SMOS (acronyme de Soil Moisture and Ocean Salinity) est un minisatellite scientifique de l'Agence spatiale européenne (ESA) dont la mission est de mesurer l’humidité superficielle des terres émergées et la salinité de la surface des océans. L'objectif est d'améliorer la compréhension de l'environnement terrestre et de son évolution. Le satelliteChristian Lardier, « Smos va observer le cycle de l'eau », dans Air & Cosmos, , a été lancé le (1h50 UTC) avec un autre petit satellite de l'ESA, Proba-2, depuis le cosmodrome de Plesetsk (Russie), par une fusée Rokot (missile balistique intercontinental russe SS-19 démilitarisé)Eurockot Launch Service ProviderSuccessful launch qualification test for PROBA2. La mission devait durer 3 ans, mais elle a été de nombreuses fois prolongée et le satellite est toujours actif en 2026.
Objectifs de la mission La mission, proposée par le Centre d'études spatiales de la biosphère (CESBIO), a pour objetsMission de SMOS, en ligne sur le site du Cnes les domaines suivants : Suivi des courants marins et de ses évolutions Impact climatique Meilleure connaissance du rôle des océans dans le cycle du carbone Suivi de l'humidité du sol combiné avec l'évolution du couvert végétal Amélioration de la connaissance du processus de photosynthèse.
Caractéristiques techniques
Le satellite est placé sur une orbite héliosynchrone circulaire de . Il effectue ses mesures avec un radiomètre interféromètre fonctionnant en bande L (MIRAS : Microwave Imaging Radiometer with Aperture Synthesis).
Le programme SMOS, démarré en 2000, est une coopération entre l'ESA, le CNES et le CDTI (Espagne) fournisseur de la charge utile, une première pour ce pays, cinquième contributeur de l'ESA.
Le satellite SMOS utilise la plateforme standardisée de petite taille Proteus (dont c'est le ) réalisée par le maître d'œuvre Thales Alenia Space, dans l'établissement de Cannes. Il pèse , dont pour le bus, pour la charge utile, embarquant d'hydrazine.
Centre de contrôle La France fournit le centre de contrôle SMOS (données de la plate-forme), situé à Toulouse, qui effectuera la mise à poste (Leop), ainsi que le centre aval de traitement des données SMOS (CATDS). Les données seront exploitées par le Cesbio de Toulouse pour l'humidité des sols et Ifremer de Brest et SMOS Barcelona Expert Centre (Espagne) pour la salinité des océans. L'Observatoire Midi-Pyrénées, le Laboratoire d'océanographie et de climatologie (Locean), l'Institut Pierre-Simon-Laplace (IPSL) et l'Institut national de la recherche agronomique (Inra) participent également au programme.
Coût du programme Selon Achim Hahne, directeur du programme à l'ESA, le coût du programme est de l'ordre de , dont pour le satellite ( pour la plate-forme Proteus et pour l'instrument Miras), pour le lancement. La participation française s'élève à dont pour le satellite et pour l'exploitation.
Résultats d'exploitation Les premiers résultats d'exploitation ont été fournis lors du symposium Living Planet de l'ESA du au à Bergen, Norvège. La première carte de salinité a été produite en et, selon Yann Kerr, directeur du CESBIO de Toulouse, un certain nombre de pays émettent des interférences dans les bandes réservées et utilisées par SMOS : Chine, Canada (en raison de son système d'alerte avancée), Espagne, Grèce, ainsi que le Moyen-Orient, en raison des radars militaires qui s'y trouvent. Certains de ces pays sont incapables de trouver la provenance de ces sources d'émissionChristian Lardier, « Planète vivante : la Terre en observation », dans Air & Cosmos, , 9 juillet 2010.
Au début de , il a été annoncé que les radars d'une douzaine des sites incriminés n'émettent plus dans les longueurs d'onde concernées permettant d'obtenir de bien meilleurs résultats surtout au-dessus de l’Amérique du Nord.
Au début de 2013, le satellite fête ses trois années de bon fonctionnement, durée nominale prévue. Sa réserve d'ergols lui promet encore une longue vie. Eumetsat lui envisage un successeur dans le cadre de son plan stratégique, tandis qu'un Smos-Next est à l'étude au CNESStefan Barensky, « Trois ans de succès pour Smos », dans Air & Cosmos, , . Ces projets ne se concrétisent pas.
Depuis plus de quinze ans, le satellite joue un rôle essentiel dans la cartographie de l'humidité des sols et de la salinité des océans, améliorant ainsi notre compréhension du cycle de l'eau. SMOS a dépassé les attentes, produisant des résultats qui ont des applications pratiques dans la vie quotidienne, comme pour la gestion de la sècheresse par exemple.
Notes et références
Annexes Articles connexes Proteus (satellite) SMAP
Liens externes Page officielle de SMOS sur le site du CNES Page officielle de SMOS sur le site de l'ESA Blog SMOS du Centre d'études spatiale de la biosphère Description de la mission Site web du centre d'Expertise Salinité SMOS de l'IFREMER Site web du SMOS Barcelona Expert Centre SMOS : l'humidité et la salinité vues depuis l'espace (audio), les podcasts de Ciel & Espace radio, Yann Kerr Voir SMOS dans l'encyclopédie historique CASPWiki
Catégorie:Programme Living Planet Catégorie:Satellite scientifique Catégorie:Satellite d'observation de la Terre Catégorie:Cycle biogéochimique Catégorie:Satellite de l'Agence spatiale européenne Catégorie:Satellite artificiel lancé en 2009