La rue de Berri est une voie du de Paris.

Situation et accès Elle commence au 92, avenue des Champs-Élysées et se termine au 163, boulevard Haussmann.

Origine du nom Cette rue est nommée en l'honneur du comte d'Artois (le duché de Berry fut dans son apanage et, plus tard, son fils puîné sera duc de Berry (1778-1820).

Historique

À partir de 1640, l'espace compris aujourd'hui entre les rues du Colisée et de Berri, l'avenue des Champs-Élysées et la rue du Faubourg-Saint-Honoré fut occupé par la pépinière royale, qui fournissait les résidences royales en arbres, arbustes et fleurs. Elle fut désaffectée sous la Régence pour faire place à une opération de lotissement projetée par John Law autour d'un nouvel hôtel des Monnaies. Le terrain fut affecté à Regnard, directeur de la Monnaie, mais le projet resta sans suiteUne nouvelle pépinière fut créée en 1720 au nord du Grand Égout, dans un rectangle délimité par les actuelles rues de Courcelles à l'ouest et La Boétie (alors « chemin de la Pépinière à la Pologne ») à l'est, l'angle nord-est de ce rectangle se situant à peu près au niveau de l'actuelle place Saint-Augustin. Cette seconde pépinière fut supprimée en 1826. Voir « Rue de la Pépinière »..

Le terrain de la pépinière devint en 1755 la propriété du comte de Saint-Florentin, secrétaire d'État à la maison du Roi, qui le céda en 1764 à sa maîtresse, la comtesse de Langeac (1725-1778). Celle-ci le vendit en 1772 au comte d'Artois, frère cadet de Louis XVI, qui voulait y réaliser une vaste opération immobilière. En application de lettres patentes du , il fit ouvrir les rues de Ponthieu, d'Angoulême (partie de l'actuelle rue La Boétie) et Neuve-de-Berri.

La rue de Berri suivait le tracé d'un ancien chemin conduisant de Chaillot au Roule, mentionné dès 1672 sur le plan de Jouvin de Rochefort. On l'appela ensuite « ruelle de Chaillot », ou encore « ruelle de l'Oratoire » parce qu'elle longeait le jardin des Oratoriens, qui se trouvait entre les actuelles rues de Berri et Washington.

En 1778, le chemin fut pavé et élargi. La rue devint « rue de la Fraternité » en 1848 avant de prendre sa dénomination actuelle en 1852. La rue de Berri n'allait à l'origine que jusqu'à la rue du Faubourg-Saint-Honoré. Elle fut prolongée en 1864 jusqu'au boulevard Haussmann.

Le 29 mai 1918, durant la Première Guerre mondiale, un obus lancé par la Grosse Bertha explose au rue de Berri Excelsior du 9 janvier 1919 : Carte et liste officielles des obus lancés par le canon monstre et numérotés suivant leur ordre et leur date de chute.

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire 3 : hôtel particulier dans lequel, à la Belle Époque, Isabelle Davesne tenait un cabinet de voyance réputé et ne répugnait pas non plus à s'entremettre pour arranger des mariages« Rue de Berri » sur le site « Mon village : le faubourg du Roule et ses environs », www.apophtegme.com (consulté le 31 janvier 2009).. 5 et 5 bis (et 12 à 16 rue Washington) : ensemble d'immeubles (1981) comprenant un établissement hôtelier, « Le Warwick », et un passage couvert contemporain abritant des commerces et restaurants, nommé « galerie Berri-Washington » d'après les deux rues qu'il relie entre elles. C'est le lieu de décès du chanteur britannique de rock Robert Palmer (1949-2003, mort d'une crise cardiaque à l'hôtel WarwickRebecca Allison et Jon Henley, « Robert Palmer, 80s rock icon, dies aged 54 » dans The Guardian sur son site theguardian.com. Y ont logé à partir de 1927 Maurice Lacoin et sa fille Élisabeth Lacoin. 7 : en 1925, l'hôtelier suisse Émile Wolf rachète un hôtel particulier qu'il transforme en hôtel de voyageurs, l’hôtel Lancaster, où Marlène Dietrich réside pendant trois ans à la fin des années 1930. 8 : délégation permanente du Mexique auprès de l'OCDE. 12 : la comédienne Réjane (1856-1920) prit un appartement dans cet immeuble après avoir habité le 25, avenue d'Antin. La romancière féministe Gabrielle Réval (1869-1938) était sa voisine dans le même immeuble. Elle était à la fois la tante et l’épouse de Fernand Fleuret, l’érudit ami d’Apollinaire. Abrite aujourd'hui le consulat général de Colombie à Paris. 16 : Hôtel California. 20 : légation de Belgique dans les années 1900Annuaire diplomatique et consulaire de la République française, Berger-Levrault, 1907, p. 449.. 21 : en 1930 est construit à cette adresse un immeuble de style Art déco par les architectes Fernand Leroy et Jacques Cury« 21, rue de Berri », sur pss-archi.eu.. Le New York Herald Tribune (édition européenne) y a ses locaux de 1930 à 1978 « Paris Herald Tribune Leaving Rue de Berri », The New York Times, 26 mars 1978.« Le New York Herald Tribune publie à Paris le premier numéro de sa nouvelle formule », Le Monde, 7 décembre 1966.. En 2019, l’immeuble est rénové et agrandi.

hôtel Champs-Élysées Plaza. Paul Meurisse et Michèle Alfa y demeuraient lors de leur mariage en 1942 Mariage Paris 8e, 3 janvier 1942 (acte n° 1)-29 mai 1942 (acte n° 192), cote 8M287, page 31/32, acte N°183 38 : siège du Parti chrétien-démocrate. 39 : ancien siège social du fabricant d'automobiles « Ateliers d'Automobiles & d'Aviation » qui de 1919 à 1920 produisit de luxueuses voitures électriques dans son usine parisienne du 6 passage Miolis (Paris 15). : le compositeur Paul Vidal (1863-1931), premier grand Prix de Rome en 1883, habita dans cet immeuble. : immeuble où habita, autour de 1900, le comte de Schoenborn, « musicien de talent, délicat interprète de Schumann et compositeur sous le nom de Max Gus », selon André Becq de FouquièresBecq de Fouquières, Promenades dans toutes les rues de Paris. arrondissement, 54..

Bâtiments détruits 1 (angle de l'avenue des Champs-Élysées) : sous la Révolution française se trouvait à cet endroit une brasserie appartenant à Jean-François SanterreFrère d'Antoine Joseph Santerre. dit « Jehan de La Fontinelle », qui y confectionnait une bière âcre, riche en houblon et réputée aphrodisiaque, appelée « La Fontinelle ». Il fit faillite en 1803. Sous la monarchie de Juillet, le vicomte Hector de Jailly, auteur dramatique, habitait à l'entresol de cet immeuble et y recevait de nombreuses actricesCharles Lefeuve, Les Anciennes Maisons de Paris. Histoire de Paris rue par rue, maison par maison, Paris, C. Reinwald, édition, 1875, volume I, 316-318.. Une ménagerie foraine occupait cet emplacement vers 1855« Rue de Berri » sur le site « Mon village : le faubourg du Roule et ses environs », www.apophtegme.com (consulté le février 2009).. 2 (et 92, avenue des Champs-Élysées) : à cet emplacement s'élevait autrefois l'hôtel de Langeac, construit en 1770-1773 par l'architecte Chalgrin pour la comtesse de Langeac (1725-1778), maîtresse du comte de Saint-Florentin, secrétaire d'État à la maison du Roi, à l'emplacement du pavillon du garde de l'ancienne pépinière royale. Dès 1772, l'hôtel de Langeac était cédé au comte d'Artois, frère cadet de Louis XVI, qui y installa sa maîtresse, l'actrice Louise Contat. Thomas Jefferson y résida et y installa la légation des États-Unis d'Amérique d' à . Saisi sous la Révolution, l'hôtel de Langeac fut vendu comme bien national en 1793. Il fut démoli en 1842 et remplacé par l'hôtel de Belleyme-Trévise, dans le goût Louis XV, bâti entre 1869 et 1875 pour Jean-François Hippolyte Mortier de Trévise (1840-1892), marquis de Trévise, après son mariage en 1865 avec Louise Jeanne Gabrielle de BelleymeGérard Rousset-Charny, Rue du Faubourg-Saint-Honoré, Paris, Délégation à l'action artistique de la Ville de Paris, coll. « Paris et son patrimoine », 1994, .. Le prince Napoléon (Jérôme) y résida. Le bâtiment fut démoli en 1898. 5 : L'ancienne rotonde du Panorama national (1882) occupait une partie de l'emprise de ce complexe (galerie Berri-Washington et hôtel Warwick). Il convient de ne pas confondre ce panorama national, second du nom, avec le premier Panorama national situé sur les Champs-Élysées (actuel théâtre du Rond-Point). Celui de la rue de Berri est inauguré en 1882 avec l'exposition de La Bataille de Champigny (1880-1882), une toile panoramique circulaire monumentale (120 mètres de long et 14 mètres de haut) peinte par Édouard Detaille et Alphonse de Neuville« Édouard Detaille. On relève un blessé », www.musee-orsay.fr., qui est remplacée, de 1887 à 1892, par le Panorama de la bataille de Rezonville, réalisée par les mêmes peintres ; l'académie Julian ouvre, en 1888, à cette même adresse mais indépendamment du panorama, un espace constitué de trois ateliers de peinture « pour dames ». Dans ces nouveaux locaux est également enseigné la sculpture. Auparavant, les artistes féminines s'exerçaient rue Vivienne, où certaines d'entre elles sont peut être encore accueillies au-delà de cette date<ref> Michael Grauer, Rounded Up in Glory : Frank Reaugh, Texas Renaissance Man, Denton, Texas : University of North Texas Press, 2016, (en ligne).</ref> ; l' « établissement vélocipédique Palais-Sport« Le Palais-Sport » dans La Vie scientifique — Revue universelle des inventions nouvelles et des sciences pratiques, publication hebdomadaire illustrée, 37 du , éd. F. Juven et , Paris, 1895, . Descriptif détaillé paru le jour du vernissage, et la veille de l'inauguration publique, avec une photographie de l'espace intérieur, et les dessins du plan et de l'élévation.« Installations de l'établissement vélocipédiques "Palais-Sport", à Paris » dans Le Génie civil, Seizième année, , 709 du , . » (inauguré en 1895« Palais-Sport » dans le journal hebdomadaire La Bicyclette , du qui apprend à ses lecteurs que le vernissage et l'inauguration publique de ce « magnifique établissement situé en plein Paris » ont respectivement eu lieu le 5 et le 6 juin. et non pas en 1890« Palais-Sport établissement vélocipédique », affiche réalisée par l'illustrateur Pal, impr. Paul Dupont, Paris, 1890 (?).) est installée par la société anonyme du même nom dans l'ancien panorama acquis à cet effet et dont l'intérieur est profondément remanié. En 1910, alors que la fonction de la structure vient de changer à nouveau, Félix de Rochegude la désigne sous la dénomination inhabituelle de « palais du CycleFélix de Rochegude, Promenades dans toutes les rues de Paris : , vol. 8, Hachette, Paris, 1910, (en ligne) » ; le « garage Berri » (vers 1908Bernard Marrey, Le fer à Paris : Architectures, Picard, 1999, .) qui est encore en activité en 1980 sous le nom de parking ; également ancien Bazar de la CharitéRochegude, 1910, . ; 5bis : immeuble de bureaux - au 2 SGTBA - Bureau d'études de la société (1960-1971). 7 : vers 1780, pour Edme Marie Joseph Lemoine d'EssoiesCommune de l'Aube dont le nom s'orthographie aujourd'hui « Essoyes ». (1751-1816), professeur de mathématiques et de physique, l'architecte Antoine-Charles Aubert transforma à cet emplacement5 selon Lefeuve. un hôtel existant en une « institution polytechnique » qui fut ultérieurement fusionnée avec la pension Hix, sise rue MatignonCharles Lefeuve, Les Anciennes Maisons de Paris. Histoire de Paris rue par rue, maison par maison, volume I, 318. Le bâtiment a été gravé par Krafft et Ransonnette (façade principale, coupe sur la longueur de la grande Salle d'exercices, coupe de la maison ancienne, coupe sur la largeur de la grande salle d'exercices).. La comtesse de Bertrand y donnait de fort jolis bals, sous le règne de Louis-Philippe Le peintre Henri Lehmann (1814-1882) eut son atelier dans cette maison. 12 : à cet emplacement, propriété de veuve HéroldCharles Lefeuve, Les Anciennes Maisons de Paris. Histoire de Paris rue par rue, maison par maison, volume I, 320., se dressait vers 1820 une chapelle russeAlors 4. que remplaça en 1861 la cathédrale Saint-Alexandre-Nevsky de la rue Daru. 13 : l'hôtel particulier qui se dressait à cet emplacement au début du était la résidence d'un original fortuné, un peu mythomane, qui se faisait appeler Albert de Préverenges et se disait le fils naturel de l'actrice Cécile Sorel et de l'érudit et collectionneur Fernand de Mély (1851-1935).