Saint-Jérôme est une ville canadienne du Québec, chef-lieu de la MRC de La Rivière-du-Nord, dans la région des Laurentides.. Elle a été créée en 2002 à la suite de la fusion des villes de Bellefeuille, Lafontaine, Saint-Antoine et de l'ancienne ville de Saint-Jérôme.

Elle est située à environ au nord-ouest de Montréal. Ses habitants sont les Jérômiens et les Jérômiennes. Saint-Jérôme se retrouve présentement au des villes au Québec pour ce qui est de la population, avec plus de . En 2025, Saint-Jérôme comptait 85 160 habitants. Elle est la plus grande municipalité de la région des Laurentides pour ce qui est de la population. Ville de services, Saint-Jérôme se trouve à être le siège de plusieurs organismes gouvernementaux pour la région des Laurentides et compte également des institutions d'enseignement supérieur et artistique au centre-ville.

Toponymie Deux hypothèses sont avancées quant à l'origine du nom de la ville : La plus répandue est celle selon laquelle la ville porte le nom de Saint-Jérôme, Jérôme de Stridon, en latin Eusebius Sophronius Hieronymus, surtout connu pour sa traduction de la Bible en latin, la Vulgate. Né en Dalmatie (actuelle Croatie) en 341 et mort à Bethléem en 420, on raconte qu’il apprivoisa un lion qui l’accompagnait ensuite partout où il allait. Considéré comme un père de l'Église par les chrétiens et reconnu docteur de l’Église pour lui avoir donné la Vulgate (première traduction intégrale des Saintes Écritures en latin), saint Jérôme fut souvent représenté tenant la crosse d’un cardinal et accompagné d’un lion. Ces symboles se retrouvent aujourd'hui sur les armoiries officielles de la ville; L'autre hypothèse évoque un des premiers résidents de la région, mais son histoire est très peu certaine.

Géographie Saint-Jérôme est édifiée au pied des montagnes des Laurentides et est traversée par la rivière du Nord. Cette dernière comporte 4 îles principales, de l'amont vers l'aval : l'île des Frères, l'île Perrault, l'île Idéale (auparavant nommée Langlois) et l'île Longpré. Seules les îles Perrault et Idéale sont urbanisées. En 2016, 15 % du territoire de Saint-Jérôme était agricole.

Municipalités limitrophes

Histoire Seigneurie et paroisse initiale Le territoire où se trouve aujourd'hui Saint-Jérôme est concédé en 1752 par le gouverneur La Jonquière et l'intendant Bigot à Eustache Lambert Dumont, seigneur des Mille-Îles, sous le nom de seigneurie de l'Augmentation-des-Mille-Îles. En 1789, le seigneur Eustache-Louis Lambert Dumont, fils du précédent, y fait arpenter les premières terres. Une centaine de terrains sont concédés dans la partie sud du fief entre 1790 et 1807. Vers 1800, le seigneur fait construire un moulin à farine et un moulin à scie sur la rivière du Nord, dans ce qui allait devenir le centre-ville de Saint-Jérôme..

En 1807, à la mort d’Eustache-Louis Lambert Dumont, la seigneurie de l'Augmentation-des-Mille-Îles est partagée entre ses deux enfants encore vivants : Nicolas-Eustache obtient deux tiers du fief et en devient le seigneur primitif, et Louise-Angélique, épouse d'Antoine Lefebvre Bellefeuille, obtient le tiers restant. En 1810, Nicolas-Eustache Lambert Dumont établit un pied-à-terre au bord de la rivière du Nord, quelques kilomètres en aval des moulins., près de l'actuelle rue de la Chapelle à Mirabel. Quelques colons s'installent à proximité, dont Casimir Testard de Montigny, considéré comme le fondateur de Saint-Jérôme...

Le premier lieu de culte catholique de Saint-Jérôme apparait au début du . C’est en 1807 que la première église de la municipalité est érigée à la demande générale dans l’ancien moulin à farine situé près de l’actuelle jonction de l’autoroute 15 et de la route 158, qui sera converti en chapelle que l’on appellera communément La Chapelle. C’est seulement le , que Mgr Lartigue, l’évêque auxiliaire de Montréal, autorisant le curé Pierre Grenier de Sainte-Anne-des-Plaines d’y célébrer la messe « quand bon lui semblera ». Elle était desservie par les prêtres de Sainte-Anne-des-Plaines.. Un poste de traite des fourrures est implanté par Montigny en 1824. au développement important de Saint-Jérôme, une demande sera entamée en 1831 dans le but d’obtenir une nouvelle église située plus au nord de la ville dans l’actuel parc Labelle en face de la Cathédrale actuelle. Il en est ainsi en raison du débit plus abondant de la rivière du Nord favorise les industries qui utilisent cette ressource tels que la Rolland. C’est en 1834 que l’on assiste à son érection canonique, sous le nom de paroisse de Saint-Jérôme.

Vers 1830, la population commence à se concentrer non pas au hameau de La Chapelle, mais plus en amont de la rivière du Nord, près des moulins. L'embryon de village, qui deviendra Saint-Jérôme, est alors appelé Dumontville, du nom de la famille seigneuriale.. La paroisse catholique de Saint-Jérôme-de-la-Rivière-du-Nord est érigée canoniquement le par monseigneur Joseph SignayVille de Saint-Jérôme : Historique, archevêque de Québec. La même année, une boulangerie-épicerie, qui sera éventuellement convertie en hôtel, est ouverte près des moulins. En 1839, un second lieu de culte, l'église Saint-Jérôme, est inauguré pour remplacer la chapelle Saint-Jean-Chrysostome. Par contre, cette nouvelle église est érigée près de la boulangerie-épicerie et des moulins à scie et à farine, dans ce qui est aujourd'hui le parc Labelle, tout près de l'actuelle cathédrale de Saint-Jérôme.. À partir de ce moment, le village de Saint-Jérôme se développe définitivement dans ce secteur.

L’année 1834 est d’ailleurs considérée depuis comme celle de la naissance officielle de Saint-Jérôme, même si son statut de municipalité civile ne s’est concrétisé qu’en 1856, avec l’élection de son premier maire, Godefroy Laviolette. La Chapelle d’origine a continué de servir de lieu de culte jusqu’en 1839, soit jusqu’à ce que la première vraie église de Saint-Jérôme soit inaugurée. Sa construction s’effectue entre 1837 et 1839 pour s’étendre sur des dimensions de par 49. Lorsque l’église atteint sa capacité maximum, le cimetière qui se trouvait derrière celle-ci, entre la cathédrale actuelle et l’actuel parc Labelle, est déménagé de l’autre côté de l’autoroute 15 actuelle. Pour donner suite à l’inauguration de la cathédrale actuelle en 1900, l’église qui se trouvait initialement en avant fermera ses portes définitivement en 1902, pour être démolie quelques années plus tard.

Les premières rues La rue principale de Saint-Jérôme, qui tiendra le nom de Dumontville jusqu’en 1856, est la rue Labelle. Elle se situe dans le , secteur du village qui comprend la rue Labelle, la rue Saint-Georges, la rue Legault et la rue du Palais. Secteur reconnu pour ses activités diversifiés depuis la fin du , des marchands ouvrent des boutiques, des notaires et des artisans s’établissent.

La majorité des maisons sont dressées sur la rue Labelle en bordure du côté sud de la Rivière du Nord : on y retrouve une soixantaine de maisons sur la rue Labelle, dès le milieu du . D’autres noms ont été attribués à la rue Labelle, telles que la Grande rue (son nom originel), la rue Dumont, ainsi que la rue du Roy. Elle prendra son nom actuel en 1891, année qui concorde avec le décès du Curé Labelle le .

La deuxième rue, parallèle à la rue Labelle, est la rue Saint-Georges, en l’honneur du roi britannique George III, raison pour laquelle le nom est d’abord écrit à l’anglaise, c’est-à-dire sans . La rue Saint-Georges était aussi appelée rue Jacques-Cartier.

Entre 1857 et 1877, le nombre de nouvelles rues augmente à l’intérieur du périmètre urbain. Trois artères ont vu le jour en deux décennies : la rue Desjardins (Saint-Marguerite aujourd’hui), la rue Mignonne (Saint-Ignace) et la rue Cherrier actuelle. Toujours entre 1857 et 1877, des rues déjà ouvertes ont connu un prolongement telles que : le chemin du Moulin (actuelle rue Saint-Joseph où deux ponts au-dessus de la rivière du Nord sont construits) ainsi que la rue du Cap (rue Fournier) qui se prolonge au-delà de la rue Desjardins.

Municipalités La municipalité de la paroisse de Saint-Jérôme voit le jour le par décret du gouverneur général Charles MetcalfeAuclair, Elie-J., Saint-Jérôme de Terrebonne, Imprimerie J.H.A. Labelle, 1934, pages 13-35.. Deux ans plus tard, elle est cependant abolie pour être incluse dans la vaste municipalité du comté de Terrebonne. Elle est finalement rétablie le ., tout en demeurant dans le même comté. Un an plus tard, le village de Saint-Jérôme se sépare et devient une enclave dans la municipalité de paroisse du même nom..

Le curé Labelle, Antoine Labelle ou François-Xavier-Antoine Labelle selon les sources, grand colonisateur du nord de Montréal, est responsable de l'administration pastorale de Saint-Jérôme de 1868 jusqu'à son décès, en 1891. Huit ans après son arrivée, il réussit l'énorme entreprise de faire construire un chemin de fer reliant Saint-Jérôme à Montréal.. Entre autres grâce à cette avancée, on l’a surnommé « le roi du Nord, l’apôtre de la colonisation » et il passe dans l’histoire comme un géant de légende.vignette|240x240px|Statue du curé Labelle.

En effet, l’ouverture de routes et l’arrivée d’un chemin de fer devenaient essentielles au développement des petites communautés du Québec. Ces voies de communication pour la circulation des biens et des personnes assureraient l’établissement du commerce et de l’industrie. Le curé Labelle se fit l’ardent promoteur de l’idée d’un chemin de fer vers le Nord dès 1869, mais il ne vit apparaître la première locomotive à Saint-Jérôme qu’en 1876, et cela en partie à cause du besoin en bois de chauffage et de construction des grands centres urbains comme Montréal et Québec. La localité prenant de l'expansion, la municipalité du village de Saint-Jérôme obtient le statut de ville en 1895.

vignette|redresse|gauche|La messe à l'église (débordante de fidèles) à Saint-Jérome, par Ludger Larose, 1900 En 1909, l'extrême nord de Saint-Jérôme-Paroisse est détaché pour fusionner avec une partie de Saint-Sauveur et d'Abercrombie-Est (Saint-Hippolyte) pour former le village de Shawbridge (aujourd'hui un secteur de Prévost).. Entre 1948 et 1966, l'organisation du territoire local subit plusieurs changements. Tout d'abord, la partie nord de Saint-Jérôme-Paroisse se sépare pour fusionner avec une partie de Shawbridge et de Saint-Hippolyte et ainsi former la municipalité de Lesage (aujourd'hui un autre secteur de Prévost). Par la suite, le territoire restant de Saint-Jérôme-Paroisse, en périphérie de la ville de Saint-Jérôme, se divise graduellement en trois entités distinctes : Saint-Antoine-des-Laurentides, Lafontaine et Bellefeuille. Le secteur ayant formé Lafontaine était auparavant nommé Le Cordon tandis que celui ayant formé Bellefeuille s'appelait initialement Rivière-à-Gagnon..

En 1947 est établi sur la rue Scott le premier lieu de culte protestant de la ville : la St. Andrew's United Church, affiliée à l'Église Unie du Canada.

Prise d'otage Le , à la prison provinciale de Saint-Jérôme, aujourd'hui appelée la Maison de la Culture Claude-Henri-Grignon ou Vieux-Palais, trois détenus tentent de s'évader et prennent des otages. Roland Simard, considéré comme le chef, est armé. La Sûreté du Québec prend rapidement le contrôle du périmètre et Claude Poirier intervient comme négocitateur. La prise d'otage dure du 8 au . L'événement marque profondément le principal otage.

Nouvelle ville Saint-Jérôme a été fusionnée le lors des réorganisations municipales québécoises. Elle est composée de quatre anciennes villes fusionnées : Saint-Antoine, située dans la partie sud de la Ville. Il s'agit de la première ville de banlieue s'étant développée autour de l'ancienne ville de Saint-Jérôme, dans les années 1960. Ce secteur comprend également un secteur commercial aux abords des routes 117 et 158, comprenant notamment les Galeries des Laurentides. Les villes de Mirabel et de Sainte-Sophie sont limitrophes de ce secteur.