L'Eriskay () est une race de poneys originaire de l'île du même nom, à l'Ouest de l'Écosse.

Indigène de son île, il est décrit comme proche des chevaux dépeints sur les pierres pictes, bien que cette relation reste controversée. Il descend vraisemblablement du poney celte, constituant l'un des derniers survivants des populations de poneys natifs des Hébrides. L'une de ses lignées a échappé à tout croisement extérieur depuis le . Destinée au portage de la tourbe et des algues dans des paniers, la race est menacée de disparition avec la motorisation de ces activités, au . Elle est préservée grâce à la constitution d'une association de sauvegarde en 1972.

Ce poney rustique, de robe généralement grise, fait un bon animal de famille, qui peut être monté par des enfants ou des adultes légers grâce à sa force. Il participe aussi à des gestions de territoires par écopâturage. Très menacé, il bénéficie de programmes de conservation qui ont permis de faire remonter sa population à 420 sujets en 2009.

Dénomination et sources

vignette|Localisation de l'île d'Eriskay parmi les Hébrides extérieures.|alt=Carte des Hébrides extérieures

L'Eriskay a pris le nom de son île natale, située dans les Hébrides extérieures. D'après Giacomo Giammatteo, cela justifie l'usage d'une initiale en majuscule pour nommer la race, Eriskay Pony en anglais.. Le nom anglais « Eriskay » est repris en français et en espagnol..

La principale source académique à propos de cette race de poneys est Scotland's native horse: Its history, breeding and survival publié par le en médecine vétérinaire Robert W. Beck (membre fondateur de la principale association de sauvegarde de la race.) en 1992. Cet ouvrage détaille de quelle manière l'Eriskay a été sauvé de l'extinction. Il constitue aussi, d'après la critique qu'en fournit Marace Dareau (Université d'Édimbourg), une défense de l'opinion de son auteur, selon lequel l'Eriskay est la race de chevaux originelle historique de toute l'Écosse, plutôt que le Highland, qui a été croisé avec des chevaux extérieurs.. Selon Dareau, le qui traverse cet ouvrage .

Histoire thumb|left|alt=Poney gris foncé vu de face|Un poney Eriskay sur l'île Holy. L´Eriskay est une race très ancienne, descendante de poneys celtiques et nordiques qui ont été domestiqués et amenés sur l'île d'Eriskay.

D'après Robert W. Beck, l'Eriskay présente une certaine ressemblance avec les chevaux dépeints sur les pierres des Pictes retrouvées dans le Nord et l'Ouest de l'Écosse.. Marace Dareau conteste cependant la démonstration de Beck, notant que .

L'Eriskay vit alors en troupeaux semi-sauvages sur ces îles, situées à l'ouest de l´Écosse et donc de l'île principale de Grande-Bretagne. La race est préservée des croisements du fait de son isolement. La rareté de la nourriture, qui pousse ces poneys à consommer des algues échouées sur le rivage, entraîne une sélection naturelle et privilégie une taille plutôt réduite..

L'Eriskay est le dernier survivant des poneys celtiques des îles écossaises de l'Ouest influencés par les races du nord (du type Féroé et Islandais), et qui peuplaient autrefois toutes les Hébrides.

Du siècle au milieu du vignette|Système de bât par paniers traditionnel du poney Eriskay.

La race est numériquement nombreuse au milieu du , et répandue sur diverses îles de l'Ouest de l'Écosse. Elle représente l'unique mode de transport local. Ces poneys servent alors essentiellement au portage par le bât, grâce à des paniers tressés et arrimés sur leur dos. Plus rarement, ils servent au labour des terres, à la traction légère, ou emmènent les enfants à l'école.

À la fin du , les poneys des îles avoisinantes sont croisés avec des chevaux plus grands et plus lourds, pour le travail agricole. Les descendants de ces croisements, influencés par le Fjord, le Clydesdale et l'Arabe, sont nommés the cross et assez proches de la race Highland. Le cheptel de l'île d'Eriskay est présumé avoir été préservé de ces croisements grâce à son isolement.

Une anecdote datée de met en scène ces poneys. Le cargo SS Politician de la Harrisson Line a fait naufrage au large de l'île d'Eriskay, avec à son bord bouteilles de whisky destinées au marché américain.. Les habitants d'Eriskay ont sauvé des marins puis récupéré une partie de la cargaison, à tel point que même les poneys seraient devenus ivres..

Sauvegarde

vignette|Poneys Eriskay sur leur île natale.|alt=Groupe de poneys gris-blanc dans un paysage d'herbe rase et de rochers

La race est re-découverte très récemment G.L.H. Alderson, The numerical and genetic status of native horse and pony breeds in Britain dans .. La plus ancienne attestation de l'usage du nom « Eriskay » pour désigner ces poneys remonte en effet à 1968. Durant les années 1970, il ne reste qu'une vingtaine de juments sur l'île d'Eriskay, menacées par la petite taille de leur biotope et par la consanguinité.. En , une association est créée par des insulaires pour faire connaître cette race de chevaux. L'association regroupe des îliens de profil très divers, dont un prêtre, un médecin, un vétérinaire et un zoologue. Elle prend un nom en gaélique écossais, , soit la « société des chevaux de l'île ». Elle prend plus tard le nom secondaire d′ pour mieux se faire reconnaître au niveau national et permettre de mieux localiser la race.

Les Eriskay actuels descendent d'un tout petit nombre de fondateurs, nés dans les années 1960 G.L.H. Alderson, The numerical and genetic status of native horse and pony breeds in Britain dans .. Il ne reste en effet aucun étalon sur l'île d'Eriskay ; amène donc des étalons de l'extérieur afin de sauver la race de l'extinction. L'association repère un étalon du type de la race sur l'île de Rùm, sur un terrain appartenant au Nature Conservancy Council. Les six étalons extérieurs retenus sont : Rhum Darroch, Callum of Creagach, Prince (officiellement : Nicoldene), Balelone, Fingal et Pharic of Hunthall. Ces six étalons ne se sont toutefois pas le plus reproduit, car un poulain de pure race Eriskay nommé Eric a été découvert. Eric donne trois fils : Prince of Caolas, Gille-Eodhnan et Balachan ; ces étalons prolifiques permettent de conserver des lignées pures. En plus des étalons extérieurs venus d'îles voisines, la race a été croisée avec des poneys Shetland, si bien qu'il ne reste que très peu de poneys génétiquement « purs ».

Les efforts associatifs (poursuivis notamment dans les années 1980.) permettent de mettre en place des programmes de sauvegarde et d'accroitre la population de poneys, tout en la préservant de l'extinction et de la consanguinité. En 1995, obtient la régulation de ces poneys à l'échelon européen.. En 1997, de poulains sont enregistrées. L'Eriskay fait partie des neuf races de chevaux britanniques incluses dans la liste de surveillance du Rare Breeds Survival Trust (RBST) lors de sa création G. L. H. Alderson, The numerical and genetic status of native horse and pony breeds in Britain dans .. Au début des années 2000, une prime de est accordée à chaque propriétaire de ponette poulinière qui en fait la demande, afin d'assurer la sauvegarde de la race G.L.H. Alderson, The numerical and genetic status of native horse and pony breeds in Britain dans ..

Description

vignette|Poneys Eriskay broutant près d'un muret sur Holy Island.|alt=Deux poneys dont un blanc et un gris foncé vus de profils broutant de l'herbe près d'un muret.

L'Eriskay mesure de à d'après la majorité des sources., le journaliste britannique Elwyn Hartley Edwards indiquant à , tandis que CAB International annonce à .

L'Eriskay est assez proche de la race de l'Exmoor et de celle du Highland.

Morphologie vignette|gauche|Tête d'un poney Eriskay primé lors d'un show.

La tête est grande, dotée d'un profil rectiligne et d'un front large. L'encolure est bien musclée, implantée haut, sur des épaules inclinées. La poitrine n'est pas très large mais elle est profonde, avec des côtes arrondies. Le dos est fort et de longueur moyenne. Le rein est puissant. La croupe présente une légère inclinaison et la queue est attachée plutôt bas.

Les jambes sont assez fines et dotées de tendons propres et plats, ainsi que de fanons peu abondants, ce qui lui confère une certaine ressemblance avec le poney Connemara. Le pied est assez petit

Les crins (crinière et queue) sont abondants mais plutôt fins. En hiver, le pelage des poneys pousse et devient très dense, offrant une protection efficace contre les intempéries grâce à son imperméabilité. L'été, ce pelage est ras.

Robe

La robe est généralement le gris, et beaucoup plus rarement, elle est baie ou noire.

Tous les poulains naissent bais ou noirs, et une majorité d'entre eux évoluent vers le gris. Les chevaux non-gris doivent présenter une zone plus claire autour des yeux et du museau (dite pangaré). En revanche, la raie de mulet est interdite. Les robes alezan et pie, de même que les robes présentant beaucoup de marques blanches, sont interdites.

Tempérament et allures

vignette|gauche|Groupe de poneys Eriskay montés au passage d'une rivière lors d'une randonnée.

Les allures sont courtes et plutôt relevées, avec un galop confortable sans emphase sur cette allure, et un pied sûr. Le tempérament est réputé doux, docile et calme, adapté à la vie en famille, héritage des longues années durant lesquelles ces poneys étaient des animaux de travail vivant à proximité étroite de leurs propriétaires. L'espérance de vie est longue.

Génétique et santé

vignette|Église sur l'île d'Eriskay, avec des poneys.|alt=Église avec des poneys autour

L'Eriskay a été influencé par la sélection naturelle, mais aussi par l'être humain, car ces poneys ont majoritairement été utilisés par des femmes et des enfants, dans un contexte où les hommes valides prenaient la mer.

Sur la base de l'analyse de 32 animaux, l'Eriskay montre un niveau d'hétérozygotie et de diversité allélique très bas, preuve d'un phénomène d'érosion génétique, avec une hétérorygotie de l'ordre de 0,53 d'après la thèse de V. K. Crew, cité par ., ainsi qu'une diversité allélique de 2.51, la plus basse parmi les 23 races nordiques, canadiennes et britanniques étudiées par J. M. Prystupa et son équipe en 2012.. Alderson attribue ce phénomène au faible nombre d'étalons fondateurs ; Prystupa soulignent un effet du goulet d'étranglement génétique subi par la race durant les années 1970, alors qu'il ne restait plus qu'un seul étalon reproducteur.

L'Eriskay est génétiquement apparenté aux autres races de poneys britanniques, et en particulier à l'Exmoor. Le Highland en est aussi relativement proche génétiquement, mais ce dernier est plus proche du cheval de trait Clydesdale que des autres poneys britanniques. Les Eriskay actuels qui descendent de l'étalon de pure race Eric forment un cluster particulier, qui a échappé à l'influence des chevaux importés vers les îles britanniques à partir du , ce qui leur confère un intérêt en matière de conservation..

L'Eriskay est sujet à l'abiotrophie cérébelleuse, probablement en raison de sa consanguinité... L'existence de cette maladie génétique particulièrement tracée chez la race Arabe questionne la pureté génétique de l'Eriskay, dans la mesure où les cas d'abiotrophie cérébelleuse chez la race voisine du Gotland ont été retracés à deux étalons d'origine extérieure.

Sélection vignette|Poneys Eriskay montés lors d'un show.

Il existe deux registres de race pour l'Eriskay : Comann Each nan Eilean - The Eriskay Pony Society, créée en 1972. sous le patronage du prince de Galles., et The Eriskay Pony Breed Society, créée en 1986 par d'anciens membres de l'association précédente ayant des divergences de point de vue. Chacun des deux est reconnu comme valable pour cette race.. La reconnaissance officielle de l'Eriskay est récente..