine ; du pays vannetais ou plus précisément du Haut-vannetais à partir du , territoire longtemps disputé entre les Francs et les Bretons ; du Broërec après l'expansion des Bretons vers l'est au . Marzan se trouve alors proche de la frontière entre le pays bretonnant et le pays gallo et le breton y est parlé jusqu'au début du Samuel Gicquel, Prêtres de Bretagne au XIXe siècle, Rennes, 2008, carte annexe 1, . ; du diocèse de Vannes. Dans l'État ducal, puis royal, Marzan relevait, pour la justice, du présidial et de la sénéchaussée de Vannes et pour l'administration, de la subdélégation de la Roche-Bernard établie au dans le cadre de la nouvelle généralité de Bretagne.
Un lieu de passage Pendant des siècles le franchissement de la Vilaine a été assuré par deux bacs.
Le plus ancien, au passage de l'Isle, situé à au sud-ouest du bourg, correspond à la traversée de la voie romaine de Nantes à Vannes entre Férel et Noy en Arzal. Depuis le haut Moyen Âge il était contrôlé par les ducs de Bretagne. Au , François II fait don à l'abbaye de Prières, non seulement du château et du passage mais aussi de la seigneurie de l'Isle avec tous les droits et la juridiction qui y sont attachés. Donation confirmée par Anne de Bretagne et Charles VIII: en effet, un mandement du permet aux moines de l'abbaye de Prières, après quelques démêlés avec le maréchal de Rieux, d'établir une maison et une « hôtellerie » sur le lieu de passage de la Vilaine, appelé « passage de l'Isle ». Il y est précisé qu'il constitue un lien entre le Broërec et Guérande.
Le passage de Guédas existe au moins depuis le , face à la Roche-Bernard. Les ducs de Bretagne le donnent à l'abbaye de Prières après l'avoir racheté à Guillaume de la Roche-BernardÉtude sur l'ancienne abbaye de Prières, abbé Piéderrière in Bulletin de la Société polymathique du Morbihan, année 1861, p.3. Il semble être resté le moins important jusqu'au . Cependant l'ordre s'était inversé en 1790 où la valeur du passage de Guédas, y compris la ferme de la maison qui le contrôle, est estimée à alors que celui de l'Isle n'en rapporte que 60 par anJoseph-Marie Le Mené, Abbaye de Prières, Bulletin de la société polymathique du Morbihan, 1903, .. À la fin du , le Conseil général décide de l'abandonner: mis en adjudication il n'a pas trouvé d'acquéreur.
Les péages sur la Vilaine ont été les principaux revenus que le territoire de Marzan a tiré de sa situation. Le bourg de Marzan est construit à l'écart des grandes axes et ses habitants ne semblent pas avoir tiré profit de la proximité de la route royale et de la Vilaine. Au début du un inspecteur du roi, laconique, note :
Cité par Danielo, Julien. Les ports d'Auray et de Vannes aux – Thèse inédite, Rennes II, 2008.
En outre, la traversée de la paroisse n'était pas très sûre ; Albert Jouvin de Rochefort (c. 1640 - c. 1710) qui voyage en 1670 entre Guédas et Muzillac en témoigne :
.Cité par DUCOURTIOUX, Voyages en Bretagne aux , Vannes, Bulletin de la Société Polymathique du Morbihan, 1910, .
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par la Vilaine, le Mazan, le Rodoir, le Val, l'étier du Rancöet et divers autres petits cours d'eau..
La Vilaine, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Juvigné et se jette dans l'Océan Atlantique à Camoël, après avoir traversé ..
Un plan d'eau complète le réseau hydrographique : la retenue d'Arzal, d'une superficie totale de ( sur la commune)..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Csb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais et sec.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune d'Arzal à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .
Urbanisme Typologie Au , Marzan est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (74 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (76,4 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (31,1 %), zones agricoles hétérogènes (27,1 %), forêts (18,3 %), prairies (15,8 %), zones urbanisées (4,4 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (3,3 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie En 895, le cartulaire de l'abbaye de Redon, mentionne Marsin »Hervé Abalain, Noms de lieux bretons, 2000, ., Marsen en 1427 ; Marzen en 1427, 1448, 1464, 1481, et en 1514. L’écriture actuelle de Marzan apparaît en 1536.
Le nom de Marzan vient, peut-être de MartinSite officiel Communauté de Communes Pays de La Roche-Bernard, Marzan, Origine du nom lire (consulté le 04/09/2009)., Martin est prononcé Marzhin (marzine), en breton. Ou est formé du breton arzh, qui signifie ours en français. Le fait que le patron de la paroisse « Saint-Martin de Vertou » soit accompagné d’un ours, selon l’hagiographie bretonneGeobreizh, fiche Marzan, étymologie lire (consulté le 04/09/2009)., justifie cette hypothèse.
En breton, le nom de la commune est , autrefois écrit Marzan. La forme bretonne normalisée donnée par l'Office public de la langue bretonne est également Marzhan..
Dans une étude publiée en 1990, Jean-Yves Le Moing indique que 70,3 % des toponymes de la commune sont bretonsJean-Yves Le Moing, Les noms de lieux bretons de Haute-Bretagne, Coop Breizh, 1990, p. 371.
Histoire vignette|Sceaux de Jean I.
Les Romains sur les coteaux de la Vilaine Les rives de la Vilaine ont révélé un habitat ancien et le passage d’une voie romaine au lieu-dit « Gué-de-l’Isle» où a été retrouvée une médaille en or de Caius Posthumus DardanusGustave Blanchard, César sur les côtes guérandaises, Bulletin de la Société Archéologique et Historique de Nantes et Loire Inférieure, 1883, 22, , Lire en ligne (consulté le 04/09/2009).. Partant de Noy, la voie romaine de Nantes à Vannes remonte vers Arzal et sert de limite avec la paroisse de Marzan, puis se dirige sur la Croix-de-CerfLouis Marsile, Les voies romaines du Morbihan, Bulletin de la société polymathique du Morbihan, 1929, p 3-58.. De nombreux débris romains ont été retrouvés dans les parties de la commune la plus proche du fleuve, à l'Isle bien sur mais aussi à Vertin, la Fontaine Vertin, Belléan et KeruchouxLouis Marsile, Répertoire archéologique du Morbihan gallo-romain. Bulletin de la société polymathique du Morbihan, 1972, ..
Une paroisse bretonne dès le