L’invasion soviétique de la Pologne est une opération militaire des premières phases de la Seconde Guerre mondiale. L'Armée rouge attaque la Pologne le sans déclaration de guerre préalable, soit seize jours après le début de l'invasion allemande, le Troisième Reich et l'Union soviétique ayant associé leurs objectifs et stratégies par le Pacte germano-soviétique.

L'invasion se termine par la victoire de l'Armée rouge, facilitée par l'engagement des forces polonaises sur deux fronts.

L'Armée rouge engage dans cette opération et rencontre peu de résistance, car les forces allemandes ont déjà décimé l’armée polonaise. Les pertes seraient de et . Les Soviétiques annoncent avoir désarmé , mais il semble cependant que beaucoup sont des miliciens. Des sources polonaises récentes comme la Wielka Encyklopedia PWN évoquent environ . Les troupes soviétiques, respectant le traité conclu avec l'Allemagne, s’arrêtent à quelque de la frontière orientale de la Pologne. Le , les deux armées victorieuses se livrent à une parade militaire commune à Brest-Litovsk, à la suite de quoi elles se répartissent chacune d'un côté de la ligne de démarcation précédemment convenue.

Ordre de bataille

Déroulement de l'invasion vignette|Avion polonais PWS-26 gardé par un soldat de l'Armée rouge près de Rivne, 18 septembre 1939. thumb|Soldats allemands rencontrant les autos blindées de l'avant-garde soviétique près de Lublin, 22 septembre 1939. thumb|Parade de la cavalerie soviétique après la reddition de Lviv, alors territoire polonais, 28 septembre 1939. thumb|Prisonniers de guerre polonais emmenés par l'Armée rouge, septembre 1939. L'invasion de la Pologne par l’Union soviétique le fut entreprise conformément au protocole secret du pacte germano-soviétique. Les Soviétiques intervinrent car, selon eux, les populations ukrainiennes et biélorusses de Pologne étaient victimes de discrimination, bien que la raison officieuse était l'intention de Staline d'annexer des territoires polonais et ainsi d'agrandir l’URSS. Enfin, la Russie soviétique, qui avait subi une défaite cuisante durant la guerre russo-polonaise de 1920, souhaite depuis cette date laver cet affront et récupérer les territoires perdus.

L'aviation polonaise, réduite à une centaine d'appareils sur les 460 à 470 qu'elle possédait au début de la guerre, reçut l'ordre de se retirer en Roumanie. Elle y parvint, les , après une série de combats contre les forces aériennes soviétiques. La frontière terrestre était gardée par le Corps de protection des frontières (Korpus Ochrony Pogranicza), garde-frontières fortement militarisés dont deux régiments du secteur Sud, les Równe et Czortków, étaient encore presque intacts, renforcés par des éléments repliés du front ouest. La bataille de Lwów opposa les Polonais aux deux armées d'invasion du . Les Allemands étaient entrés une première fois à Lwów le et avaient dû l'évacuer avant de mener une nouvelle série d'attaques jusqu'au . Les Allemands, puis les Soviétiques qui arrivaient en même temps de l'est, demandèrent à la ville de se rendre, ce qui fut refusé. Dans la nuit du , des chars soviétiques tentèrent d'entrer dans la ville et furent repoussés. Les unités polonaises rassemblées à Lwów, au total avec un matériel important et plusieurs trains blindés, auraient pu résister plusieurs semaines mais le commandant de la garnison, le général Władysław Langner, choisit de se rendre le malgré l'opposition d'une partie de ses officiers. L'acte de capitulation prévoyait, pour les officiers polonais, la possibilité d'être évacués à l'étranger : en fait, tous furent déportés à l'intérieur de l'URSS et la plupart éliminée lors du massacre de Katyń..

vignette|Ordre de bataille en anglais des fronts d'Ukraine et de Biélorussie engagés dans l'invasion de la Pologne.

Les , un corps de cavalerie commandé par le général Władysław Anders, décimé lors des combats contre les Allemands, fut encerclé par les Soviétiques à Sambor près de Lwów alors qu'il tentait de gagner la frontière hongroise, et obligé de se rendreKeith Sword, The Soviet Takeover of the Polish Eastern Provinces, 1939–41, p.41-42.. La fin était proche pour l'armée polonaise qui chercha d'ailleurs plus à combattre les forces allemandes que l'Armée rouge. Les troupes soviétiques étaient formées de deux fronts, équivalent à des groupes d'armées. Celui de Biélorussie était constitué de quatre armées et celui d'Ukraine de trois armées. Parmi ces trois armées, la reçut l'ordre d'interdire à l'armée polonaise l'accès aux frontières hongroise et roumaine. Face à cette puissante force d'invasion, les Polonais n'alignaient que 18 bataillons et 5 escadrons de cavalerie. Certains de ces hommes, surpris de voir des soldats soviétiques crurent tout d'abord que ces derniers étaient venus les aider, mais ils comprirent bien vite leur erreur lorsqu'ils furent capturés. Le , le gouvernement polonais basé à Kolomya, que les avant-gardes soviétiques menaçaient, était pleinement conscient que l'armée polonaise ne pouvait plus résister et se retira donc par la voie des airs en Roumanie et de là, en France. Les derniers coups de feu polonais furent tirés le . Par voie terrestre, polonais réussirent à s'enfuir par la Roumanie, dont la flotte en conduisit une partie, par la mer Noire et la mer Égée, à Alexandrie, en territoire sous contrôle britanniqueGrigore Gafencu, Préliminaires de la guerre à l’est : de l’accord de Moscou (21.08.1939) aux hostilités de Russie (22.06.1941), Egloff, Fribourg/Suisse 1944.. Environ autres Polonais, dont de nombreux soldats, s'enfuirent par la Tchécoslovaquie, la Hongrie et la Yougoslavie : beaucoup de ces exilés rejoignirent, par l'Adriatique ou par la Grèce, l'armée polonaise reconstituée à Alexandrie, en France et en Grande-Bretagne — ces routes d'exil se fermèrent en , après l'effondrement de la France, lorsque tous ces pays rejoignirent l'orbite allemande : dès lors, les réfugiés polonais y furent internés.

Pendant ce temps, les Soviétiques progressèrent de près de en deux jours, pillant tous les magasins qu'ils rencontraient, malgré l'interdiction des généraux. C'est Guderian qui rencontra les premiers Soviétiques, qui lui demandèrent d'évacuer avant le la ville de Brest-Litovsk en vertu de l'accord germano-soviétique. Pour Guderian le coup était rude, car la conquête de la ville avait occasionné de lourdes pertes à ses troupes et il estima que le délai d'évacuation était trop court. Finalement, les Soviétiques acceptèrent un délai supplémentaire. Le , Hitler annonça la fin de la campagne de Pologne, bien que des Polonais résistaient encore dans divers endroits du pays, notamment à Varsovie.

Les militaires polonais faits prisonniers par l'Armée rouge furent internés dans des camps, sous le contrôle du NKVD, en Ukraine et en Russie, notamment Kozelsk, Ostachkov, Starobilsk et ChepetivkaGénéral W.Anders Mémoires 1939-1946, La Jeune Parque, Paris, 1948..

Attitude de la France, alliée de la Pologne vignette|« Libération des peuples frères d'Ukraine occidentale et de Biélorussie occidentale, 17 septembre 1939 », timbres-poste soviétiques, 1940. L'invasion soviétique surprit la Pologne, non seulement sa population mais aussi son gouvernement, qui n'avait disposé d'aucune information la laissant prévoir. En revanche, en France, pays allié de la Pologne, le ministère des Affaires étrangères et le président du Conseil Édouard Daladier avaient reçu de Russie et d'Allemagne, dès le , des renseignements concordants sur les intentions soviétiques. Les autorités françaises choisirent de laisser la Pologne dans l'ignorance pour éviter qu'elle ne capitule trop tôt, ce qui aurait abrégé le temps pendant lequel la France pouvait profiter de l'engagement de l'Allemagne à l'est pour parfaire sa propre préparation militaireCéline Gervais-Francelle, Introduction à l'édition française 2011 de Jan Karski, Mon témoignage devant le monde, édition de poche, note 1 sur le chapitre I, p. 504. Renvoie à M. Wrońska, Polska — niepotrzebny aliant Francji ? 1939-1944, Varsovie, 2003, et à M. Kornat, Polska roku 1939 wobec paktu Ribbentrop-Molotov, Varsovie, 2002..

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Articles connexes Pacte germano-soviétique Campagne de Pologne (1939) Bataille de Lwów Tête de pont roumaine Korpus Ochrony Pogranicza Sarny Bataille de Brest-Litovsk (1939) Bataille de Wilno Tourka Bataille de Szack Bataille de Wytyczno Occupations militaires par l'Union soviétique Territoires polonais annexés par l'Union soviétique Guerre d'Hiver Occupation des pays baltes Occupation soviétique de la Bessarabie et de la Bucovine du Nord Opérations militaires soviétiques pendant la Seconde Guerre mondiale Répressions soviétiques des citoyens polonais Massacre de Katyń

Bibliographie

Catégorie:Campagne de Pologne (1939) Catégorie:Bataille de 1939 Catégorie:1939 en Pologne Catégorie:Occupation militaire par l'Union soviétique Catégorie:Histoire de la Biélorussie pendant la Seconde Guerre mondiale Catégorie:Bataille de la Seconde Guerre mondiale impliquant l'Union soviétique Catégorie:Bataille de la Seconde Guerre mondiale impliquant la Pologne Catégorie:Relations entre la Pologne et l'Union soviétique