, comte d'Orange (en latin Raimboldus Comesvient de Oringis), appelé parfois Raimbaud de Nice, est né vers 1066, à Orange et peut-être mort en 1121, en Terre sainteDictionnaire géographique, historique, archéologique et biographique des communes du département de Vaucluse, Par Jules Courtet, Publié par Bonnet, 1857, p.24 et Nouvelle biographie universelle [afterw.] générale, publ. sous la direction de m. le dr. Hoefer, Par Nouvelle biographie, 1863, p.727 et Dictionnaire des inventions et découvertes anciennes et modernes; publ. par l'abbé Migne, Par Achille François É Jouffroy d'Abbans, 1854, p.1033 et 1034 et Atlas universel d'histoire et de géographie, Par Marie Nicolas Bouillet, Publié par L. Hachette, 1865, VOL. 1, p.486 et Tableaux généalogiques des souverains de la France et de ses grands feudataires, Par Edouard Garnier, Publié par Franck, 1863, ou bien encore Europäische Stammtafeln de Detlev Schwennicke, , p. 762.... Mais cette date est contestée. Certains historiens estiment qu'il est décédé en 1097Bulletin d'archéologie et de statistique de la Drôme, Par Société d'archéologie et de statistique de la Drôme, Valence, 1961, v.75-77, p.267. ou d’autres en 1115Monnaies féodales de France, Par Faustin Poey d'Avant, Publié par Bureau de la Revue Numismatique Française, 1860, p.386..
est le premier comte d'Orange issu de la famille de Nice-Orange clairement identifiée et aussi le dernier. Il commande un corps de croisés au siège d'Antioche et lors du siège de Jérusalem (1099) il entre l'un des premiers par la brèche dans la ville avec Godefroy de Bouillon. est l’un des héros de La Jérusalem délivrée du Tasse.
Biographie Sa famille Raimbaud est dit le troisième du nom et le septième comte de cette ville, car de nombreux historiens font de Guillaume d'Orange, dit Guillaume au Court Nez (personnage légendaire, un des compagnons de Charlemagne, célébré dans les chansons de geste du Moyen Âge), le premier des comtes de la famille de Nice-Orange et établissent une généalogie de cette famille, dans laquelle un premier Raimbaud est comte d'Orange en 910À ce sujet voir entre autres : Histoire des villes de France, avec une introduction générale pour chaque province : (1-3. tom.), par Aristide Matthieu Guilbert, publié par Furne, 1845, v. 4, et La science des personnes de cour, d'épée et de robe, par De Chevigni, Henri-Philippe de Limiers et Pierre Massuet, publié par Z. Chatelain, 1752, Vol. 9, et Dictionnaire de la noblesse, contenant les généalogies, l'histoire & la chronologie des familles nobles de France, l'explication de leurs armes, & l'état des grandes terres du royaume, par François Alexandre Aubert de La Chesnaye-Desbois, Badier, Édition : 2, publié par La veuve Duchesne, 1776, v. 11, et Louis Moréri , et Encyclopédie méthodique- ou par ordre de matières: par une société de gens de lettres, de... , Encyclopédie méthodique, Plomteux, 1832, ou bien encore Les origines de la famille Mévouillon..
Bertrand-Rambaud d’Orange, son père, est coseigneur de Nice, seigneur d’OrangeEuropäische Stammtafeln de Detlev Schwennicke, , p. 762.. Il est l’un des arrière-petits-fils du comte , dit le libérateurCartulaire de Saint-Victor, n° 659, cité par Mariacristina Varano, Institution épiscopale et autorité comtale dans le diocèse de Sisteron.. Certains historiens lui donnent le titre de vicomte. Il est un membre de la famille de Nice-Orange et hérite d’une grande partie des biens de la famille en Provence occidentale. Il est tige des princes d'OrangeCartulaire de la Commanderie de Richerenches de l'Ordre du Temple (1136-1214). T. 2 / publié et annoté par le marquis de Ripert-Monclar,..., Ordre du Temple. Commanderie (Richerenches, Vaucluse), Éditeur : F. Seguin (Avignon), Éditeur : H. Champion (Paris), Date d'édition : 1907, Contributeur : Ripert-Monclar, François de (1844-1921). Éditeur scientifique, .. Il se marie avec Gilberge, fille de Foulques Bertrand de Provence, puis veuf se remarie avec Adélaïde de Cavenez, veuve de . Bertrand-Rambaud d’Orange est le beau-père d’Adélaïde de Forcalquier († 1029), épouse d’ († 1092), comte d'Urgel et le père, outre Raimbaud, de Laugier/Léger, évêque d’Avignon (1124 ou 1126-1142).
upright=0.6|gauche|vignette|Insigne des Bosonides.
Bertrand-Rambaud d’Orange, son père, se marie avec Gilberge, fille de Foulques Bertrand de Provence, dit aussi de ProvenceCf. Les historiens Florian Mazel, Martin Aurell, né probablement en 1014Après 1013, cf. Charte d'une donation à l'abbaye de Saint-Victor de Marseille datée de 1013 où seul son frère ainé Guillaume est mentionné : Wilelmus comes Provincie coniugisque mea Girberga cum filio nostro Wilelmo .et avant 1015, date présumée du frère qui le suit, Geoffroi, mort le , comte de Provence de 1018 à sa mort. Il est fils de , comte de Provence, et de Gerberge de Bourgogne. Il dirigea la Provence indivis avec son frère aîné Guillaume à partir de 1018 et avec son plus jeune frère Geoffroi au plus tard à compter de 1032. Après la mort de Guillaume, il prit le titre de marquis, devenant ainsi le chef de la dynastie.
Sa veuve n’a pas l’usufruit de tout le comté d’Orange, mais d’un domaine considérable. Elle se remarie avec Bertrand Raimbaud, fils de Raimbaud de Nice, frère de Laugier d'Apt, et de , évêque de Sisteron, puis évêque de VaisonLa Provence du premier au douzième siècle : études d'histoire et de géographie politique: études d'histoire et de géographie politique, Par Georges de Manteyer, Publié par A. Picard et fils, 1908, p.310.. Le nom de la première femme de Bertrand-Rambaud nous est conservé par des actes analysés dans l'histoire de l'église de Vaison, du Père Boyer de Sainte-Marthe.
droite|vignette|La Provence au .
La comtesse Gilberge, fille du comte Foulques Bertrand de Provence, femme de Bertrand Rambaud, avec ses deux enfants Raimbaud et Pierre autorise des donations considérables faites à l'église de Vaison-la-Romaine par deux hommes de grande qualité Guillaume et Rotbald. En outre de plusieurs églises et terres, ces donations embrassent des quartiers entiers de la ville de Vaison-la-Romaine et de sa banlieue. Ces pièces ne sont pas datées; l'auteur les place au hasard dans une série de faits et d'analyses de chartes qu'il rapporte à l'évêque Pierre de Mirabel, arrière-grand-oncle de Bertrand-Rambaud d’Orange. Mais l'évêque par lequel elles sont reçues, pourrait tout aussi bien être son successeur , fils de Rambaud de Nice et par conséquent beau-frère de Gilberge. D'autre part, Gilberge fait ici, avec ses fils ayant droit à sa succession, mais sans l'assistance de son époux, acte de haut domaine; il est donc à peu près certain que c'est en vertu de ses droits à elle, et non de ceux qu'elle tient de son mariage, qu'elle procèdeCartulaire de la Commanderie de Richerenches de l'Ordre du Temple (1136-1214). T. 2 / publié et annoté par le marquis de Ripert-Monclar,..., Ordre du Temple. Commanderie (Richerenches, Vaucluse), Éditeur : F. Seguin (Avignon), Éditeur : H. Champion (Paris), Date d'édition : 1907, Contributeur : Ripert-Monclar, François de (1844-1921). Éditeur scientifique, ..
Ces actes nous apprennent encore, outre l'existence d'un second fils de Bertrand-Rambaud d’Orange, nommé Pierre, et que est fils de sa première femme Gilberge et non de la seconde, AdélaïdeMémoires, Par Société des sciences naturelles et physiques du Maroc, Société pour l'histoire du droit et des institutions des anciens pays Bourguignons, Comtois et Romands, Dijon, Institut scientifique chérifien (Morocco), 1960-63, p.97..
Celle-ci se marie fort jeune, car elle survit à son époux longtemps, et n'est morte qu'après le , date de son testament. Après avoir mentionné Bertrand-Rambaud comme son mari, elle institue héritiers Thiburge d'Orange, fille de , et Géraud Adhémar d'Orange, son époux, sans indiquer par un seul mot qu'elle ait avec Thiburge d'Orange ou avec Raimbaud le moindre lien de parenté. Voici des extraits de ce testament : ego Adalaiz comitissa... mansiones quas cum Bertrando Raibaldo marito meo, post mortem Udalrici episcopi, maie usurpavi... cetera... que hereditario jure mihi proveniunt tam in commitatibus quam in civitatibus et castris et villis... dimitto Tiburgi fiiie Raimbaldi et Geraldo Adimaro marito eius...Vaucluse, évêché d'Orange ; Duhamel, Fragm. d'anc. cart. d'Orange, pp. 386-387.
Toutefois, comme Gilberge, sa mère a dû mourir de bonne heure et Adélaïde tenir lieu de mère à ses beaux-fils, il n'est pas surprenant que dans le diplôme d'Alphonse, comte de Toulouse et marquis de Provence, délivré le à Bérenger, évêque d'Orange, pour confirmer les dons qu'elle a faits par ce testament à son église et à l'abbaye de Saint-Florent, elle est dite mère de d'autant que ce même diplôme contient une autre erreur matérielle du même genre alors que dans son testament, elle mentionne ces donations comme faites Cum Bertrando Raibaldo, Marito Meo la charte de confirmation porte assensu Raimbaldi, fillii sui. Gilberge un autre enfant, Pierre.
L'armée du comte de Toulouse
Le souverain pontife, après le concile de Clermont, qui le , résolut de parcourir les provinces voisines pour ranimer encore par sa présence l'enthousiasme des nouveaux soldats du Christ. De toutes les villes du Midi, Toulouse est alors la plus importante, et par le nombre de ses habitants, et par l’influence qu'elle exerce sur les pays de la Langue d'Oc. n'eut pas plutôt visité les diocèses du Limousin, du Poitou et de la Guyenne, qu'il part de Bordeaux vers la fin d'avril, et se met en marche vers la capitale des Raymond. Le sixième jour du mois de mai 1096, plusieurs chevaliers et hommes d'église arrivent à Toulouse et se rendent au château Narbonnais où Raymond de Saint-Gilles tient alors sa cour.
- Seigneur, dit Raimbaud, comte d'Orange, demain notre saint père le pape arrivera dans votre bonne ville de Toulouse.
— Béni soit celui qui vient au nom du seigneur, répond Raymond. Il trouvera ici l'élite des seigneurs de la Langue-d'Oc qui attendent impatiemment le jour du départ pour la Terre-Sainte.
... Les chevaliers qui se sont rangés autour de Raymond pour entendre les paroles de Guillaume d'Orange, messager du souverain pontife, prêtent tous le même serment, et passent la nuit à deviser sur la glorieuse expédition qu'on va entreprendreMosaïque du midi, 1839, année 3-4 (1839-1840), p.35 et suivantes....
En 1096, le comte Raimbaud prend donc la croix à la voix d' et part pour l'Orient avec Guillaume, évêque d'Orange, ils y perdent la vie en 1121. Le comte est parti comme feudataire de Raymond de Saint-Gilles, marquis de Provence, ou à la voix du chef de la croisade, l'évêque Adhémar, membre de sa famille, lequel exerce un grand ascendant sur l'esprit du comte de Toulouse Dictionnaire géographique, historique, archéologique et biographique des communes du département de Vaucluse, Par Jules Courtet, Publié par Bonnet, 1857, p.24 et Bulletin d'archéologie et de statistique de la Drôme, Par Société d'archéologie et de statistique de la Drôme, Valence, 1961, v.75-77, p.267. .
Guillaume, évêque d'Orange, n'est pas le seul à accompagner Raimbaud. Un des principaux seigneurs d'Avignon, appelé Autran, suit l'exemple de tant d'illustres provençaux qu'on voit accourir de toutes parts à la voix du Souverain Pontife, et prendre la croix. Autran commence par offrir une partie de ses biens à Dieu, afin de se le rendre favorable pendant son voyage. Il se range avec les autres Provençaux sous la bannière du célèbre , comte d'Orange, qui se distingue dans cette lutte gigantesque où l'Europe se précipite sur l'Asie, afin de délivrer du joug des infidèles la ville sainte et le tombeau de Jésus-ChristHistoire du diocèse d'Avignon et des anciens diocèses dont il est formé, Par Étienne Antoine Granget, Publié par Sequin ainé, 1862, t., p.324..