Guimaëc est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France. Elle se situe en pays trégorrois.
Géographie Situation vignette|center|Carte de la commune de Guimaëc.
Guimaëc est une commune littorale de la Manche donnant sur la Baie de Lannion ; son bourg est cependant situé sur un plateau à plus d'un kilomètre de la merC'est une caractéristique commune à de nombreuses paroisses anciennes de la région comme Plougasnou, Plestin, Ploumilliau, Ploulec'h, etc. probablement par crainte des pirates saxons les plous se sont établis à une certaine distance de la côte (d'après René Largillière, Les saints et l'organisation chrétienne primitive dans l'Armorique bretonne, 1925, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k914005/f185.image.r=Plougasnou.langFR). À l'est, elle est séparée de Lanmeur et Locquirec par de minuscules fleuves côtiers (en fait de simples ruisseaux, notamment celui qui se jette à Poul Rodou et le ruisseau du Moulin de la Rive), le Douron et son embouchure étant situés encore plus à l'est, séparant Guimaëc de Plestin-les-Grèves.
Description Le littoral est caractérisé par des falaises abruptes et élevées, atteignant jusqu'à de haut, tant à l'ouest (à la pointe Runglaz par exemple, en direction de Saint-Jean-du-Doigt) qu'au sud-est de la pointe de Beg-ar-Fri ; seules deux plages d'ampleur limitée sont accessibles : celle de Vilin Izella au sud de la pointe de Beg-ar-Fri et celle de Poul Rodou, plus à l'est, partagée avec la commune de Locquirec. vignette|Maxime Maufra : Les trois falaises. Saint-Jean-du-Doigt (1894, musée de Pont-Aven) - en fait la pointe de Runglaz, située en Guimaëc. L'essentiel du finage communal est constitué d'un plateau situé vers une centaine de mètres d'altitude dans sa partie occidentale, atteignant à son point le plus élevé, près de Keravel, à la limite ouest de la commune ; le bourg est vers d'altitude ; la partie orientale de la commune, légèrement moins élevée est aussi plus vallonnée car elle est parcourue par de minuscules fleuves côtiers qui se jettent dans la Manche, pour l'un au niveau de la plage de Poul Rodou, pour deux autres sur celle du Moulin de la Rive (entre ces deux cours d'eau s'étend une presqu'île de confluence au niveau du hameau du Queillec et des hameaux voisins, qui coupe presque en deux la commune de Locquirec) et enfin par la rive gauche de l'estuaire du Douron, également escarpée, cette partie orientale de la commune culminant vers d'altitude, mais s'abaissant jusqu'au niveau de la mer. Seuls les versants pentus des vallées des cours d'eau précités sont restés boisés.
La commune présente un habitat rural dispersé en de nombreux écarts formés de hameaux et fermes isolées. Son littoral, accidenté, est resté préservé, ne présentant pas de rurbanisation littorale. Le bourg, excentré (limitrophe de la commune de Lanmeur) n'a développé qu'une modeste périurbanisation, principalement le long de la route départementale 64, tant vers le sud en direction de Lanmeur, que vers le nord-est en direction de Locquirec.
Louis Le Guennec décrit ainsi Guimaëc en 1918 :
Le même auteur décrit la pointe de Beg ar Fri :
Géologie
L'intrusion magmatique dite de Saint-Jean-du-Doigt forme un complexe gabbro-dioritique dont les affleurements peuvent être observés tout le long de la côte entre Poul Rodou (en Guimaëc) et Primel (en Plougasnou)Nolwenn Coint, Cédric Hamelin et Martial Caroff, Le complexe gabbro-dioritique lité de Saint-Jean-du-Doigt, " Bulletin de la Société géologique et minéralogique de Bretagne", 2008, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9687092w/f3.image.r=Guima%C3%ABc.
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le Douron et divers autres petits cours d'eau.
Le Douron, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Scrignac et se jette dans la baie de Lannion entre les communes de Plestin-les-Grèves et de Locquirec, après avoir traversé ..
vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de GuimaëcLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Lannion à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Guimaëc est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Lanmeur, une agglomération intra-départementale dont elle est une commune de la banlieue.. La commune est en outre hors attraction des villes...
La commune, bordée par la Manche, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d'urbanisme s'y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l'équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d'urbanisme le prévoit..
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (84,5 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (85,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (41,4 %), zones agricoles hétérogènes (40,9 %), forêts (5,8 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (5,7 %), zones urbanisées (3,1 %), prairies (2,2 %), zones humides côtières (0,9 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie vignette|140px|Église paroissiale Saint-Pierre : statue de saint Maëc. Le nom de la localité est attesté sous la forme Vicus Maioci au . et , Ploemaec vers 1330, Guicmeac fin . Dans la littérature de langue bretonne, on retrouve les formes Gwimaeg, Gwimeg, Gwimek, Guimek, Gimaek, Guimaec, Guimaëc, Guimaëk, Gwimaec et Gwimaek.
Guimaëc vient du vieux breton « gwik » (bourg) et de Saint-Maëc (Maoc ou Maeoc), le bourg de saint Maeoc. La tradition fait de saint Maeoc l'un des douze condisciples de saint Kirec, avec saint Engar (qui avait une chapelle en Locquirec), saint Milon (qui était vénéré dans la chapelle Saint-Engar), saint Garan (il a une chapelle à Plestin), saint Kémo (patron d'une ancienne trève de Trédrez), saint Egat (patron primitif de Plouégat-Guerrand), saint Nérin (patron de Plounérin), etc.
En breton, son nom s'orthographie GwimaegFañch al Lae, Anoiou lehiou meneget e "BILZIG" (parreziou pe keriadennou), Emgleo Breiz, Brest, 1963. et se prononce .
Historique
Préhistoire L'allée couverte, nommée « Lit de Saint-Jean » ou « Lit de la fileuse » (« Beg an inkirenez ») se trouve à 400 mètres à l'ouest de la chapelle Christ. Selon la légende, la fileuse pouvait lancer son fuseau vers la droite jusqu'au "Grand Rocher" de Plestin, ou vers la gauche jusqu'au rocher nommé "Beg an inkirenez" à Plougasnou. Les pèlerins qui se rendaient au pardon de Saint-Jean-du-Doigt se frottaient le dos à la pierre pour se prévenir des rhumatismes. Cet édifice témoigne de l'occupation de cette partie du littoral trégorrois dès le Néolithique.
Incorporé désormais dans le mur de l'enclos paroissial de l'église Saint-Pierre, ancien cimetière du bourg de Guimaëc, "Maen Rannou" (ou "Men Rannou") est probablement une stèle de l'Âge du fer, ou un lec'h gaulois). La tradition rapporte qu'il s'agirait d'une pierre lancée par le géant Rannou (un avatar local de Gargantua) depuis son château sur les femmes du bourg qui disaient du mal de lui.
Étymologie et origines Peuplée dès le Néolithique comme l'attestent plusieurs mégalithes, Guimaëc est une paroisse de l'Armorique primitive ou ploue. « Guimaëc est certainement une ancienne paroisse » écrit René LargillièreRené Largillière, "Les saints et l'organisation chrétienne primitive dans l'Armorique bretonne", 1925, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k914005/f179.image.r=Guima%C3%ABc?rk=214593;2. Les paroisses de Lanmeur et Locquirec ont été créées à ses dépens. Le nom de « Ploemaec » disparaît vers le pour laisser place à Guimaëc (qui se prononce « Guimec », en breton Gwimaeg) c'est-à-dire le bourg de saint Maëc, connu aussi sous les variantes de saint Maeoc, saint Mic, saint Nic, saint Mayeux et saint MieuxPaul Peyron et Jean-Marie Abgrall, Notices sur les paroisses du diocèse de Quimper : Guimaëc, "Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie", 1911, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k109990j/f333.image.r=Guima%C3%ABc. Selon la légende, on tenta d'y enterrer le corps de ce saint, honoré en d'autres lieux de Bretagne, mais en vain, à chaque fois la dépouille sortait de son tombeau. Ce saint, à l'existence hypothétique, est parfois assimilé (ou confondu) avec saint Méloir, lui-même connu également sous différentes variantes de noms dont saint Mélar, ce qui explique l'existence par le passé dans la paroisse d'une chapelle Saint-Mélar désormais disparue.
Antiquité
L'ancienne voie gauloise, puis gallo-romaine, allant de l'antique Kerfeunteun (devenu Lanmeur) à l'embouchure du Douron (où par la suite l'ermite Kirec fonda son prieuré) passait par Kervidou et Kerlaëron (en Lanmeur), passant donc à l'est de la route actuelle qui passe par le bourg de Guimaëc.
Moyen Âge