Kersaint-Plabennec est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France..
Géographie vignette|gauche|Carte de la commune de Kersaint-Plabennec. Kersaint-Plabennec est une commune du plateau du Léon située à une quinzaine de kilomètres au nord-est de l'agglomération brestoise. La commune est désormais traversée par la RN 12, voie express allant de Brest à Rennes et au-delà se dirigeant vers Paris. Elle se trouve juste au nord-est de l'aéroport de Brest-Bretagne.
Localisation
Cadre géologique
vignette|Carte géologique du Massif armoricain. Kersaint-Plabennec est à l'extrémité sud-ouest du domaine structural de la zone de Léon qui constitue un vaste antiforme métamorphique de sur orienté NE-SW. Postérieurement au métamorphisme hercynien, se développe un important plutonisme : le chapelet nord de granites rouges tardifs (ceinture batholitique de granites individualisée pour la première fois par le géologue Charles Barrois en 1909C. Barrois, Carte géologique à 1/80000, feuille Lannion (), 1909., formant de Ouessant à Barfleur (Aber-Ildut, Carantec, Ploumanac'h, puis Flamanville et Barfleur) un alignement de plutons de direction cadomienne, contrôlé par les grands accidents directionnels WSW-ENE), datés aux alentours de 300 Ma, correspond à un magmatisme permien.. L'orogenèse hercynienne se termine par la formation de deux accidents crustaux majeurs qui décalent les granites carbonifères : le décrochement dextre nord-armoricain (faille de Molène – Moncontour) et le cisaillement senestre de Porspoder-Guissény (CPG).. Le plutonisme sur le territoire de Kersaint-Plabennec se traduit par la mise en place d'un massif composé de deux granites distincts : le granite de Saint-Renan sensu stricto (granite fin à deux micas), intrusif dans le granite à biotite dominante de Kersaint, de grain grossier à porphyroïde. Ces venues granitiques sont associées au fonctionnement du décrochement nord-armoricainMarcoux, , p. 27.
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par l'aber Benoit et divers autres petits cours d'eau.
L'aber-Benoît, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Saint-Divy et se jette dans la mer Celtique en limite de Saint-Pabu et de Landéda, après avoir traversé sept communes.
vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Kersaint-PlabennecLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Guipavas à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Kersaint-Plabennec est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Brest, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (91,9 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (96,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (46,8 %), zones agricoles hétérogènes (30,4 %), prairies (14,7 %), zones urbanisées (6 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (2,1 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Kersaint-Plabennec est un démembrement de l'ancienne paroisse primitive de Plabennec.
Le nom de la commune s'est écrit « Kersain Plabennec » en l'an II (1793) et « Kersain-Plabennec » en 1801 avant d'adopter l'orthographe actuelle « Kersaint-Plabennec ».
Le nom de Kersaint (en ) tire certainement son nom des moines, qui sont venus de la Bretagne insulaire en Armorique à la suite de saint Ténénan dès le en Armorique. Les registres de l'état-civil de la paroisse ne remontent pas au-delà de 1680.
Histoire Préhistoire Plusieurs tumuli de l'âge du bronze s'élevaient sur le territoire de Kersaint, dont un de 50 mètres sur 2, au bourg, qui abritait la tombe d'un enfant. Un trésor de monnaies gauloises osismes découvert au Quinquis et la présence de fragments de tuiles à Saint-Elven témoignent de la continuité du peuplementP.-R. Giot, J. Cogné, « Fouille d'un tumulus de l'âge de bronze au bourg de Kersaint-Plabennec », dans Bulletin de la Société archéologique du Finistère, tome LXXIV, 1947.
Origines Le centre paroissial a été déplacé de Kersaint-Goz (« vieux Kersaint »), où se trouve l'ancienne chapelle Notre-Dame-de-Lanvélar, vers le lieu où se trouvait la chapelle Saint-Michel.
Époque moderne
En 1759, une ordonnance de Louis XV ordonne à la paroisse de Quersaint-Ploabennec [Kersaint-Plabennec] de fournir 9 hommes et de payer 59 livres pour « la dépense annuelle de la garde-côte de Bretagne »"Ordonnance... portant imposition pour la dépense annuelle de la garde-côte de Bretagne", 1759, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97412315/f7.image.r=Plovan?rk=21459;2.
Révolution française Malgré la proximité de Brest, la Révolution ne bouleverse pas beaucoup la vie de la paroisse. Le recteur, M. Le Goff, et son vicaire, M. Keruzoré, refusent de prêter serment, et l'église reste constamment ouverte. Le , Guillaume Kerouanton est élu maire, Jean Kerboul procureur, et Kersaint devient commune du canton de Guipavas et du district de Brest. Le village compte alors huit cents habitants.
Le En 1840, une partie de l'économie dépend des quatre moulins à eau qui bordent l'Aber-Benoît. Mais ils ferment peu à peu, et l'agriculture devient la principale source de revenus de la commune.
En 1896, un document indique que les Sœurs de l'Immaculée Conception de Saint-Méen assistaient et soignaient gratuitement les malades de Kersaint-Plabennec à domicileLa France charitable et prévoyante : tableaux des œuvres et institutions des départements, numéro 1, 1896, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5802221d/f627.image.r=Bourg-Blanc.langFR.
L'église Saint-Étienne
Dédiée à saint Étienne, l'église paroissiale, par sa forme et ce qui reste de sa construction primitive, place son établissement au . Les murs sont refaits en grande partie en 1751 comme en témoigne l'inscription au-dessus de la porte latérale nord. Les travaux durent une année et l'on ne retouche pas à la façade ni à une partie du mur nord, où l'on trouve au-dessus la date de 1660. La tour a des problèmes de maçonnerie à tel point qu'il devient périlleux de mettre les deux cloches en branle en même temps. En 1781, on décide de la reconstruction de la tour et le travail ne se termine qu'en 1783, date que l'on retrouve au-dessus de la porte ouest. Le , la foudre tombe sur le clocher et la flèche est détruite. La boule de feu descend l'escalier et fait de nombreux dégâts dans l'église ; la flèche actuelle est plus courte.
Dans l'église, nous trouvons quelques statues « rescapées du Concile Vatican II ». À gauche du chœur, près du vitrail relatant son martyre, figure saint Étienne et à l'opposé saint Jean l'Évangéliste avec son aigle. Ces statues, ainsi que celle de Notre-Dame-de-Lesquelen, datent du début du . Celles des douze apôtres ornent le petit porche, lui-même surmonté d'une niche extérieure abritant une statue de Kersanton représentant saint Étienne.
Les fonts baptismaux avec cuve octogonale, portent l'inscription : « V.ETD.MISSIRE.IAN.PRIGENT.R.1701 ». L'aspect extérieur de l'église a été mise en valeur récemment notamment par l'aménagement du bourg, l'abaissement des murs qui l'entourent et le déplacement du cimetière.
Le
La Seconde Guerre mondiale
Le , le Combat Command A, de la 6e division blindée américaine, venant du Huelgoat via Landivisiau, ville près de laquelle les soldats ont bivouaqué la nuit précédente, contourne Landerneau, mais est bombardé par les Allemands dans les environs de Saint-Thonan et Kersaint-Plabennec ; il passe la nuit suivante dans le secteur de Lormeau entre Plabennec et Gouesnou, nuit pendant laquelle il fut victime de tirs d'artillerie allemands qui firent de nombreuses victimes dans ses rangsÉric Rondel, "La libération de la Bretagne", éditions Ouestetcompagnie, 2014, ..
Démographie
Commentaire : La population de Kersaint-Plabennec est restée remarquablement stable dans le temps pendant près de deux siècles, sa population de 1962 étant quasi identique à celle de 1793 et, dans l'intervalle, les variations en dents de scie ont été très faibles, le minimum démographique de cette période étant atteint en 1831 avec 653 habitants et le maximum en 1886 avec 844 habitants. Une telle stabilité est très rare. Par contre, l'évolution démographique est plus contrastée depuis un demi-siècle, la commune perdant 114 habitants en 13 ans entre 1962 et 1975, pour atteindre son minimum démographique absolu depuis que les recensements existent avec 550 habitants en 1975, Kersaint-Plabennec étant frappée par l'exode rural. Par contre, depuis 1975, la commune connaît une rapide croissance démographique, gagnant 720 habitants entre 1975 et 2008 (+ 131 % en 33 ans) pour atteindre son maximum démographique absolu lors du dernier recensement. Proche de la voie expresse RN 12, au cœur du triangle formé par les agglomérations de Brest, Landerneau et Plabennec, la commune est touchée par la périurbanisation, avec la création de plusieurs lotissements ces dernières décennies.